L’avenir du sionisme

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L’ex-chef du Mossad : “Pour la première fois, j’ai peur pour l’avenir du sionisme.”

par Shabtaï Shavit

( Ha’Aretz, le 24 novembre 2014, traduction Tal Aronzon pour LPM )

Depuis les débuts du sionisme, à la fin du XIXe siècle, le peuple juif en terre d’Israël s’est renforcé en termes de démographie et de territoire, en dépit de la perpétuation du conflit avec les Palestiniens. Nous y sommes parvenus parce que nous avons agi avec prudence et habileté, plutôt que de nous engager dans la folle entreprise de convaincre nos ennemis que nous étions dans notre bon droit.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis que j’ai commencé à penser par moi-même, je suis vraiment inquiet pour l’avenir du projet sioniste. Je suis inquiet de la masse critique des menaces qui planent sur nous, d’une part, et de l’aveuglement, de la paralysie politique et stratégique du gouvernement, d’autre part. Malgré la dépendance de l’État d’Israël vis-à-vis des États-Unis, les relations entre les deux États sont au point le plus bas. L’Europe, notre plus grand marché, est lasse de nous et s’oriente vers l’imposition de sanctions à notre encontre. Pour la Chine, Israël représente un séduisant projet high-tech, et nous leur vendons au nom du profit le patrimoine national. La Russie se tourne graduellement contre nous, et soutient et aide nos ennemis.

L’antisémitisme et la haine d’Israël ont pris des dimensions inconnues depuis la Deuxième Guerre mondiale. Notre diplomatie et notre politique de relations publiques ont lamentablement raté, tandis que celles des Palestiniens ont engrangé de nombreux succès dans le monde. En Occident, et en particulier aux États-Unis, les campus sont les serres des futurs dirigeants nationaux. Or, nous sommes en train de perdre la bataille du soutien à Israël dans le monde universitaire. Un nombre croissant d’étudiants juifs tournent le dos à Israël ; le mouvement international pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël (BDS), qui s’emploie à délégitimer le pays, a grandi, et pas mal de Juifs en sont membres.

En cette ère de guerre asymétrique, nous ne faisons pas plein usage de notre puissance, au détriment de notre force de dissuasion. La polémique autour du prix des friandises Milky et sa place centrale dans le débat public montrent une érosion de la solidarité, condition nécessaire à la permanence de notre existence ici. La course israélienne à l’acquisition d’un passeport étranger, fondée comme elle l’est sur le désir d’une nationalité autre, indique que le sentiment de sécurité des gens a commencé à se craqueler.

Je suis inquiet de voir paraître, pour la première fois, du mépris et de l’arrogance, alliés à une bonne dose de pensée messianique pressée de faire virer le conflit à la guerre de religions. S’il s’est agi, jusque ici, d’un conflit politique local limité à deux petites nations se disputant un petit territoire bien défini, des forces majeures au sein du mouvement sioniste-religieux font inconsidérément leur maximum pour qu’il tourne à la plus horrible des guerres, une guerre dans laquelle le monde musulman tout entier se dressera face à nous.

Je vois aussi, dans une certaine mesure, de l’indifférence et de l’incompréhension vis-à-vis du mode de fonctionnement des instances internationales et de ce qu’il implique pour nous. La droite, par son aveuglement et sa stupidité, place Israël dans la situation déshonorante du « peuple qui habitera à part, et ne sera point mis au nombre des nations » (Nombres 23:9).

Je suis inquiet, car je vois l’histoire se répéter. L’État d’Israël emprunte en un galop aveugle un tunnel temporel qui remonte jusqu’à l’époque de Bar-Kokhba et de sa guerre contre l’Empire romain. Le résultat de ce conflit fut que deux millénaires d’exil succédèrent à des siècles d’existence nationale sur la terre d’Israël.

Je suis inquiet parce que, telles que je vois les choses, l’exil ne fait vraiment peur qu’au secteur laïque de l’État, qui se situe au centre et à gauche ; à savoir son secteur sain et démocratique, pour lequel l’exil symbolise la destruction du peuple juif. Le segment H’aredi ne vit en Israël que par commodité. En termes de territoire, Israël et Brooklyn sont pour eux la même chose ; ils continueront à vivre en tant que Juifs en exil, et attendront patiemment la venue du Messie.

Le mouvement sioniste religieux, quant à lui, croit que les Juifs sont les “élus de Dieu”. Ce mouvement, qui sanctifie la terre au-delà de n’importe quelle autre valeur, est prêt à tout sacrifier, fût-ce au prix de la mise en danger et de la faillite de la troisième expression nationale juive. Si sa destruction devait se produire, ils l’expliqueraient en termes de foi, concluant que la faute en incombe à nos péchés. Ce n’est pas la fin du monde, diraient-ils donc. Nous irons en exil, préserverons le judaïsme, et attendrons patiemment la prochaine occasion.

Je me souviens de Mena’hem Begin, l’un des pères de l’idée du Grand Israël. Il lutta toute sa vie pour voir ce rêve s’accomplir. Pourtant, quand s’ouvrit une porte vers la paix avec l’Égypte, notre pire ennemie, il abandonna le Sinaï – un territoire égyptien trois fois plus grand que celui d’Israël intra Ligne verte – au nom de la paix. En d’autres termes, il est des valeurs plus sacrées que la terre. La paix, qui est la vie et l’âme d’une démocratie véritable, compte plus que la terre.

Je m’inquiète que de larges segments de la nation aient oublié, ou mis de côté, l’idéal originel du sionisme : fonder un État juif et démocratique pour le peuple juif sur la terre d’Israël. Nulle frontière n’était là spécifiée, et la défiance constitutive de notre politique actuelle va à son encontre.

Que pouvons-nous et devrions-nous faire ? Il nous faut fabriquer le levier d’Archimède capable de stopper la dégradation actuelle et d’inverser immédiatement le mouvement. Je propose de le forger à l’aide de la proposition émise par la Ligue arabe en 2002, et dont l’Arabie saoudite était en partie l’auteur. Le gouvernement doit décider que cette proposition formera la base des pourparlers avec les États arabes modérés, emmenés par l’Arabie saoudite et l’Égypte.

Le gouvernement devrait faire trois choses pour en préparer l’annonce : 1) Définir à son propre usage sa stratégie future dans le cadre des négociations, ainsi que sa position sur chacun des points inclus dans la proposition de la Ligue arabe ; 2) Ouvrir en secret un canal de dialogue avec les États-Unis afin d’examiner cette idée, et se mettre préalablement d’accord quant à nos lignes rouges et à la contribution que les USA seraient prêts à apporter à un tel processus ; 3) Ouvrir en secret un canal américano-israélien de dialogue avec l’Arabie saoudite afin d’arriver à un accord préalable sur les limites des sujets abordés dans les pourparlers, et coordonner les attentes respectives. Après l’aboutissement de ces processus secrets, Israël annoncera publiquement être prêt à entamer des pourparlers sur la base du document de la Ligue arabe.

Je ne doute pas que les États-Unis et l’Arabie saoudite, chacun pour ses raisons, répondront positivement à l’initiative israélienne, et que celle-ci sera le levier qui mènera à une évolution drastique de la situation. Quelles que soient les critiques que je puis émettre quant aux accords d’Oslo, il est indéniable que dès qu’ils furent signés, et pour la première fois dans l’histoire de ce conflit, presque tous les pays arabes ont commencé à parler avec nous, à nous ouvrir leurs portes et à s’engager dans des tentatives sans précédent de coopération dans les domaines économique et autres.

Bien que je ne sois pas naïf au point de croire qu’il amènera la paix si désirée, je suis certain qu’un tel processus, pour long et épuisant qu’il soit, pourrait au début permettre à la confiance de s’édifier ; et, par la suite, à des accords de sécurité souhaités par les deux parties de se conclure. L’avancée des pourparlers sera bien entendu conditionnée par le calme que toutes deux s’engageront à respecter en matière de sécurité. Il pourrait se faire qu’au fur et à mesure des progrès effectués, les deux parties en viennent à envisager des compromis réciproques susceptibles de promouvoir l’idée de leur coexistence côte à côte. Si la confiance mutuelle grandit – et sous les auspices des États-Unis et de l’Arabie saoudite les chances que cela se produise sont plutôt élevées – il sera possible d’entamer des pourparlers pour la complète résolution du conflit.

Une initiative de cette sorte exige des dirigeants sincères et courageux, qu’il est difficile de trouver en ce moment. Mais si le Premier ministre se rendait compte de la gravité des menaces qui pèsent aujourd’hui sur nous ; de la folie de la politique actuelle ; du fait que ceux qui l’engendrent sont des éléments représentatifs du mouvement sioniste-religieux et de l’extrême-droite ; et de ses effets dévastateurs, allant jusqu’à la destruction de l’idéal sioniste, peut-être trouverait-il alors le courage et la détermination de mener à bien les actions ici proposées.

J’ai énoncé les constats ci-dessus parce que j’ai conscience de le devoir à mes parents, qui vouèrent leurs vies à l’accomplissement du sionisme ; à mes enfants, à mes petits-enfants et au peuple d’Israël que j’ai servi des décennies durant.

33 Commentaires

  1. Je me prépare à un petit séjour à l’hôpital et n’ai pas le temps de répondre immédiatement, je le ferai quand je serai plus au calme. Il y a tant à dire!

  2. Bien, je vois qu’il va être nécessaire d’apporter un autre son de cloche pour équilibrer le débat.

  3. Bonjour Kravi,
    … »apporter un autre son de cloche pour équilibrer le débat »…
    Oui, c’est l’objectif de tout article.

  4. Guenièvre

    Bonjour à tous et bon rétablissement à Yaakov !
    Je ne suis pas compétente pour répondre à cet article, j’attends donc avec impatience le son des autres cloches :-)))

  5. roturier

    Je n’ai rien à voir, contrairement à ce que certains auraient voulu croire, avec l’insertion de ce texte ici.

    La source est « Haaretz » et le LPM cité en soustitre est, besoin est-il de préciser, « La Paix Maintenant ».

    L’unique commentaire indéniable me semble être ceci:
    Si des organismes équivalents et une personnalité de cet acabit s’exprimant ouvertement à contre-courant pouvaient seulement survivre côté Arabe ce conflit appartiendrait au passé depuis longtemps.

  6. roturier

    Un autre commentaire indéniable: « deux juifs, trois opinions (au moins) ».

    Voilà un magnifique exemple trouvé, et non par hasard, en Israël:

    http://www.lemonde.fr/sciences/video/2014/12/09/decouverte-d-une-salamandre-a-deux-tetes-en-israel_4537575_1650684.html

    Sans doute une salamandre juive: à elle toute seule elle a deux opinions différentes sur tout.

  7. plantigrade69

    Moi je trouve qu’il pose de vraies questions!

  8. roturier

    Exact, l’ourson.
    Haaretz est une excellent presse factuelle et même d’opinion, sachant qu’elle laisse entendre plusieurs sons de cloche.
    Mais, naturellement, il est plus facile de zapper la voie d’autrui et n’écouter que la sienne propre.

  9. roturier

    VoiX, pas voie. Quoique…

  10. plantigrade69

    roturier,
    d’une façon générale, je ne peux pas pifrer Haaretz, il n’empêche que je pense qu’il faut prendre au sérieux les questions mises sur le tapis dans cet article.

  11. On a trouvé une salamandre à deux têtes en Israël, fort bien. En Grèce, l’aigle à deux têtes est partout. Et je ne désespère pas de rencontrer un mouton à cinq pattes.

    Plus sérieusement. Je respecte les opinions politiques de cet ex-patron du Mossad et, plus généralement, j’admire la diversité israélienne et juive : deux Juifs, trois synagogues ; trois Juives, six recettes de couscous, etc.. Je respecte la tristesse et l’inquiétude de cet homme. Ceux qui aiment Israël y sont sujets et je sais ce que supposent cette tristesse et cette inquiétude.

    Au-delà du respect que m’inspire cet homme, je dois dire que cet article me déplaît. Non parce qu’il ne va pas dans mon sens mais parce qu’il s’appuie sur des bases bancales et qu’il cherche à régler son compte à un gouvernement qu’il déteste. Sous prétexte de démolir l’actuel gouvernement (et il est en droit de le détester), Shabtaï Shavit dresse un tableau désespérant de la situation d’Israël, comme si aujourd’hui était pire qu’hier. L’étude de l’histoire d’Israël ne peut qu’invalider ce jugement. J’ai repassé l’histoire de ce pays par bien des canaux, et récemment par la vie du grand rabbin Jacob Kaplan ; et vraiment rien, mais rien, ne m’incline à juger qu’aujourd’hui est pire qu’hier.

    Concernant des tractations avec l’Arabie saoudite, je préfère me taire. Je risque de manquer de respect envers l’ex-patron d’un service que j’admire.

  12. Guenièvre

    En tant que personne « extérieure », enfin disons de personne concernée mais pas directement de manière affective comme certains d’entre vous, je relève deux phrases dans ce texte.
    « L’antisémitisme et la haine d’Israël ont pris des dimensions inconnues depuis la Deuxième Guerre mondiale »
    Oui, si je regarde ce qui se passe en France, cette constatation me semble juste.
    et,
    « celles ( la politique et la diplomatie) des Palestiniens ont engrangé de nombreux succès dans le monde. »
    La politique et la diplomatie peut-être mais il me semble que l’image des Palestiniens dans les opinions publiques est en train de changer. Si j’entends toujours une condamnation d’Israël on ose beaucoup moins mettre en avant le palestinien qui défend héroïquement sa cause comme au temps de l’OLP.

  13. Je n’aime pas trop les gens qui se drapent derrière leurs états de service pour étaler leur arrogance.
    Ancien chef du Mossad? Ok ce n’est pas ça qui protège de la sclérose intellectuelle et surtout émotionnelle.
    Si je reprends son article: autrefois c’était bien maintenant tout va mal.
    Comme disait plus élégamment le regretté Mouloudji: « ya plus d’enfants, ya plus d’saisons etc… »
    Dans le même registre idiot, on pourrait ajouter: « O tempora o mores, sic transit gloria Israel » et bien d’autres réflexions du même genre, dignes des pages roses du dictionnaire.
    Car en fait que dit-il?
    Que nous sommes coupables d’une situation internationale difficile? No comment!
    Que la droite qu’il déteste gouverne le pays d’une manière qui ne lui plait pas?
    Désolé, Monsieur, il ne fallait pas vous embourber dans les accords d’Oslo et nous dire à chaque attentat que les victimes en morceaux étaient le prix à payer pour se faire aimer des nations. « Korban hashalom » disait la gauche. Ça peut se traduire par victimes pour la paix ou victimes de la paix (celle des cimetières).
    Comme il ne sait plus à quel saint se vouer, si on peut dire, il en appelle à Menahem Begin qui a eu le courage de signer un traite de paix avec Sadate. Oui, il fallait du courage, c’est vrai, mais Begin avait en face de lui un état souverain et non pas des organisations terroristes, idem pour le traite de paix avec la Jordanie.
    Quand Shavit en a fini avec les mânes des pères fondateurs, il essaye de trouver dans la Bible, une phrase qui pourrait convenir à sa rancœur, mais il oublie simplement de citer le passage en entier.
    Dans ce passage, le roi de Moav, Barak, demande à son prophète Bilam de maudire Israel, Voici ce que répond Bilam:  » Il me fait venir d’Aram, Balak roi de Moab; il m’appelle des monts de l’orient: « Viens maudire pour moi Jacob! Oui, viens menacer Israël! » Comment maudirais-je celui que Dieu n’a point maudit? Comment menacerai-je, quand l’Éternel est sans colère? Oui, je le vois de la cime des rochers, et du haut des collines, je le découvre: ce peuple, il vit solitaire, iI ne se confondra point avec les nations. Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur! »
    Il aurait quand même pu vérifier ses sources, ça aussi c’est de l’arrogance!
    Quant à sa segmentation en trois groupes de la population juive de ce pays. c’est tellement caricatural! Je ne suis vraiment pas ‘haredite (pas vraiment religieuse non plus) mais renvoyer tous les ‘haredim en une masse indistincte d’opportunistes qui vont habiter là ou ailleurs selon leurs commodités ce n’est ni juste ni exact.
    Si je voulais parler comme lui, je lui rétorquerais que c’est justement dans le secteur dit laïque qu’on trouve le plus de gens désireux d’obtenir un passeport européen mais cela aussi serait une caricature. Ce sont seulement quelques happy few comme le « réfugié » à Berlin qui est devenu la coqueluche des journalistes en comparant le prix du Milky berlinois avec celui du Milky tel avivien (plus cher). Le fait d’avoir choisi un friandise plutôt qu’un aliment de base est typique d’un adolescent attardé.
    Quant aux membres du sionisme religieux, si certains font preuve d’un messianisme qui n’est pas ma tasse de thé, la plupart se réfèrent à Jabotinsky ou même simplement à David Ben Gourion, qui n’était ni religieux, ni de droite, mais qui lui, était profondément sioniste contrairement aux gauchistes actuels.
    Maintenant qu’il est à la retraite, Monsieur Shavit devrait relire David Ben Gourion et aussi s’engager dans le volontariat. En moyenne, un million d’Israéliens donne 10 heures par semaine à des associations caritatives. Nous sommes dans le monde le pays, qui proportionnellement à sa population (8 millions), a le plus de volontaires.
    Hanna

  14. Merci, Hannah, d’avoir si bien remis en perspective les positions de Shavit.
    Les retraités de l’État juif font florès en France, surtout s’ils conspuent ceux que la boboïtude et leurs protégés des banlieues haïssent. Les portiers retraités du Shabak ont fait un malheur sur Arte et dans toutes les rédactions. Bien entendu, personne n’a voulu retenir cette phrase  » La morale ? Quelle morale ? Avec le terrorisme, oublie le morale « .

  15. plantigrade69

    Je suis désolé Boker Tov Yerushalayim, si tout ce que vous dîtes est vrai et je vous rejoins, il me semble que vous êtes un peu sur un chemin de traverse au regard des questions posées. Les questions posées, pas les réponses qu’il semble modérément proposer.
    Oslo était perdu d’avance puisque la création d’un Etat Palestinien était remis aux calendes grecques. Or je crois que la solution passe par là et au moment des accord d’Oslo, cela aurait été encore mieux.
    Quand je parle d’une solution, je ne parle pas forcément de paix. Elle aurait eu une chance, mais très faible. Mais au moins une guerre aurait eu du sens puisqu’elle aurait été contre un Etat et cela aurait fermé beaucoup de clapets.
    Je dis cela très grossièrement évidemment, j’en ai conscience, mais le « jeu » des posts ne permets pas une analyse profonde.

  16. Le problème réside dans le fait que la défense d’ Israël’se fait a la verticale du Caire, de Beyrouth, de Damas etc…
    Israel n’ayant pas de ligne de repli. cette paix ne serait envisageable qu’avec un Etat démilitarisé.
    Pas facile.

  17. roturier

    Une autre formulation (approximativement) de mon 10 décembre 2014 à 11:04.

    A-t-on déjà vu ou que ce soit au monde un ancien (depuis 1996) maître-espion, l’équivalent (au moins..) du chef de la DGSE française, émettre, urbi et orbi, des graves critiques à l’encontre de la gouvernance et des mentalités, idéologies et modes opératoires prédominants de son pays ?

    Sans oublier que son cas n’est pas unique. Entre autres il y a celui, célèbre, des six anciens chefs du Shabak israélien (équivalent de la DGSI française) participant à un film documentaires qui soulève des questions semblables (passé en France sur Arte).

    Sauf erreur leurs homologues, en France et ailleurs, sont astreints à un devoir de réserve à vie.
    Démocratie poussée à l’extrême?

  18. Bonsoir Plantigrade, … » un Etat Palestinien était remis aux calendes grecques. Or je crois que la solution passe par là »…/… »je ne parle pas forcément de paix. Elle aurait eu une chance, mais très faible. Mais au moins une guerre aurait eu du sens puisqu’elle aurait été contre un Etat et cela aurait fermé beaucoup de clapets. »…

    Ces phrases expriment à mon avis, en bref résumé, une vue à la fois lucide et raisonnable des choses.

  19. Roturier.
    La liberté d’opinion est totale en Israël. Et le monde juif est un immense producteur de concepts. On ne cesse de critiquer l’autre dans l’espoir de l’améliorer et, plus encore, de s’améliorer soi-même. C’est excitant, c’est la vie dans toute sa fureur et sa complexité. Pour en revenir à cet article signé Shabtaï Shavit (que j’aimerais lire dans l’original, mais mon hébreu étant proche du zéro…), je le trouve faible dans son analyse puisqu’il cherche avant tout à régler des comptes politiques… Quant au devoir de réserve, je n’ai pas à donner de leçon à un ex-patron du Mossad, vous me comprendrez, je l’espère… Israël est un pays formidablement vivant, stimulant, à la pointe dans bien des domaines. L’histoire d’Israël est (métaphoriquement) pleine de batailles de Gaugamèles. So, baby let’s go !

  20. roturier

    Vaille que vaille, Oy, je peux vous affirmer que la traduction en Français est fidèle au texte d’origine.
    La version en Anglais n’est disponible qu’aux chosen few (abonnés de Haaretz…).

    Sinon, mon commentaire du 12 décembre 2014 à 10:40 ne contient ni morale ni critique ni leçon.
    C’est surtout une auto-interrogation, un constat aussi factuel et technique que possible vu la brievété de rigueur ici, sur l’efficacité, et même la viabilité, d’une démocratie « totale » (ou presque…) en temps de crise.

    Hors sujet (mais pas tant que ça…) ceci ne vous a peut-être pas échappé:
    http://www.europe-israel.org/2014/12/france-de-quoi-te-meles-tu-par-kalman-schnur/

  21. Roturier, mille fois d’accord avec ce que vous écrivez pour « Europe Israël » que je connais bien. La France, cette inlassable donneuse de leçon, pense garantir son avenir auprès de ses maîtres arabes. Elle se trompe. Et je vous suis reconnaissant d’évoquer les Kabyles, les Berbères, les Kurdes, les Chrétiens d’Orient et tant d’autres persécutés. La France (pour ne citer qu’elle) navigue à vue, et son regard ne porte pas loin.

    Mais j’en reviens à l’article du retraité du Mossad. Tout de même, vouloir inviter l’Arabie saoudite aux négociations entre Israël et les « Palestiniens » est une insanité. Aurait-il lui aussi développé une mentalité d’esclave ou bien sucrerait-il les fraises ? L’Iran sera peut-être (je dis bien peut-être) un jour le partenaire d’Israël mais en aucun cas ces encagés mentaux, nouveaux riches de surcroît.

  22. roturier

    Ah, l’Arabie Saoudite comme partenaire.

    C’est qu’elle l’est déjà; bien assez pour que le sceau du secret se fissure ; et Shavit n’est pas le dernier à le savoir.
    L’ennemi de mon ennemi, ,même pestilentiel, est mon ami ; vieille vérité du Proche-Orient et d’ailleurs.

  23. Qu’est-ce-qui m’a pris de venir faire un tour ici ? Quel texte puant et asymétrique ! Tout le drame de l’Occident en quelques lignes pleurnichardes et malveillantes. Qu’il le veuille ou non Israël est lié à l’Occident et ne trouvera jamais grâce ni aux yeux des Islamistes ni aux yeux de ses intellectuels dégénérés. Oui la situation est grave, oui les campus américains haïssent Israël, comme ils haïssent l’homme en général, et le blanc en particulier. Il n’est pas rare de lire dans le Washington Post des commentaires fielleux sur la fin prochaine du vieillard blanc raciste. La gauche protège la nature, les minorités, toutes les victimes de l’Occident, et l’Islam d’abord. Joe Biden a récemment sermonné Ayaan Hirsi Ali car elle est porteuse selon lui d’un discours islamophobe : il pourrait lui enseigner deux ou trois choses sur l’Islam a-t-il déclaré. C’est ainsi nos beaux penseurs connaissent mieux l’Islam que les musulmanes excisées qui protestent : des garces islamophobes hystériques, voilà tout. Alors on comptend bien que pour ces gens là Israël c’est le mal, un pays de tueurs d’enfants racistes. Oui Israël doit faire face à ce genre de d’intellectuels panurgiens au dehors comme au dedans. À propos d’évitement comment qualifier le refus systématique de critiquer l’Islam et ses dérives ? N’est-ce pas ça l’évitement ? N’est-ce pas ce qui caractérise l’Occident tout entier ? N’est-ce pas ce qui pousse le Département d’État à croire qu’en faisant passer un petit allié sous les fourches caudines on éteindra comme par magie l’immense haine de l’Occident tout entier qui cuit doucement dans les pays musulmans ? Le choc des civilisations c’est mal, c’est la fin du paradis sur terre qu’annonçait la chute de l’empire soviétique, et parce que c’est mal on le nie.
    Israël est aux avant-postes, nous y voyons notre état de veulerie, nous comprenons le pogrom de Sarcelle, nous comprenons la rue arabe, nous applaudissons nos alter ego israélien : « Ah, le brave homme !
    Quelle perspicacité ! Voilà la solution comment se fait-il qu’il ne soit pas prophète en son pays ? »
    Pour faire la paix il faut être deux, et ce n’est pas parce que nous crachons sur le seul pays décent de ce coin du monde que nous ferons des colombes de ses mortels ennemis.

  24. roturier

    Votre 14 décembre 2014 à 17:01, Tibor, répond à votre propre question « Qu’est-ce-qui m’a pris de venir faire un tour ici ? ».

  25. Roturier effectivement, votre fréquentation est assez pénible en soi.

  26. Tibor, je n’ai que deux mots à dire : bravo et merci.

  27. roturier

    Les deux autres sont negligeables; mais votre 14 décembre 2014 à 17:35, Tibor, m’est incompréhensible.
    Vous posez la question « Qu’est-ce-qui m’a pris de venir faire un tour ici ? » et la suite donne la réponse: c’est que vous aviez qqc à dire sur le sujet.
    C’est plutôt laudatif qu’autre chose,non?

  28. Désolé Roturier, je suis un incurable parano, veuillez bien accepter mes excuses.

  29. roturier

    Je finirais par vous croire.
    Vous êtes peut-être plutôt un as de la lecture diagonale vite fait.

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