Année 60 : vacances à la campagne.

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Les vacances étaient une parenthèse enchantée, un temps suspendu semé d’imprévus entre deux rives stables et rassurantes. Des  flots de gamins de notre âge arrivaient dans le hameau. Nous les regardions à la fois étonnés et curieux, ravis et inquiets. Ces gosses avaient beau être physiquement nos copies conformes nous étions déconcertés par le culot des quatre Parisiennes délurées, l’accent cht’i et les histoires de Cafougnette des six drôles du Pas de Calais, le patois des trois mômes de Vierzon, ville pourtant assez proche,  l’élocution précieuse de l’enfant d’un couple bourgeois de Rambouillet. Ceux-là venaient régulièrement. S’ajoutaient parfois des vacanciers plus épisodiques comme cette fillette boiteuse dont la mère portait un étrange numéro gravé sur l’avant-bras, sujet de beaucoup de questions de notre part auxquelles répondait le silence embarrassé des adultes. La population du village explosait d’un coup, l’espace se remplissait de cris et de rires sonores, l’air devenait vibrant et léger, l’atmosphère s’animait, la vie ordinairement lente et grave dansait sur la musique des voix juvéniles.

Les nouveaux venus étaient très vite initiés aux travaux et à la vie de la campagne, ils nous accompagnaient le matin pour garder les vaches dans les prés voisins. La tâche n’étant pas trop absorbante on se livrait à nos occupations agrestes habituelles qu’ils adoptaient tout naturellement. On tressait des dizaines de petites nattes vertes avec les joncs creux et souples, on titillait les grillons pour les faire sortir de leurs terriers, on recueillait les fines fleurs mousseuses des carottes sauvages parce que l’on pouvait – paraît-il – fabriquer de l’encre avec le sombre pistil de leur aigrette. On tentait d’imiter le chant des alouettes,  fascinés par leurs ravissantes variations. Sur le chemin du retour, les citadins, au début,  regardaient avec dégoût – ce qui ne manquait pas de nous égayer – s’écraser les lourdes bouses qui étoilaient la route. Il s’agissait d’éviter le mouchetis sur les chaussures ou pire, la glissade… L’odeur de l’étable, odeur fermentée et chaude de foin mâché, de lait caillé, d’haleine chaude et d’excréments leur donnait la nausée. Au bout de deux ou trois ans ils n’y faisaient plus attention…

Des clans se formaient et se battaient parfois à coups de lance-pierres avant de se réconcilier. Les fâcheries se traduisaient par un virulent :  » j’ te cause plus ! « . Plus tard, au début de l’adolescence, le verbe « causer » fut synonyme de « flirter ». Entre dix et quatorze ans, la construction de cabanes occupait la majeure partie de notre temps libre. Simple cachette ou construction en planches, planquée sous les bois chargés de nids qui balançaient sur nos têtes le sifflement des merles et la querelle criarde des geais ou perchée dans un arbre enlacé de lierre, elle était recherchée par le camp adverse. Vouée un jour ou l’autre à la destruction. Dévastée. Rasée. Nous pratiquions le sac des possessions ennemies comme n’importe quelle armée barbare ou horde sauvage.

Dans les périodes de concorde on faisait de grandes promenades à vélo jusqu’aux villages voisins. Le vent soulevait la jupe des filles et les gars pédalaient à leurs côtés en criant : « Baisse le capot on voit l’moteur ! », phrase mille fois répétée mais toujours suivie de la même hilarité ou de gloussements goguenards. Rien n’était aussi puissamment joyeux  que ces corps enfantins qui se frôlaient et s’observaient, sentant obscurément que l’humanité était double et que le mystère de l’autre sexe, tout en étant la grande affaire de la vie, ne leur serait jamais complètement révélé. Quelques années plus tard, la pudeur séparera les adolescents et les adolescentes, chacun jouera son rôle, les premiers pétaradant sur leurs mobylettes, les secondes minaudant sur leurs nouvelles chaussures à talons…

 Les vacances de Noël étaient celles que je préférais. Pas seulement à cause des cadeaux. Mais parce que le jour du premier janvier on partait tous le matin faire la tournée des vœux.  Dans chaque maison se déroulait  le même rituel : « Bonne année, bonne santé » ! Lançait-on, la porte à peine ouverte. Et  nous recevions des chocolats, des oranges ou quelques gâteaux. Bonne année bonne santé ! on le disait d’une traite comme s’il n’y avait eu qu’un seul mot interminable et que l’on avait peur de ne pas parvenir à la fin. Deux frères, les garnements déclarés du village, avaient entrepris d’allonger et de décliner la formule quand nous arrivions chez un couple de vieilles personnes un peu sourdes :  Bonne année, bonne santé ! entonnait le chœur , « la crotte au cul, la ruche au nez », soufflaient à mi-voix les effrontés et on pouffait tous, bien conscients que nous ne méritions pas les offrandes qui suivaient. Ces impertinences prirent fin une année où les deux compères s’étaient enhardis à clamer leur  insolence un peu trop fort :  » Té dis quoi, nez sale ? C’est-y une torgnole qu’tu vins qu’ri ? D’a cause vous ricassez tas d’morveux ! Foutez-moi l’camp d’là où j’vous fourre dans l’cafourniau !  » On déboula sans dire ni ouf ni af… (1)

Le soir nous refaisions le parcours, cette fois-ci avec nos parents. Ceux-ci  buvaient les apéritifs colorés préparés par les femmes quelques semaines auparavant : le curaçao bleu pétant, la liqueur d’orange, le ratafia  ou le vin de noix. Certains préféraient « la goutte « , l’alcool de marc de raisin distillé dans les fermes l’année précédente. On avait le droit parfois de faire des « canards », c’est-à-dire de tremper un sucre dans le verre paternel. La soirée se terminait chez « les Parisiens ». Ils étaient les seuls à posséder un pick-up- à cette époque le terme désignait uniquement l’électrophone – et nous écoutions les chansons à la mode ou les valses de Vienne. Les adultes discutaient, s’échauffaient au fur et à mesure que les heures s’écoulaient et que les verres se vidaient. Au bout d’un moment, nous les faisions taire pour présenter notre  » spectacle ». Quelques pas de danse, quelques figures sur « Le beau Danube bleu ». Les filles de la maison en avaient eu l’idée et avaient guidé la réalisation, nous étions trop frustes pour savoir comment nous y prendre. Elles nous instruisaient sur bien d’autres choses encore…

Je notais dans des carnets les occupations de ces journées. Ce n’était pas encore un journal, pas vraiment, c’était très lapidaire.

Mercredi 3 août 1960 : A la cabane avec B. , V. et D. ;  J.P. a essayé de nous suivre mais nous l’avons semé. On a lu  » Akim » et  « Blek le Rock ».

Jeudi 4 août 1960 : Bataille avec la bande à L. ; V. et P. se sont tiré les cheveux … on a piqué la « fronde » à A. et je l’ai cachée dans le têt  ( le clapier ) aux lapins…

Vendredi 5 août 1960 : Rien

J’ai regardé sur Internet : le 5 août 1960 ce fut le jour de l’indépendance de la Haute-Volta. Dans un petit village nivernais il ne se passa rien… Seulement la vie quoi ! La vie apaisée, le gazouillis grasseyant des hirondelles, la rumeur des travaux champêtres et la chanson des enfants parmi la tiédeur et les arômes des mûres et des roses sauvages.

 1 – qu’ri : quérir, aller chercher

D’a cause :  pourquoi

Ricasser : rire bêtement

cafourniau : débarras

Débouler : déguerpir

ni ouf ni af : sans un mot

 

 

42 Commentaires

  1. roturier

    Super, La Dame. Du baume au cœur. On en a besoin. La nostalgie partagée est moins mélancolique.

    Comment avez-vous fait pour expurger toute référence chrétienne, notamment s’agissant de Noel ? Pas de crèche dans vos souvenirs ?

  2. La contemplation de la crèche, Roturier, cela se passait et se passe en famille, pas avec les copains. L’émotion circule entre enfants et parents, et grand-parents, devant Jésus, Marie, Joseph, le bœuf et l’âne, et devant la grotte en papier rocher nichée sous le sapin. Les copains, c’est un autre monde, pour d’autres instants.

  3. roturier

    Vous devriez au moins essayer de croire à ce que vous dites, Impat. A défaut de dire ce que vous croyez.

    La crèche n’a jamais été limitée au cercle familiale; placée traditionnellement (et encore) à la place centrale du village; à l’extérieur de l’église mais jamais loin.

    C’est même le problème, actuellement; et il touche le cœur du cœur de l’essentiel.

    Même moi, qui suis indifférent à l’aspect dit (à tort ?…) « religieux » de la crèche, je suis sensible au message et à l’ambiance et furieux des velléités de les faire disparaître sous prétexte de laïcitude.

    Voilà comment la polémique s’insinue dans les interstices du message apaisant de La Dame…

  4. … »La crèche n’a jamais été limitée au cercle familiale; placée traditionnellement (et encore) à la place centrale du village; à l’extérieur de l’église mais jamais loin. » Oui, bien d’accord. Et alors ? Ce n’est pas avec les copains qu’on la contemple, sinon en passant.

  5. Guenièvre

    Bonjour à tous !

    « Comment avez-vous fait pour expurger toute référence chrétienne, notamment s’agissant de Noel ? Pas de crèche dans vos souvenirs ? »

    Je n’ai rien expurgé Roturier. Contrairement à Souris qui nous racontait combien la religion a imprégné son enfance je n’ai pas ce genre de souvenir car, comme je l’ai déjà dit, la Nièvre est une terre de mécréants et j’ai vécu dans un milieu agnostique : pas de crèche à la maison, j’ai le souvenir d’en avoir vu sur le parvis des églises à la ville voisine mais pas souvent chez les particuliers, même pas chez « les Parisiennes ».

    Et puis, Noël, dans ces années là, était une fête assez récente. Mon père me racontait que la tradition du Père Noël, du sapin et des cadeaux s’était installée après la seconde guerre mondiale. Avant, c’était « le Père Janvier » qui apportait des cadeaux, beaucoup plus modestes à l’époque, d’où la coutume, encore présente dans les années 50, 60, 70, de la « Bonne année » où l’on donnait des friandises aux enfants, coutume qui se perdit ici dans les années 80…

  6. QuadPater

    Merci pour ce moment délicieux, Gueuneue ! 🙂

    Crèche : chez moi on ne s’extasiait pas devant. Ma mère la préparait et la faisait évoluer de temps à autre, par exemple les rois mages étaient « loin » au début, mais se rapprochaient… Le petit Jésus était mis sur sa paillasse le soir de Noël… La crèche c’était comme une histoire qu’on nous racontait, je me souviens d’une époque de foi naïve, discrète, bienveillante, tolérante et bon enfant.

  7. Guenièvre,… »Mon père me racontait que la tradition du Père Noël, du sapin et des cadeaux s’était installée après la seconde guerre mondiale »…
    C’était donc le cas dans cette région, mais dans de nombreuses autres (Normandie, Île de France, Provence…) le Père Noël (et la crèche pour les non mécréants 🙂 ) étaient connus et habituels bien avant la guerre.
    Quoiqu’il en soit de ces traditions, votre article est une pure merveille.

  8. « On a lu » Akim » et « Blek le Rock » »
    C’était aussi mes lectures, mais pas en 1960, car là j’étais trop jeune, mais quelques années plus tard.
    Rita et Jim, Zig, Ming, Kar le gorille, Moll l’aigle, Rag le lion, Baroi l’élépha, Simbo le petit éléphant etc. chez Akim, le professeur Ocultis et Rody avec Blek…

  9. … »Vendredi 5 août 1960 : Rien »…
    Guenièvre, vous le savez certainement : vous pratiquez le royal plagiat !
    Louis XVI sur son carnet avait écrit la même chose le 14 juillet 1789.

  10. Guenièvre

    Merci à tous !
    Eh! oui Roturier il y a de la nostalgie, comment faire autrement … Je ne prétends pas pour autant que cette époque fut un âge d’or, non, la vie n’était pas forcément facile.
    Ce qui est intéressant je crois c’est que nous avons connu une époque charnière : nous vivions ( presque) comme nos parents avaient vécu mais pour la première fois dans l’Histoire, la jeunesse de notre génération ( celle du baby-boom) devenait une véritable « classe sociale » et donc, pour le meilleur et pour le pire, elle a eu une influence sur les modes de consommation et sur la création . D’ailleurs certains animateurs ne s’y sont pas trompés, ils ont conçu une émission rien que pour nous. Le transistor est arrivé dans le hameau par l’intermédiaire des Parisiennes, l’aînée avait 14 ans en 1960 et elle daignait parfois faire écouter cela aux plus jeunes : souvenez-vous…

  11. Guenièvre

    @ Impat,

    🙂 ! Oui, mais la conséquence de son aveuglement à été plus dramatique!

  12. … »L’odeur de l’étable, odeur fermentée et chaude de foin mâché, de lait caillé, d’haleine chaude et d’excréments leur donnait la nausée. Au bout de deux ou trois ans ils n’y faisaient plus attention »…
    Ils n’étaient pas des rapides, vos citadins !

  13. Bon, joyeuses fêtes à tous ! Merci pour ce joli texte Guenièvre. Paix sur terre aux hommes de bonne volonté !

  14. Skarda,… » joyeuses fêtes »…
    Vous parlez de Noël ? Joyeux Noël aussi à vous.

  15. Je parlais des fêtes de fin d’année, Noël y compris, pourquoi ? Est-ce trop tôt ? Il me semblait que le texte s’y prêtait…

  16. Avant Noël, c’est Hanoucca !
    Alors joyeux Hanoucca pour ceux qui sont concernés.

  17. QuadPater

    Vous n’avez pas écrit « Noël », Tibor. Impat se demande si c’est parce que vous êtes un immonde christianophobe puant.

  18. QuadPater

    Mince j’ai oublié le smiley, il va me prendre au sérieux.

  19. QuadPater

    J’apprends sur Wikipedia que Hanoucca se déroule du 25 kislev au 25 kiscouch.
    Ça dure donc une journée ?

    Pardon Guenièvre.

  20. Apparemment la nostalgie c’est dans l’air en ce moment. La couverture du Figaro Magasine de cette semaine
    titre : La revanche de la France d’Avant  » . Et je reçois beaucoup de pps consacrés a  » avant « 

  21. Guenièvre

    @ Impat,

     » Au bout de deux ou trois ans ils n’y faisaient plus attention »…
    Ils n’étaient pas des rapides, vos citadins ! »

    J’aurais dû écrire Impat : « Après deux ou trois étés… » et pour les citadins cela signifiait un mois dans l’année..
    .

  22. Et puis il faut se mettre à leur place, non ? À la ville on pense lentement…

  23. Guenièvre

    Nostalgie ? vous voulez de la nostalgie ? Alors je ne résiste pas à vous livrer ce passage de  » Sido » . Colette, née en Puisaye , a su merveilleusement décrire ce sentiment :

    « Étés réverbérés par le gravier jaune et chaud, étés traversant le jonc tressé de mes grands chapeaux, étés presque sans nuits… Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense: J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues.

    A trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par mon poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion…

    Ma mère me laissait partir, après m’avoir nommée  » Beauté, Joyau-tout-en-or « ; elle regardait courir et décroître – sur la pente son oeuvre –  » chef-d’ceuvre « , disait-elle. J’étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temp-là ne sont pas toujours d’accord… Je l’étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu’à mon retour, et de ma supériorité d’enfant éveillée sur les autres enfants endormis.

    Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d’avoir mangé mon saoul, pas avant d’avoir dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l’eau de deux sources perdues, que je révérais L’une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L’autre source, presque invisible,, froissait l’herbe comme un serpent, s’étalait secrète .au centre d’un pré où des narcisses, fleuris en rende, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe… Rien qu’à parler d’elles je souhaite que leur saveur m’emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j’emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire…  »

    Joyeux Noël à tous !

  24. Guenièvre, je proteste véhémentement. Colette, sans doute, usait de cette admirable prose en étant mue par une certaine nostalgie de sa propre jeunesse. Mais ce n’est pas le reflet d’une nostalgie « du temps d’avant » évoquée dans de précédents commentaires, car, soyons-en sûrs, de telles échappées vers « les terres maraîchères », au petit matin, sous un « soleil encore ovale, déformé par son éclosion »….sont à notre portée aujourd’hui comme elles l’étaient hier. Sauf bien sûr pour les citadins, mais pour les gens normaux il suffit de se lever tôt !
    Reste que si nous le faisons, nous (enfin, moi) sommes incapables de l’écrire aussi joliment.

  25. Guenièvre

    Cher Impat, protestez, protestez mais je ne suis pas sûre de vous approuver ! 🙂 Je pense que, dans mon texte en tous cas, je suis surtout, comme Colette, nostalgique de ma jeunesse et pas ( pas complètement en tous cas ) du « temps d’avant » .
    Nous pouvons toujours faire du vélo dans la campagne, toujours y construire des cabanes si cela nous chante, toujours aller souhaiter la « Bonne année » ( on a d’ailleurs conservé la tradition avec quelques familles). Bon, on ne peut plus garder les vaches, mais cette occupation n’était agréable que parce que nous étions accompagné. Quand on était seul c’était une véritable corvée!!
    D’autre part cette époque n’était pas un  » âge d’or » : les conditions matérielles y étaient très rudes. Je ne regrette pas les maisons peu équipées, les toilettes au fond du jardin, le froid, l’humidité, la fumée qui envahissait toute la pièce parce que le bois était humide, les 12 km à vélo par tous les temps pour aller à l’école. Les « deux garnements » dont je parle habitaient à 11 dans deux pièces !!
    Pas si simple…

  26. Tout ce que vous dites là, Guenièvre, est indiscutable et je ne saurais le discuter. Mais mon propos visait les souvenirs de Colette, et la nostalgie qui les accompagne. Je maintiens que les promenades matinales, du même type et aussi belles que celles qu’elle dépeint si bien, sont à notre époque parfaitement possibles.
    Et je vous contredis sur un point : il existe en ce début de 21e siècle des endroits où on demande aux enfants en vacances d’aller garder les vaches. Certes pas dans la ferme des mille vaches, mais dans certaines régions de montagne. Et même dans de petites fermes normandes, il en existe.

  27. Guenièvre

    Ah, je vois ce que vous voulez dire Impat : les souvenirs de Colette sont liés – dans ce passage – à la communion particulière qu’elle entretenait avec la nature, chose que l’on peut tout à fait retrouver aujourd’hui. Elle n’évoque pas un mode de vie particulier lié à une époque particulière. C’est cela ?

  28. C’est exactement cela, Guenièvre. La nature devait être un peu embrumée quand je l’ai écrit…

  29. Guenièvre

    Impat, ce matin, elle n’est pas seulement embrumée. Il tombe un vilain crachin qui ne vient pas seulement de Moutiers.
    La mère de Colette ( Sido ) comme certaines vieilles personnes de mon village, savait prévoir le temps à quelques détails que les autres ignoraient, je suppose que vous avez connu cela en Normandie aussi :

     » Son ouïe, qu’elle garda fine, l’informait aussi, et elle captait des avertissements éoliens.
    – Écoute sur Moutiers ! me disait-elle.
    Elle levait l’index, et se tenait debout entre les hortensias, la pompe et le massif de rosiers. Là, elle centralisait les enseignements d’Ouest, par-dessus la clôture la plus basse.
    – Tu entends ?… Rentre le fauteuil, ton livre, ton chapeau il pleut sur Moutiers. Il pleuvra ici dans deux ou trois minutes seulement.
    Je tendais mes oreilles « sur Moutiers » ; de l’horizon venaient un bruit égal de perles versées dans l’eau et la plate odeur de l’étang criblé de pluie, vannée sur ses vases verdâtres…

    http://www.leberry.fr/cher/mag/culture/livres-bd/2013/07/28/la-puisaye-paradis-perdu-de-colette_1641947.html

  30. Guenièvre

    @ Quad, je m’aperçois que personne n’a répondu à votre question du 15 décembre 2014 à 23:08 sur Hanoucca :  » Ça dure donc une journée ? »
    D’après ce que je sais, cette année c’est du 17 au 23 décembre 2014. D’ailleurs, après la crèche, Ménard crée encore la polémique :

    http://www.leparisien.fr/languedoc-roussillon/beziers-apres-la-creche-menard-expose-un-chandelier-pour-hanoucca-16-12-2014-4378799.php

  31. @ Guenièvre,
    Personne n’a répondu à mon avis parce qu’il s’agit d’une blague.
    « Kislev » existe bel et bien, mais pas « kiscouch », utilisé pour les besoins du jeu de mots.

  32. Quant à la crèche et chandelier, pour contenter les musulmans et ne pas passer pour islamophobe, il n’aura plus qu’à égorger un mouton lorsque ce sera sa fête( celle du mouton, bien sûr) !
    Ah ? on me souffle à l’oreillette qui ne faudrait pas oublier les bouddhistes, les shintoïstes, les stoïcistes, les nombrilistes, les cruciverbistes, les journalistes, les communistes, les socialistes, les vététistes etc.

  33. Guenièvre

    @ Patrick,
    Merci !!! autant pour moi, je n’avais pas compris la blague !

  34. QuadPater

    Merci Patrick, vous seul me comprenez, sniff.
    —-
    Message personnel : suite panne boîte aux lettres je profite de pouvoir me connecter ici pour dire à Impat ok pour texte envoyé ce jour

  35. Guenièvre

    Non, Quad, c’est ma paresse qui est en cause : devant deux mots inconnus j’ai zappé, je ne les ai même pas lu  » à voix basse » donc je ne risquais pas de « comprendre » votre vanne !

  36. QuadPater

    Ben Guenièvre vous croyez que Patrick lit à voix haute ? C’est vexant ! 😉

  37. J’avais lu, j’avais compris. Et je me suis dit à voix basse  » quelle élite ! « 

  38. Quad, (17 décembre 2014 à 14:34)
    Merci, bien noté.

  39. Bonjour à tous et grand merci (tardif) à Dame Guenièvre pour ce petit bijou qui m’a plongé dans l’atmosphère estivale de votre enfance.
    Sortir des préoccupations du moment pour retrouver des réminiscences de l’enfance, créées ou retrouvées, voici une des magie de la littérature.
    Bonnes fêtes de fin d’année [ça va comme ça ?] à tous.
    Ceux qui sont intéressés par Hanouka pourront lire l’excellent blog d’Hannah, notamment cet article :
    https://bokertovyerushalayim.wordpress.com/2012/12/10/et-la-fete-continue-2/
    à la fin une belle vidéo sur les Hanoukiot (chandelier à 9 branches) de Jérusalem.

  40. Guenièvre

    Merci kravi ! Très bonnes fêtes à vous!
    Et merci à Hannah pour ce beau chant de Hanouka. Le chant, la musique et la danse sont des liens entre les peuples !

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