Naïveté à l’opéra

Op1

Naïveté à l’opéra
La décision du Metropolitan Opera de mettre en scène The Death of Klinghoffer est indéfendable.(City Journal, 24 juin 2014)
En 1991, on jouait à Bruxelles la première d’un opéra : The Death of Klinghoffer portait sur un incident à bord du navire de croisière italien Achille Lauro, quand en 1985 un passager juif handicapé fut tué par des membres du Front de libération de la Palestine. Les terroristes s’étaient emparé du bateau au large de l’Egypte, avaient tiré sur Leon Klinghoffer dans son fauteuil roulant, puis jeté son corps par-dessus bord. Tout cela était chanté sur le mode mélodramatique avec une certaine emphase manifestée envers le côté palestinien.

La réaction avait été immédiate et violente, avec de nombreuses manifestations. Mais aucune n’a eu la force morale d’une déclaration faite par Lisa et Ilsa Klinghoffer, filles du défunt: « Nous sommes indignées par l’exploitation de nos parents et l’assassinat de sang-froid de notre père utilisé comme pièce maîtresse d’une production qui nous semble être antisémite ». En réponse, le compositeur John Adams et le librettiste Alice Goodman affirmèrent qu’ils essayaient seulement de donner « une voix égale »à Israël et à l’OLP.

Mais ils sont contredits par leur titre, qui ne parlait pas de meurtre de Klinghoffer, ni d’assassinat de Klinghoffer, ni d’exécution de Klinghoffer . C’était « La mort de Klinghoffer » ( The Death of Klinghoffer) , comme si cet homme de 67 ans avait subi un arrêt cardiaque ou succombé à une crise d’asthme en mer. La présentation de cet opéra dans d’autres pays, y compris aux États-Unis, avait provoqué la même indignation. Après les attentats islamistes du 11 Septembre 2001, le « Boston Symphony Orchestra » annula une représentation. En 2009, une version réduite fut maintenue à la « Juilliard School of Music », mais condamnée dans le propre magazine de Juilliard comme « une déclaration politique faite par le compositeur pour justifier un acte de terrorisme par quatre Palestiniens ». Le président de la « Julliard School » manifesta son désaccord : Juilliard et autres institutions « doivent garantir le maintien d’un environnement dans lequel des œuvres, classiques ou d’avant-garde, sont présentées au public. »

Seule une personne bien naïve pouvait imaginer que The Death of Klinghoffer puisse être joué à New York en 2014 sans soulever une réaction négative similaire, ou pire. Il s’avère que c’est le cas du directeur général du Metropolitan Opera, Peter Gelb. Lorsqu’il fut annoncé que l’opéra controversé serait présenté en octobre, et télévisé simultanément dans les cinémas à travers le monde, les organisations juives ont répondu en masse puis les tabloïds ont pesé dans le même sens.

Le New York Post a publié un éditorial de Ronn Torossian intitulé «Le Metropolitan Opera idéalise le meurtre d’un New-Yorker ». Et il précise : » Dans La mort de Klingoffer, Adams a essayé de comprendre les pirates et leurs motivations, et de chercher de l’humanité chez les terroristes. Comment peut-on ou devrait-on chercher quelque humanité dans le meurtre d’innocents? A quand un opéra décrivant les terroristes du 11 septembre comme des hommes d’idéal ? Un éditorial du Daily News, «notes amères à l’opéra », cite un extrait du livret. Un chœur terroriste commence ainsi : « Chaque fois que les hommes pauvres / sont réunis, ils peuvent / trouver des Juifs bien gras / Tu sais comment tricher / exploitation des simples / pollution par les vierges / Là où on t’a exploité / diffame ceux que tu as volé / et casse ta propre loi / avec adoration ».

Après cela, Gelb a montré ses qualités de funambule de cirque. Il a déclaré que le Met présenterait bien The Death of Klinghoffer, mais que le projet de téléviser l’opéra était annulé. Ces émissions « serait inappropriées en ce temps de montée d’antisémitisme, notamment en Europe. »

C’en était trop pour le New York Times . Son éditorial , « Mauvaise décision du Met sur un opéra controversé » fustige le directeur général. « M. Gelb appelle sa décision un compromis, un salut devant la volonté des filles Klinghoffer et des autres critiques juifs de l’opéra de John Adams. C’est, en fait, un pas en arrière à la fois pour le Met et pour M. Gelb, qui a défendu le travail de M. Adams dont cet opéra qui a été largement applaudi.  »

En fin de compte, tout le monde a perdu. Les critiques juifs, qui veulent encore interdire cet opéra, ont été comparés aux organisations appellant au boycott des produits israéliens. Adams et Goodman, qui prétendaient être la recherche d’une certaine humanité commune aux victimes et aux terroristes, ont été accusés de soutenir entre celles-là une équivalence morale. Et la « décision de non-Salomon » de Gelb claque comme une gifle à New York, la ville du meurtre de quelque 3000 personnes, toutes aussi vulnérables et désarmées que Leon Klinghoffer.

Mais une question plus générale va demeurer bien après que la poussière soit retombée. Tandis que le Moyen-Orient devient à chaque minute plus enflammé et dangereux, et que ses atrocités sont présentes dans les informations quotidiennes, pourquoi cet opéra, et pourquoi maintenant ? Au Met, comme sur le champ de bataille, le bon timing apporte habituellement la victoire. Un mauvais timing, en revanche, peut massacrer un opéra, et détruire une réputation.

Stefan Kanfer, « contributor editor » de City Journal, est l’auteur, plus récemment, de « Tough Without a Gun », une biographie de Humphrey Bogart.

Traduction et adaptation pour Antidoxe: Impat

22 Commentaires

  1. « la recherche d’une certaine humanité commune aux victimes et aux terroristes », voilà qui plaît aux ravis de la crèche.
    C’est intéressant, parce que c’est précisément l’argument fallacieux qui permet de renvoyer dos à dos bourreaux et victimes. Aujourd’hui, actualité oblige et le sujet s’y prêtant, l’État démocratique d’Israël et les terroristes génocidaires.
    La fausse symétrie morale dans toute son abjection puisqu’elle permet, par une dialectique perverse, d’appliquer en toute bonne conscience le double standard.
    On connaît la chanson : cinq minutes pour Hitler, cinq minutes pour les juifs. Ou encore la métaphore du renard libre dans un poulailler libre. Bref, la recette faisandée du pâté d’alouette en faveur chez les propagandistes anti-israéliens.
    Les terroristes frères en humanité de Léon Klinghoffer étaient donc en droit — sinon en devoir — de balancer le corps du vieillard paralytique dans la mer. Sympa de lui avoir laissé son fauteuil roulant pour faciliter sa mobilité.
    Jusqu’où irons-nous dans cette permanente confusion des valeurs ?

  2. Souris donc

    Oui, Kravi, et en avoir fait un opéra, qui plus est, mis au répertoire du Met, est proprement inoui. Le Met a fait un deal avec des chaines de cinéma du monde entier pour la diffusion en direct de ses opéras. Je retrouverai l’article de Diapason ou Classica. Un chiffre d’affaires très conséquent. Une manne pour le Met.
    Le directeur a louvoyé :
    « Après cela, Gelb a montré ses qualités de funambule de cirque. Il a déclaré que le Met présenterait bien The Death of Klinghoffer, mais que le projet de téléviser l’opéra était annulé. Ces émissions « serait inappropriées en ce temps de montée d’antisémitisme, notamment en Europe. »
    Inappropriées…pour le moment.

    Et comme vous, je ne supporte pas cette confusion des valeurs,
    Il faut combattre l’intégrisme, tous les intégrismes. Leitmotiv de Caroline Fourest.
    L’islamisme, c’est le Catholicisme du Moyen-âge, l’Inquisition a fait bien pire, il suffit de leur donner le temps d’évoluer.
    En les aidant par la culture de l’excuse et les « accommodements raisonnables » ? En fermant les yeux sur les surenchères permanentes ?

  3. hathorique

    Plus que la confusion des valeurs sur laquelle vous avez écrit sur votre blog un excellent article, je redoute que l’on ne s’oriente davantage vers une inversion des valeurs, par la déligitimation de l’autre comme ne faisant pas partie de la même humanité lui refusant même ce statut « d’humain »

    pour Georges Bensoussan,

    « Depuis les années 1920, la naissance de l’anticolonialisme arabe a structuré le destin des minorités juives prises malgré elles dans le conflit colonisé-colonisateur. La situation en Palestine et la collusion de certains leaders arabes avec les pays de l’Axe ont fini de dissoudre les ultimes liens qu’une longue cohabitation avait jadis établis. » il écrivait aussi « le sionisme est un enfant des Lumières, d’affirmer que «l’entreprise actuelle de déligiti­mation (“l’Etat en trop”) met ses pas dans le schéma ancien du “peuple en trop”».

    http://www.marianne.net/Georges-Bensoussan-contre-les-reecritures-de-l-histoire_a239911.html

    Plus récemment je crois que les « émigrés » ont été assimilés par la gauche et l’extreme gauche aux nouveaux « damnés de la terre » et que leur cause quels qu’en soient les excès et les dérive devaient être défendue

    http://www.huffingtonpost.fr/jacques-tarnero/desastre-arabe-islamique-occident_b_5633389.html?utm_hp_ref=france

    Pour cet opéra, je ne suis pas tout à fait sure qu’il s’agisse de naïveté mais de cynisme, et d’accommodement déraisonnable tel que le manifeste des artistes espagnols, qui emploient des termes dont ils semblent ignorer la résonance historique, oublieux de l »épouvante que fut l’inquisition espagnole envers les juifs car ces persécution ne tenaient pas à leur religion mais à leur origine « impure Ce qui fut bien plus tard le concept d’éradication des nazis envers « les race impures » .

  4. Confusion ou delégitimation, il faut vraiment avoir l’esprit tordu pour monter un opéra à partir d’une ignominie telle que celle de l’Achille Lauro.
    Il est bien vrai que l’esprit tordu, ça court les rues.

  5. Guenièvre

    Le même opéra est prévu le 15 novembre 2014 à la Géode :
    http://www.lageode.fr/programme/archives/the-death-of-klinghoffer/

  6. Guenièvre

    Impat, Camus a fait une pièce de théâtre « Les Justes » à partir de fait historiques réels : le 17 février 1905, le groupe terroriste des socialistes révolutionnaires (Organisation de combat des SR), dont Ivan Kaliayev, dit Yanek, commet un attentat sur le grand-duc Serge.
    La différence c’est que ce groupe vise le représentant du pouvoir. Et que le terroriste refuse une première fois de lancer sa bombe parce que le grand-duc est accompagné de ses enfants…Aujourd’hui on lancerait la bombe SURTOUT s’il y a des enfants!
    Perversion, oui je crois, qui pousse à chercher, derrière des actes de plus en plus horribles une cause profonde qui en serait la justification. Comme si le degré d’ignominie de l’acte était proportionnel au désespoir et à la souffrance de celui qui le commet. Celui qui, de ce fait, mérite donc la compassion…

  7. hathorique

    Je me souveins aussi dun film qui avait à l’poque fait scanda

  8. Guenièvre

    On ne vous a pas enlevée Hathorique ? 🙂

  9. hathorique

    Je décrypte en langue compréhensible :

    Je me souviens aussi en 1973 du film d’ une réalisatrice italienne racontant une dévorante passion entre un ancien officier nazi et une prisonnière des camps, . ce film à l’époque avait provoqué un immense scandale.

    Je crois même qu’ il avait été censuré, ce qui avait permis à Liliana Cavani de passer pour une victime de la censure . La cinéaste raconte que l’idée du film lui est venue en travaillant sur un documentaire à propos des femmes dans la Résistance, curieux paradoxe et fâcheux parallèle, j’essaie d’imaginer Germaine Tillon ou Geneviève Anthonioz de Gaulle vibrer pour Klaus Barbie.

    « En France, pays de l’exception culturelle, la critique s’écharpe, les intellectuels montent au créneau et les spectateurs font la queue par milliers. Portier de nuit excite les esprits. »

    aujourd’hui ce n’est plus l ‘exception culturelle mais la singularité multiculturelle

  10. Guenièvre : « Comme si le degré d’ignominie de l’acte était proportionnel au désespoir et à la souffrance de celui qui le commet ».
    C’est ainsi que le bourreau devient la victime et vice-versa. Manœuvre bien connue de ceux qui étudient les procédés pervers.
    C’est ainsi qu’Israël devient l’État nazi qu’il faut abattre à tout prix, en employant tous les moyens possibles (délégitimation, propagande abjecte, révisionnisme, falsifications historiques, Pallywood, mensonges et lavage de cerveaux disponibles, j’en passe et des meilleurs) et que les Arabes de Palestine deviennent les damnés de la terre nouvelle mouture.

  11. Oui, Hathorique, ce film était une ignominie. Au reste, je pense que là était son but. Rien n’excite plus les petits bourgeois ou les bobos bien-pensants que les postures paradoxales. La rebellitude contre les valeurs établies, quels frissons et quel chic !
    Ici, le sommet du paradoxe était atteint : une déportée survivante des chambres à gaz torturée par un nazi qui tombe amoureuse de celui-ci. Quelle extase !

  12. hathorique

    On ne vous a pas enlevée Hathorique ? 🙂

    Rassurez vous cher Guenièvre non, j’aurais bien aimé être enlevée du sérail, même si dans des temps improbables le grand Turc était plus généreux que ses ennemis et n’interdisait pas le rire à ses femmes.

  13. Souris donc

    Pour en revenir au sujet, excellente présentation dans le FigMag du livre d’Alexandre del Valle « Le complexe occidental. Petit traité de déculpabilisation » Ed du Toucan.

    … »On vous traitera d’islamophobe.
    L’expression même d’islamophobie a été lancée par les islamistes – et inconsidérément reprise par les associations militantes « antiracistes » autoproclamées – non pour défendre les musulmans victimes de persécutions mais pour diaboliser et faire taire ceux qui critiquent l’islam et défendent nos démocraties face à l’offensive islamiste mondiale. Nos dirigeants ont tort d’accepter le dangereux dialogue de dupes qui consiste à recevoir des leçons de morale de propagandistes barbus et d’Etats islamiques « amis » qui persécutent les chrétiens chez eux mais exigent chez nous la pénalisation de l' »islamophobie ». Or la base de l’amitié est la réciprocité. »

    Vivement que cette génération au pouvoir d’imbéciles faciles à culpabiliser soit remplacée par la suivante moins sensible à l’intox.

  14. Vous pensez que la génération suivante est moins sensible à l’intox, Souris ?
    Ce serait rassurant mais pour ma part je ne le vois pas. Quels éléments vous le font-ils penser ?

  15. Souris donc

    Je constate souvent que cette génération zappeuse est plus futée, ils savent recouper les sources, ce sont des mutants qui raisonnent en arborescence et ne sont moins contraints par la linéarité de la logique cartésienne binaire.
    Je cite Alexandre del Valle :
    « le mur du politiquement correct s’effrite. L’intox prend de moins en moins. Et le retour de la dissidence est favorisé par les nouveaux médias alternatifs du web, que le « système » ne contrôle pas et qui dépasseront bientôt les capacités de résonance des médias classiques ».

    Exemple
    Les commentaires des milieux plus populaires aux dépêches Reuters ou AFP sur Orange ou Yahoo montrent un retournement complet contre le Hamas. Les arguments simplistes des faux pseudos mais vraie intox + l’antisémitisme musulman et frontiste, martelés inlassablement, se sont avérés contre-productifs.

  16. Souris, je rends hommage à votre optimisme mais ne le partage pas. Je souhaite évidemment me tromper.
    La question de l’œuf et de la poule. Les médias français et leurs journalistes idéologues ont-ils abusé la part de cerveaux disponibles grâce à leur nauséabonde propagande, ou bien jouent-ils avec les désirs secrets — car inavouables – d’une populace ne demandant qu’à être convaincue de la malignité des Juifs ?
    Il y a certainement des deux causes, mais j’opterais plutôt pour une haine des Juifs aussi pérenne qu’universelle.
    Si les raclures antisémites du Quai d’Orsay sont une spécificité bel et bien française, la propagande arabe et la décérébration par désinformations ne règnent pas seulement en France.

  17. Souris donc

    Je peux me tromper, mais l’idéologie gauchisante issue du communisme (écologie, antiracisme, gender) commence à lasser, provoque des boutons et de l’allergie. En tous cas du rejet. Qui, pour l’instant, se traduit par des sondages mirifiques pour Marine Le Pen. Surtout chez les 15-25 ans.
    Ce qui, espérons-le, enlèvera enfin à la droite son empressement à faire plaisir à la gauche (c’est Aznar qui avait noté cette particularité française).
    Kravi, vous avez raison, bien sûr que les médias jouent sur le terreau antisémite, mais les médias ne sont plus la seule source d’information, ils sont dépassés et débordés comme l’est la classe politique.
    Un autre exemple, les sanctions de l’UE et des USA, contre la Russie. Je note que les gens se sentent plus proche des Russes chrétiens que des Turcs musulmans qu’on veut nous fourguer dans l’Europe.

  18. Souris donc

    Je trouve que la génération aux manettes est particulièrement nulle, surtout notre classe politique. C’est une génération du paraître, du grégarisme, de la moraline dégoulinante, de la leçon à autrui, mais ils brandissent leurs droits, ils sont intrusifs, veulent faire votre bonheur malgré vous, ils punissent, inventent des coercitions de toutes sortes, des principes de précaution. On ne peut pas avoir pire. C’est impossible.

    Et à dans trois semaines !

  19. Passez d’agréables vacances loin des imbéciles.

  20. Guenièvre

    Bonnes vacances souris!
    Je partage votre constat : on arrive au bout d’une époque. Quant à savoir si ce qui en sortira sera meilleur je n’en suis pas si sûre que vous. Les générations actuelles « sont des mutants qui raisonnent en arborescence » oui ! mais ils sont, parfois, de ce fait, complètement insensibles à la logique et au bon sens les plus élémentaires.

  21. Guenièvre

    mais elles sont, parfois, de ce fait…

  22. … « Plus proches des Russes chrétiens que desTurcs musulmans qu ‘on veut nous fourguer dans l’Europe »…
    Exact. C’est pourquoi ce « on » est constitue par la petite horde des réfractaires à l’Union Européenne qui n’ont de cesse de s’employer à tenter de la détruire.

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