Zemmour, un point de vue.

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Le feu d’artifice est tiré dès les premières lignes du « Suicide Français ». Pétards, fusées, feux de Bengale ont été disposés en rangs serrés, bien alignés selon leurs dates de fabrication. On ouvre joliment le tir, chaque tir, par une introduction construite autour d’un événement culturel, film, livre, spectacle, chanson ayant marqué l’époque. S’égrènent ainsi, de la mort du Général de Gaulle en 1970 au désastre élyséen actuel, les nombreux épisodes qui selon Éric Zemmour ont composé les étapes de la longue marche suicidaire ayant conduit la France à l’agonie.

Thèse générale : le pays en ces quarante années a accumulé les renoncements, les abandons, les actions néfastes, les copies de ce qu’ailleurs on fait de pire. Autour de ce fil d’Ariane, à chaque étape est affirmé et défendu avec brio et passion l’amour de la France.

Mais si la thèse générale est difficilement discutable – car comment nier que la France va mal ? – les exemples traités ne le sont pas tous avec un égal bonheur.

Ainsi en va-t-il de cette longue, insistante, louange de la virilité paternelle que nous aurions perdue au profit d’un féminisme à tout crin ayant éliminé le rôle protecteur du père seigneur et maître, devenu une femme comme les autres consacrant une part de son temps aux tâches maternelles ou ménagères. Tout n’est pas faux dans cette allégation, loin s’en faut, et Zemmour a le droit d’y voir une évolution regrettable mais elle n’est pas propre à la France. La quasi disparition du père aux États-Unis n’a pas entraîné le suicide américain…

De même, accuser l’Union Européenne d’avoir entraîné le suicide français ne tient pas vraiment si on pose la question subsidiaire : l’Union a-t-elle entraîné un suicide allemand ?

En revanche le chapitre concernant l’évolution du football est emblématique de la descente aux enfers. En trente ans ce jeu est passé en France de la gloire à la décrépitude, voire à la honte à travers les attaques et les mensonges d’un antiracisme de façade. De la victoire, ôtée au jeu pour entrer dans la morale en la qualifiant stupidement de victoire « black-blanc-beur », aux invectives et insultes lancées envers des joueurs trop français, et aux « Marseillaises » sifflées, quelques années avaient suffi.

Toutefois il ne s’agissait là que de sport. Plus profond, bien plus grave à nos yeux, et combien vrai, se révèlent être les pages consacrées à la perpétuelle repentance que les politiques et les médias unis ont imposée aux Français après la disparition du Général. Quel réconfort de lire un Zemmour déclarer et déplorer que « Avec les discours sur la rafle du Vél’ d’Hiv’ des présidents Chirac en 1995 et Hollande en 2012, la doxa paxtonienne deviendra vérité officielle, sacrée. Religion d’État. »

Cette « doxa » de la France coupable ne cesse de nous imprégner : la preuve en est encore donnée par les réactions médiatiques à la parution du livre. Journaux, radios, télévision, débats, tous mettent en relief un seul passage : celui qui soutient la thèse des juifs étrangers déportés par Vichy pour sauver des juifs français, et qui par ailleurs déplore de voir la place exclusive prise aujourd’hui par la « Shoah » dans l’Histoire de la guerre. C’est une thèse, ni indiscutable ni absurde. De là a traiter Zemmour d’admirateur de Vichy il y a un gouffre… que certains n’ont pas hésité à franchir.

Dans la magnifique péroraison du livre, emplie de lyrisme passionné, quelques phrases peuvent être jugées malheureuses. En voici deux exemples :

« Les centaines de milliers de chômeurs (jusqu’à un million, selon certains économistes) mis sur le carreau par la récession effroyable de 1992-1993 étaient tenus par un Jean-Claude Trichet pour quantité négligeable« ….Trichet prône des solutions libérales pour améliorer l’emploi, Zemmour préfère les solutions inverses : ce n’est pas suffisant pour faire un procès d’intention au président de la BCE en lui conférant une telle pensée méprisante.

« Les taxis, les pharmaciens, les cheminots, les notaires, les employés se battent comme les poilus à Verdun. »…Hum, défendre certains privilèges acquis ne se place pas au même niveau que sacrifier sa vie à la patrie.

D’autres phrases emporteront l’adhésion de bien des Français inquiets. En voici une :

« La société règne encore. Elle est composée de toutes ces associations humanitaristes, ces lobbies antiracistes, gays, féministes, communautaristes, qui vivent de subventions publiques distribuées par un État aboulique et clientéliste, tous ces médias bien-pensants, tous ces technocrates, intellocrates, médiacrates, sociologues, démographes, économistes, qui prétendent encore faire l’opinion à coups de leçons de morale et de statistiques arrangées, élaborent au sein d’innombrables commissions pédagogiques les programmes scolaires, rédigent les rapports sur la meilleure façon de « faire de l’en commun pour faire France » (sic). »

Parvenu à la fin de l’ouvrage on s’aperçoit que l’auteur a énuméré mille causes à ce suicide collectif. Toutefois certaines d’entre elles sont partagées par des pays qui se portent bien comme l’Allemagne ou les États-Unis. Pourquoi Zemmour ne s’attarde-t-il pas davantage sur les causes plus spécifiques à la France, le socialisme tel qu’il est pratiqué ici, et son corollaire l’étatisme forcené ?

C’est qu’il eut alors manqué de cohérence, car en fait au long des chapitres c’est la thèse inverse qui se fait jour. Une véritable obsession, une hantise permanente contre le marché, contre les dérégulations. La cible qui apparaît de ligne en ligne, le fil conducteur, n’est autre qu’une dénonciation insistante du libéralisme. Éric Zemmour se révèle ici en antilibéral impitoyable prenant le contre-pied de la célèbre formule de Reagan : pour lui l’État n’est pas le problème, il est la solution.

Il heurtera ainsi, n’en doutons pas, des partisans de gauche et de droite. Ce qui n’est sans doute pas pour lui déplaire.

48 Commentaires

  1. roturier

    Comment ne pas citer E. Lévy in Causeur qui est loin d’accabler Zemmour: http://www.causeur.fr/ne-jetons-pas-zemmour-avec-leau-de-vichy-30110.html

    Et, pour le passage sur Vichy, une voix (« autorisée ») qui tient, bien avant Zemmour, un discours semblable: http://www.tribunejuive.info/livres/yagil-limore-la-france-terre-de-sauvetage-et-de-desobeissance-civile

    Comment ne pas rappeler « L’Identité Malheureuse » de Finkielkraut, académicien mine de rien.

    Comment ne pas s’interroger sur le(s) dénominateur(s) commun(s) de tout ce petit monde et du reste.

  2. Souris donc

    Le fonds de commerce de Zemmour a toujours été une vision dépressive de la France. Il a perdu le lustre impertinent de son poil à gratter pour donner dans le radotage sentencieux. Ça arrive.

  3. roturier

    D’ac avec Liebchen.

    Lorsqu’on écoute la musique de Zemmour et non le livret on constate, dès les premiers mots, qu’elle est mélancolique. Dépressive même ; puisqu’il est question de suicide.

    Comme tout dépressif digne de ce nom Zemmour ne voit aucune lumière ; que des ténèbres au bout du tunnel.

    Et comme de nombreux nostalgiques il l’est d’un passé subjectif ; qui ne résiste pas toujours à l’analyse, qui n’a jamais véritablement (=longtemps) existé sauf dans la tête du jeune utopiste qu’il fut.

    Le discours zemmourien ramené ainsi à sa dimension personnelle, reste à expliquer l’extraordinaire succès de librairie.

  4. … »reste à expliquer l’extraordinaire succès de librairie. »…
    J’y vois au moins trois raisons.
    Éric Zemmour est déjà très connu. Rien de tel que la notoriété préalable d’un auteur pour vendre un livre. (même Trierweiler…)
    Le suicide français est réel, même si comme tente de le montrer l’article les causes ne recoupent pas exactement celles que Zemmour énumère.
    Le livre est fort bien écrit, avec brio, passion, et talent.

  5. Souris donc

    Je reste sur la déception de sa Mélancolie Française, des développements historiques dont on ne voit pas où il veut en venir, ennuyeux, une enfilade de platitudes. Zemmour excelle dans le sprint du billet d’humeur mais ne tient pas la distance.
    Les journalistes devraient éviter d’écrire des livres à prétention. Et se contenter de ce qu’ils savent faire : des articles.

  6. roturier

    Toujours vrai, Liebchen. Il est tout sauf marathonien.

    Cela dit, la question du succès de libraire m’intrigue de manière plus générale.
    Il y a certes Valérie T. Mais bien d’autres; on pond des bouquins éphémères qui marchent très bien.

    Maintenant il y a celui de Davet & Co. contenant entre bien d’autres choses cette historiette Fillon-Jouyet. Une pierre dans l’eau qui fait des ronds. Et qui se vendra bien.

    ET on nous en sort un nouveau sur le prétendu assassinat d’Arafat.

    C’est pas Dostoievski, tout ça. Curieux goût français pour l’écume des jours littéraire.

  7. Je lis son livre et certes il aurait tendance à vous rendre suicidaire mais tout se tient.
    S’il faut attendre d’être Dostoievski pour écrire ou de ne lire que des auteurs de ce niveau,autant arrêter de lire et d’écrire .
    On peut ne pas être d’accord mais il ne faut pas confondre sévérité ,litterature et snobisme.

  8. Souris (11 novembre 2014 à 12:31)
    On peut d’ailleurs considérer que « Suicide Français » est écrit sous forme d’une succession d’articles, un pour chaque événement traité.

  9. Guenièvre

    Je n’ai pas lu le livre, j’ai seulement vu une émission ou deux où l’on tentait, sans y parvenir, de descendre Zemmour à coups d’anathèmes. Il est tellement plus intelligent que ses détracteurs qui déforment ses dires de façon indécente et malhonnête que l’on a, de toute façon, envie d’être de son côté.
    Je me demandais Impat, comment un libéral comme vous recevrait sa thèse. Voilà, vous avez répondu et je suis assez d’accord avec vous. Son propos de base est recevable, ses exemples parfois percutants mais il y rapporte d’une façon bien trop systématique un certain nombre d’éléments sans jamais faire de nuances. C’est dommage, il veut trop démontrer, du coup il est totalisant et prête ainsi à la critique. Mais sans doute que ça ne lui déplaît pas .
    Oui, il y a une perte de la notion d’autorité, oui, l’Etat d’aujourd’hui est plus maternel que paternel. Est-ce pour autant qu’il y a « féminisation de la société » ? Je l’ai entendu déclarer que cette féminisation avait entrainé une explosion des divorces mais on peut trouver à cette explosion bien d’autres causes qu’une féminisation de la société : une nouvelle conception du mariage, l’allongement de la vie, l’hédonisme moderne…

  10. roturier

    La Dame: « Je me demandais Impat, comment un libéral comme vous recevrait sa thèse. »
    Mais, Zemmour passe pour bonapartiste. Voilà comment.

  11. … »une explosion des divorces mais on peut trouver à cette explosion bien d’autres causes »…
    Dont le fait que les mariages d’aujourd’hui sont en général des mariages d’amour, contrairement à ce qu’ils étaient le plus souvent autrefois. Or dans un mariage dit « de raison », le divorce « de facto » commence le premier jour mais ne devient pas divorce « de jure ».

  12. Guenièvre,… »Voilà, vous avez répondu »…
    Répondre avant que la question ne soit posée est une méthode infaillible 🙂

  13. Guenièvre

    @ Impat,

    « Dont le fait que les mariages d’aujourd’hui sont en général des mariages d’amour »

    Oui, c’est la première des causes que j’évoque : « une nouvelle conception du mariage ». Vous avez traduit , merci ! 🙂

  14. roturier

    L’implosion des mariages (et l’explosion des divorces…) est un aspect du délitement du collectif au bénéfice de l’individu; et les deux en seront les victimes.

  15. Guenièvre

    @ roturier,

    Je sais, c’était dit dans cet esprit …. Sauf, qu’en général, les libéraux tombent à bras raccourcis sur Zemmour, alors qu’Impat sait se montrer pondéré.

  16. Guenièvre

    Mon 14h53 était une réponse au 14h 37 de l’ami roturier…

  17. Zemmour est un idéologue qui veut déconstruire la deconstruction qui nous a menés à aujourd’hui. Le résultat ne s’est pas construit en 40 ans mais en bien plus que cela.
    Avant que l’idée germe et que ses fruits apparaissent ,il faut beaucoup de temps et c’est de cette manière que Zemmour espère avoir une influence sur notre futur.Malheureusement ,lui même pense qu’il est trop tard et c’est pour cela qu’il parle de suicide ou à demi mot d’assassinat
    Il grossit le trait,provoque car pour qu’il y ait imprégnation ,la modération suffit rarement .
    Je le redis c’est un idéologue qui fait de la vraie politique.

  18. Souris donc

    Mario, Zemmour est un excellent polémiste, pas un historien. Bien sûr, l’historien peut être de gauche ou de droite, mais son travail implique le dépouillement de tonnes d’archives, ce dont Zemmour n’a pas le temps. Il utilise l’histoire à l’appui d’une ‘idéologie qui fait de la vraie politique’, comme Jamel Debbouze avec ses indigènes qui auraient sauvé la France du nazisme.
    Moi ça me gêne.

  19. Comparer Debbouze et Zemmour vous y allez fort.
    Décortiquer une société et donner son avis,je ne vois pas en quoi il faut être historien.Nous utilisons tous le travail d’autres personnes pour nous faire une idée du monde et beaucoup d’historiens sont des idéologues ,parfois fascistes, d’autrefois Marxistes qui modèlent l’histoire selon leur grille de lecture .
    L’histoire n’est pas une science exacte,les historiens ne sont pas d’accord entre eux,leur cursus universitaire ne leurs donne pas la vérité et Zemmour a la sienne extraite de sa culture plutôt importante.
    D’autre part c’est la politique en grande partie qui fait l’histoire et là c’est bien son métier .
    Peut être Zemmour ou ses idées vous gênent tout simplement et je vous comprend très bien même si j’aime bien çe drôle de zigoto.
    Les mécanismes qu’il décrit me paraissent sensés mais je ne suis pas d’accord sur tout ,ayant un avis sans être historien.Je suis malheureux de l’état dans lequel mon pays se trouve et depuis bien longtemps ,j’ai bien compris contrairement à la droite dans ce pays que l’idéologie et la manière de l’imposer sont primordiales pour installer sur le long terme une vision qui est la notre.
    La gauche ,l’extrême gauche ,peut être des ultra libéraux selon Zemmour l’ont bien compris.Tant pis pour les autres et surtout pour nous.
    Bonne soirée

  20. Annonce du Figaro.fr ce matin : « Dimanche 16 novembre, de 18 heures à 20 heures, François Fillon sera l’invité de BFMTV pour l’émission BFM Politique. Et pendant vingt minutes, il aura face à lui pour un débat le journaliste essayiste Eric Zemmour, dont le dernier livre, Le Suicide français, rencontre un grand succès en librairie. Les deux hommes doivent principalement évoquer la question de l’immigration. »
    Ce débat pourrait bien ne pas être dénué d’intérêt. Un autre niveau qu’entre Zemmour et…Mazarine !

  21. Bonjour tous,
    d’accord pour dire que le débat avec Fillon a de l’intérêt.
    Comme je l’ai dit ailleurs, et bien qu’après tout 100 000 exemplaires, y a pas de quoi non plus s’évanouir, le succès s’alimente peut-être aussi de ce que les exemples choisis sont puisés pour beaucoup dans la culture populaire, dont Zemmour dit qu’elle est le vecteur essentiel de l’esprit du temps.
    Certain exemples sont admirablement connectés à l’ensemble ou une bonne partie de ce qu’il critique : avec NRJ et les radios privées qui triomphent à sa suite on rejoint aussi bien le libertarisme branché du PS fondateur que le libéralisme économique (avec portrait d’un protagoniste, car ce point de vue implique que les portraits des personnalités navigant en permanence entre nouveaux medias, grandes entreprises et coulisses du pouvoir politique, sont bien plus importantes que le personnel politique lui-même), et la variété pour jeunes rebelles, avant la diffusion en masse du rap ; avec le football, on parle de nouveau du libre-échange, de media de masse, et bien sûr de migrations et de générations, et d’islam.
    Guenièvre dit que c’est totalisant : en effet ! et que c’est, partant, critiquable.
    Ben lui répondrait que c’est le partialisant qui est encore plus critiquable ! et que c’est ce à quoi il s’emploie.
    Mais je suis d’accord pour dire que son point de vue totalisant est orienté par sa personnalité : son histoire personnelle doit être importante (à vue de nez, les éléments communs avec la figure d’Aldo Naouri sont frappants) et d’ailleurs tous les thèmes liés à ça sont en fait un peu laissés dans l’ombre : peu d’insistance sur l’Algérie même quand on remonte les analyses en amont.
    J’avais énormément aimé Mélancolie française tout en étant moi-même lymphatique et enchanté de mon temps, et en désaccord par moment complet de tempérament : livre clair, plein d’idées inédites, parfaitement cohérent. Je trouve celui-ci bien fait, bien que pouvant réclamer pas mal d’améliorations de détail, tout aussi uni et cohérent : comme un recueil d’articles, certes, mais profondément soudé par une thèse, bien que celle de la Mélancolie ne se greffe pas parfaitement sur elle à mon avis, et d’ailleurs peut-être plus modéré de ton. Les portraits de personnalités emblématiques, par exemple, ne donnent jamais lieu à des charges épaisses, c’est même en fin de compte très mesuré. (probablement plus mesuré que ses prestations télévisées, mais enfin je n’en ai quasiment jamais vues)

  22. Guenièvre

    Bonsoir Pierre !

    Vous pouvez parler de ce livre bien mieux que moi puisque je ne l’ai pas lu : sans doute que dans ses interventions il est obligé de simplifier . Ce dont j’avais l’impression c’est qu’il ramenait toutes les dérives à sa thèse. J’avais pris l’exemple des divorces qu’il imputait à la féminisation de la société. N’y-a-il pas d’autres causes de l’explosion des divorces ?

  23. pjolibert

    Bonsoir Guenièvre, là il faudrait que je relise… j’essaierai de repasser plus tard du coup.

  24. Souris donc

    Prestations télévisées quasiment jamais vues, Jolibert ?

    Tout Zemmour :

    + à droite, vous avez une quantité de vidéos où Zemmour s’exprime sur tous les thèmes.

    Zemmour brillant, Duhamel qui rame, confrontant leur vision de la France.
    De Gaulle et la stature présidentielle perdue. L’avortement libération de la femme ? La manipulation idéologique à propos de l’immigration. L’Europe, le mal qui nous ronge. La réforme, habillage de la régression sociale…

    « Faut arrêter avec France Terre d’immigration, c’était Mazarin, Lully et quelques nièces de Mazarin ». 13 :50
    Il sait prendre constamment le politiquement correct à rebrousse-poil, c’est sa force, avec son sens de la formulation.

  25. Souris donc

    Et son fanclub a un blog dédié à l’idole :
    http://ericzemmour.blogspot.fr/

  26. Merci pour les liens Souris. J’en avais assez peu vu pour avoir carrément oublié le son de sa voix. Mais je disais n’importe quoi, il parle d’un ton très posé, et il a en effet les idées très claires. Je n’ai écouté que jusqu’à l’immigration incluse. Oui, Duhamel rame avec les Alamans, à part ça il ne s’en sortait pas mal.
    Zemmour est très fidèle à l’esprit de son livre. J’ai bien aimé comme il tient à insister sur ses parallèles, mettons immigration familiale / élites passées à la non-assimilation : toujours tout en même temps.
    Pour les divorces et les changements de mœurs, j’ai relu seulement le texte dont il est si content : sur la loi de 1970 sur la fin de la puissance paternelle, une de ses variations sur les gaullistes paradoxaux ; et un texte sur 1973 et une chanson de Michel Delpech : en lien avec ce que je disais au dessus, c’est celui-là que je trouve le plus remarquable. Je serais incapable de vous le résumer, et je ne peux quand même pas le recopier en entier. En tout cas, je ne ressens pas qu’il « impute les divorces à la féminisation de la société » : c’est comme l’immigration plus haut : ça se féminise en même temps que y a des divorces en nombre, ça s’entralimente, mais on ne peut trancher nulle part et aucun thème n’englobe l’autre, et il y a une foultitude de détails que je ne peux pas redire. Il cite pas mal Evelyne Sullerot.
    J’ai du mal à résumer aussi, parce que je n’ai aucune idée précise à part ça sur ces sujets, à part les noms propres cités, je ne vois même pas ce qui aurait nourri son raisonnement.
    En tout cas le lien de Souris (et la mention de ses 14 ans, et du fait qu’il déteste le slogan féministe sur l’appartenance) confirme ce que je m’étais dit : on sent que ces idées ont mûri depuis longtemps. Les sujets ont été choisis en fonction d’une mémoire très vive des années évoquées elles-mêmes, ce qui m’impressionne énormément.

  27. Souris donc

    Avec une certaine coquetterie, Zemmour se qualifie de saltimbanque. Et en effet, il est de tous les plateaux, avec son sourire désarmant, à apporter le frisson de la transgression face à d’autres saltimbanques à l’indignation de pacotille. Ça fait monter l’audimat, il s’y prête gentiment. C’est sa force et sa limite.
    Je suis en train de lire Christophe Guilluy, ‘La France Périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires’. Un tout autre niveau que du Zemmour. Du moins celui de sa Mélancolie Française. Qui ne me donne pas envie de lire son Suicide.
    Pour moi, Zemmour excelle dans le court, et comme le dit Roturier, ce n’est pas un marathonien. Et il tend à devenir pontifiant, même son papier du Figmag est maintenant distancé par ceux de Nicolas Ungemuth, autrement plus corrosif. C’est un critique musical rock et pop qui commence à chasser sur d’autres terres, narquois, un Zemmour jeune.
    http://plus.lefigaro.fr/page/nicolas-ungemuth

  28. Zemmour ne cherche pas à être au dessus du lot,il veut juste être entendu,d’où sa gloutonnerie mediatique

  29. roturier

    Narcissique, le Zemmour; comme tant d’autres au PAF et au microcosme.
    Pervers? Manipulateurs? Tant que la clientèle se laisse faire, pourquoi s’en priver.

    Médusé, je suis tombé hier (vite zappé) sur une émission TV où Alessandra Sublet « recevait » machine Pulvar.

    Naturellement c’est à charge de revanche; dans qq mois ce sera l’inverse, éventuellement sur une autre chaîne. On nous prend pour ce que nous sommes, pas d’illusions.

    Mais quand même: ceux qui présentent les news, sont-ils les news? C’est leurs petites insignifiantes personnes, leurs jolis minois qui sont le véritable intérêt?

    Oui, d’accord, la société du spectacle. Et Marshall McLuhan disait: « The media IS the message ».

    C’était pour faire mon snob.

  30. C’était pas méchant de ma part ,j’aime bien lire les articles et commentaires de ce site.

  31. Pas mal Mr ungemuth,mais je préfère le style de Zemmour.
    Ungemuth et bismuth,un lien de famille?

  32. Mario,… »C’était pas méchant de ma part »…
    Personne, je crois, n’a trouvé vos interventions « méchantes », et vous êtes le bienvenu ici.

  33. pjolibert

    Merci encore du lien. Les plus récents écrits, sur la page, concernent des sujets très précis. Du coup je n’ai lu que celui qui porte sur quelque chose dont j’ai une petite idée : Stromae. Mais je crois que je comprends le point de vue en général de M. Ungemuth. Il place la barre haut dans le domaine qui lui tient à cœur, la musique. Zemmour ne place pas du tout de barre et fait parler des résonnances. D’où de temps en temps des fausses notes : pourquoi Zemmour ne s’empêche-t-il pas au passage de se moquer du rap (juin 1991, texte sur Skyrock) et de sa syntaxe, comme le ferait n’importe lequel des autres auteurs réacs à sa place, alors que ses autres textes veillent à ne pas prendre directement parti ou à tenir les jugements directs à distance, en partant du principe de toujours montrer l’efficacité du produit culturel décrit (la série Dallas, par exemple) ?
    Ceci alors que le reste du temps il ne prend pas directement parti ou évite les jugements directs, tenant avant tout à montrer l’efficacité écrasante des produits culturels qu’il présente, comme par exemple dans le cas de la série Dallas, et la façon dont s’y propage l’esprit dominant et s’y unifient politique, économie, évolution sociale et morale, etc.
    D’où le fait très intéressant qu’il se présente comme un saltimbanque, je ne savais pas, ça me paraît en lien avec tout ça.

  34. pjolibert

    Pardon pour la redite, due à une réfection.

  35. Souris donc

    Fillon :
    « On ne peut plus arriver en France et aller directement au guichet »
    Verdict Libé :
    Zemmourisation des esprits.

  36. Pas si hors sujet que ça
    Alain Gresh n’aime pas Zemmour. Raison de plus pour se réjouir de ce qui lui est arrivé au Caire

    http://www.huffpostmaghreb.com/2014/11/11/egypte-alain-gresh-delation_n_6141930.html

  37. Souris,… »Zemmourisation des esprits »…
    On pourrait donc ne pas désespérer ?

  38. Souris donc

    Oui, Impat, Zemmour et les réseaux sociaux ont changé le monde. En dévoilant l’imposture de la bien-pensance et en la ridiculisant. Donc, il ne faut pas trop prendre au pied de la lettre le Suicide Français, il y a des lueurs d’espoir.

    En ce moment, concert inaugural de la nouvelle Maison de la Radio. Le Temple du politiquement correct et de la vénération boulezienne. Le maestro Myung-Whun Chung présente, commente et dirige la Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz, pédagogique à la manière de Bernstein, en faisant illustrer par l’orchestre. Berlioz ! Le Répertoire ! Ce musée poussiéreux bons pour les fachos !

    Le témoignage de Gauz (Debout-Payé) qui ne saurait être un beauf aviné et raciste comme nous autres, puisqu’il est ivoirien et vigile. Très narquois sur l’immigration, les voilées. Le livre finit sur une charge contre les assos d’aide aux sans-papiers. Des charognards. Quand ils arrivent, les migrants « savent que l’affaire est complètement cuite »…

  39. Hors sujet, mais pas totalement, il y a une une américanisation des esprits… en Amérique  : la Nasa a dû préciser par Twitter aux citoyens américains la félicitant pour ce premier posé mondial d’un robot sur une comète que cela n’était pas de son fait, mais de celui de leurs « collègues de l’ESA » .
    Cela rappelle le temps pas si lointain où les américains commentaient l’ arrivée en ligne des « nouveaux Boeing » : les Airbus.

  40. Jolie déclaration d’Elisabeth Levy sur Le Figaro. Elle est en désaccord sur plusieurs points avec « Le Suicide Français », mais trouve que Zemmour expose ses arguments « avec culture et panache »

  41. roturier

    Bon, c’est pas compliqué.

    Il suffit de se débarrasser de notre penchant naturel au « tout ou rien » pour constater que le Zemmour, même si pas irréprochable (et surtout si…), a jeté sa pierre dans la mare.
    Et les remous seront avec nous longtemps.

    A la question pourquoi « l’identité malheureuse » de Finkie, pourtant publiée auparavant et pas loin de véhiculer le même message, n’a pas eu, de loin s’en faut, tant de retentissement, je ne prétendrai pas pouvoir répondre hic et nunc.
    Hypothèse: est-ce que les sept pages (sur 540…) concernant Vichy font la différence? L’odeur du soufre?

    Mériterait d’être vu de plus près par moins flemmard et plus érudit que moi.

  42. Roturier, même sans érudition et avec flemme dominicale, cette odeur de soufre vichyssoise peut être jugée comme ayant joué beaucoup. Mais un certain optimisme, dominical lui aussi, pourrait faire penser que peu à peu les esprits évoluent et n’acceptent plus aussi facilement le politiquement correct.
    De l’identité malheureuse fin 2013 au suicide français fin 2014, une année aurait suffi à faire doucement décoller l’opinion. Il est vrai que dans le même temps le désastre élyséen a pu aider à la prise en compte des réalités.

  43. Roturier,
    il suffit de voir de loin. Ce ne sont pas seulement 7 pages, c’est tout un ensemble (qui souffre peut-être, d’ailleurs, de maladresses de détails) parce que Zemmour pense que c’est tout un ensemble. Si vous voulez 5 pages de plus, procurez-vous celles qui inaugurent l’année 1984 (césure après le tournant libéral de la gauche au pouvoir ?) autour de la création de SOS Racisme, autre point nodal comme je les aime, entre tous les thèmes, dont celui des pipol.
    Finkielkraut a parfois analysé des abus de la mémoire volontaire à outrance du génocide juif, mais il n’a jamais voulu en faire un thème entièrement lié à la déliquescence du sens commun. Zemmour y va plus grossièrement, et sur un appui qui passe peut-être largement inaperçu :
    il a lu et adopte René Girard ;
    l’ensemble de l’analyse dans le cas de la France serait une sorte de transposition de ce qu’on pourrait appeler pour aller très très vite dans le cas israélo-palestinien le syndrome du T’as-eu-ta-Shoah?J’ai-eu-ma-Nakba!
    Rivalité et mimétisme pour nourrir le même esprit et le même culte de la position de Victime, le tout coiffé sous un culte de la « diversité » formulé par ceux qui tentent de parer aux feux que la rivalité risque d’allumer.
    ***
    [Sur un autre sujet, pour prouver qu’il va très loin dans l’ancrage antilibéral, on trouvera pages 388-389 un éloge de Bourdieu pour son action durant les grèves de 1995, mitigé par la mention de la dispersion de cette action sociale vers le « sociétal » (mot non utilisé par Zemmour, je le prends pour aller plus vite).
    D’où la phrase citée par Impat dans son article, sur les mouvements actuels : taxis, notaires, etc. (mais celle-là je ne vois pas où elle est dans le livre)
    Comme nous avons discuté de ça récemment ici, je dirais que je partage à peu près la critique d’Impat et que je ne comprends pas trop en quoi la défense des privilèges sectoriels économique est plus valable que la revendication de privilèges cultu(ral)o-communautaires]

  44. pjolibert

    Et accrochez-vous Roturier :
    connaissez-vous Albert Caraco ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Caraco_(%C3%A9crivain)
    Je l’ai peu lu. Et j’ouvre à l’instant au hasard :
    « En France rien n’est simple, parce que rien n’est pur et que les Français ne sont pas d’accord avec le destin qu’ils subissent, il est même à prévoir qu’ils n’y consentiront jamais et que ne s’offre pourtant nul remède. Les humains, en ces lieux, sont des faisceaux mal assemblés par l’intérêt et la jouissance, présents à l’irréalité qui les dissout et retrouvant un semblant d’être à la faveur des haines, haïr est le dernier effort de ceux qui sombrent dans leur propre automatisme et qui se sauvent du naufrage, la haine aidant. Or, les sous-entendus masquent la haine à l’égal de la peur, la peur nous imposant la fourbe et n’éteignant [pas ?] la rage. La politique d’expiation, amorcée par Vichy, ne cesse pas, l’on n’a même plus le droit de s’en plaindre et comme ailleurs on tombe dans un piège, on tombe ici dans son devoir. Car les Français désaiment le devoir qu’on leur impose, ils souffrent de se savoir immolés aux générations montantes, l’Ordre moral leur pèse, ils voudraient secouer leur joug, ils ne le peuvent, ils cherchent des victimes et les victimes se dérobent. Qui leur rendra cette simplicité dont ils s’éloignent ? »
    La France baroque, publié par l’Âge d’homme en 1975 (p. 128). Mais aucune idée de la date de rédaction, par quelqu’un qui s’est bel et bien suicidé, en 1971.
    On pourrait faire un lien aussi acrobatique que brutal : la politique d’expiation antivichyste est vichyste d’esprit.

  45. Pjolibert,… »On pourrait faire un lien aussi acrobatique que brutal : la politique d’expiation antivichyste est vichyste d’esprit »…
    Ce lien, certes brutal, ne me paraît pas du tout acrobatique, il me semble même quasiment sauter aux yeux.

  46. roturier

    Je m’accroche…. Je m’accroche….

  47. Excusez-moi la formule était bête, mais je n’en revenais pas d’ouvrir au hasard et de tomber sur ça.

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