Écrivez-moi !

Lettres
Qui n’a jamais guetté avec impatience le facteur ou ne s’est installé à son bureau avec fébrilité pour tracer sur la feuille blanche ces premiers mots  « cher X ou chère Y », qui n’a pas tenu dans ses mains une lettre, hésitant entre l’ouvrir immédiatement et la laisser sur la table pour retarder le plaisir d’en prendre connaissance, ne connaît pas les délices de la correspondance.

Dans le  langage courant la correspondance est un échange de courrier privé, généralement prolongé sur une longue période. Mais ici, je ne veux pas parler des formes modernes de communication écrites que l’on nomme courriel ou SMS – qui ont, je le reconnais volontiers, certains atouts comme la rapidité et la simplicité, mais des lettres à l’ancienne (comme les tartes ou la moutarde!), écrites à la main, dans un français soigné, sur une ou deux feuilles d’un beau papier que vous pouvez humer ou caresser. Vous souvenez-vous de la dernière que vous avez écrite? Que vous avez reçue? Vous souvenez-vous qu’écrire une telle lettre peut prendre plusieurs heures, parfois plusieurs jours? Que vous consacrez donc à votre interlocuteur un peu de votre temps si précieux. C’est un premier cadeau que vous lui faites.

Le deuxième cadeau étant ces mots que vous tracez, qui se forment dans le prolongement de votre main, et qui sont un peu de vous-même finalement, alors que, quelle que soit la chaleur de ceux que vous employez dans vos messages électroniques ils restent malgré tout assez froids parce que désincarnés.

Du côté de celui qui s’y livre il y a par ailleurs un vrai plaisir de l’écriture manuelle : le frôlement du papier, le bruit de la plume qui frotte sur la feuille et l’odeur de l’encre, un contact avec le réel. Le geste implique une relation avec le mot qui est de l’ordre du sensuel, de l’immédiat, de l’individuel. L’écriture, comme la personnalité est propre à chacun. On élabore son style qui varie au cours des années.

La plupart des artistes, des scientifiques, des écrivains d’autrefois ont ainsi échangé avec leurs contemporains et l’on peut aujourd’hui lire quantité de ces échanges qui ont été publiés. On se demande d’ailleurs comment feront les biographes de demain. Les disques durs se conserveront-ils aussi bien que les feuilles de papier ?

Une des plus belles correspondances qui soient est certainement celle que Flaubert entretint avec George Sand. Tout les séparait, ces deux là : l’âge, les conceptions esthétiques, les idées politiques, la manière d’écrire, la façon de vivre. Ces différences vont être, tout au long de 315 lettres,  l’objet de formidables débats d’idées et de joyeuses plaisanteries. Ils vont développer une relation unique, tendre et amicale partageant, au delà de la distance,  les tracas de la vie quotidienne, les angoisses de la maladie et les projets d’écriture.

Flaubert, un brin misogyne, n’avait au départ aucune estime pour celle qu’il considérait comme un « écrivain mineur ».  Il ira même jusqu’à dire dans l’Éducation sentimentale :

« Je ne m’adresse pas aux écoliers de quatrième ni aux couturières qui lisent George Sand »

Au cours de ces treize années, il se laissera apprivoiser par la Dame de Nohant et  passera du mépris au respect et à l’affection la plus vive, de « la mère Sand »‘ au  » Cher (e) Maître (avec ou sans « e ») qui débutera chacune de ses lettres. Elle lui répondra en l’appelant  « cher ami de mon cœur » ou « mon vieux troubadour ». À l’enterrement de son amie, le 10 juin 1876, il « pleurera comme un veau » selon ses propres termes.

Quelques lettres ici :

http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/corrGFGS.html

http://www.deslettres.fr/lettre-de-george-sand-a-flaubert-tu-aimes-trop-la-litterature-elle-te-tuera/

La découverte de l’autre à travers la correspondance est illustrée de manière émouvante dans le recueil : « Écrivez-moi Madeleine » d’Ilo de Francheschi.

L’auteur, aristocrate né à Trieste, s’est engagé dans la Légion étrangère. Sans le sou, avide de lecture, il adresse un courrier en France aux éditions Rieder pour qu’on lui envoie un livre du philosophe Alain dont il a entendu parler. Par une erreur sans doute due à l’homonymie, cette lettre échoue chez Madeleine Allain qui, touchée par le message, lui répond...  S’ensuit un échange épistolaire entre ces deux êtres qui jamais ne se rencontreront.

Intelligent et cultivé, Ilo va décrire avec justesse et pudeur toute la gamme des sentiments et des situations qui naissent de cette conversation à distance : l’impatience de recevoir des nouvelles, la joie et le soulagement de trouver une lettre à son retour de mission, le soutien et le réconfort que provoquent les mots de Madeleine, la curiosité, l’inquiétude quand elle ne répond plus… Toutes en délicatesse, ces lignes contrastent avec le quotidien austère et rude du légionnaire. Il est dommage que le recueil ne contienne qu’une seule lettre de Madeleine, fort belle au demeurant.

Deux extraits :

Midelt, le 16-1-39

« Chère Madeleine Allin,

On m’a remis votre lettre ce matin, comme je rentrais d’une courte tournée de reconnaissance du côté de Timghis. Vous ne connaissez pas la saveur au goût de cendre de ces retours à un endroit où il n’y a rien pour vous attendre que des souvenirs, et des velléités d’oubli. Cette fois-ci, il y avait quand même vous qui m’attendiez, et avec vous la douceur contenue d’un élan qui m’a touché jusqu’aux larmes. Oui, Madeleine Allin. Et comment la pensée de vous remercier aurait-elle pu seulement m’effleurer? Est-ce que l’on remercie la Grâce lorsqu’en dépit de toute indigence elle consent à s’insinuer jusqu’à vous? On l’accueille,  et voilà que déjà elle vous est familière… »

Le 9-11-39

Bien chère Madeleine,

Après avoir gravi pendant des jours et des jours les dunes hostiles qui semblaient nous suivre pas à pas à travers les sables poussés par le vent, nous voici installés dans nos quartiers d’hiver. Autour de nous, l’air est immobile et brûlant. Mais cette nuit il gèlera, et demain matin nous verrons la neige un peu plus proche, descendue silencieuse autour de l’Ajachi.

Quelque chose à vous annoncer Madeleine : un grand petit changement vient de se produire dans ma vie militaire ( cette vie que je n’ai jamais comprise à fond, mais que je n’ai jamais méprisée car ne pas comprendre c’est être seul, mais se défendre ou mépriser c’est participer à ce dont on veut par ces moyens signifier sa différence). On m’a changé de service…et, (tenez-vous bien Madeleine, c’est inouï !) j’ai désormais une petite chambre pour moi, rien que pour moi, où me tenir quelques moments  avec moi-même, en cette solitude physique dont j’avais oublié la saveur, mais dont la nostalgie était parfois lourde et douloureuse…

Mon abri! Il est nu et délabré. Mais ce que je vais en faire! Je vais le transformer en quelque chose d’épatant,  vous verrez, et pour ça j’ai besoin de vous, Madeleine, petite messagère d’amitié. Vous m’avez offert dans votre dernière lettre, avec une touchante fraternité, de m’envoyer un tas de choses….

Les lettres sont aussi une manière d’alimenter l’amour entre deux amants. Les exemples abondent mais les « Lettres à Sophie Volland » de Denis Diderot sont, à plus d’un titre, parmi les plus attachantes.

Le maître d’œuvre de l’Encyclopédie a entretenu pendant plus de vingt ans une relation épistolaire avec Sophie Volland. Cette femme, issue d’un milieu de financiers et de fermiers généraux, était très cultivée et pouvait jouer le rôle de confidente mais ses réponses ne nous sont pas parvenues et nous ne possédons aucun portrait d’elle. Ce fut, comme disait Diderot lui-même qui rencontra en 1754 Louise-Henriette Volland rebaptisée Sophie, une « liaison douce », une affaire de tête et d’estime plutôt qu’une passion charnelle. C’est Diderot qui insistera pour faire respecter par le couple un véritable pacte épistolaire comme si celui-ci était le garant sentimental de leur liaison. Il se plaint d’ailleurs régulièrement quand les lettres de sa douce amie tardent à venir. Par ailleurs, cette correspondance lui est un prétexte supplémentaire pour parler philosophie de manière moins rébarbative que dans un traité ou un essai. La lettre permet en effet une multiplication des registres : certaines phrases relevant du registre didactique, d’autres étant  plutôt comiques. Ainsi, Diderot évoque, non sans humour, les soirées avec ses amis philosophes, hôtes du baron d’Holbach au château du Grandval, propriété de la belle-mère dudit baron, Mme d’Aine .

Trois lettres ici :

http://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_%C3%A0_Sophie_Volland/18

http://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_%C3%A0_Sophie_Volland/46

http://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_%C3%A0_Sophie_Volland/48

 

 

45 Commentaires

  1. Souris donc

    Le facteur se plaint beaucoup. Comme il y a moins de courrier, on lui a redessiné un secteur plus vaste. Pour moi, le médium n’est pas le message, peu importe, lettre, sms, mail, coup de fil, j’ai un critère infaillible pour repérer l’ami en le distinguant du faux :
    – Tout va bien, t’as besoin de quelque chose ?
    – Non.
    Ensuite on passe à la météo, les mondanités, la médisance, les nouvelles, le papotage.
    Bien sûr, n’étant pas George Sand, je ne prétends pas à l’immortalité et ne dis pas de choses définitives pour la postérité et les manuels scolaires.

    Le jour où je me suis offert un Montblanc, on m’a ouvert une boite mail, sorte de boite de Pandore. Il parait que rien ne s’efface, Guenièvre.

    C’est terrifiant. La haineuse Rockaya Diallo nous a menacé des pires procès, avec PRISON FERME, si on profère une seule parole raciste sur les blogs et réseaux sociaux. Si je dis une fois de plus : « La France se bougnoulise », eh ben, je vais au trou.
    C’était hier soir sur LCP, Grand Ecran, « Internet, un danger ou une chance pour la démocratie. » On voit qu’ils rêvent de nous museler. Comme dans toute dictature. Même la plus soft.

  2. J’ose présenter ici une défense des courriels. Certes, on ne peut y trouver « le frôlement du papier, le bruit de la plume qui frotte sur la feuille et l’odeur de l’encre » mais on peut et on espère y trouver le « mot qui est de l’ordre du sensuel, de l’immédiat, de l’individuel. » et y apprécier une écriture avec son style qui « comme la personnalité est propre à chacun. On élabore son style qui varie au cours des années. »
    Avec, de plus, l’intérêt de l’envoi et de la réponse rapides, la possibilité d’une véritable conversation adaptée à l’humeur du moment, la lisibilité indiscutable, les qualités du courriel peuvent à mon avis être placées au même niveau que les qualités de la lettre manuscrite. Toutefois il est bien vrai que, disant cela, j’avoue un certain sentiment de sacrilège…

  3. Guenièvre

    Bonjour à tous !
    Il ne s’agissait pas pour moi de faire de la correspondance papier un critère de l’amitié Souris et vous n’êtes pas sacrilège, Impat, en défendant le courriel…
    Il y a trente ans j’avais cinq ou six correspondants réguliers, aujourd’hui je n’ai plus que deux correspondants « papier » mais j’échange des mails de façon habituelle avec plus d’une dizaine de personnes. Comme vous tous, je pense, j’apprécie la rapidité et le côté pratique du procédé. Il est bien évident aussi que cela permet de garder des contacts avec des gens que l’on aurait certainement perdus de vue sans cela. Enormément d’avantages donc…
    Loin de moi donc, l’idée d’une déploration quelconque. J’essayais seulement de voir ce que l’on va « perdre » avec cette disparition de la lettre papier. J’ai tenté d’expliquer le plaisir qu’il pouvait y avoir dans cet exercice. Et quand je parlais du « style » Impat, j’aurai dû préciser qu’il s’agissait de la graphie. La graphie évolue avec le temps, parfois elle devient moins tonique, moins sûre, je trouve cela émouvant parce que c’est « quelque chose qui dit sur nous » concrètement…

  4. … « La graphie évolue avec le temps, »…
    Hélas pas la mienne. Je suis toujours parfaitement illisible, y compris de moi-même. D’où, peut-être, mon intérêt pour les courriels.:-)

  5. Je dirais volontiers que le courriel est plus agréable au moment où s’effectue la correspondance. En revanche le plaisir de retrouver et lire les lettres anciennes, traces de talents connus ou de nos propres ancêtres, avec leurs ratures, est inégalable grâce à ce qu’explique Guenièvre. Des courriels entre Flaubert et George Sand, entre Flaubert et Maupassant, présenteraient-ils aujourd’hui le même intérêt ? D’ailleurs la plus grande part aurait été déjà supprimée par leurs auteurs comme nous le faisons nous-mêmes couramment…
    Étonnant de songer que nous laisserons moins de trace que nos ancêtres.

  6. Guenièvre

    « Je suis toujours parfaitement illisible, y compris de moi-même »
    …d’où l’intérêt de savoir lire entre les lignes ! 🙂

  7. D’autant, Guenièvre, que c’est toujours là que se trouve l’essentiel…

  8. Les variations de police procurent à votre texte électronique toute la chaleur d’une lettre manuscrite, Guenièvre !

  9. Guenièvre

    @ Impat le 1 septembre 2014 à 20:24

    Tous ceux qui ont retrouvé dans des greniers des lettres d’ascendants qu’ils ont connus dans leur enfance éprouvent ce que vous dites là. Sur les cartes jaunies on reconnait au premier coup d’oeil l’écriture crénelée de l’oncle Octave ou celle, très ample de la tante Alice…

    @ Pour ceux que ça intéresse, des manuscrits d’hommes et de femmes célèbres, historiens, politiques, scientifiques et écrivains…Promenez-vous dans les collections permanentes …Victor Hugo, Restif de la Bretonne, Emilie du Châtelet, A.M. Ampère, T.Edison, A.E. Becquerel…

    http://www.museedeslettres.fr/public/

  10. Guenièvre

    @ Pierre,
    Merci mais c’est involontaire !!! sauf pour les lettres d’Ilo en italique. Pour le reste, je ne maîtrise pas toujours le traitement de texte et quand je vais chercher un élément biographique sur internet je ne vérifie pas la police si bien que je continue à écrire dans cette même police…J’ai du mal avec la ponctuation aussi, ce qui donne bien du souci à l’hôte de ces lieux. 🙂

    Bon courage pour ce premier jour de l’année scolaire…

  11. … « ce qui donne bien du souci à l’hôte de ces lieux »…
    Essayez de lui envoyer des articles en manuscrit ? 🙂

  12. QuadPater

    Noooon !!!

  13. Souris donc

    Les cartes jaunies.
    Il fut un temps où la carte postale était quasiment obligatoire. On passait un moment délicieux à les choisir sur le tourniquet puis à les écrire.
    Même moment délicieux à en recevoir. La carte ne déçoit jamais. Contrairement à l’enveloppe qui peut réserver de mauvaises surprises, quand elle vient du percepteur, de la police de la route qui vous a flashé en excès de vitesse et vous sucre 2 points, et des fâcheux qui vous annoncent que vous avez été tiré au sort pour le gros lot.
    Ne me résignant pas à jeter la moindre carte, je les ai rangées dans une boîte aux trésors, en me disant que j’aurai un jour le plaisir nostalgique de les redécouvrir. Je ne m’y résous pas.
    Quelqu’un les trouvera et elles iront à la déchetterie, les « Bises de Bretagne où contrairement à la légende, il ne pleut pas » n’intéressant aucun musée des Lettres et Manuscrits. Au mieux, dans un vide-grenier qui les proposent, par thème (et les gens les achètent. Etonnamment).

  14. Souris donc

    Mais pourquoi pas, si elle scanne son manuscrit ? Guenièvre, ses pleins et ses déliés.

  15. Souris,…sauf que l’enthousiasme ne semble pas s’emparer des relecteurs, on se demande bien pourquoi. 🙂

  16. Souris, la carte postale présente en outre la caractéristique importante de montrer une image. Si tant de gens entreprennent et conservent une collection de cartes postales, c’est probablement et en premier lieu dû aux photos anciennes. Le plaisir de voir une rue, une gare, un monument, des costumes tels que les connaissaient les générations précédentes…

  17. hathorique

    Bonjour à tous

    Merci Guenièvre pour ce joli devoir de rentrée comment résister à une si belle invitation.
    Vous avez raison pour l’échange épistolaire, c’est un art de l’élégance dont je suis très admirative, car dans les correspondances que j’aime à lire, j’y vois peu de fautes alors que « Son Eminence Korrector » n’existait pas, lui qui nous est si utile pour nos échanges mailiques.

    Pour nos grands écrivains (je me refuse à écrire écrivaine) ces courriers étaient aussi écrits pour être lus dans les salons littéraires très fréquentés par l’aristocratie intellectuelle, d’ailleurs au 17° et 18° ces salons se tenaient dans les chambres des dames et ils étaient réservés à un cercle très restreint de personnes cultivées dont les moindres n’étaient pas les femmes même si Molière s’en est moqué.
    « La salonnière » l’hôtesse, était le pivot des sociétés où elle faisait autorité. L’influence de ces dames était incontestable, puisque le jeune Jean-Jacques Rousseau lorsqu’il s’établit en 1742 dans la métropole française, reçut cette indication : « À Paris on n’arrive à rien sans les femmes ! ». Je me demande si cette phrase n’est pas encore furieusement d’actualité.
    Il s’y pratiquait aussi un art disparu, celui de la conversation sur des sujets littéraires, philosophiques ou politiques maintenant il a été remplacé par un art plus martial comme les conventions qui se terminent en pugilats démocratiques et républicains ou certains pensent que l’art oratoire est une « master class de bastons pour la lutte finale  »

    Comme le dit Impat dans nos vies modernes plus effervescentes, plus précipitées et surtout moins oisives le courriel est aussi un moyen d’avoir des échanges agréables et presque instantanés avec ceux qui sont très loin.

    La correspondance était réservée à une certaine élite, ceux qui bien entendu savaient lire et écrire et ce n’était pas le plus grand nombre, alors que de nos jours presque tout le monde est atteint de la « fièvre tweeteuse » qui est hélas une maladie contagieuse. C’est vrai que l’éruptive Nadine Morano, plus de saloonière que salonnière n’est pas Mademoiselle de Scudéry première femme primée Académie Française.

    Merci de vos liens pour la grande Gorge Sand beaucoup trop limitée à son Berry et à « la petite Fadette » , alors qu’elle a été l’un des plus brillants esprits de son temps et a même réussi à apprivoiser ce misogyne de Delacroix qui en fait de si jolis portraits.

    Votre lien pour le site des musées et lettres est une mine d’informations, d’ailleurs en m’y promenant j’ai trouvé ce texte qui me parait là encore furieusement d’actualité 🙂

    Armand-Jean du PLESSIS, cardinal de RICHELIEU
    Paris, 1585 – id., 1642
    « Lettre signée, adressée au surintendant des Finances Claude Bouthillier, datée du 1er juillet 1641, Péronne.
    La lettre est signée par le cardinal et écrite successivement par deux de ses secrétaires, Denis Charpentier et Pierre Cherré.
    Le cardinal de Richelieu favorise la création de l’Académie et consacre ainsi de manière officielle une compagnie de lettrés. Le siècle précédent fut en effet le témoin d’un désordre tant au niveau de l’orthographe que de la langue ou de la synthaxe. Richelieu lie ainsi son nom à une œuvre qui servirait la France. »

  18. Guenièvre

    Un peu hors sujet mais frappant pour ceux qui ont l’habitude des blogs où l’on insulte et on excommunie dès que quelqu’un ne partage pas vos idées.
    Je disais que Sand et Flaubert étaient en tous points opposés. Sur le plan politique il était ultra conservateur, elle était républicaine dans l’âme, elle fréquentait des socialistes comme Pierre Leroux.

    Flaubert à Sand
    « Ils sont rares ceux qui n’ont pas besoin de surnaturel. La philosophie sera toujours le partage des aristocrates. Vous aurez beau engraissé le bétail humain, lui donner une litière jusqu’au ventre et même dorer son écurie, il restera brute quoiqu’on dise. Tout le progrès que l’on peut espérer c’est de rendre la brute un peu moins méchante. Mais quant à hausser les idées de la masse, à lui donner une conception de Dieu plus large et moins Humaine, j’en doute, j’en doute….
    Le néo-catholicisme d’une part et le socialisme de l’autre ont abêti la France. Tout se meut entre l’Immaculée-Conception et les gamelles ouvrières… »

    Sand à Flaubert
    « Le Peuple c’est toi et moi, nous nous en défendrions en vain. Il n’y a pas deux races, la distinction des classes n’établit plus que des inégalités relatives et la plupart du temps illusoires. »

    Flaubert à Sand
     » L’instruction gratuite et obligatoire ne fera rien qu’augmenter le nombre des imbéciles….la masse, le nombre est toujours idiot. Je n’ai pas beaucoup de convictions. Mais j’ai celle-là fortement. Cependant, il faut respecter la masse si inepte soit-elle parce qu’elle contient des germes d’une fécondité incalculable. Donnez-lui la liberté mais non le pouvoir …

    Sand à Faubert
     » Je plains l’humanité, je la voudrais bonne parce que je ne peux pas m’abstraire d’elle ; parce qu’elle est moi ; parce que le mal qu’elle se fait me frappe au coeur ; parce que sa honte me fait rougir; parce que ses crimes me tordent le ventre ; parce que je ne peux comprendre le paradis au ciel ni sur la terre pour moi toute seule. Tu dois me comprendre toi qui es bonté de la tête aux pieds… »

  19. Guenièvre

    Chère Souris, les stylos d’aujourd’hui ne permettent plus ce genre de fantaisie…

  20. Guenièvre

    Bonsoir chère Hathorique!
    Puisque vous parlez de Jean-Jacques Rousseau et des dames, il eut, à Paris, la protection de Madame d’Epinay. Mais il n’eut pas le loisir de faire lire ses Confessions dans le salon de celle-ci car elle craignait que le si susceptible Jean-Jacques n’y eût réglé ses comptes avec le Tout- Paris en racontant les ragots, rumeurs et infidélités…En contre-feu elle rédigea des « Contre-confessions », un autre chef-d’oeuvre de la littérature de ce XVIII siècle …

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_d%27%C3%89pinay

  21. Superbe ! On dirait une conversation sur Antidoxe. 🙂

  22. Souris donc

    Oui mais faudrait revisiter ça, comme diraient les metteurs d’opéra :

    Flaubert à Sand
    Tu sais où je lui fous sa philosophie ? Gamelle ou pas, une racaille restera une racaille, même avec la BM toutes options.

    Sand à Flaubert
    Le people c’est qui ? De nos jours, tu peux plus savoir, c’est le mélange des gender, ta race !

    Flaubert à Sand
    Ceux qui sont d’une fécondité incalculable, t’as même plus le droit de le dire, sinon, t’es stigmaté comme islamophobe, tmtc.

    Sand à Faubert
    Toi qui es bonté de la tête aux pieds, me mets pas la honte qui me tort le ventre. Non mais sérieux loooool !!

  23. Souris, vous allez faire se retourner dans leur tombe ces amoureux du langage. Paix à leur Sand.

  24. hathorique

     » l’épitre à un hollandais » de Madame Trierweiller risque de ramener le niveau de popularité de celui qui n’aime pas les riches, mais ne fréquente qu’eux, jusqu’aux catacombes

    Cette délicate épistole est l’oraison funèbre d’une liaison dangereuse

    Extrait de la correspondance que Madame d’Ex vient de faire paraitre dans les gazettes 🙂

    La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont

    De …, ce 12 août 17**

    « Me boudez-vous, Vicomte? ou bien êtes-vous mort? ou, ce qui y ressemblerait beaucoup, ne vivez-vous plus que pour votre Présidente? Cette femme, qui vous a rendu les illusions de la jeunesse, vous en rendra bientôt aussi les ridicules préjugés. Déjà vous voilà timide et esclave; autant vaudrait être amoureux. Vous renoncez à vos heureuses témérités. Vous voilà donc vous conduisant sans principes, et donnant tout au hasard, ou plutôt au caprice.

    Ne vous souvient-il plus que l’Amour est, comme la médecine, seulement l’art d’aider la Nature? Vous voyez que je vous bats avec vos armes: mais je n’en prendrai pas d’orgueil; car c’est bien battre un homme à terre. Il faut qu’elle se donne, me dites-vous: eh! sans doute, il le faut; aussi se donnera-t-elle comme les autres, avec cette différence que ce sera de mauvaise grâce. Mais, pour qu’elle finisse par se donner, le vrai moyen est de commencer par la prendre. Que cette ridicule distinction est bien un vrai déraisonnement de l’Amour! Je dis l’Amour; car vous êtes amoureux.

    Vous parler autrement, ce serait vous trahir; ce serait vous cacher votre mal. Dites-moi donc, amant langoureux, ces femmes que vous avez eues, croyez- vous les avoir violées? Mais, quelque envie qu’on ait de se donner, quelque pressée que l’on en soit, encore faut-il un prétexte; et y en a-t-il de plus commode pour nous, que celui qui nous donne l’air de céder à la force? Pour moi, je l’avoue, une des choses qui me flattent le plus, est une attaque vive et bien faite, où tout se succède avec ordre quoique avec rapidité; qui ne nous met jamais dans ce pénible embarras de réparer nous-mêmes une gaucherie dont au contraire nous aurions dû profiter; qui sait garder l’air de la violence jusque dans les choses que nous accordons, et flatter avec adresse nos deux passions favorites, la gloire de la défense et le plaisir de la défaite. Je conviens que ce talent, plus rare que l’on ne croit, m’a toujours fait plaisir, même alors qu’il ne m’a pas séduite, et que quelquefois il m’est arrivé de me rendre, uniquement comme récompense.

    Telle dans nos anciens Tournois, la Beauté donnait le prix de la valeur et de l’adresse. »

  25. Guenièvre

    Super Souris ! Vous continuez et vous présentez cela au OFF d’Avignon l’année prochaine! 🙂
    J’invite Hathorique à faire de même avec la romance « François et Valérie ».
    Je veux bien m’occuper de la pub et des tracts…

  26. Guenièvre

    A Avignon OFF ou au Festival international du théâtre de rue à Aurillac, je crois que ce serait encore plus approprié!

  27. Guenièvre

    On peut aussi le faire sur le mode de la tragédie:

    VALERIE
    Chère Charlotte, sais-tu ce que je viens d’apprendre ?
    CHARLOTTE
    Non ; mais je viens tremblante, à ne vous point mentir.
    J’ai pâli du dessein qui vous a fait sortir ;
    J’ai craint une fureur a vous-même fatale.
    VALERIE
    Charlotte, qui l’eût cru ? j’avais une rivale !
    CHARLOTTE
    Comment !
    VALERIE
    François aime ; et je n’en puis douter.
    Ce farouche ennemi qu’on ne pouvait dompter,
    Qu’offensait le respect, qu’importunait la plainte,
    Ce tigre, que jamais je n’abordai sans crainte,
    Soumis, apprivoisé, reconnaît un vainqueur :
    Julie a trouvé le chemin de son cœur.
    CHARLOTTE
    Julie!
    VALERIE
    Ah ! douleur non encore éprouvée !
    À quel nouveau tourment je me suis réservée !
    Tout ce que j’ai souffert, mes craintes, mes transports,
    La fureur de mes feux, l’horreur de mes remords,
    Et d’un cruel refus l’insupportable injure,
    N’était qu’un faible essai du tourment que j’endure.
    Ils s’aiment ! Par quel charme ont-ils trompé mes yeux ?
    Comment se sont-ils vus ? depuis quand ? dans quels lieux ?
    Tu le savais : pourquoi me laissais-tu séduire ?
    De leur furtive ardeur ne pouvais-tu m’instruire ?
    Les a-t-on vus souvent se parler, se chercher ?
    Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher ?
    Hélas ! ils se voyaient avec pleine licence :
    Le ciel de leurs soupirs approuvait l’innocence ;
    Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux ;
    Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux !
    Et moi, triste rebut de la nature entière,
    Je me cachais au jour, je fuyais la lumière ;

  28. hathorique

    @ Guenièvre

    Bravo votre article est de circonstance , j’espère qu’il ne faut point y voir complot contre la République, en accord avec Madame d’Ex. Merci pour votre offre qui est est alléchante 🙂 ainsi nous constituerions la « ligue contre les mous » et reconstituerions la carte des  » territoires perdus du tendre ».
    Je ne peux résister au plaisir de citer Mademoiselle de Scudéry

    « On s’embarque sur la Rivière de Confidence pour arriver au Port de Chuchoter. De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère, qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie qui est la capitale du Royaume. A une lieue de cette ville est un château bien fortifié qu’on appelle Galanterie.
    Ce Château est très noble, ayant pour dépendances plusieurs fiefs, comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés et Amitiés amoureuses. Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie, qui sont toutes couvertes d’un côté par les Montagnes de Minauderie et de l’autre par celles de Pruderie. Derrière tout cela est le lac d’Abandon, qui est l’extrémité du Royaume. »

    le Royaume d’Amour est situé fort près de celui des Précieuses. C’est une contrée fort agréable, et où il y a de la satisfaction de voyager, quand on en sait la carte en perfection et qu’on n’est point en hasard de s’y fourvoyer. il s’y trouve quelques mauvais passages qu’on ne saurait éviter; mais comme on se représente qu’il n’y a nul bien sans peine et que les plaisirs succèdent souvent aux douleurs, on se console facilement. Afin qu’on ne manque point aussi de conseil, voici une bonne guide des chemins que je vais vous donner.

    Ensuite vous voyez qu’il faut passer à un autre village qui s’appelle Empressement et ne faire pas comme certaines gens tranquilles qui ne se hâtent pas d’un moment, quelque prière qu’on leur fasse et qui sont incapables d’avoir cet empressement qui oblige quelquefois si fort. Après cela vous voyez qu’il faut passer à Grands Services et que, pour marquer qu’il y a peu de gens qui en rendent de tels, ce village est plus petits que les autres. Ensuite il faut passer à Sensibilité, pour faire connaître qu’il faut sentir jusqu’aux plus petites douleurs de ceux qu’on aime. Après il faut, pour arriver à Tendre, passer par Tendresse, car l’amitié attire l’amitié.
    Ensuite il faut aller à Obéissance, n’y ayant presque rien qui engage plus le cœur de ceux à qui on obéit que de le faire aveuglément; et, pour arriver enfin où l’on veut aller, il faut passer à Constante Amitié, qui est sans doute le chemin le plus sûr pour arriver à Tendre-sur-Reconnaissance.
    Mais, madame, comme il n’y a point de chemins où l’on ne se puisse égarer, Clélie a fait, comme vous le pouvez voir, que ceux qui sont à Nouvelle-Amitié prenaient un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, ils s’égareraient aussitôt; car, si au partir du Grand-Esprit, on allait à Négligence que vous voyez tout contre cette carte, qu’ensuite continuant cet égarement on aille à Inégalité; de là à Tiédeur, à Légèreté et à Oubli, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Estime on se trouverait au lac d’Indifférence que vous voyez marqué sur cette carte et qui, par ses eaux tranquilles, représente sans doute fort juste la chose dont il porte le nom en cet endroit.
    De l’autre côté, si, au partir de Nouvelle-Amitié, on prenait un peu trop à gauche et qu’on allât à Indiscrétion, à Perfidie, à Orgueil, à Médisance ou à Méchanceté, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Reconnaissance, on se trouverait à la mer d’Inimitié où tous les vaisseaux font naufrage et qui, par l’agitation de ses vagues, convient sans doute fort juste avec cette impétueuse passion que Clélie veut représenter.

    Ainsi elle fait voir par ces routes différentes qu’il faut avoir mille bonnes qualités pour l’obliger à avoir une amitié tendre et que ce qui en ont de mauvaises ne peuvent avoir part qu’à sa haine ou à son indifférence ».

    Madame d’Ex a sorti les crocs pour mordre celui qui méprise les « sans dents », que cette expression est horrible et de quel dédain elle témoigne venant d’un bateleur montés sur des tréteaux.

  29. Guenièvre

    « Ah mon Dieu ! voilà qui est poussé dans le dernier galant » comme dirait Molière en se moquant un peu!

    Hathorique merci, moi j’adore!

    Que notre François, après tant de mépris, se retrouve « à la mer d’Inimitié où tous les vaisseaux font naufrage », n’est que justice après tout!

  30. rackam

    Dans la merde-inimitié où tous les vrais sots font naufrage! Comme vous y allez!

  31. rackam,… « tous les vrais sots « …
    🙂
    Enfin, surtout un. Épargnez les autres, ils seraient trop nombreux dans la…fosse.

  32. hathorique

    A deux doux saigneurs 🙂

     » Merci pour ce moment » mais ne frappez pas si fort, vous allez désespérer Noah et Ruquier : ces deux porte-cotons liges, ces deux phares de la pensée hoillandiste, ces deux bateleurs de vanité, qui turlupinent dans la gogosphère médiatique en exhalant des odeurs de grands déchirements d’entrailles et se lacèrent publiquement de leur coupable négligence d’avoir voté pour un roi qui se trouve fort dépourvu, maintenant que la claque est venue.

    Il ne leur restera bientôt plus que les cours de macramé sur L.C.P

  33. … « les cours de macramé »…
    pourront toujours leur servir à rhabiller le roi nu.

  34. Souris donc

    Carte du Tendre, Hathorique de Scudéry, manque l’exfiltration par la grille du Coq pour rejoindre la rue du Cirque et sa mare de Félicité.

  35. … « Hathorique merci, moi j’adore! « …
    Autorisez-moi, Guenièvre, à joindre à la vôtre mon adoration. Pour le superbe pastiche, mais aussi pour le plaisir de voir tirer de si percutants « Scuds ».

  36. Souris donc

    Madame d’Ex a sorti les crocs pour mordre celui qui méprise les « sans dents », que cette expression est horrible

    Les sans culotte n’ont pas de pain ? Qu’ils mangent de la brioche !
    Les sans dents n’ont pas de râtelier ? Qu’ils mangent du caviar !
    Le changement dans la continuité, c’est maintenant.

  37. hathorique

    Bonne journée à tous

    C’est tout à fait cela Souris, « salauds de pauvres »

    Merci encore à Guenièvre pour ses délicieuses chroniques, mais aussi à François le MOL dit Capiton 1° (2012 – 2014) capitaine du radeau des médusés dont la très brève notice nécrologique fut rédigée par Madame d’Ex, littérateuse dans les gazettes.

    « ci git l’espérance : Il naquit, il vécut, il mourut »

    Son ouvrage sera primé au boxe office catégorie poids lourds 😉

    Impat merci aussi, mais mon mérite est maigre je n’ai fait que retranscrire des textes du magnifique « esprit français », celui que je ne peux me résoudre à voir disparaître dans la complaisance narcissique de la « fièvre tweeteuse » dont beaucoup trop sont atteints sans gra

    Bonne journée à tous

  38. hathorique

    je termine ici ce que dans ma grande précipitation j’ai par erreur amputé.

    « dont beaucoup trop sont atteints sans grand espoir de guérison « 

  39. Comme vous avez bien fait, Hathorique, de terminer ce que vous aviez amputé ! Car « beaucoup trop sont atteints sans gras » ne me semblait pas devoir s’appliquer à « François le MOL dit Capiton 1° « .

  40. Souris,
    « Les sans culotte n’ont pas de pain ? Qu’ils mangent de la brioche !
    Les sans dents n’ont pas de râtelier ? Qu’ils mangent du caviar !  »

    Voilà qui mériterait de rester dans l’Histoire de France.

  41. Souris donc

    N’exagérons rien Impat.
    Ce matin au marchand de journaux, à côté de la caisse un présentoir en carton pour le numéro spécial Trierweiler du Match, les services marketing ont donc prévu un tirage exceptionnel. Mou-Président-Je ne s’en remettra pas. En plus le timing. Juste au moment où il voulait faire les gros yeux à Poutine avec la sanction du porte-avion. On va encore être la risée.

  42. Souris,… « N’exagérons rien »…
    La première ligne y est déjà, dans l’Histoire. Pourquoi pas la seconde, qui le vaut bien et vaut bien la première ?
    Mais peut-être ne souhaitez-vous pas finir comme Marie-Antoinette ? 🙂

  43. plantigrade69

    Chère Guenièvre, sauf pour quelques personnes qui décident de le faire par pur désir, ces temps sont malheureusement révolus.
    Il y a peu d’années, ma mère m’a remis une boîte en fer blanc qui était restée dans la chambre ou j’avais grandi. J’y ai retrouvé des lettres que m’avaient envoyé des amis proches et je dois le dire, surtout des amiEs. de 16 à la vingtaine. Nous faisions très régulièrement des échanges épistolaires et ce fut un grand bonheur, du genre de bonheur qui en même temps serre le coeur, que de me replonger dans ces lignes.
    Puis, peu après, je me dis que c’était une aventure que ne pourrons pas vivre mes enfants aujourd’hui jeunes adultes. Depuis leur tendre enfance, ils n’ont connu que les mails et les sms au style télégraphique, si fugaces!

  44. Guenièvre

    Cher Plantigrade69,
    Vos quelques lignes ont fait remonter à ma mémoire l’image d’une grande boite en carton marron dans laquelle je retrouvai, il y a quelques années, mon courrier d’adolescente. Ce fut, comme vous le décrivez, un bonheur de relecture, doux et mélancolique, « tendre comme le souvenir », selon le beau titre de Guillaume Apollinaire.
    Inutile de vous préciser que, contrairement aux vôtres, ces lettre étaient celles d’amis -i. Encore que… Dans un coin du carton, se trouvaient des dizaines de feuilles de cahier pliées en quatre. En classe de seconde, je fus séparée d’une camarade d’école qui partageait ma table depuis la sixième. Chaque matin, nous nous remettions le récit des événements et des anecdotes de la journée précédente. Avec commentaires, appréciations et états d’âme du moment. Les SMS d’autrefois, en plus étoffés…
    Bien à vous

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