Lettre à Robert

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Lettre à Robert, de l’autre côté des choses (Extraits), N° 1/2

Cher Robert,

Jeudi dernier, le 20 mars, le jour du printemps, quelque part dans les death-rows de Floride, on éteignait ta vie. Une injection létale t’emmenait à 55 ans de l’autre côté des choses. La moitié de ta vie, tu l’avais passé dans ces prisons où tout est trop blanc. Toi tu étais noir. Je n’ai pas voulu savoir trop tôt ce quelque chose très noir qui t’avait placé entre les mains de la justice américaine. Tu n’étais pas innocent, mais qui l’est? Qui est sûr de ne jamais déraper dans la violence? La bible est pleine de meurtres, et quand Jésus dit à ses disciples étonnés, j’étais en prison et vous m’avez visité…Ce Je du Christ assume toute la violence du monde, ce Je assume le meurtre de Caïn, et celui encore plus injustifiable de David quand il envoie à la mort l’époux de Bethsabée. Dans ta courte lettre écrite le 17 février qui nous annonce que ton ordre d’exécution a été signé pour ce 20 mars et que désormais, il n’y a devant les hommes plus de recours possible, tu termines par ces mots, je crois que Jésus-Christ est mort pour les péchés de l’humanité. Toi qui pendant ces deux ans où nous nous sommes très régulièrement écrit, avais souvent le cœur à rire et plaisanter, cette fois on sent bien que ta voix est blanche et que ta langue colle à ton palais, et ce simple credo d’un condamné à mort dont la parole s’étrangle au bord du gouffre, parle autant à ma foi interrogeant ce mystère du mal, en nous et hors nous, que les psaumes de David. Le jour de février où je reçois cette annonce, que nous avions fini par éloigner de nos cœurs, nous tous qui étions entrés en relation avec toi grâce à ce magnifique instrument de lumière que devient une plume, ou un stylo à encre, je suis montée dans le secret de ma petite chambre et j’ai ouvert mon magnificat pour lire à tes côtés mais aussi aux côtés de tes deux victimes,-oui 30 ans plus tôt tu avais tué-, le psaume du jour : à travers les larmes qui ne coulaient pas encore mais qui mouillaient mon âme, j’ai laissé les anciennes paroles dire en moi cette humaine angoisse du mal et de la mort, et l’ incroyable pouvoir des mots a contenu une fois encore le profond abandon d’une solitude face à la poussière de la mort, et cette espérance éternelle enfouie au plus ténébreux de notre être, qui troue le ciel le plus opaque d’une étoile de salut. C’était le psaume de Jésus sur la croix, c’était le psaume des Juifs dans les wagons à bestiaux vers Auschwitz, Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? Caïn tu l’as protégé, David tu lui as pardonné, mais moi je suis un ver même pas un homme (…), mon cœur est comme la cire, il fond au dedans de mes entrailles…

Robert tu l’avais souvent fait ce geste de la main penchée avec application sur les grandes feuilles de papier, d’ajouter à tes lettres de plus en plus enjouées et pleines d’ailes à leurs sourires, des poèmes ou des psaumes que tu y recopiais d’une très belle calligraphie : elle eut d’ailleurs pendant ces deux ans où nous avons correspondu un très net effet de contagion sur ma propre écriture impossible, pour toi seul, je parvenais à retenir les rênes des gazelles empressées de mes galopades sur papier, et à m’appliquer suffisamment pour ne pas devenir presque illisible. Dans ces pages manuscrites de ta main, je retrouve en particulier Rudyard Kipling- toute ma jungle d’enfance avec mes trois frères Mowgli, et puis cet autre psaume où le Seigneur est un oiseau ; il te couvre de ses ailes, tu trouves sous ses plumes un refuge, et où un peu plus loin il nous envoie ses anges : il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins, eux te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte la pierre.

. Comment étais-tu, derrière quelle vitre de solitude, quand ils ont sanglé tes pieds et tes mains, et posé sur ta veine l’aiguille creuse qui y allait y jeter le froid d’un hiver perpétuel, alors que dehors c’était la naissance du printemps? Échappais-tu? Avais-tu reçu la parole du Christ au larron? Aujourd’hui tu seras avec moi au paradis? Ton amie de l’hermine de Fontaine, puisque je l’étais devenue au fil de ces deux ans, l’a donc appris ce psaume, l’a lancé tous les jours qu’il te restait, vers le ciel très bleu que nous avons eu ici ce mars 2014, je le lançais comme un petit caillou, un galet strident qui aurait pu retomber dans ta dernière cellule, et y verdir ton âme juste avant le saut dans le grand inconnu…une véritable intifada..une pluie de cailloux..Et puis quitte à lancer des pierres, j’ai lapidé mes amis, je leur ai envoyé, ton dernier statement, avec les licornes qui n’étaient que des buffles, avec les moqueurs et les festoyeurs, eux qui tous à la fin, tous également promis à la mort, s’inclinent devant lui. Car quel recours avons-nous face à la mort sinon faire de l’art avant elle, et peut être la prière fut-elle juste à l’enfance de l’humanité le tout premier des arts…Mais peu importe, on ne pouvait se taire, alors il fallait chanter, et ils sont nombreux ceux qui ont chanté avec toi, et autant ceux qui croyaient au ciel que ceux qui n’y croyaient pas. Dans ton testament de condamné tu demandes pardon à celles dont il y a tant d’années pour un vol au montant ridicule, tu as ôté la vie, sans savoir, égaré, que tu faisais sauter définitivement la tienne, tu demandes pardon à leurs familles et cette demande là je l’ai tenue à côté des autres intercessions de ces jours lapidaires, comme un faucon encapuchonné. Tu te tournes enfin vers celle que tu appelles ton aimante famille, et vers le cercle de tes amis, et à eux aussi tu demandes pardon, pour toute la peine que tu as mise à leurs cous. Tu te permets d’espérer qu’un jour la justice des hommes n’aura plus besoin de répondre au meurtre par le meurtre, mais qu’elle entrera dans l’ère des réparations et des guérisons. Je voudrais te dire que d’une certaine façon en avance sur les lois de ton pays tu as su, toi Robert, entrer dans ce pays, un autre nom du Royaume de Dieu. Puis tu dis que tu crois que tu vas rejoindre, grâce à un lieu appelé crâne où ton sauveur fut crucifié, cette vie meilleure qu’il offre à toute créature. Ce testament d’un frère humain je l’ai répandu autour de moi, car il est un témoignage, et sa réception fut un diadème : le cercle des amis proches m’a tendu du mimosa, des rameaux, des plumes, des paroles, des bougies, pour y être avec toi en ces jours d’ultime veille. Les gens de l’ACAT grâce à qui j’avais été mise en contact avec toi, m’ont écrit sur la toile des messages chaleureux, et pleins d’empathie, ils ont réuni des cercles de veille et d’intercession. A Donatien notre curé noir comme toi, j’ai demandé une messe à ton intention, elle a été dite à Larivière, un des villages de notre toute petite paroisse rurale Marie d’Espérance, et au cours de la célébration Donatien m’a passé le micro et tous les gens venus se rassembler, en ce second dimanche de carême, ton dernier dimanche, t’ont ramené dans leurs cœurs, eux à qui j’ai pu en quelques mots te confier. En chacun de ceux-là tu vivras un peu. A travers ce lien avec toi, les quelques uns qui en acceptèrent et la lumière et le fardeau me révélèrent une fois encore à quel point nous sommes le fruit élevé de nos intègres défaillances, oui un peu de notre saveur vient de la traversée de nos maux. Tu réveillais cela, Robert, et ce qui fut miraculeux c’est avec quelle délicatesse, tu entras en connivence d’âme avec les variations de l’intimité, et le climat singulier de chacun de ceux qui t’écrivaient, ils devinrent ainsi à leur insu, communauté. Tu me parlais d’eux tous, non comme d’un groupe indifférencié, mais de chacun dont tu saisissais le climat, les dons singuliers, la beauté secrète et tu me les redonnais avec une stupéfiante limpidité d’âme, ainsi tu reflétais, dans l’impalpable monde des esprits, une part augmentée de ce tremblement de la vie en chacun qui est sa beauté même. Tu me rapprochas encore de ceux là que déjà je chérissais tendrement, tu me dis d’eux des choses inoubliables qui s’éclairent d’être dites, et cette lumière d’eux vers toi mais aussi de toi vers eux, demeure inaliénable. Courte fut son expansion dans le temps mesuré qui allait te rester à vivre, mais sa lumière projetée n’a pas de fin : elle demeure. Elle nous a embelli les uns les autres.

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41 Commentaires

  1. roturier

    Mouais.
    Il a qd même tué deux femmes, d’après ce récit; pour de l’argent.
    N’importe quel boeuf tué dans un abattoir me fait plus de peine.
    Et si il a passé tant d’années au couloir de la mort c’est pour avoir épuisé tous les recours.

    Accessoirement: que vient faire le mot « intifada » là-dedans? (Il y est bien…).
    Dame patronesse.

  2. Purée, tout à fait d’accord avec vous Roturier, ce texte est puant. Pourquoi cette insistance sur le fait qu’il était noir, ? Pourquoi cette obscène référence aux intifadas. Je préfère Anne Miguet dans son registre chiant et cucul habituel !

  3. Yaakov Rotil

    J’ai, pour premier commentaire, mis un astérisque de façon lapidaire, c’était juste, on l’a compris, pour suivre le fil…
    Je dois avouer que je n’ai même pas eu l’envie de lire l’article jusqu’à la fin… Je m’étais dit: « baveux! ».

    Or çà, je me préparais aussi à critiquer l’abolition de la peine de mort – alors que j’ai été si longtemps un abolitionniste acharné!

    Eh! Deviendrais-je, l’âge aidant, et sale et vieux con?

    Sinon, et relativement HS, pour ceux qui veulent s’associer… Cela commence ce soir, et la pensée d’Eichmann se balançant au bout d’une corde ne sera pas pour m’attrister…

  4. roturier

    N’en déplaise à certains.
    Ce texte devrait être interdit aux diabétiques; intraveineuse de bondieuseries.

  5. Ce texte d’Anne Miguet, admirable, est surtout prodigieusement intéressant. On parle souvent des condamnés passant des années dans les couloirs de la mort, mais je ne me souviens pas d’avoir jamais lu un tel compte-rendu sur ce qui se passe dans la tête de ces prisonniers au cours de ces années, puis des dernières semaines et des derniers jours avant l’exécution. Quel journal a-t-il publié un jour, et commenté, la dernière lettre écrite par un de ces hommes ? Qui avait déjà lu la réaction d’un condamné apprenant la date de sa mort programmée un ou deux mois plus tard, mais à une date précise ?
    Pour le caractère très exceptionnel du thème traité, l’auteur mérite nos remerciements.

  6. desavy

    C’est un texte littéraire. On aime ou on n’aime pas mais il est écrit. Je ne pense pas qu’il mérite tous ces sarcasmes.

  7. Desavy, … « il est écrit »…Je me doute que vous entendez ce verbe au sens du Grand Siècle: il est bien écrit.

  8. desavy

    Impat, je confirme.

  9. QuadPater

    Les deux victimes de M. Robert L. Henry se nommaient Janet Thermidor et Phyllis Harris.
    Mesdames, comment étiez-vous quand il vous a frappées à coup de marteau, vous a aspergées d’un liquide inflammable et y a mis le feu, en cette triste journée de début novembre 1987 ?

    Ce texte bien écrit mais au contenu insupportable (comment peut-on s’apitoyer sur un meurtrier ?) n’est pour moi qu’une occasion d’échanger sur la peine de mort.
    Un seul argument contre est valable : la peine est définitive alors que la justice qui l’inflige est faillible.

    Quelqu’un sait-il pourquoi n’existe pas en France une peine de prison à vie (perpétuité « incompressible ») ?

  10. Cet amour des assassins est vraiment une insulte à leurs victimes, je me demande ce que cet article a d’admirable vraiment, et je l’ai trouvé prodigieusement dégoulinant de bons sentiments. Encore une fois que vient faire l’intifada ici ? Quelle différence la couleur de peau de l’assassin bestial fait-elle ? Vraiment j’aimerais que les défenseurs de ce texte m’expliquent, vraiment.

  11. Va-t-on nous infliger une seconde partie ?

  12. QuadPater

    Il semble que certains chrétiens aient besoin de martyrs. Miguet va jusqu’au bout de sa logique de sanctification du meurtrier en mettant en doute la légitimité du tribunal qui l’a jugé :

    Tu n’étais pas innocent, mais qui l’est? Qui est sûr de ne jamais déraper dans la violence?

  13. QuadPater

    « Infliger » n’est pas le terme adéquat, Tibor. On ne nous impose pas la lecture des articles.

  14. roturier

    Bah ouai. Puisque personne n’est parfait on ne jugera plus personne. Ceci boosterait le marché des liquides inflammables.

    Parait qu’il y’en a (voir ci-dessus) qui n’ont jamais vu un texte sur la question.

    Mais, lisez un peu, il y’en a plein (« La Ligne Verte », également un film, et bien d’autres).
    Et surtout le chef-d’œuvre de Truman Capote « De sang froid » (« In Cold Blood » +plusieurs films).

    Autre chose que cette imbécilité visqueuse et larmoyante.

  15. D’une part c’est une façon parler, d’autre part je me passerais volontier de vos leçons creuses.

  16. Souris donc

    J’ai cru que c’était un pastiche de la littérature de visiteur de prisons qui trouve sa rédemption « dans ces prisons où tout est trop blanc. Toi tu étais noir ». Je m’excuse, je n’ai pas pu aller plus loin, secouée de rire. « Ces prisons où tout est trop blanc, toi tu était noir », wouah le vieux cliché.

  17. Quad,… « (comment peut-on s’apitoyer sur un meurtrier ?)  »
    Je n’ai pas lu que l’auteur s’apitoyait.
    … « n’est pour moi qu’une occasion d’échanger sur la peine de mort. « …
    C’en était une en effet. Étonnant que les « échanges », même les plus courtois, n’aient pas porté sur ce point…

  18. QuadPater

    Impat, le ton emphatique employé par l’auteur aurait pu convenir, par exemple, à une lettre à Víctor Jara, torturé et assassiné par la junte chilienne.
    Ce billet est très choquant. On ne peut pas faire de n’importe qui un martyr de n’importe quoi.

    Certes je déplore que dans l’éventualité (même mince) où des indices l’innocenteraient un jour on ne soit plus capable de lui rendre la liberté. J’accepte aussi de considérer l’immense angoisse du bonhomme à qui on annonce qu’il sera tué dans un mois.
    Cependant cette émotion – que je comprends – n’est pas pure, je ne peux l’isoler des raisons pour lesquelles il se trouvait dans le couloir de la mort.
    Dans mon esprit elle se mélange, s’emmêle avec la terreur éprouvée par ses deux victimes quand il les a massacrées.

    On doit accepter ses contradictions Je suis opposé à la peine de mort, et voterais contre son rétablissement. Et cependant j’espérais que Merah ne sortirait pas vivant du siège de son appartement. J’avoue aussi que lorsque je pense aux fins d’Eichmann et de Ben Laden j’estime que justice a été rendue.
    La société doit protéger ses membres, c’est prioritaire au fait d’essayer de ramener les brebis égarées dans le troupeau du Père. Par conséquent une peine de prison à vie, non amendable sauf si réhabilitation, est LA peine de substitution adéquate à la peine de mort.

    Restons pragmatiques. Les adversaires de la peine de mort n’ont rien à gagner à faire pleurer les foules : de toute façon les proches des victimes pleurent beaucoup plus fort.

  19. Quad,… « On doit accepter ses contradictions Je suis opposé à la peine de mort, et voterais contre son rétablissement. Et cependant j’espérais que Merah ne sortirait pas vivant du siège de son appartement. « …
    Cela ne me paraît pas être une contradiction. Les deux choses sont distinctes : le jugement à froid de la société conduisant quelqu’un à la mort alors qu’il n’est plus dangereux, et le tir mortel exercé contre un criminel en cours d’opération.
    Pour donner suite à un autre de vos commentaires, je déplore comme vous qu’il n’existe plus en France de véritable condamnation à perpétuité.

  20. roturier

    Mais, il y a une raison pourquoi une véritable perpétuité, non-amendable, n’existe pas en France.
    Un condamné à une telle peine doit être gardé dans des conditions d’incarcération au moins aussi sévères (en principe plus) qu’un condamné au couloir de la mort.
    Vu qu’il n’a rien à perdre il est incontrôlable; impossible de l’approcher, difficile d’empêcher son suicide. Il est soit suicidaire soit d’une violence totale, dangereux pour le personnel; souvent les deux.

  21. roturier

    Si ce texte avait pour finalité de débattre de la peine de mort, l’exemple est mal choisi.

  22. Yaakov Rotil

    Ce n’est pas pour faire dévier vers un autre sujet, mais je pense qu’empêcher un type de se suicider n’est pas une bonne chose… Surtout une fois le procès terminé et la sentence rendue.

  23. Madame Miguet,
    Vous écrivez dans votre article deux phrases absolument indécentes :
    1) Il se trouve que ce meurtrier lisait des Psaumes « C’était le psaume de Jésus sur la croix, c’était le psaume des Juifs dans les wagons à bestiaux vers Auschwitz »

    2) Comme si ce n’était pas suffisant vous ajoutez ensuite:
    « Je le lançais (le Psaume)comme un petit caillou, un galet strident qui aurait pu retomber dans ta dernière cellule, et y verdir ton âme juste avant le saut dans le grand inconnu…une véritable intifada…une pluie de cailloux. »
    Au nom des miens qui ont eu pour dernier moyen de transport un wagon à bestiaux, je vous demande Madame de ne plus nous utiliser pour faire pleurer dans les chaumières. Ce qu’ils ont ou non récité ne vous regarde pas, arrêtez de comparer leurs souffrances à celle d’un meurtrier. Ils n’avaient pas tué qui que ce soit.
    Je vous demande aussi de ne plus comparer les assassinats d’hommes, femmes et enfants, tués eux aussi parce qu’ils étaient juifs, perpétrés par les terroristes pendant l’Intifada à une pluie de Psaumes.
    Je ne vous demande pas d’avoir de l’empathie pour nous, simplement de nous oublier

  24. Ce qui est le plus détestable dans ce texte, mais c’est finalement le travers de son auteur en général, est son côté nombrilisme et impudique, c’est ce qui donne ce aspect dégoulinant. Voyez comme mon âme est belle, voyez comme combat le racisme avec pour seule arme ma plume et ma pureté, voyez comme je vibre à l’unisson de tous les désespérés, avec les pauvres Palestiniens se battant avec des pierres contre les sionistes, voyez comme moi-même je m’inspire d’eux.
    C’est du Hessel larmoyant.
    La question au fond n’est pas de savoir ce que l’on pense de la peine de mort, la question est de savoir si au nom de leur malheur on doit en faire des martyres et tout relativiser. Si au nom de la charité on doit se pavaner et montrer ses stigmates. Si bien sûr ce lui qui est en prison n’apas perdu son humanité pour autant, faire preuve de charité envers lui ne doit pas être l’occasion d’étaler ainsi sa bigoterie.

    Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
    Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite,
    afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
    Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
    Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
    Matthieu 6.2-6

  25. roturier

    Bel exemple, Tibor, que l’on peut dire tout mais pas à n’importe qui.

    Les phrases parlant des « hypocrites dans les synagogues » sont évidemment à placer dans le contexte historique : celui qui les prononce fréquente, lui-même, les synagogues. Mais, réformateur et militant pour un renouveau spirituel, il s’offusque de ceux parmi ses coreligionnaires qui font du zèle sans avoir la foi, par convention sociale et pour se faire bien voir.

    MAIS quel potentiel dévastateur peuvent avoir de telles phrases entre les mains de ceux qui ignorent (qui veulent ignorer) le contexte. La majorité ? Ses « guides » ?

  26. Vous avez raison Roturier, mais on ne peut sans cesse se censurer parce que les cons savent lire ! Il est bien évident qu’il serait ridicule de mettre Matthieu à jour et parler des bigots qui prient ostensiblement dans les églises, ce serait sacrifier sur l’autel de la connerie même si évidemment, en l’occurence je cite ces versets pour me moquer de ces bigots-là. C’est un peu comme ces figurants noirs qui envahissent les films censés se passer dans un moyen-âge européens plus ou moins mythique : dernier en date « La dévastation de Smaug », où soudain on voit apparaître des noirs dans la ville du lac : affirmative action et quotas sont les mamelles du politiquement correct.
    C’est comme l’histoire de ces Juifs qui envoient leurs fils en Israël et qui reviennent convertis au christianisme, il vont en parler au rabbin qui leur dit avoir vécu le même mésaventure, en désespoir de cause ils prient le Tout Puissant qui leur dit ce que vous devinez…

  27. Je ne supporte plus ce politiquement correct où il faut se justifier de tout, se censurer sans cesse, rendre des comptes, et faire preuve d’allégeance aux pervers qui ne vivent que pour pouvoir mettre un pauvre type en accusation pour délit de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie, de sexisme, d’homophobie, de zoophobie, d’atteinte à mère nature, de négationnisme, déviances de toutes sortes.

  28. Pour en revenir à Madame Miguet qui chiale sur l’assassin que l’on va envoyer ad patres : a-telle des larmes pour toutes les victimes de ces salauds qui sévissent ici aussi, a-t-elle par exemple des larmes pour cette jeune fille qui s’est faite récemment violer parce que les Frnçaises sont des putes ? Et dans l’affirmative quand cette fontaine prend-elle le temps d’admirer les splendeurs du monde ?

  29. Skarda, votre 18h06 est un coup de colère peu justifiable. Vous avez des quotas de larmes ? On peut pleurer sur beaucoup de choses, vous savez, notre vase de larmes est sans fond.

  30. Je ne vois pas en quoi il n’est pas justifiable, il vous déplait peut-être comme ce texte me déplait profondément, comme ces larmes ostentatoires provoquent ma colère.

  31. Je ne lis pas ce texte comme vous, Skarda, et je trouve que vous le comprenez mal. Je n’y vois pas de larmes, j’y vois une assistance, de même que je n’y vois pas « d’insistance » sur le fait que le condamné est noir. L’auteur écrit le mot « noir » une seule fois, ce n’est qu’une indication factuelle.
    Par sa correspondance, l’auteur a tenté d’exercer une assistance au condamné, comme au temps de la peine capitale en France un aumônier assistait un condamné à mort dans sa prison.

  32. Vive le secret de la confession Impat, à quoi rime ce débalage ? Je sais que c’est la mode mais là c’est trop. J’imagine être le fils ou le mari d’une des victimes et lire ça, je crois que je ferais le déplacement pour lui envoyer une paire de gifles.

  33. La honte a déserté nos consciences.

  34. QuadPater

    Par sa correspondance, l’auteur a tenté d’exercer une assistance au condamné

    Impat, ce n’est pas la démarche d’initier et d’entretenir des échanges épistolaires qui est en cause, je comprends qu’il soit bouleversant de dialoguer avec un condamné à mort, et d’essayer de soutenir quelqu’un dont la société a décidé la mort. On y met de la compassion, du voyeurisme, de la pitié… plein de choses, et il est permis de penser qu’il faut aussi une certaine dose de narcissisme pour raconter ces émotions dans un texte destiné à la publication.
    Je n’en fais pas le reproche à Miguet.
    Mais je ressens ce texte comme mes camarades. Je ne peux pas supporter le contraste entre la douceur, la poésie, la délicatesse des émotions exprimées et les actes de ce type.
    La couleur : qu’il soit noir ou vert n’importe pas. Alors pourquoi évoquer le contraste entre sa couleur de peau et ces prisons « trop blanches » ?
    Non, décidément, je n’ai rien à exprimer de positif.

  35. Yaakov Rotil

    J’enchérie… Avez-vous entendu parler du drame d’Itamar d’il y a trois ans? Une famille entière égorgée dans son sommeil… Les deux « chances-pour-la-paix » quittent la maison, puis entendent les cris de Hadassa qui se réveille. Ils retournent dans la maison, et égorgent la petite âgée de 3 mois. Ils s’acharnent ensuite avec un couteau de cuisine pour séparer sa tête de son corps.

    En Europe, on en a aussi peu parlé que, en Israël, cela a bouleversé le pays.

    En Europe, les deux salopards étant des « résistants », il était logique qu’on n’en parle pas trop… Et puis, la famille assassinée, c’étaient des « colons ». En Judée ou Samarie, bref, dans notre berceau historique.

    Je sais que l’un des « résistants » a écopé de cinq condamnations à la perpétuité, l’autre, je ne me souviens pas du détail.

    Mais quand je repense à cette horreur, je remets en cause complètement mes convictions qui ont été longtemps contre la peine de mort.

    Ces mecs, ces ordures, je les aurais pendus haut et court et pas nécessairement par la tête…

  36. hathorique

    Bonjour à tous

    Je pense que c’est un texte qui a été écrit par un (e) chrétien (e) , sous le coup de l’émotion d’une exécution capitale qui est toujours éprouvante surtout pour celui qui la subit, mais il me semble que l’auteur s’égare parfois en digressions exaltées et se laisse entrainer par son émotion à des analogies indécentes : que viennent donc faire les références à l’intifada ? aux Juifs dans les wagons à bestiaux vers Auschwitz ? eux qui étaient innocents, leur seul crime était leur judaïcité, comme les juifs victimes des autodafés de l’inquisition espagnole parce que juifs.

    Pour mémoire : des Juifs convertis mais reconnus coupables d’avoir judaïsé étaient condamnés : fouet, pénitence, confiscation des biens, emprisonnement et mort. Les condamnés étaient confiés au bras séculier qui donnait la mort, car l’église ne pouvait pas donner la mort.

    L’inquisiteur exhortait les condamnés à mort à reconnaître leur culpabilité. Ceux qui avouaient étaient étranglés par les bourreaux avant d’être brûlés, çà c’étaient les chanceux, les autres étaient brûlés vifs .

    Peut être ce meurtrier devenu bon chrétien aurait il du en référer à Dieu et Jésus tant célébrés dans ce texte, avant d’assassiner deux innocentes qui auraient elles aussi mérité compassion, or il n’en n’est question que de manière allusive : si peu pour deux vies aussi férocement détruites.

    Même si parfois devant l’atrocité de faits divers, tels ceux du meurtre du jeune Ilan Halimi ou de si jeunes enfants par Mohamed Merah notre compassion instinctive va aux victimes plus qu’à leurs assassins et notre réaction première à la vengeance plus qu’à la justice, Il faut bien nous accommoder de nos doutes et de nos incertitudes et en conscience choisir celui de l’humanité contre la barbarie de l’exécution capitale.

    Mais en conscience également, si l’un de ceux que j’aime était touché, je le dis en toute humilité, je ne sais pas quel serait mon choix, puisse t il être celui de la miséricorde et du pardon, je ne suis pas sure que ce serait celui de l’abolitionniste convaincue que je crois être. J’espère n’avoir jamais à résoudre cette terrible équation.

    Cher Impat, c’est vrai que c’est bien écrit, mais que c’est donc dégoulinant d ‘approximations bondieusantes et de comparaisons syncrétiques emphatiques.

    Je préfère le plaidoyer de V. Hugo dans « le dernier jour d’un condamné  » et  » Claude Gueux  » imprégnés d’une vraie religiosité et d’une authentique compassion .

  37. C’est bien sûr ce que j’aurais dû écrire mais je ne suis pas vous.

  38. Souris donc

    Je crois qu’il existe un sous-genre littéraire voyeur que l’on peut résumer par « Témoignages du couloir de la mort ». Googlez couloir de la mort, ça grouille, 550 000 résultats.
    Ce genre a TOUS les défauts de la littérature militante, lourdement démonstratif, jouant sur les leviers de l’émotion, accumulant les clichés d’un lyrisme de pacotille (Le froid d’un hiver perpétuel, alors que dehors c’était la naissance du printemps. Retenir les rênes des gazelles empressées de mes galopades sur papier. Ce magnifique instrument de lumière que devient une plume, ou un stylo à encre).
    En voici un exemple assez similaire à celui de Madame Miguet :
    http://www.rencontrerdieu.com/temoignages/temoignages-textes/temoignage-de-moore-dans-le-couloir-de-la-mort-a-72h-de-son-execution-dieu-le-sauve-et-le-transforme-radicalement-1942

    Par ailleurs, au détour d’une phrase, on apprend que cette action est appuyée par l’ACAT, une filiale d’Amnesty, le repaire de tous les soixantehuitards en mal de militantisme droitdelhommiste. Les vieux sadiques trouvent là le frisson de l’extrême et la divine jubilation de la posture donneuse de leçons de bienpensance subventionnée et ayant obtenu la reconnaissance d’utilité publique (un label facile à obtenir mais qui impressionne à bon compte et permet de collecter des dons déductibles. Vous avez là-dedans des chorales, aéroclubs, amis du vieux Chinon, du vieux Marseille, de régies théâtrales, les SOS en tout genre)

  39. roturier

    Deux fois, « noir ».
    La seconde est la « meilleure »: le curé ce cette dame patronnesse est « noir comme toi », dit-elle à son interlocuteur condamné.
    C’est bien de l’insistance, par la quantité ET la qualité. Gare à l’hyperglycémie.

  40. roturier

    On devrait reconnaître Liebchen d’utilité publique.

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