Presse et Syndicats

ps2

C’est tellement entré dans les mœurs qu’on ne le remarque plus. Comme un message subliminal, permanent, invisible, insidieux mais efficace, l’opinion syndicale entre dans nos esprits, y germe, y fait souche, nous imprègne tant et si bien que nous nous surprenons parfois à penser comme eux avant de nous dire: non, quand même, ce n’est pas possible, pas à ce point !

Alors, comme un Stéphane Hessel ordinaire, en un premier temps on s’indigne. Puis, mais pas toujours, le bon sens reprend ses droits et on se dit: comment diable ai-je pu me laisser aller à ne voir qu’un aspect des choses, à n’entendre qu’un son de cloche, à ne croire que mon émotion première dont la source était…syndicale ? Les exemples, sont quasi quotidiens. Celui-ci entre mille:

Au cours de l’année 2001 le gouvernement français annonce un projet de baisse de l’impôt (oui, c’est anachronique mais autrefois de telles choses se produisaient). Le jour même de l’annonce les journaux télévisés mentionnent, tous, l’existence du projet. Rien là que de très normal, mais après ce message les téléspectateurs ont tous droit à un seul commentaire, celui d’un représentant des syndicats du ministère des finances (« MINEFI »), qui critique doctement le projet gouvernemental. Aucun autre entretien sur le sujet, ni avec un politique, ni avec un spécialiste de l’imposition ou un directeur des impôts du ministère, ni avec une association de contribuables. Rien ni personne d’autre, comme si le niveau des impôts était du seul ressort des syndicats !

Bien que consacrée par l’usage, cette exclusivité avait cette fois suffisamment choqué pour qu’un lecteur du journal Le Monde exprime son étonnement en écrivant au « Courrier des lecteurs »: « Je m’interroge …. est ce bien le rôle de syndicats du MINEFI de se prononcer sur la politique du gouvernement ? Son rôle est de représenter les fonctionnaires de ce même ministère mais certes pas de juger les mesures prises. Ce ne sont pas les syndicats qui décident de la stratégie d’une entreprise ou d’une administration ! A ce que je sache, ce n’est ni la CFDT, ni la CGT ni le MEDEF qui dessine les voitures Renault ou qui décide de nouvelles implémentations chez Auchan ! »

Mais de la part de ce lecteur du Monde, c’était un coup d’épée dans l’eau, car ce genre de dérive journalistique est devenu tellement habituel dans l’information non écrite qu’on ne la remarque même plus. Que dire par exemple des nombreuses séquences diffusées en 2001 et 2002 sur le terrible accident de l’usine chimique AZF de Toulouse? A chaque fois, vraiment à chaque fois, le présentateur faisait suivre son propos d’ une déclaration d’un délégué syndical de l’usine. On pouvait être intéressé par cette déclaration, mais n’aurions-nous pas aimé connaître aussi l’opinion des services de sécurité de la ville et de la région, celle de la mairie, celle de spécialistes des réactions chimiques, celle d’industriels de la même branche, et surtout celle de la direction de l’entreprise?

Pourquoi, le vendredi 29 août 2003, cette dépêche d’agence « Les syndicats annoncent huit cas de légionellose à l’hôpital de Bayonne » ne fût-elle suivie d’aucune demande de confirmation ou d’infirmation auprès des personnes compétentes en la matière, c’est à dire le directeur de l’hôpital, ou son médecin-chef, ou le préfet des Pyrénées Atlantiques ?

D’où vient donc cette exclusivité de fait? On serait tenté de croire qu’il s’agit d’une orientation des journalistes, plus tentés d’interroger et de croire des adhérents d’ une organisation qui recueille leur propre sympathie. Ce serait de l’information non objective, et même dirigée, ce qui serait grave. Mais rien ne permet d’affirmer qu’il en soit généralement ainsi. C’est beaucoup plus simple. Nous n’assistons pas au règne de l’information dirigée ou du manque d’objectivité, nous assistons au règne …du moindre effort !

Que se passe-t-il en effet le plus souvent? Un événement survient. La presse, comme c’est son rôle et son devoir, est à l’affût de tout moyen d’accès à l’information. Or qui sont les personnes qui savent ? Si c’est un accident: les techniciens concernés. Si c’est un crime ou un délit: les criminels eux-mêmes, ou la police. Si c’est un incendie: le pyromane éventuel, ou les pompiers. Si c’est un attentat, les terroristes, ou la police, ou l’armée.

On peut multiplier les exemples. Dans tous les cas les personnes qui savent, soit n’ont aucun intérêt à communiquer soit se montrent réticentes à le faire. En effet les techniciens, les experts, les responsables, sont toujours des spécialistes formés à la réflexion, à l’examen des preuves, à la rationalité du raisonnement. En conséquence ils détestent s’exprimer à chaud avant de bien connaître tous les éléments de la situation imprévue. Leur métier n’est pas la communication.

En revanche il est une catégorie de personnes dont l’existence même, la raison d’être, et surtout l’outil de travail, tiennent à la communication. Ce sont toutes les associations dont l’objectif consiste à protester contre un état de fait, ou à lutter afin d’acquérir tel ou tel avantage. Coordinations diverses, groupements, syndicats, justement l’arme principale de ces organismes repose sur la communication. Contrairement aux responsables cités plus haut qui ont tendance à reculer devant la nécessité de communiquer, ces associations recherchent en permanence l’outil médiatique leur permettant de gagner à leur cause un maximum de personnes.

Ainsi, lorsque l »événement se produit, ces associations sont tentées de s’en emparer comme d’une tribune. C’est l’occasion rêvée: l’opinion est alertée, curieuse, avide de commentaire, et qui plus est souvent émue, attendrie par l’événement quand ce dernier est tragique. C’est là qu’intervient le choix du « moindre effort » de la part du journaliste qui, en quête d’interlocuteurs, n’a pas besoin de chercher bien loin car les syndicats l’entreprennent eux-mêmes. Ils proposent, ils demandent, l’entretien direct ou la publication d’un communiqué tout rédigé. Pour le journaliste c’est l’idéal, le travail lui tombe tout prêt dans la main !

Naturellement il pourrait équilibrer cette déclaration syndicale par l’opinion d’une autre source. Mais comme on l’a vu plus haut celle-ci est beaucoup plus difficile à obtenir. Il pourrait aussi, ne disposant que d’un seul point de vue, refuser de le diffuser. Mais son métier consiste à passer l’information, il serait donc véritablement héroïque d’en refuser un élément, même partiel. Un journaliste oublie vite qu’une information n’est pas l’information. En outre, le syndicat se voyant refuser l’antenne immédiate saurait bien vite crier à la censure…

Ainsi, chaque fois, l’auditeur, le téléspectateur, le lecteur reçoivent sans le savoir la propagande syndicale en lieu et place de l’information. Par exemple, dans les minutes qui suivent un déraillement de train en France, on ne nous dit rien sur les causes de l’accident qui d’ailleurs ne sont pas encore établies, mais on nous abreuve de considérations sur le « manque de moyens », le « manque d’effectifs du service public », les salaires insuffisants etc…Et quand l’accident se produit en Grande Bretagne, nous sommes immédiatement « informés » que l’origine en est sans le moindre doute la privatisation des chemins de fer britanniques !

Les syndicats allant au devant des journalistes, et les responsables ayant plutôt tendance à les fuir, l’information « à chaud » restera ainsi toujours orientée. C’est dans la nature des choses. Il ne nous reste que la ressource d’ être plus critiques, moins crédules. Et puis, ne soyons pas comme la presse accrochés au désir de savoir tout, tout de suite. Car après un peu de temps donné à la réflexion, les vrais responsables acceptent mieux de s’exprimer à leur tour. C’est là toute la suprématie de la presse écrite, et aussi dans la presse audio-visuelle des débats a posteriori. Apprenons à attendre un peu pour savoir mieux…

Ce texte est un extrait, condensé et adapté, du livre « Les Mouettes » (Raoul Rouot, Le Manuscrit, 2004)

48 Commentaires

  1. Souris donc

    Ce papier a 10 ans et pas une ride. Ce matin sur France Inter, illustration caricaturale. Deux racailles se sont évadé d’une prison pour mineurs près de Marseille en empilant des tables. Commentaire d’un syndicat de matons. La faute au manque de moyens. La routine. Ils devraient enregistrer un commentaire-type. L’engeance journaliste est inculte, fainéante, grégaire et prébendière.

  2. hathorique

    Pour la presse moribonde, voir Libé et le Monde et l’Humanité dépérissante mais renaissante car renflouée par les joyeux contribuables, elle survit pour l’essentiel des subsides de l’ETAT et donc de ces même
    contribuables car il semblerait que l’ETAT ce soit aussi accessoirement nous, ce qui donne à ses journalistes le droit d’insulter les Français, surtout ceux « d’en bas. » ce qui dénote une morgue et un mépris insupportables.

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1197969-hollande-face-a-bourdin-sur-rmc-le-president-contre-la-france-des-beaufs-et-des-reacs.html

    http://www.observatoiredessubventions.com/2014/montants-des-aides-a-la-presse-2013/

    Pour les syndicats voir l’enterrement du rapport Perruchot avec la benoite bénédiction de Monsieur Accoyer et de Monsieur Fillon l’homme sans courage alors premier ministre de Monsieur Sarkozy même si TOUTE la classe politique, s’est arc boutée contre sa publication et ce rapport puisqu’il n’a pas été adopté, ne sera pas publié, fait rarissime pour la Ve République : Il est des vérités insupportable pour le peuple qui pourrait se réveiller de sa torpeur et se rebeller.

    « le rapport Perruchot dresse, entre les lignes, un rapport consternant de la vie syndicale en France. À base de combines et de faux-semblants. Où l’État participe à un jeu de rôle avec des apparatchiks syndicaux qui ne représentent pas grand-chose. La France compte 8 % de syndiqués et huit « grands » syndicats. Qui ne courent pas derrière les militants et leurs cotisations tellement il est plus facile d’actionner d’autres pompes à fric (parmi lesquelles les comités d’entreprise des sociétés publiques). »

    Ce qui n’empêche pas la CG.T d’être propriétaires de châteaux somptueux, probablement la revanche des manants et autres croquants mais surtout des croqueurs.

    Entre autres aussi , l’ affaire qui date de 2033 du C.C.A.S d’E.D.F plusieurs fois épinglé par la Cour des Comptes et l’I.G.A.S pour sa gestions trouble : des agents avaient dénoncé l’existence d’emplois fictifs et de paiement au profit d’organisations proches de la C.G.T ces « espiègleries financières  » seront je crois jugées 10 ans après en Juin prochain, la C.G.T sa fédération Mines Energies, l’Humanité se retrouveront sur les bancs de la justice et je gage ici que nous n’en n’entendrons pas parler de ce procès dans les médias ce qui boucle la boucle car « tout le monde la boucle « .

    Et je ne parlerai pas de l’affaire du « mur des cons » qui a dépassé le mur du son, car seul a été sanctionné, à la demande des syndicats celui qui a dénoncé l’affichage de cette liste indigne et surtout l’ignominie de voir épingler sur ce mur les pères de deux jeunes filles abominablement assassinées.

  3. roturier

    « l’ affaire qui date de 2033 », Hathorique? Suis-le seul à lire les comm ici?

    Sinon, hélas, tout est exact et véridique.

    Sans oublier qu’un journaliste qui se laisse aller à devenir la caisse de résonance des syndicats contribue grandement à son plan de carrière; ils sont parfois utiles, lorsqu’on discute le bout de gras avec sa hiérarchie.

    Et effectivement pas d’autre solution qu’une lecture critique de tout ce qui se dit et qui s’écrit.
    Si on n’a pas la preuve que c’est vrai, c’est que c’est faux.

  4. Souris donc

    En complément du lien de l’Observatoire des Subventions.
    Chez Corto, tableau détaillant les subventions à la presse papier par titre, évolution en 2 ans, aide par exemplaire, diffusion par an et par exemplaire.
    http://corto74.blogspot.fr/2014/05/aides-la-presse-2013-demandez-le.html

    Acharnement thérapeutique ? Coma artificiel ? Dépassé ? Le total donné par le lien d’Hathorique atteint 289 millions. La pluralité ( ?) est-elle à ce prix ? Est-il nécessaire de subventionner le moindre bulletin paroissial ? Cliquer sur les petits carrés, ahurissant. Gabegie ? Nous sommes un pays riche…

  5. hathorique

    2033 que diable:-)

    C’est probablement un acte manqué, une référence subliminale au chemin de croix de Monsieur Hollande crucifié par les sondages lui qui a du se résoudre contraint et forcé à réduire l’abyssal déficit des finances publiques pour l’horizon inatteignable qu’il s’est fixé, le bout du tunnel en quelque sorte.

    « Sufficit cuique diei malitia sua » : à chaque jour suffit sa peine comme le dirait l »inconsistant Pierrot le Chevelu ex chevau-léger,surtout très léger sur la réduction des déficits publics, lui qui va s’exiler à Bruxelles pour combattre là bas ce qu’il n’a su réaliser ici, lui qui se définit comme un Coureur de fond, coureur peut être mais avec des semelles de plomb.

    La classe politique, économique, médiatique et accessoirement syndicale a une pratique assidue de l’endogamie sociale et matrimoniale, par exemple la directrice de cabinet de Monsieur Hollande elle aussi promotion Voltaire est l’épouse du patron de Vallourec dont le salaire en 2010 était estimé à 2,73 millions d’euros : Delphine Batho en a d’ailleurs été chavirée et jetée par dessus bord .

    http://www.challenges.fr/entreprise/20120531.CHA7048/le-salaire-du-patron-de-vallourec-passe-mal-aupres-des-actionnaires.html

    Cette réseaucratie ( exercice du pouvoir par des réseaux cherchant à satisfaire ses propres intérêts) ce réseautement se traduit par un assèchement intellectuel extrêmement préjudiciable à notre pays, nous ne sommes pas tout à fait sortis des pratiques de l’ Ancien Régime et je crains qu’il n’y ait pas de nuit du 4 Août.

    « L’Ancien Régime était une organisation qui ajoutait toujours sans jamais supprimer, qui superposait ou alignait des lois et des coutumes séculaires ou récentes jusqu’à se trouver devant d’indissolubles contradictions ».

  6. Comment ? Le Figaro, 16 179 637 euros de subventions ? Un journal « réac de droite » financé à ce point par les contribuables ?
    Assez d’acharnement thérapeutique ! Il faut que cette presse meure dans la Dignité. A quand l’injection létale ?

  7. Souris donc

    Sans la presse subventionnée, on n’aurait pas su que Taubira compare la Marseillaise à un karaoké d’estrade et que Conchita Wurst a gagné l’Eurovision.

  8. Selon un élu UMP parisien, Geoffroy Boulard, qui avait demandé dès samedi soir la démission de Mme Taubira par un tweet : Christiane Taubira « ne chante pas la Marseillaise sous prétexte +qu’elle n’en connaît pas les paroles+ ».
    C’est du joli ! Une ministre ayant en charge un ministère régalien ne connait pas les paroles de l’hymne national.

  9. Lector

    Alors, si m^eme les actionnaires se plaignent… que dire ?
    A chaque « pour » suffit sa g^ene.

  10. roturier

    Pas réseaucratie.
    Cooptation et consanguinité sont les mamelles de la France.
    Enfin… Je me comprends. De l’Etat français.
    Mais, omniprésent, omnipotent (je vous fais grâce de mon discours sur les fonctionnaires ayant coopté la politique), c’est tout ce qui compte.

  11. roturier

    Préempté, pas coopté.

  12. Souris donc

    Préempté ? Bougnoulisé. On se sert sans vergogne, on tape dans la caisse, on avantage les copains en toute opacité, ailleurs on appelle ça corruption, et pour que l’électorat basique gobe, on l’occupe avec des palabres sociétales. En l’accablant de leçons de morale et en mentant effrontément les yeux dans les yeux.

  13. roturier

    Il y’a effectivement qqc en France qui s’apparente à une corruption généralisée, en plein jour, au vu et au su de tous et passé inaperçu à force d’habitude: c’est la mainmise de l’Etat sur le pays par l’omniprésence des fonctionnaires et assimilés à toutes les sauces (politiques, s’entend).

    Non que la France soit, selon les critères courants, un pays particulièrement corrompu. Ni sa classe fonctionnaire. C’est plutôt le contraire comparé à d’autres pays.

    Mais la classe privilégiée (qui d’ailleurs ne se considère nullement ainsi) qui monopolise tous les pouvoirs pompe le pays (souvent à son insu, encore) au point où les conséquences sont bien plus graves qu’une corruption « classique ».

  14. hathorique

    @ lector

    pour ce gouvernement karakoétique mais surtout chaotique.

     » à chaque jour suffit sa beigne »

    @ Roturier

    Dans votre dernier paragraphe vous faites me semble t il un bon diagnostic mais quel remède pour surseoir à ces dérives

    @ Patrick

    M

  15. hathorique

    @ Patrick

    Mon commentaire est parti trop vite, je n’ai pas suivi la bonne mesure du karakoé 🙂

    Madame Taubira qui connait sur le bout des doigts l’oeuvre d’ Aimé Césaire, ne peut donc retenir quelques couplets de la Marseillaise même pour les chanter du bout de lèvres.

  16. Souris donc

    Il n’y a pas de remède, c’est tribal.

  17. hathorique

    @Souris

    J’ai trouvé cette définition du mot « tribal » qui pourrait vous convenir du moins dans sa version d’anthropologie. J’espère qu’elle vous conviendra.

    « Tribal : anthropologie – relatif à la tribu comme forme d’organisation sociale. On peut, en particulier, douter, d’après ce que l’on observe déjà en Afrique, que l’organisation tribale soit compatible avec l’expansion démographique accélérée. Or, le « mana totémique » et le « mana généralisé » ne sont que d’autres appellations de la conscience collective du clan d’abord, de celle de la société tribale ensuite. »

    Le terme polynésien mana désigne une force surnaturelle et a trait à la magie, c’est donc tout simplement une question de « mana totémique » ce qui je crois pourrait faire révérence à Ségolène Royal la grande « mana pour tous  » magicienne de la « mana à la mana » et au couple clanique qu’elle forme avec son totem
    ex anaphorique devenu amphigourique 🙂

  18. Souris donc

    Conscience collective du clan d’abord. Tout à fait ça.

  19. roturier

    Trop de complexitudes pour moi, Hathotemique.
    Surtout cet usage du « surseoir » (à ces dérives). Une dérive, ça se corrige et pas de sursis.
    Bien que je trouve le couple anaphorique tout sauf aphrodisiaque.

    Cela dit, je ne partage pas le pessimisme de Liebchen (« Il n’y a pas de remède, c’est tribal »).
    Le mal français n’a rien de viscéral.
    Il est la conséquence d’une législation et de normes; l’Etat accorde à ses fonctionnaires des facilités d’accès aux mandats électifs au détriment du reste de la population.
    Il n’y a donc qu’à abroger ce mode opératoire; ce qui est fait par l’Homme peut se défaire par l’Homme (certes par la Femme…).

    Non que ça serait facile.
    Cela équivaudrait à demander à une assemblée légiférante d’abroger le privilège qui l’avait porté au pouvoir.

    La dernière tentative du genre fut soldée par une révolution; remède pire que le mal, n’en ai-je pas assez glosé.

  20. Souris donc

    Traitement médiatique du rapt des lycéennes par Boko Haram. Rien. Pendant plus d’un mois, pas un de nos valeureux journalistes ne s’est mouillé. On n’est jamais trop prudent. Critiquer l’Africain est raciste et beaufique et ne peut vous attirer qu’un procès en lepénisme. Puis Michèle Obama s’est indignée, et tous emboîtent le pas. Bien grégaires. Indignez vous ! Rameutez le show biz !

  21. roturier

    Aucune raison que cette affaire nigérianne intéresse les médias.
    No Jews no news.

  22. Aujourd’hui dans Le Figaro, Vladimir Fédorovski émet un jugement sur la Presse française :
    « Aujourd’hui, c’est pire que du deux poids-deux mesures, je suis ahuri par le manque de professionnalisme des journalistes, notamment français. Les journalistes allemands et américains sont plus pointus, les Français, sont souvent politiquement correct et voient le monde en noir et blanc. »

  23. QuadPater

    Effectivement, pour le déraillement de Brétigny, avant d’avoir une déclaration de Guillaume Pepy nous avons entendu, en vrac,
    – les syndicats expliquer que le manque de moyens… mais sans trop insister car il s’agit de ne pas éloigner les Français de ce mode de transport
    – les voisins de la gare déclarer qu’ils ont entendu un grand bruit
    – les ministres affirmer que les victimes n’ont pas été détroussées par les racailles
    – quelques badauds de Brétigny « non, j’ai rien vu sur le coup, mais j’y suis allée 2 heures après avec l’appareil photo. C’était horrible » « Qu’avez-vous vu ? » « Tous ces infirmiers ! »
    – quelques clients parisiens de la SNCF ne renonçant pas à prendre le train
    – quelques cheminots à la retraite expliquer le coup des pneus de locomotive qui éclatent quand le rail est posé à la verticale

    Et si l’affaire avait été plus grave, on aurait entendu les différents avis d’une championne de natation, d’un expert en écologie des ballasts, d’un militant de SOS racisme, et d’un étudiant en haute couture, bref des Toulemonde prenant le train tous les jours.
    Les Enfoirés auraient fait un gala de soutien et publié une pétition contre les accidents ferroviaires écrite par Mimi Mathy et Kad Merad.

  24. roturier

    Exact. La presse française est exécrable d’amateurisme et de parti-pris idéologique. Notamment celle de masse, radios & TV.
    France-Inter est incapable d’aborder un sujet sans nous expliquer ce qu’il faut en penser; souvent en interviewant des quidams qui certes n’y connaissent rien mais qui disent ce qu’il faut.

    D’ailleurs, on vient de nous informer de la mort d’une jeune journaliste française en Centre-Afrique.
    Curieux, car rien ne filtre de ce qui s’y passe sauf des maigres communiqués officiels. On ne dirait pas qu’il y’a des journalistes sur le terrain. N’importe quel jet de pierres à Hébron passionne la presse française, mais le Centre-Afrique, bernique (même pas fait exprès).

    Même chose au Mali.
    Et le chaos islamisant laissé par l’opération libyenne de 2011, on n’en sait pas gd chose.

    Et on s’étonnera dans 20 ans qu’un Paul Kagamé ou un autre dise les quatre vérités que l’AFP préfère taire.

  25. Lector

    la presse de France qu’on nomme presse de révérence voire de rêve et rance.

  26. Lector

    @Hathor 14.54

    Caraco éthique à carat ok ? J’en fronce la jupe du derviche scooter sur le chaos mou durable ; pas de slam équitable ni de « smile » en slim pour ce Pâte-à-slime. Parce que le vice cause et la cellule ose, bien sûr.

    Chaque cour est flanquée de la flaque où chaque four planque sa claque. Or, si le monarque était de boues, sa tour, efflanquée par ce trac qui fait sa trique patraque, manquait de recette. Le voici à genoux. Ainsi donc à défaut de bander son arc par manque de fric, bas de forme il n’en portait pas moins le frac et il n’y avait que sa clique qui le soupçonnât d’élégance tête nue ; car si ses manières grivoises établissaient assez cette prétention c’était en vérité toute arrogance bue.

  27. Lector

    erratum : « … quand la cellule ose »

  28. Quad (13 mai 2014 à 23:15 ). On ne saurait mieux résumer l’article !

  29. Souris donc

    Quad a oublié de dire qu’on a demandé leur avis aux associations (Ligue des droits de l’homme, SOS racisme, LBGT, le DAL, ainsi qu’à l’ONG les Volontaires du Progrès).
    Et qu’une conclusion unanime s’imposa : c’est la faute à Sarkozy.

  30. Souris donc

    Zut, en relisant, il a bien évoqué SOS Racisme parmi les experts missionnés.

  31. hathorique

    @ lector

    « quand la cellule ose ».

    quand la cellule rosse est rossinante : rossons le féminisme

    Pour ce qui est de la cour, je crois que l’on entend surtout les caquetages de basse cour.

    En parlant de cour, je me rappelle la chronique de la Cour d’André Ribaud dans le Canard Enchainé lorsqu’il était un journal satirique et qu’André Ribaud et Yvan Aoudard en étaient des rédacteurs , mais vous n’étiez pas encore né 🙂

    Maintenant nous décadons, nous avons Stéphane Guillon.

    Je conclurai par une profonde pensée du plus grand philosophe belge (si si ) J. Claude Vandame,
    celle ci d’une profondeur abyssale dont je ne me lasse pas car elle me semble une parfaite incarnation de nos élites en recherche de grativation cervicale .

    « Un jour je me promenais sur la plage… il y avait beaucoup de vent, je me suis retrouvé penché en avant, le vent à poussé la matière, la masse moléculaire et j’ai du me battre contre cette masse parceque c’est pas une masse faite pour l’être humain… ».

    Le vent se lève.

  32. QuadPater

    Maître Lambert Wilson donne son avis sur la Marseillaise : l’ouvrir quand on ne lui demande rien est le propre du cuistre.

  33. hathorique

    Bonjour Quad

    Encore un « éventé » en mal de reconnaissance :

    Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ce rejet du chant de la Marseillaise pourtant marqueur symbolique de la période révolutionnaire française, dont par ailleurs ils se réclament en portant fièrement le flambeau de la liberté sur la croisette cannoise haut lieu de la guérilla révolutionnaire.

  34. QuadPater

    Bonjour Hathorique. On trouve un peu de tout dans les coassements de Wilson. Un soupçon de narcissisme (« comme je ne suis pas n’importe qui je peux dire n’importe quoi »), une larme de culpabilité (« certes j’anime un raout hyper-médiatique, mais je suis bourré de sentiments humains »), une virgulette de mépris, trois onces de stupidité crasse…
    En tout cas – je me dois d’insister – les journalistes ne l’ont pas sollicité. Au contraire, après que le Maître a pondu son œuf, tous se sont retrouvés fort marris, ne sachant quoi en faire. « On va raccrocher ça à la polémique taubiresque en cours » a suggéré un malin.

  35. Lector

    Salut Hathor, hic ! Chuis allé faire l’arsouille ce soir où vous butiniez naguère « mes » shtroumphettes… un coup de pulsion mal réfréné… et une ‘tite mise au point sur la dévaluation pour tous (puisque il semble qu’on ne veuille pas comprendre le b-a-ba en éco), je ne voulais pas risquer de g^ener le troisième ^age dans ses certitudes ! 😀

    C’est s^ur je n’étais pas né ; au décès de Gaulle je me tapais du cinéma chinois en couffin, c’est dire… mais le Canard… à cinq ans je « lisais » les dessins… vocation…
    De flaque et Cour à la marre au canards… je ne suis pas le seul à faire dans l’association dites donc.
    Pour vous, un souvenir :

    PS Vandam a la fritte c’te pauv’ moule ! Mais ce n’est pas le discours d’un philosophe ça, plut^ot d’un mystique made in USA. U gotta be aware of dis things darling !

  36. Lector

    flute ! C’est malin ! : la Cour à partir de 4m31 (comme quoi le progrès… ! le share strat at fonctionne pas)

  37. Souris donc

    Le showbiz conscientisé ne perd pas le nord quand il y a un peu de notoriété à glaner tout en se donnant un brevet de bienpensance. Wilson et celles du Trocadéro accourues pour dénoncer Boko Haram, un mois après les faits et après que Michèle Obama ait donné le feu vert.
    Le philosophe Vandamme est parfois relayé par le penseur footeux. Lilian Thuram, régulièrement consulté comme oracle, lâche des avis définitifs sur tout.
    Nous avons aussi les profondeurs du grand Franck Ribéry.

    « Demain est un autre jour, faut avancer de l’avant »
    « La roue tourne va vite tourner »
    « Moi personnellement, je me critique moi tout seul »
    (La suite sur Gala du 2 mai.)

    Avons-nous besoin de journalistes encore pour nous pré-digérer ce que nous avons à penser ?
    Et d’associations anti-racistes pour envoyer l’indécrottable beauf en rééducation citoyenne ? Le showbiz et les footeux sont là.
    Et puis, le grégarisme journalistique fait la fortune de Rioufol, Lévy, Zemmour. Je suis toujours ravie de lire sous leur plume des analyses qui semblent d’une fraîcheur inédite à côté du pesant endoctrinement qu’on qualifierait volontiers de moisi si le terme n’avait pas déjà son copyright.

  38. hathorique

    Merci Lector pour ce miracle youtubesque par la grâce duquel je retrouve te temps de mes printemps enflammés de discussions enfumées, mais aussi celui des jupes corolle vichy, des talons aiguilles, des jambes de femmes et cette merveilleuse phrase du film de François Truffaut dans « L’homme qui aimait les femmes  »

    « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. »

  39. Jolies mômes et jolie phrase !

  40. hathorique

    Bonjour Impat

    Oui cela réconcilie la poésie des hypoténuses avec le lyrisme de la trigonométrie du sinus dans un angle relationnel mais pas obtus 🙂

  41. Bonjour Hathorique, ah, vu sous cet angle !

  42. Lector

    Hathorique. !!! eh bien… j’ai passé un bon moment ; c’est un magnifique choix, magique, formidable ; non seulement cette chanson qui particulièrement me plait et cette interprète, qui me rappellent qqs transports de ma jeunesse insouciante qui n’était pas sans souscrire à un soupçon de tragique, mais aussi les pin-up qui ont pour moi des charmes… anciens ?, qui m’ont parfois amener comme à me souvenir d’une autre existence…, tant encore cette collection illustrant à mon sens à ravir l’évocation mémorable, que dis-je, inaltérable dans l’esprit, faite/dite par l’extraordinaire Charles Denner.
    La collection mienne contient le modèle parisien du 1:07 de la vidéo, velours noir, taille 35 et aussi l’équivalent du 1:14 mais en provenance d’Italie, 34, cuir naturel ; deux ou trois autres modèles de talons-hauts semblables à ceux du panel visuel, ou approchant, qui m’évoquent, l’un le film noir, une rue après la pluie, un son qui claque sur l’asphalte dans la nuit, ou l’autre, bien que d’une élégance toute citadine, une partie de campagne, le printemps ; le troisième, une salle de bal, le dancefloor du film d’Etorre Scola ou encore le parquet du Balajo. Luz Casal elle-même, son visage mais surtout sa chevelure noire de jais, me plonge dans le souvenir enfantin d’une passion précoce. Bref, l’émotion est là, son mystère plane bienfaiteur et, pour le plaisir de la palabre, ajouterai-je ainsi : le despérado s’épancherait à moins ; l’artiste se fiche évidemment de faire son commentaire hors sujet ; à ce titre le convive oublieux de la bienséance internautique, un peu pirate, se fendrait presque d’une pensée sur le fétichisme ou Cendrillon, pour faire semblant de « rosser le féminisme ». 😉 En tout cas ils ne manqueront pas de penser aussi à vous, je vous salue. – Oui, je suis assez nombreux en ce moment 😀

    PS Ma petite collection hélas a fini dans une boîte en carton ; d’ailleurs… tout finit toujours dans une boite. Le film, le souvenir, les visages, les voix, les commentaires, les corps. Tout s’emboite… mais aussi ou cependant que… dirais-je, pour conclure sur une note positive, grivoiserie mise à part.

  43. hathorique

    @ Lector

    Nous avons donc des transports en commun.

    Merci de ces impressions pour une mélancolique « partie de campagne » à la manière de Maupassant que l’on devrait davantage lire et surtout relire.

    Pour vous ces vers de Dante Alighieri que l’on devrait davantage lire et surtout relire.

    Je n’ose le double smiley.

    « l’enfer » CHANT XXVI

    « Vous êtes, songez-y, de la race de l’homme !
    Non pour vivre et mourir comme bêtes de somme,
    Mais pour suivre la gloire et pour la vérité ! « 

  44. « Nous avons donc des transports en commun »…
    Hathorique, j’ouvre Antidoxe et je tombe sur cette phrase, vous vous surpassez !
    Je suis transporté.

  45. Lector

    Merci à vous Hathorique.

    La gloire hélas… ce vocable semble devenu vain, il faudrait en exhumer le cadavre. En ces temps donc moins que peu glorieux à l’esprit ceint de publicités l’on devient hostile à la gloire pour la bonne sinon auguste raison que le vulgaire y dispute à la vacuité.

    I have left my book,
    I have left my room,
    For I heard you singing
    Through the gloom.
    J.Joyce, Chambers Music

  46. Lector

    erratum J.J. « chamber music »

  47. roturier

    Plus de gloire; si tant est qu’elle n’ait jamais existé.
    Sauf peut-être à Joyce père d’Ulysses.

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