Il fait ce qu’il peut, le pauvre.

fpp2

Que dit-on d’un bon ouvrier qui, face à un problème extraordinairement difficile, exerce des efforts aussi extraordinairement particuliers, se donne beaucoup de mal, n’encourt aucun reproche d’incompétence, ni de laxisme, et cependant ne parvient pas à achever une œuvre à lui confiée ?

Il fait ce qu’il peut, le pauvre !

Alors je vous laisse imaginer l’amertume qui secrètement s’est emparée de moi lorsqu’au détour d’une conversation sur les faits et méfaits de Monsieur Hollande mes oreilles ont dû subir à son endroit l’écoute de cette phrase étonnante. D’ailleurs elles n’en croyaient pas leurs pavillons pourtant très accueillants.

Toutefois cette remarque, formulée n’en doutons point avec la plus parfaite sincérité, explique enfin pourquoi…il en reste encore quelque 15 %. Cela parait certes incroyable qu’il y ait encore un petit 15 % de Français qui approuvent et soutiennent ce président et ses gouvernements, mais l’explication est là : ces Français ne sont ni idiots ni aveugles, ils voient bien que depuis deux ans rien ne pourrait aller plus mal. Économie bien sûr, chômage en chute et pouvoir d’achat en baisse, mais aussi cohésion nationale avec de nombreuses fêlures divisant profondément nos compatriotes, confiance et moral en berne. Ils voient bien, mais ils sont convaincus que c’est inéluctable, que c’est comme ça, qu’on n’y peut rien. Qu’ « il » fait ce qu’il peut !

Que c’est la crise, la faute aux autres, la faute à l’Europe, la faute à Sarko (si, si…), la faute à pas d’chance…mais « qu’il fait ce qu’il peut, le pauvre. »

Leur fait-on remarquer que partout ailleurs la crise s’estompe, que partout ailleurs le chômage diminue après le pic de la crise, que même le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, la Grèce dont on parlait voici trois ans avec des sanglots dans la voix et la fierté de se porter mieux qu’eux, même ces « hommes malades » de l’Europe sont entrés en convalescence ? Non, cette remarque ne porte pas sur ces personnes, formatées à l’idée qu’on ne peut rien reprocher à Hollande : oui ça va très mal mais il fait ce qu’il peut.

C’est que, voyez-vous, il ne pouvait rien faire d’autre…

Pour remédier au manque de logement en maints endroits il pouvait favoriser l’investissement dans la pierre, le garantir. Au contraire il fait voter une loi Duflot qui dissuade cet investissement. Il ne pouvait rien faire d’autre ?

Pour améliorer la compétitivité française, objet de sa sollicitude en discours, il pouvait accroître nos ressources en énergie. À l’inverse il laisse les écolos décider de plafonner à 50 % notre énergie d’origine nucléaire. Il ne pouvait rien faire d’autre ?

Pour diminuer le chômage, il pouvait inciter les entrepreneurs à embaucher en simplifiant le code du travail, en allégeant les contraintes sur le licenciement, en manifestant un fort soutien à l’esprit d’entreprise. Et que fait-il ? Il ne cesse d’accuser, voire d’insulter, les patrons, il alourdit le code du travail, il taxe à tours de bras. Comme le déclare Juppé le 5 mai : « Nous avons le plus contre-productif des ministres économiques en la personne d’Arnaud Montebourg qui vitupère aujourd’hui contre le PDG d’Alstom après avoir fait le procès de PSA et ordonné à celui de Mittal de partir. Son attitude est désespérante. Il s’est mis à dos tous les patrons du CAC 40. On en voit les conséquences, qui sont désastreuses » . Le tout incitant les entrepreneurs à ne surtout pas embaucher et …aller investir ailleurs. Il ne pouvait rien faire d’autre ?

Pour agir favorablement sur le pouvoir d’achat il pouvait alléger les impôts. À l’inverse le matraquage fiscal semble constituer la panacée, et pas seulement pour les « riches » honnis, mais pour tout le monde : la taxation des heures sup et la nouvelle TVA sont des « matraquages pour tous » dont les effets dépassent largement des hausses symbolique du SMIC. D’aucuns vont rétorquer que Sarkozy aussi avait projeté d’augmenter la TVA, au grand dam factice du PS. Mais l’un compensait la hausse de TVA par un allègement ailleurs, l’autre ajoute la hausse de TVA aux augmentations ailleurs. Il ne pouvait rien faire d’autre ?

Pour alléger le coût exorbitant de la cascade des collectivités territoriales il pouvait maintenir la loi votée en 2010 qui divisait par deux le nombre d’élus et de fonctionnaires qui les accompagnent et fusionnait les conseils généraux et régionaux. Mais non, il a abrogé cette loi ! Et récemment Valls annonce triomphalement une « réduction du mille feuilles territorial » pour…2021. Mieux vaudrait en rire, si le sujet n’était pas si dramatique. D’ailleurs Hollande en rit peut-être, sous cape. Il ne pouvait rien faire d’autre ?

Il a juste fait, chaque fois, le contraire de ce qu’il fallait faire. Mais c’est pur hasard, car… il fait ce qu’il peut, le pauvre.

45 Commentaires

  1. Souris donc

    Curieux, le lexique de la rééducation : « le choc » (socialement responsable, bien sûr), le « retournement » (solidaire, ça va de soi), le « redressement » (productif et citoyen) il y a des maisons pour ça, et des camps.
    Le retournement, il espère une conjoncture favorable. Bel aveu d’impuissance !
    Bref, Mou-Président-Je n’a rien fait. A part le mariage gay et les taxes. Rien, juste une belle frénésie dans l’application des lois antiphobiques destinées à museler.
    Le totalitarisme, c’est maintenant.
    Ce matin Mou-Président-Je répondait aux auditeurs de BFMTV, un sketch d’impro on dirait :
    http://www.dailymotion.com/BFMTV

  2. Lector

    Pour diminuer le chômage alléger les contraintes sur le licenciement ?! Hahaha, l’embauche en creux grace au licenciement. Ah oui !, reconnaissable entre mille ce formatage de la dérégulation europeinomane. Alléger les charges salariales peut-^etre ? Non ? N’aurait-il pu le faire ? Ben non. C’est ça la droite complexée de Hollande.

    Le patron d’Alstom n’a pas non plus fait de mauvais investisments dans des turbines suisses défaillantes. C’est la faute à la g^oche.
    Personne n’a jamais applaudi au travail de vrp sarkozyste ni de la gauche dans la m^eme ligne peut-^etre ? Faut se réjouir de la vente, pardon, de l’ouverture du capital aux investisseurs étrangers ! Des actionnaires qui lorgnent sur nos brevets c’est le nec plus ultra.

    Barroso ne préconise pas d’austérité non plus. Non, non, non, ce sont les français qui n’ont rien compris et qui… « vivent au dessus de leurs moyens » pouvoir d’achat en berne. Alors que les patrons du CAC, eux… sont des anges bienfaiteurs sans casseroles au derche.

    Ce ne sont pas les riches qui sont honnis, ça c’était le blabla de campagne en direction des électeurs du FdG (chacun fait des papouilles à ses extrèmes, c’est de bonne guerre) ; c’est la pleurniche des pseudos pigeons (z’ont été nationalisés ? Non) et l’autoritarisme des fmistes qui sont détestables.

    Quant à l’immobilier, c’est s^ur que ramener les 30 ans de Sarkozy à 22 au lieu des 12 (ou 15) précendants ces deux petits suzerains à la botte, en matière de fiscalité sur la plus-value, ça ne va guère dans le bon sens. Il aurait pu faire un effort pour para^itre de gauche libérale ce président prostatique qui s’annonce social démocrate (mouarf). Mais son think-tank lui dit que la classe moyenne patrimoniale de gauche ne fait plus partie de son électorat. Sus aux petits porteurs, disait encore, déjà, la Filipetti. Et l’auto-entrepreneur aussi l’aura bien profond dans la réforme.

    Quant on a les mains liées par une administration souveraine et une dette qui grève le budget c’est-à-dire qui emp^eche toute action gouvernemental que fait-on ? On s’agite (Sarkozy) ou l’on s’occupe (Hollande) : on fait le vrp, du sociétal et du remaniement territorial. Mais c’est surtout de la faute au surnombre de fonctionnaires français. Le transfert dispendieux des dossiers de Strasbourg à Bruxelles et réciproquement n’a rien à voir là dedans, ni le millefeuille européen, ce panier percé.
    De quels fonctionnaires parle-t-on ? Les flics seraient surnuméraires dans les quartiers dits de non droit ?

    Avec Hollande vous avez le pire de la droite complexée cumulé à celui de la droite décomplexée mais faudra bien répéter que tout ça c’est de g^oche pendant encore une bonne décénnie tout en éructant que le monde a changé ; en fait, ajouter à la novlangue de g^oche la propagande du nihilisme et sa dérégulation du sens.

    Hollande, le président rigolo ne rit plus du tout, il est la risée de tous les français mis à part 15 % d’apparatchicks.

  3. Voici quelques jours un lecteur du Point écrivait ceci :
    « Ce n’est pas Hollande le problème…/… Il n’est simplement pas taillé pour le job et tout le monde le savait. Le vrai problème, ce sont les français qui ont voté pour lui. En gros, ils n’aimaient pas Sarkozy et se sont comportés comme des gamins capricieux et irresponsables. Hollande a simplement joué avec malignité à attiser leurs frustrations pour se placer au soleil. On ne construit pas l’avenir de la France avec des frustrations et des caprices. Ce n’est pas sérieux. Les conséquences sont maintenant gravissimes pour le pays. Ils peuvent bien avoir égoïstement leur petit ego anti-bling bling satisfait, ce sont les générations futures qu’ils saccagent avec leur vote.[…]… »

  4. Souris donc

    Le vrai problème, ce sont les Français qui ont voté pour lui
    Non. Ce sont des foules sentimentales bernées par les médias qui, jour près jour, ont martelé ou distillé l’antisarkozysme, derrière l’appareil du PS aux mains de son secrétaire, François Hollande, qui, belle aubaine, a pu se mettre sur les rangs quand DSK fut out après son « acte manqué ». Les primaires socialistes ont donné le plus petit dénominateur commun, le plus inoffensif : François Hollande, quand il fallait au contraire un président offensif.
    (On a échappé à Martine Aubry et son care).
    Les médias portent une immense responsabilité, les apparatchiks et militants du PS aussi en mettant en avant le normal, quand il eût fallu une personnalité hors norme, hors du commun. Et pas ce pauvre pépère qui-fait-ce-qu’il-peut et sent venir la croissance et le redressement productif comme l’impuissant sent venir l’érection. Excusez la métaphore, mais on est bien dans la pantalonnade, pour notre malheur. DSK, rue du Cirque, le vaudeville.
    Ceux qui auront à répondre devant les générations futures, ce sont les journalistes médiocres, grégaires et prébendiers.

  5. hathorique

    Après ce sarclage, serfouissage et autre élagage à la serpe de Souris et de Lector Sulfatus Cincinnatus, sans hiatus, que dire de mieux puisque nous somme en période de rempotage 🙂

    Oui certes les médias portent une lourde responsabilité dans la victoire à la Pyrrhus de Monsieur Hollande mais pas qu’eux, il ne faut non plus oublier la pusillanimité d’un ex premier ministre François Fillon pour ne pas le nommer et de certains membres de la camarilla sarkosienne qui pérorent dans ces mêmes médias considérant que perdre treize kilos donne du poids à un argumentaire politique, avec l’appui d’une journaliste ayant contribué au confort personnel d’un redresseur improductif.

    Nos politiques et une majorité de journalistes sont élevés hors sol en serres capitonnées et ont autant de gout que les tomates hollandaises, mais qui donc dans notre cher et beau pays est encore sensible au « cri de la tomate » ou  » à la solitude du concombre » ; qui peut encore croire en un Président qui promet aujourd’hui de faire demain ce qu’il n’a pas fait hier, le seul art de gouverner que pratique notre pizzaïolo scootériste c’est de faire du sur place en laissant croire qu’il avance, mais c’est le décor qui bouge pas le pédaleur.

  6.  » … de septembre 1958 à septembre 1967, le nombre des demandeurs d’emploi âgés de moins de 18 ans avait presque triplé tandis que le nombre des offres d’emploi restait stationnaire ; le décalage est particulièrement important en ce qui concerne les emplois de bureau et assimilés, les plus recherchés : les demandes concernant les emplois de bureau représentent 30.2 % de l’ensemble des demandes tandis que les offres correspondantes ne représentent que 3.3 % de l’ensemble des offres. La plupart des jeunes à la recherche d’un emploi paraissent au moins aussi soucieux d’obtenir un emploi correspondant à leur qualification que d’avoir un salaire conforme à leurs aspirations : 44 % n’accepteraient pas un emploi correspondant à leur qualification ; 35 % refuseraient de percevoir un salaire inférieur à celui auquel ils pensent pouvoir prétendre. » [chiffres empruntés à Mangenot/Alisé/Remoussin « Les jeunes face à l’emploi », 1972]
    Le général de Gaulle avait bien de la chance de ne pas être obligé de promettre des emplois pour gagner des élections.
    Peut-être même, allez savoir, qu’à l’époque, personne n’aurait imaginé, encore moins cru, qu’il incombât à un président de la République de veiller à ce qu’il y ait, ou pas, du chômage ou de l’emploi.

  7. Lector

    erratum : « précédents », évidemment (rubrique foncière).

  8. Lector

    aimer Sarkozy ? Parce qu’en plus faudrait les aimer les présidents… sommes pas si débiles ! Quel mépris ! Et puis faudrait pas confondre LES français et le président… comme gaudriole gaudillote on ne fait pas mieux.
    Le bling-bling, encore une expression de journaleux. S’en foutre plein les fouilles du genre après moi le déluge c’est pas bling-bling, c’est de l’opportunisme malséant. Prétendre se soucier des générations futures après avoir forgé une « culture » hic et nunc, ça aussi c’est comique.

    Quant à Hollande, il faut noter l’indécrotable normalité du bonhomme dans ses dernières déclarations, en substance : « je ne me représenterai pas si je ne parviens pas à redresser »… eh ben c’est quoi sinon rab^acher du « moi président » i.e. rester camper sur son propre antisarkozysme, le sien ?! Car telle était sa fonction au sein du PS à l’Hollande… mordre au mollet l’ancien agité du vagal… le pitbull que l’appelaient ses coreligionnaire du grand Bien pour tous. Ce type là, beaucoup de militants le voyaient président, mais lui-m^eme finalement… ? Il est encore en campagne ou secrétaire du PS, il ne parvient pas à occuper sa fonction. Il n’en revient tjrs pas qu’une affaire libidinale l’est placé là où il… n’est pas.

  9. Lector

    exactement ! Ils sont très communs nos politicards d’appareil ; après le nain vulgaire un mou débonnaire. Et ça veut « remmettre à plat » ?! Ras le bol des platitudes ! Aplatis totaux qu’ils sont.

  10. Lector

    Voilà ! Hydroponiques et sans substrat ! Ils pataugent dans l’engrais, attendent la becquée liquide, quelle étrange alchimie !
    « Prétendre que le train marche », hahaha ça me rappelle une blague de transsibérien que racontait Peter Ustinov…

  11. Lector

    erratum : « godillote » évidemment… nan mais !

  12. hathorique

    @ Impat,

    Me permettez une comparaison, qui bien sur n’est pas oraison de votre chapeau d’article.
    « Il fait ce qu’il pleut le pauvre  »

    @ pjolibert

    le plaisir de vous lire

    Le chômage dans ces temps antédiluviens des années gaulliennes n’était pas la préoccupation essentielle des Français et donc de leurs dirigeants, la France était une puissance économique et industrielle majeure ; c’était le temps du presque plein emploi et le pouvoir politique n’était pas menacé par les chiffres du chômage en fonction de la correction des variations saisonnières selon l’I.N.S.E et le redressement de la baisse continue ou de la hausse contenue du chômage, il n’en demeure pas moins que dans la réalité Le chômage augmente, le chômage de longue durée augmente et le sous-emploi augmente et ce ne sont pas les emplois aidés, probablement utiles qui vont inverser cette tendance dans les prochains mois.

    Durant les dernières décennies les pays émergents présentaient de tels avantages en termes de coûts de production : main d’œuvre moins chère. etc… que les entreprises ont délocalisé massivement leurs usines pour en ouvrir d’autres et réaliser ainsi des économies et surtout plus de bénéfices, au prix du travail des enfants comme ce fut le cas en Chine ou au Bangladesh au prix de catastrophes écologiques, comme en Inde à Bhopal .

    Le drame de notre pays c’est que le chômage est un chômage structurel de masse, conséquence peut être de la dévalorisation du travail , d’une mauvaise orientation dans l’Education Nationale (entre autres) et peut être aussi causé par la dévalorisation des filières professionnelles.

    Les causes en sont probablement multiples, mais les effets sont dévastateurs, j’entendais il y a peu, que des jeunes gens n’avaient jamais vu leur parents avoir un travail ni même aller travailler.

    Le chômage des jeunes est (entre autres ) un problème des plus préoccupant car l’éducation et la formation figurent parmi les plus importants facteurs de croissance économique. Un faible niveau d’instruction constitue l’un des facteurs (entre autres) du chômage de longue durée.

    Pour notre temps présent, je ne voudrais vitupérer contre nos gouvernants ce serait chose facile, mais combien de ministres ou de conseillers dans les équipes ministérielles ont travaillé en entreprise : Michel Sapin qui a échoué au travail est récompensé par les finances.

    Quant à Benoit Hamon ministre d l’Education Nationale l’un des ministères parmi les plus importants de la République celui qui porte l’avenir de notre pays, qu’en dire sans médire.

    Pierre Moscovici battu aux municipales sera gratifié en récompense de ses échecs par un poste de commissaire européen.

    Quant à Harlem ce « gobe croqueur » les seuls dont je veuille me souvenir sont les « Harlem Globetrotters » croisés à Venise sous un pont le temps d’un soupir .

  13. Lector

    C’est le système des filiaires et des carrières qu’il faut repenser, entre autres choses. Toute la sociologie actuelle le dit : retours nombreux aux métiers de l’artisanat par ex (j’en oublie). Faut arr^eter avec les mièvreries du genre « métier-passion » ; les gens ont besoin d’un travail qu’ils puissent trouver constructeur, qui leur semble donner un sens à la vie; c’est le seul « épanouissement » qui vaille. Faudrait voir à ne pas passer la critique de la consommation de masse aux orties avec l’eau du bain 68tard. Ni l’utopie politique i.e. un projet, une anticipation, une visée. Au lieu de cela on nous ennuie avec l’économiste de service européen qui tord le concept d’offre, de publicité, de séduction marketing, en nous disant qu’il s’agit de demande… pfff. La demande est toute autre, en cela l’humain n’a pas changé. Le monde tourne ? Hahaha, c’est le peu que l’on sait. Sur lui-m^eme, en rond, il ne connait plus l’élipse ; pauvre Ptolémée. Le temps s’est arr^eté comme les aiguilles de l’horloge de Treblinka alors on prétend que le train « marche », dans l’anus mundi, le rectum mondialisé qui fait notre séjour. Faut pas se plaindre après d’avoir mal aux fesses le coeur au bord des lèvres ! Tout doit dispara^itre, liquidation totale, sont les mots d’ordre des biquettes nunc qui veulent tout et sans suite, l’impermanence les effraye, la foule est l^ache, le vulgum triomphe et sans grossièretés svp, droit dans ses godillots, conforme, et l’esprit tordu comme pas, vissé sur son manque d’épaules, son défaut de vertèbres… des invertébrés, des monstres sans cou, voilà, je n’ai plus qu’à faire ma chatte, et le journaliste miauler à la « une », ’cause we’re all straycats on a hot tin roof & the Piper says : the heat of this night is 100% proof.

    Ils ont bien raison de se tirer d’ici les jeunes soi-disant cerveaux ; on sent d’instinct que le mieux est de s’éloigner rapridement de cette mort rampante qui a déjà tué la Camarde après s’^etre débarrassée du reste et du céleste. Allez, je retourne cultiver mon jardin.

  14. Lector

    Hamon ou le militantisme carriériste ! Un ministère pour loyaux services d’apparatchik ; un ministre d’apparat chic et toc, un imbécile. Et il y a les m^emes à droite, une génération d’appareil, d’ignares et d’incompétents, promesse d’impasse, espoir de rien ; la chute annoncée.

    Le ch^omage ne sera jamais résorbé, tout le monde le sait ; ce qui oblige à un peu d’imagination, une redéfinition du concept salarial… la paix, c’est un peu maigre comme utopie politique, c’est le minimum syndical ; l’imbécile slogan contemporain dit qu’il est difficile de réformer ? Complaisance ! Facile de se défausser sur les électeurs/contribuables pour cacher son inconpétence.

    « Il fait ce qu’il pleut le pauvre  » Héhéhé c’est que ce n’est pas donné à tout le monde de faire la pluie et le beau temps ! Ce ne sont plus les élus qui en ont la capacité. Bon, j’arr^ete de faire l’apache.

  15. hathorique

    @ lecro c

  16. hathorique

    Lector candide volcanique
    « Je retourne cultiver mon jardin ».

    Allons ami point de chagrin, il y aura toujours des femmes fleurs à cultiver, des toiles blanches à peindre pour retrouver « l’origine du monde » et savourer un « déjeuner sur l’herbe  » .

    Comme le disait Kundera

    « L’humour, l’éclair divin qui découvre le monde dans son ambiguïté et l’homme dans sa profonde incompétence à juger les autres. L’humour, l’ivresse de la relativité des choses humaines, le plaisir étrange issu de la certitude qu’il n’y a pas de certitude. »

  17. QuadPater

    Souris :

    Ceux qui auront à répondre devant les générations futures, ce sont les journalistes médiocres, grégaires et prébendiers.

    Les voteurs de Hollande aussi, Souris. Ils ont mis Hollande là où personne de sensé n’aurais pu l’imaginer avant 2012.
    Je reconnais néanmoins que les socialistes n’ont que des tocards à se mettre sous la dent depuis 1995. Pour continuer dans la même voie, j’imagine bien Désir en 2017.

    Il fallait un sacré talent marketing pour compenser l’absence de charisme de Hollande. Convaincre plus de 50% de Français que c’était de cette mélasse mollasse dont ils avaient besoin fut un tour de force. Bravo les journalistes.
    Ils continuent à servir la soupe, à faire semblant, à lui donner hypocritement du Monsieur le Président.
    La plupart. J’ai écouté l’interview avec Bourdin ; il me semble que ce dernier explore une autre voie, qui sera peut-être celle de la suite du quinquennat : le normal un peu concon devient une victime de tout le monde. Bruxelles, les riches, les pauvres, les entrepreneurs, l’extrême gauche, le centre, la droite et l’extrême droite, la Crise, le Chômage, la météo, les Français.
    Il ne fait même pas ce qu’il peut. J’ai la naïveté de penser qu’un Président français a encore quelque pouvoir.
    C’est l’intelligence qui n’est pas là, le savoir-être, la capacité devant un problème d’envisager TOUTE piste pouvant mener à un mieux. Tant d’issues possibles se cachent derrière ses œillères idéologiques.
    On doit espérer qu’il demeure un pauvre type qui ne peut laisser de trace que dans Wikipedia.fr. Le souci c’est qu’en 3 ans il peut aussi continuer à couler le pays.

  18. Chère Hathorique,
    c’est également un plaisir de vous lire, et de vous voir dire qu’en France « le chômage est un chômage structurel de masse ». Bravo. Et beaucoup l’ont dit, je crois. C’est pourquoi après toutes ces années je reste absolument stupéfait que les hommes politiques acceptent de faire du chômage un « problème » qui relèverait de leur rayon d’action, c’est-à-dire de la conjoncture. Comment des élus à mandat limité pourraient-ils régler un problème de structure ? S’ils continuent à le croire et à le laisser croire, nous n’avons pas fini d’entendre des présidents de la République soumis aux questions, comme ce fut le cas il y a deux jours si j’ai bien compris, de braves personnes qui disent : j’suis au chômage depuis x mois qu’est-ce que vous pouvez faire pour moi ?
    Ah au fait, de moi vous n’avez lu ici que deux phrases, tout ce qui est entre guillemets est d’un auteur qui écrivait cela en 1979, et qui ajoute ceci : « Le décalage entre les aspirations que le système d’enseignement produit et les chances qu’il offre réellement est, dans une phase d’inflation des titres, un fait de structure qui affecte, à des degrés différents selon la rareté de leurs titres et selon leur origine sociale, l’ensemble des membres d’une génération scolaire. » Bizarrement ou pas, il semble que nous n’ayons fait depuis que cumuler les promesses du système scolaire, les frustrations de ceux qui en sortent sans bénéficier d’offres d’emploi réelles qu’ils jugeraient correspondre à leurs bac + 14 puissance 15, et la transformation cumulée de ces frustrations en diverses formes d’expression, éventuellement antagonistes entre elles (il faut bien nuancer dans le détail).

  19. pjolibert

    Si bien que je me demande, Lector (mais il s’agit de la suite exacte de la réponse à Hathorique), si ces fameux Français expatriés, même si en apparence ils vont « voir ailleurs », ne le font pas pour des raisons tellement typiquement françaises (de frustration devant l’écart entre l’offre réelle d’emploi et la valeur nominale de leurs diplômes d’inflation scolaire) que ce serait en fait en transportant beaucoup (trop) de France avec eux.

  20. Souris donc

    Le normal un peu concon, sacré talent marketing, oui. 5 années de rabâchage sur tous les tons Fouquet’s-Bingbling-Bolloré. Un vrai tour de force.

    Mou Président Je fait ce qu’il peut, le pauvre. En tous cas, il fait rire toute la réacosphère,
    Hashtable
    http://h16free.com/2014/05/07/30948-hollande-parle-les-journalistes-ecoutent-le-pays-pleure
    Corto
    http://corto74.blogspot.fr/2014/05/mon-reveil-fait-la-greve-et-hollande.html
    Desjardins :
    « …sur la piste de notre cirque politique, c’est le clown triste qui veut jouer les dompteurs avec son pipeau qui est rejeté, sifflé, hué par les spectateurs qui n’en ont pas pour leur argent.
    Il peut donc faire toutes les cabrioles, toutes les simagrées, tous les tours de passe-passe, changer de Premier ministre, de gouvernement, d’équipe à l’Elysée, de patron du PS et de discours rien n’y fera.
    Il aggrave son cas en descendant du trône qu’il a usurpé et en allant ainsi quémander un peu d’audience dans les radios, périphérique avec son numéro usé jusqu’à la corde. »
    http://www.thierry-desjardins.fr/2014/05/un-artiste-a-la-ramasse/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+thierry-desjardins+%28Le+Blog+de+Thierry+Desjardins%29

  21. Lector

    je ne crois pas Pierre (19.06), ou bien ceux qui pensent ainsi iront échouer ailleurs et reviendront en baissant les yeux ; là, je placerai mon commentaire plut^ot sur la ligne d’Impat et de Tibor : c’est la culture d’entrerpise, j’entends d’entreprendre, qui fait aujourd’hui défaut en France et c’est il me semble ce que ces « expatriés » vont chercher ailleurs, une possibilité d’entreprendre ; -ajouter à notre go^ut de l’exotisme (les fameux chauvins restent, les français qui voyagent s’adaptent.)

    NB Ce n’est pas à mon sens « l’assitanat » qui fait question mais le dvt d’une culture économique de services, factice la plupart du temps (en plus le dernier couillon qui monte une boite d’hygiène numérique, par exemple, ou n’importe quelle truffe en conseils, coaching économique ou politique et médiamétriqué comme il faut, est perçu comme expert, un exemple, une réussite, un espoir ; tenez : Zuckerberg une idole ? Très peu pour moi ; rien de neuf sur la toile ni dans le monde ; n’importe quel projet d’étudiant en robotique est bien supérieur au succès de ce trouduc).

  22. Lector

    Il ne fait rien ou rien que des b^etises. Lorsqu’il n’est plus souverain, le prédident de l’arr^et public, on se retrouve avec un gérant qui fait semblant de l’^etre, un concierge. Il n’y a pas de gouvernement européen en Europe, mais des gérants d’entreprise nationale ; un condominium économique avec à sa t^ete non des élus mais des commissaires voiolà ce qu’est l’UE.

    NB pas 50% des français et mèche svp, il y a eu quasi 20% d’abstention aux présidentielles.

  23. Lector

    bling-bling ?! avec ce qu’il s’est mis dans les fouilles l’autre vagal ! Mon cul !
    « Le changement c’est maintenant » talent marketing ?! Idem !
    Hollande n’est que le président de l’antisarkozysme, pas de la France, et il reste coincé dans ce r^ole : « moi président raté je ne me représenterai pas, c’est normal, c’est pas sarkozyste zinzin alors vous voterez pour l’hidalgo de jeunesse franquiste et la fusion binaire des p^oles pots coalisés sera définitivement réalisée mais sous étiquette rose hygiénique… ça fera l’artic’ (quelle dégelée!) beuheu j’ai passé le relais, l’honneur est sauf, poufpouf. » Aucune ambition !

  24. Lector

    point de chagrin. Cultiver mon jardin fait précisément la suite de votre razade, Sherhathor, ou réciproquement. Heureusement. Mais pour combien de temps ? Alors une dent contre, une rage peut-^etre, ponctuelle.

    L’humour en politique on voit ce que ça donne ! Hahaha. Parle pour lui ! L’humour, quand il est cristallin, lorsqu’il est éclat, rire d’enfant, n’est pas désespéré et se fiche bien de l’ambigu ; le « nonsense », en tant que trait d’esprit, le déclenche parfois, le rire, c’est de plus en plus rare ; l’humour remis sur le paradoxe n’est plus de ce temps, le plaisir d’abord, voilà le pavillon qui flotte au m^at de cocagne. La joie c’est un cran au dessus, ce n’est ni potache ni cynique, ni raisonnable ni détaché, c’est, ça existe, c’est comme ou bien plus d’ordre métabolique que métaphysique.

  25. roturier

    Quel niveau. Quelle médiocrité. Quel talent à ne pas voir la vérité en face. Quel magnifique bouc émissaire que ce « pauvre qui fait ce qu’il peut » et qui se prête à toutes les caricatures.

    Son prédécesseur ne faisait même pas ce qu’il pouvait. Pissé dans son froc devant l’idée d’abroger les 35 heures. Comme le sien pendant un quinquennat; 10 ans, pas abrogé. Et ça ose parler de mollesse.

    Mou est Président car la France a voté pour lui. Remember? A qui la faute, si faute il y’a?

    Cela fait 35 ans que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Faute aux deux dernières?

    Le ver dans le fruit s’appelle omni-présence de personnelle d’origine fonctionnaire dans tous les corps élus, au détriment de tous les autres Français. Il s’appelle un Etat qui dispose d’un pays (d’une nation) et non qui le (la) sert.

    Le tout étant la conséquence de la facilité accordée aux fonctionnaires, étrangers voire hostiles à l’entreprise (oui, même ceux de « ‘droite ») pour accéder aux mandats électifs; le tout dépend d’une loi et un mode opératoire à changer.

    Autrement dit, vanité et banalité que tout ça. Vous êtes tous dans la pleurnicherie impuissante.
    A force de pleurnichez vous pisserez moins, c’est déjà ça.

  26. Ben de fait si je dis ça c’est que je connais des cas d’échecs.

  27. QuadPater

    Le tout étant la conséquence de la facilité accordée aux fonctionnaires […] pour accéder aux mandats électifs

    (Roro, énervé)

    Sérieux ? on ôte cette facilité, et hop ! tout va mieux ? Nous avons eu quelques avocats parmi les prèzes, je n’ai pas vu de différence avec les hauts fonctionnaires et le militaire…

  28. Lector

    on ne pleurniche pas on désespère ; impossible est devenu français ! D’ailleurs les français sont impossibles c’est bien connu.

  29. Souris donc

    Et Pompidou le banquier. Roturier aime prendre le contrepied, se sentir plus antidoxique que les autres, mais je crois qu’il a raison, nous avons une classe politique trop consanguine. Il me semble qu’en son temps, Debré avait créé l’Ena pour éviter les cooptations (?) et professionnaliser les dirigeants.

  30. Lector

    ben voilà, z’ont pas été assez loin peut-^etre… Je fais confiance aux autres qui ne cherchent pas en premier lieu la valorisation pécunaire de leur dipl^ome en partant.

    erratum : « ajouté » (à l’exotisme), au passage.

  31. Lector

    pas faux sauf que c’est Sciences-po, dr^ole de boutique, qu’est devenue la référence pour les jeunes depuis au moins les années 80

  32. Souris donc

    Quatre patrons des groupes du CAC (Michelin, Axa, Capgemini, Saint-Gobain) ont décidé d’éveiller des vocations de députés chez leurs employés en leur garantissant un droit au retour et une progression de carrière , c’est-à-dire le confort qui permet aux fonctionnaires de faire de la politique sans prendre de risques. Il faudra du temps pour que les nouveaux venus aient une influence sur les débats, mais ce premie pas marque une prise de conscience;
    Editorial de Christine Kerdellant, L’Expansion de mai.

  33. roturier

    Quad
    On ôte cette facilité: dans 5 ans ça va mieux. Aucun doute.
    D’ailleurs, l’argument marteau est ailleurs.
    Le système actuel crache à la figure de l’égalité des citoyens devant la loi.
    Le citoyen a 2 droits principaux: voter et présenter sa candidature au vote.
    Le second est déformé en France au point de disparaître.
    Avec pour bénéficiaires ceux qui sautent comme des cabris et proclament « égalitude ».
    Rien que ça, raison suffisante.
    Regardons l’Allemagne et la Grande Bretagne: un fonctionnaire élu à un poste politique (c’est son droit) doit in fine choisir. Si il veut faire de la politique il doit couper le cordon ombilical avec la fonction publique. On ne peut pas y être les deux.
    On France, on ne peut qu’être les deux.

  34. roturier

    Qq pb techniques. Sinon je vous parlerais du couple Hollande-Royal. La caricature même du système français. Cooptation certes mais surtout consanguinité; familiale, socio-culturelle, idéologique.
    Jamais ce pays n’irait mieux si il ne fait pas la paix avec l’idée même de l’entreprise et de l’appât du gain comme motivation légitime et épanouissement personnel.
    Et ce n’est pas cette engeance-là qui le ferait.

  35. roturier

    Pompidou le banquier, Liebchen?
    A-t-on vu qq1 de crédible critiquer sa gestion?
    Des comme ça, vous m’en mettrez une douzaine.
    MAIS rien de semblable depuis. (Peut-être Barre; autant dire Mathusalem).

    Combien de chefs d’entreprise à l’Assemblée? Combien de cadres d’industrie? Experts comptables? Ingénieurs?

    Comment pouvez-vous espérer que ça marche?

  36. Souris donc

    Mou-Président-Je s’inspire de Chavez et nous fait son Aló Presidente.

  37. Souris donc

    Ses communicants aussi font ce qu’ils peuvent, les pauvres. Ils lui ont fait publier une ode à l’Europe dans le Monde, Mou-Président-Je est tellement enfoncé dans les profondeurs des sondages et dans le ridicule qui rien ne pourra l’en tirer, même l’inversion de la courbe.
    Le problème, c’est LUI.

  38. roturier

    Facilitude… C’est toujours la faute à d’autres;
    Et lui, la culpabilitude, ça lui va tellement bien.
    Personne pour dire ici que la faute est à NOUS.
    Si le politique avait un début de commencement d’espoir que nous dire la vérité les ferait élire et réélire ils diraient tous la vérité.
    Mais combien de fois avons nous démontré qu’il ne faut surtout pas nous dire la vérité?

  39. Les communicants ont fait autre chose.
    Cette interview toute récente épaulée par des chômeuses structurelles (qui croient que la faute est au gouvernement et pas à la structure) a inauguré une voix présidentielle entièrement inédite.
    Une autre personne et moi avons eu exactement la même réaction en l’entendant : « On dirait la voix de Sarkozy ! » ce ne peut pas être une erreur de notre part.
    Et c’était le même ton tout le long de l’extrait. De toute façon tellement nouveau que c’est forcément fabriqué.
    Sans même se demander pourquoi ni qui est allé l’entraîner à avoir les intonations de Sarkozy, on est absolument médusé devant l’extraordinaire sottise de ces gens. Quel effet espèrent-ils de quelque chose d’aussi laid, artificiel, bête à pleurer ?
    C’est la faute à la structure et à nous, entièrement d’accord, Roturier, mais il y a quand même un problème avec le président Hollande : il fait partie de nous, et l’idée ne lui est jamais venue de s’en détacher !

  40. roturier

    Trop de complexitudes pour moi, l’analyse psycho-machin.
    C’est nous mais c’est quand même lui…..
    Le bouc émissaire le reste donc même si il est démontré et reconnu que c’est la faute à d’autres…

  41. C’est pourtant simple : vous dites : « personne pour dire ici que la faute est à nous ».
    Je vous approuve. Lui pourrait d’ailleurs être le premier à dire aux gens « c’est votre faute », ou plus modestement : « il faudrait savoir ce que vous voulez exactement ». S’il ne le dit pas, s’il laisse croire et dire les gens que tout n’est que sa faute à lui (comme ont fait ceux d’avant, comme feront ceux d’après si ça continue) c’est qu’il est dans le même bain que nous, qu’il ne se distingue pas de nous, qu’il est comme nous. Il est dans nous.
    Or, c’est la faute à nous. Donc, c’est aussi la faute à lui.

  42. Je me rends compte après coup que la phrase sur « la sortie de l’histoire » résume à elle seule tout cet incroyable processus.
    On aurait pu croire qu’après le tintouin qu’avait provoqué l’usage du mot histoire dans « son » discours africain, le cas Sarkozy aurait pu dissuader tout successeur quel qu’il soit à hasarder, dans quelque contexte que ce soit, de vastes considérations sur « l’histoire », l’un des mots les plus piégés de la langue aujourd’hui.
    On entend déjà, cette fois-ci, tous les murayiens se gausser, entamer la série des variations et des cétoykiadikiyé. Quant à l’effet bénéfique que cela devrait avoir sur la participation aux élections… Là encore, je veux bien dire que c’est avant tout la faute des communiquants, mais c’est aussi la faute de ceux qui les embauchent et s’en remettent à eux, dont le président, le tout étant la faute de tout le monde, ou en tout cas de la majorité qui croit que « communicant » est un métier honorable.

  43. Il peut peu car il a promis beaucoup aux innombrables prébendiers de l’État providence.

    « Chez les peuples démocratiques comme chez tous les autres, le nombre des emplois publics finit par avoir des bornes ; mais, chez ces mêmes peuples, le nombre des ambitieux n’en a point ; il s’accroît sans cesse, par un mouvement graduel et irrésistible, à mesure que les conditions s’égalisent ; il ne se borne que quand les hommes manquent.

    Lors donc que l’ambition n’a d’issue que vers l’administration seule, le gouvernement finit nécessairement par rencontrer une opposition permanente ; car sa tâche est de satisfaire avec des moyens limités des désirs qui se multiplient sans limites. Il faut se bien convaincre que, de tous les peuples du monde, le plus difficile à contenir et à diriger, c’est un peuple de solliciteurs. Quelques efforts que fassent ses chefs, ils ne sauraient jamais le satisfaire, et l’on doit toujours appréhender qu’il ne renverse enfin la constitution du pays et ne change la face de l’État, par le seul besoin de faire vaquer des places.

    Les princes de notre temps, qui s’efforcent d’attirer vers eux seuls tous les nouveaux désirs que l’égalité suscite, et de les contenter, finiront donc, si je ne me trompe, par se repentir de s’être engagés dans une semblable entreprise ; ils découvriront un jour qu’ils ont hasardé leur pouvoir en le rendant si nécessaire, et qu’il eût été plus honnête et plus sûr d’enseigner à chacun de leurs sujets l’art de se suffire à lui-même. »

    Alexis de Tocqueville
    De la démocratie en Amérique,

  44. Et donc, cher Skardanelli, le vrai problème n’est pas de pouvoir ou pas exécuter la promesse, mais en amont celui de promettre. Quelle étrange idée que celle de promettre des choses quand le système social (si certains n’aiment pas le mot structure) lui-même est déjà fondé sur des promesses intenables. C’est la double peine pour ceux qui croient à la double promesse !
    « Alors que le système à frontières fortement marquées [encore du temps du général de Gaulle, malgré les frémissements de changement social (voir chiffres du chômage cités plus haut)] faisait intérioriser des divisions scolaires correspondant clairement à des divisions sociales, le système à classements flous et brouillés favorise ou autorise des aspirations elles-mêmes floues et brouillées en imposant, de manière moins stricte et aussi moins brutale que l’ancien système, symbolisé par la rigueur impitoyable du concours, l’ajustement des « niveaux d’aspiration » à des barrières et des niveaux scolaires. S’il est vrai qu’il paie une grande part des utilisateurs en titres scolaires dévalués _ jouant des erreurs de perception que favorise la floraison anarchique des filières et des titres à la fois relativement insubstituables et subtilement hiérarchisés _ il reste qu’il ne leur impose pas un désinvestissement aussi brutal que l’ancien système et que le brouillage des hiérarchies et des frontières entre les élus et les exclus, entre les vrais et les faux titres, contribue à imposer l’élimination en douceur et l’acceptation en douceur de cette élimination, mais en favorisant l’instauration d’une relation moins réaliste et moins résignée à l’avenir objectif que l’ancien sens des limites qui était au fondement d’un sens très aigu des hiérarchies. L’allodoxia que le nouveau système encourage de mille façons est ce qui fait que les relégués collaborent à leur propre relégation en surestimant les filières où ils s’engagent, en surévaluant leurs titres et en s’accordant des possibles qui leur sont en fait refusés, mais aussi ce qui fait qu’ils n’acceptent pas vraiment la vérité objective de leur position et de leurs titres. »
    Ces phrases sont tirées d’une sorte de suite logique aux essais de Tocqueville (genre : cent ans après, où en sommes nous de la translation aristocratie –> démocratie), toujours la même, parue en 1979.

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