Brève de bac

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Ce matin je fus pris d’un remord.

Une dépêche AFP titrait joyeusement : « Banques, mutuelles: la chasse aux bacheliers a commencé ». Diable, murmurai-je aussitôt, j’avais donc tort, grand tort, de dénigrer le bac et de prôner la suppression de ce vestige d’une Éducation Nationale performante. Si les banques se bousculent pour embaucher les bacheliers, c’est que ce diplôme signifie encore quelque chose. Médisant que je suis !

Las ! La suite de la dépêche remit mes idées en place : … « dès l’annonce des résultats du bac, les banques et les mutuelles se battent pour démarcher les nouveaux bacheliers, proposant offres et soirées spéciales à destination de ces futurs étudiants qui, pour la plupart, goûtent tout juste à la majorité. »…

Elles ne cherchent pas à embaucher des bacheliers, les banques et les mutuelles, elles cherchent à vendre leurs prestations…

10 Commentaires

  1. Cher Impat, mais c’est cela, le capitalisme ! Business is business !
    Les futurs étudiants sont potentiellement des gens qui empruntent de l’argent pour payer leurs études, et qui vont le rembourser sur 10 ou 15 ans une fois qu’ils auront obtenus un job, à supposer qu’ils en obtiennent un. Ils auront un nœud coulant autour du cou avant même d’avoir commencé leur vie professionnelle. Ils seront déjà asservis aux banques et perdu leur liberté !
    Les banques veulent faire du profit, et pas toujours de la manière la plus morale.

    😉

  2. Guenièvre

    J’avais lu rapidement le titre, Impat, j’ai cru que vous nous rapportiez quelques  » Perles du Bac » !! 🙂

  3. Vous ne vous trompiez pas vraiment, Guenièvre: le bac est devenu une perle en lui-même !

  4. Cela dit, bravo aux mentions Bien. ( message personnel 🙂 )

  5. Lisa

    et aux très biens ?

  6. Ne soyez pas jalouse, Lisa 🙂

  7. desavy

    Bravo aux mentions Très Bien 🙂

  8. roturier

    Je tiens ceci de caciques de l’EdNat réunis en gueuleton informel avec qq mécréants de mon espèce. Rare ; cette engeance ne s’abaisse pas souvent à fricoter avec la plèbe.
    Le « off » absolu fut unanime : le bac ne sert à rien.

    Le ticket d’entrée aux formations supérieures permettant l’accès quasi certain à une carrière-écoles d’ingénieurs, certaines Grandes Ecoles (pas toutes…), certaines écoles de commerce, facs de médecine…-est à base de dossier et de concours.

    Les formations dites « techniques » (alias métiers « manuels »…) ouvrent encore la porte de l’emploi mais n’ont, en vérité, rien à faire du bac.

    Les facs « ordinaires », antichambres de l’ANPE, ne font qu’aggraver le gaspillage des ressources dû au bac.

    Quel est donc sa raison d’être sachant le coût et l’effort exorbitants qu’il représente ?

    C’est l’unique rite républicain qui existe encore après la disparition du service militaire obligatoire. Sans lui, la France n’a plus de sens.

    Et avec ?

  9. Certaines personnes défendent le maintien du bac, arguant qu’il est devenu un rituel marquant l’entree dans la vie adulte. Cet argument présente une certaine justification.
    Mais alors, pour sacrifier à ce rituel, une ou deux épreuves orales suffiraient largement. Et on éviterait la pantalonnade annuelle des sujets d’ecrit égares ou connus à l’avance. Et le résultat, bien sur, serait le même : le bac pour tous.

  10. roturier

    Les rituels d’entrée dans la vie adulte, alias rites initiatiques, existent de tout temps.
    Ils participent du ciment des groupes humains. En passant: le bizutage en fait partie et ça a son importance.

    MAIS ils n’ont jamais été individuels. Il s’agit d’épreuves et cérémonies d’acceptation dans le groupe; les voir en individuel les vide de leur substance; c’est le cas du bac.

    Tout comme la vie « adulte », à l’origine, n’est rien d’autre que l’insertion dans le cadre et les engagements, à l’égard des autres, qu’elle suppose.

    La civilisation qui monte l’individu au pinacle et réduit le collectif au stade de mal nécessaire à s’en débarrasser dès que possible peut se passer de rites initiatiques; et de tout le reste; puisqu’elle est suicidaire.

    Et condamné face à une autre qui, elle, maintient jalousement la primauté du collectif sur l’individu.

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