Je ne suis pas l’Europe

Je dis ici et là, sans vergogne aucune, que cela fait de nombreuses années que j’avais pressenti la chute de l’Europe, à travers un certain nombre de convulsions et, parmi lesquelles, des guerres civiles plus ou moins larvées.

Bien au-delà des événements tragiques survenus récemment en France, l’actualité me donne malheureusement raison. Je voudrais ici développer ce « bien au-delà des événements tragiques survenus récemment en France ».Mais je dois dire, en préambule, que cela m’est difficile et pénible. D’une part, j’ai tant aimé l’idée européenne, cet idéal des nations de devenir amies et partenaires plutôt que concurrentes jusqu’à se faire des guerres si destructrices de toutes.

Il y a aussi, dans ma gêne, mon actuel confort : je vis depuis bientôt quatre ans dans un pays que les convulsions européennes ne vont pas atteindre, Israël, et crains un peu de passer pour celui qui donne des leçons…

Ce confort reste relatif, nous y connaissons encore des attentats qui réussissent à nous meurtrir, mais d’une façon générale, les statistiques – dans tous les domaines – le démontrent, nous avons ici bien des raisons de vivre dans un certain optimisme.

C’est là une autre raison de la gêne que j’ai à parler de l’Europe : comme on dit, « on ne piétine pas un homme à terre »…

Néanmoins, j’éprouve le besoin de m’exprimer sur la question qui est : « Mais qu’est-il donc arrivé à cette Europe ? ».

Poussé par ce besoin que je ressens depuis des années, mais aussi bridé par ces sentiments que j’évoque et qui génèrent chez moi une certaine difficulté, je choisis de m’exprimer sans lien logique évident entre les idées que je vais maintenant exposer.

Faisant toute confiance à celui qui voudra me lire d’en tirer le bon et d’en critiquer le mauvais…

Si vous venez d’un pays de l’Europe – quel qu’il soit – passer quelques jours en Israël ; et à condition que vous y veniez non pas en voyage organisé, mais d’une façon qui vous permette de parler avec les gens d’ici, vous serez frappé par une chose à laquelle vous n’êtes plus familier.

L’Israélien – à 85 % – aime son pays et n’a pas honte de le montrer. Il en aime ses symboles, son drapeau, son hymne national et… son armée. Toute l’année durant, certains laissent à leur fenêtre le drapeau frappé du Magen David.

À l’approche du jour de l’indépendance – autour du 15 mai du calendrier civil, avec les variations du calendrier hébraïque – ces drapeaux fleurissent, dans les jardins, aux fenêtres, sur les rétroviseurs des voitures et dans les bus, dans les avenues et les bâtiments publics.

Maintenant, imaginez la même chose en France : qu’à l’approche du 14 juillet, vous arboriez votre drapeau national… Vous serez d’emblée traité de… patriote ? – Non. Vous seriez plutôt considéré comme un membre actif, très actif, du Front National. Pour faire simple on vous traiterait de « facho ».

Ici, c’est naturel et, le jour de l’Indépendance (un peu l’équivalent de la fête nationale en France), nous n’avons pas de grand défilé militaire. Quelques privilégiés pourront apercevoir, dans le ciel, une escadrille de F15 ou de F16 à la parade, et les bases militaires sont ouvertes au public, mais surtout, Israël devient un gigantesque barbecue : les gens se réunissent dans les parcs, dans les jardins ou simplement au bas de chez soi, pour cuire de la viande au feu de bois. Signe de réjouissance.

Je pourrais évoquer une autre chose qui, chaque année, m’émeut profondément, c’est la semaine du souvenir, qui précède cette journée de liesse populaire. Elle commence par le « yom ‘aShoah », la journée consacrée au souvenir des six millions des nôtres disparus en fumée pendant l’épisode nazi, elle se clôt par le « yom ‘azikaron », la journée du souvenir, qui célèbre celui de toutes celles et tous ceux qui, au prix de leur vie, ont contribué à la sauvegarde de l’existence et de l’honneur du peuple d’Israël – ici j’évoque Israël dans sons sens large, qui dépasse les frontières de l’État d’Israël. De façon plus explicite, est alors honorée la mémoire des révoltés de Treblinka, de Sobibor ou de Varsovie autant que celle de tous les soldats morts au combat.

Trois fois durant les sirènes retentissent durant trois minutes : une fois à 10 heures du matin, durant yom ‘aShoah ; Une seconde, à 19 heures, au début de yom ‘azikaron, puis une autre fois le lendemain à 10 heures du matin.

Et durant ces instants, tout s’arrête ici. Les gens, dans la rue, cessent de parler, et demeurent figés ; sur les routes et autoroutes, tous les véhicules s’arrêtent, les conducteurs et passagers sortent et se tiennent debout, sans mot dire ni geste faire, tant que retentit la sirène…

Mais, penserez-vous peut-être, pourquoi j’évoque cela dans un article censé parler des problèmes de l’Europe ?

Tout simplement parce que je pense que les choses sont, d’une façon que j’ai du mal à expliciter, liées. Aussi, parce que je vois là deux attitudes contraires, l’une qui fédère un peuple, l’autre qui conduit à un abîme dont on a du mal à percevoir la profondeur. L’une cultive son Histoire cependant que l’autre l’oublie ou la tord dans l’idée de ne pas heurter certaines sensibilités nouvelles.

Et si j’ai écrit un mot fâcheux – l’abîme- c’est parce que tout cela est représentatif de ce qui distingue aujourd’hui l’attitude israélienne de la posture européenne.

Je vais y venir petit à petit.

D’un article écrit il y a de cela plusieurs années par un journaliste espagnol, si mon souvenir est bon, je ne veux retenir que le titre « L’Europe est morte à Auschwitz ».

Cette affirmation est un peu excessive, dans la mesure où l’Europe n’est pas encore complètement morte.

Mais le processus de décadence s’enclenche alors comme une conséquence des deux guerres mondiales, qu’on pourrait considérer comme deux épisodes d’une seule guerre.

Que s’est-il donc passé à la suite de ces deux conflits qui ont laissé le continent exsangue ?

Les dirigeants des nations qui le composent ont conclu que, puisque être ennemis ne conduisait qu’à des ruines et des horreurs indicibles, il valait mieux devenir amis, et instaurer la paix dans la région.

L’idée semblait frappée au coin du bon sens. Elle était noble, généreuse, et semblait annoncer une ère de prospérité partagée. Qui pouvait être contre cette idée géniale ?

Et cette géniale idée était loin d’être nouvelle, on pourrait la faire remonter à Charlemagne mais, sans aller si loin dans le passé, il convient de rappeler les vibrants appels du grand Victor Hugo en faveur d’une Europe unie.

Et cette fois-ci semble la bonne, il y a, dès 1950, la création de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier), avec six pays signataires : la France, l’Allemagne, l’Italie et les 3 pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).

Puis, en 1957, le traité de Rome institue la CEE (Communauté Economique Européenne).

Le dispositif est complété par la signature, le 22 janvier 1963, du traité d’amitié franco-allemand.

Je me souviens très bien de la réaction de mon père – j’avais, moi, 14 ans et demi. Il déclara, enthousiaste « J’y applaudis des deux mains et n’ai qu’un regret, n’être pas acrobate pour y applaudir en même temps des deux pieds ! » (Nota : mon père gardait un souvenir particulièrement positif de l’Allemagne, car fait prisonnier de guerre dans la poche de Dunkerque et transféré dans un camp de prisonnier en Bavière, il avait été, en raison de son nom juif, exfiltré par le chef dudit camp et le réseau d’opposition au nazisme dont faisait partie cet homme, un juste parmi les nations).

Quant à moi, je suis alors aussi résolument européiste, et vais le rester très longtemps, jusque, environ, dans les années 2000.

Mais je subis alors un choc qui devait non seulement me marquer au fer rouge, mais réorienter ma façon de penser.

Ce choc, il a une date, il résulte d’un fait réel.

Vers la fin de l’année 2000, j’habite avec un de mes frères un appartement dans une cité « chaude » d’Annonay.

Nous sommes tous les deux sensibles aux problèmes sociaux, lui éducateur, moi plus orienté vers la psychanalyse. Nous décidons alors de créer une association pour la cité, avec pour buts d’y améliorer le quotidien de ses habitants et d’établir des ponts tant culturels que générationnels entre les diverses populations qui y résident (Afrique du Nord, Cambodge, Turquie, et France un peu quand même).

Nous ne cachons pas que nous sommes juifs. Nous accueillons chez nous tous ceux qui souhaitent venir parler avec nous.

Vers la fin du mois de septembre, nous nous absentons quelques jours, car – entre autres choses, et compte tenu des prochaines élections, nous voulons présenter une femme avec qui nous avons sympathisé, puisque la parité doit maintenant être respectée, à un parti politique dont nous nous sentions proche. (Parti radical de gauche). Le retour chez nous fut apocalyptique. Appartement saccagé, papiers personnels déchirés et, pour couronner le tout, une inscription sous notre paillasson (les filles de l’association avaient effacé celles qui ornaient notre porte mais n’avaient pas pensé à regarder sous notre tapis d’entrée) : « Juifs = tueurs d’enfants ».

C’était la conséquence du reportage de Charles Enderlin qui, le 30 septembre, avait accusé l’armée israélienne d’avoir sciemment et volontairement tiré sur Mohamed Al-Dura, un Palestinien de 12 ans.

Évoquer cet événement m’est, encore aujourd’hui, 14 ans après, très douloureux.

Mais pourquoi donc me semble-t-il important de l’évoquer, dans un article d’abord consacré à l’Europe ?

Parce que nous sommes à un des cœurs du problème. Et quand j’entends notre premier ministre (celui d’Israël) déclarer que nous sommes à la pointe de la défense de l’occident, je ne suis qu’en partie d’accord avec lui.

Revenons à l’idée européenne. Je le redis, celle de peuples s’engageant sur le chemin d’une réconciliation à l’échelle du continent était belle et noble. Le projet de concrétiser cette idée – disons même cet idéal – par le biais de projets menés en commun était porteur d’espoirs nouveaux, et, sans doute, susceptible d’apporter de la prospérité à ceux qui y participeraient.

Il suffit de penser au Concorde, à la réussite des lanceurs Ariane ou à l’Airbus qui se hausse en quelques années au niveau atteint par l’aéronautique américaine.

Mais n’oublions pas que la construction de l’Europe s’est faite, au moins dans les discours et la pensée ambiante, en se basant sur le constat que la guerre est sinistre et ravageuse. On le savait, certes, depuis des siècles, sinon des millénaires, mais ce que l’Europe avait vécu durant le XXème siècle, elle voulait de toutes ses forces n’avoir pas à le subir de nouveau.

Cela se comprend. Cela a lieu d’être approuvé.

Et ce fut l’argument massue, que moi-même j’avançai durant de longues années, toutes celles durant lesquelles je fus un européiste convaincu, quand je discutais avec quelqu’un qui critiquait l’Europe : « Mais quand même ! Rendez-vous compte ! Depuis 1945, nous ne connaissons plus la guerre ! ».

J’ai mis du temps à comprendre que l’Europe allait à la dérive. Car l’idée européenne est devenue pire qu’un idéal, une idéologie.

Et la dérive, c’est la haine de la Nation. Par une manipulation perverse, on a conclu et fait croire que tout sentiment national était un mal absolu, un facteur de guerre et de massacres. Même, on a fait glisser le sentiment de patriotisme vers celui d’un nationalisme exacerbé.

On a laissé sous-entendre qu’aimer son pays, c’était être impérialiste, oppresseur, destructeur des autres, en un autre mot : nazi. En oubliant ainsi que si, dans nazi, il a national, il y a aussi socialisme. (On ignore trop souvent les aspects socialistes du nazisme.)

Pour faire plus court ou pour résumer ma pensée, pour tenter de créer un sentiment « européen », on a voulu tuer les sentiments nationaux.

Et je crois qu’il y a là bien des choses que les européens ne comprennent pas.

Du fait qu’on leur a seriné que « la nation, c’est mal », on voit un prix attribué par la FNAC de Nice à cette photo :

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Du fait qu’on a seriné que « la nation, c’est mal », nul ne peut comprendre pourquoi le peuple juif, lui, a la volonté de résister. De se défendre. Seul, il a toujours été, à travers les persécutions alimentées par les mensonges et les calomnies. Il en a tiré la conclusion qu’il était fondé à s’organiser en fonction du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, dans leur pays, et de fonder – ou refonder – son État-nation.

Et l’Europe, dénationalisée, ne comprend pas que nous ayons besoin de cet Etat-nation où nous développer et, si nous trouvions des voisins prêts à vivre en paix avec nous, se développer avec nous.

Je ne suis pas l’Europe !

Je suis, je resterai Israël !
Post-scriptum 1 : Je veux ici remercier mon amie Hannah, auteur du blog https://bokertovyerushalayim.wordpress.com, qui a bien voulu relire mon texte et me suggérer des corrections. J’en ai validées certaines, pas toutes. Parmi celles que je n’ai pas retenues, il s’agit de la question de « l’Eurabia ». Simplement parce que cela m’aurait obligé à remanier mon texte de façon trop importante. Mais la question est en effet essentielle, je veux donc donner ici le lien que Hannah m’avait indiqué : http://www.dhimmitude.org/eurabia/le-jour-ou-l-europe.pdf et dont la lecture me semble capitale.

Post-scriptum 2 : le présent article est une suite à celui que j’avais écrit à chaud après l’attentat contre le journal Charlie-hebdo. On y lira des éléments sur la création de l’Europe, davantage centré sur le cas de la France. C’est ici : http://iratika.eklablog.com/je-ne-suis-pas-charlie-a114270014

Post-scriptum 3 : Malgré une semaine de « macération », d’interrogations, cet article me laisse insatisfait.

Je n’y aborde pas une question qui me semble centrale. Il s’agit de l’idéologie universaliste de l’Europe : elle n’est pas, cette idéologie, si éloignée de celle de « l’Oumma » musulmane. Dit autrement, tout pays acceptant cette idéologie de l’antinationalisme pourrait postuler à intégrer l’Europe. Turquie, Maroc, et ensuite la Papouasie ?

74 Commentaires

  1. pjolibert

    Très beau texte, bravo et merci beaucoup.

  2. Belem

    Salut Onc’ Rotil. Alors comme ça tu macères et ça ne va pas ? Il faut dire que tu as employé quelques emporte-pièces dont je ne suis pas certain que tu aies mesuré la portée. Qu’importe, et que dieu te garde. Et tant que j’y suis, qu’il garde aussi M. Jolibert que je vois ci-dessus.

  3. Yaakov Rotil

    Bonjour Belem,

    Quels emporte-pièces dont je n’ai pas mesuré la portée ?

  4. Tu poses le problème de la pérennité du concept d’État-nation et des systèmes de valeurs qu’il entraîne.
    Bien entendu, concernant Israël, la question se pose même pas.
    En ce qui concerne l’Europe, le problème est différent en ceci que les ennemis de notre civilisation ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur même de nos frontières.
    Le problème se pose donc de façon bien différente.

  5. Belem

    Ouh la et ouh la la !!! Et puis tiens même, ouh la la la avec cinq !!!!! Causeur, tak, Antidoxe, tu ne me vois plus commenter quand j’ai été prolixe. Alors disons que j’ai fait un tout petit petit commentaire parce que c’est toi et que je continuerai éventuellement dans un resto du vingtième ou au bord du lac de Tibériade, mais pas ici.

  6. Souris donc

    Mille et une fois, nous avons débattu du dévoiement de l’idéal de l’Europe par la bureaucratie édictrice de normes, d’interdits, de directives. L’Europe doit être cet espace sans frontière où circulent les marchandises et les personnes. Les personnes étant des individus sans attaches, sans racines, sans identité, sans fierté. La fierté est la différence avec Israël que vous mettez en évidence, Rotil.

    Le musulman identitaire, macho, homophobe et conquérant a tout pour révulser le bisounours/bureaucrate européen. Mais étant un migrant, il réalise l’idéal du sansfrontiérisme. Avec un peu de vivre-ensemble ça devrait s’arranger.
    Sauf que les frontières sont plus présentes que jamais. Mais plus subtiles et plus dissuasives. Elles s’appellent badge, codes, reconnaissance de l’iris, carte de crédit premium, carte magnétique, portique de détection, scanner, espace VIP, personnel de sécurité, vigile. Chacun trimballe sa frontière. c’est la frontière portable.

  7. Souris donc

    Il réalise, non, le migrant incarne l’idéal du sansfrontiérisme. Il devient donc intouchable.

  8. Yaakov Rotil

    kravi קרבי 22 janvier 2015 à 11:25

    Oui certes, mais qui les a fait venir, ces ennemis de notre civilisations?

    J’ai des noms, je suis en train de macérer un article complémentaire à celui-ci…

    Cordial shalom à tous, d’Ashkelon sous le soleil et le ciel bleu !

  9. Intéressant de voir que l’auteur n’égrène et ne cite que des reproches à la France et aux Français, mais il les adresse à l’Europe. L’Union est donc bien pour lui un acquis, il a raison de le penser. Le patriotisme a en effet hélas quasi disparu en France, mais il est toujours bien vivant en Espagne, en Grande Bretagne, en Italie, au Danemark, etc. Vivant ailleurs, endormi là, ce sentiment est en mutation. On le sent assez souvent renaître, même en France, chez les gens de 18 à 30 ans, sous la forme nouvelle du patriotisme européen.
    Yaakov, le soleil et le ciel bleu inondent également les fenêtres ici. Cela rend optimiste.

  10. Souris donc

    Les 18-30 ans sont si patriotes qu’ils se tirent tous le plus loin possible quand ils sont diplômés. Les autres, les divers qui nous encombrent* suffit de les mettre à Sciences Po.

    *Sondage IPSOS, France 2013: les nouvelles fractures, il y a un an jour pour jour.
    http://www.liberation.fr/societe/2013/01/25/selon-un-sondage-l-islam-de-plus-en-plus-rejete-par-les-francais_876697

  11. Quand l’auteur s’imagine qu’un « chance pour la France » se torche avec le drapeau parce « qu’on leur a seriné que  la nation, c’est mal  » il se met le doigt dans l’œil. En réalité ce geste est fait par haine de la France, pas du tout par rejet de la nation en général. Toutes les « déclarations » exprimées par ces gens, quant ils parviennent à s’exprimer, vont dans ce sens.

  12. Impat, votre propos est juste mais incomplet.
    Les racailles de nos contrées haïssent en effet la France, mais les islamistes ont une autre vision. Pour ces derniers la notion de nation ne signifie rien, comme le démontrent les évènements du M-O.
    Seule compte pour eux l’Oumma, la communauté des croyants, qui n’a rien à faire des frontières ni du concept d’état-nation.

  13. Bibi

    Oiseau’le,
    C’est un site satirique.

  14. Souris donc

    D’accord avec Kravi,
    C’est pourquoi, prié de dire s’il est préférable que les musulmans quittent l’occident pour aller vivre dans des Etats islamiques, Nasser al-Ansi, responsable d’Aqpa qui a revendiqué l’attentat de Paris, a déclaré :
    « S’ils sont en mesure de mener un djihad individuel dans les pays occidentaux qui combattent l’islam, c’est mieux. »
    http://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/21/aqpa-menace-l-occident-d-attaques-de-loups-solitaires_4560326_3210.html

  15. Merci. Je manque d’humour en ce moment.

  16. Yaakov Rotil

    Impat 22 janvier 2015 à 14:53

    L’Union est donc bien pour lui un acquis, il a raison de le penser.

    Sauf que bien mal acquis profite rarement, cf. URSS ou ex-Yougoslavie.

  17. Merci Yaakov pour votre article. Votre témoignage d’Annonay m’a touché.
    « L’Israélien – à 85 % – aime son pays et n’a pas honte de le montrer. Il en aime ses symboles, son drapeau, son hymne national et… son armée. Toute l’année durant, certains laissent à leur fenêtre le drapeau frappé du Magen David. »
    Je connais un autre pays patriote qui aime montrer son drapeau : la Suisse. Que ce soit dans des épreuves sportives, des manifestations culturelles, musicales etc., les drapeaux sont omniprésents.
    Aux Etats-Unis, toute personne voulant prononcer un discours public doit le faire en présence du drapeau.
    En France, comme vous le dites, quand on sort un drapeau, on est considéré comme adepte du FN.

  18. Bibi

    L’UE post-nationale s’est créée à partir d’états-nations qui se sont formés de manière plus ou moins sanglante. Les états multi-ethniques ou pluri-nationaux ont échoué, ils se sont décomoposé.

  19. Certains sont vexillolophobes sélectifs

  20. lors d’une compétition au Qatar, l’Israélien avait gagné. Apatride !

  21. Lors d’une étape de coupe du monde organisée par la Fédération Internationale de Natation à Doha, au Qatar, des drapeaux d’Israël ont, semble-t-il, gênés les spectateurs qui ont manifesté leur mécontentement sur le réseau social Twitter. Des messages à caractère antisémite qui déclaraient qu’il n’était pas normal de voir un drapeau israélien flotter entre les drapeaux néo-zélandais et angolais. Plus aucune trace de l’étoile de David Pour ne pas froisser ses citoyens, les organisateurs ont alors pris une décision radicale et controversée. Ils ont tout simplement décidé de retirer tout ce qui se raccrochait à Israël. Ainsi, le drapeau qui flottait devant la piscine a été enlevé et pire, le drapeau juxtaposant les noms des athlètes israéliens avant le début des courses a tout simplement été gommé. Du coup, au moment de s’élancer pour la finale du 100 mètres nage libre, ce n’est pas le drapeau de son pays qui figurait mais bel et bien un carré blanc alors qu’à côté, les drapeaux hongrois, allemands, polonais, finlandais, et néo-zélandais avaient la part belle. Une véritable censure dans un pays qui va accueillir la Coupe du Monde de handball en 2015 et celle de football en 2022.

  22. Qui veut la paix prépare la guerre, qui veut la paix à tout prix sans préparer la guerre va à Munich .
    Ils préféraient le déshonneur à la guerre et ils eurent le déshonneur et la guerre.
    Comme dirait quelqu’un sous escorte policière , l’histoire est tragique.

  23. Autrement dit on a fait l’Europe pour éviter les conflits et on y va tout droit.

  24. Souris donc

    Vous avez vu le consternant Des Paroles et des Actes ? J’avais envie de leur hurler que les enfants asiatiques primo-arrivants viennent sans connaître un mot de français, leurs parents non plus. Ils s’intègrent, puis deviennent tête de classe, font des études supérieures brillantes, deviennent professeur de médecine. Dès la première génération.

  25. QuadPater

    Les familles asiatiques ne donnent pas à leurs enfants des prénoms de terroristes.

  26. Comme dit fienkelkraut , ils ont choisi le parti de l’autre. Ils ont abandonné ce qu’ils sont pour glorifier l’autre.
    A tel point, que notre premier ministre parle d’apartheid dans notre pays. Nous n’en faisons pas assez pour l’autre, nous devons par l’inclusion nous effacer devant l’autre.
    Et comme l’autre a une culture très forte effacement entraîne soumission à plus ou moins long terme.
    Le débat sur charlie hebdo est prémonitoire car déjà des voix s’elevent pour arreter toutes caricatures.
    On baisse déjà notre culotte.

  27. Hier matin office de Bar Mitzva a la synagogue de la rue Buffault. Quatre militaires à l’intérieur de la synagogue. Plus ceux en faction a l’extérieur. J’ai honte

  28. Par contre Charlie hebdo n’est pas obligé de faire à chaque fois sa une sur leur prophète mais rien ne doit empêcher en France de critiquer les religions par ce que des gens ne sont pas assez évolués pour avoir l’intelligence de passer au dessus .
    Moi c’est le meurtre qui me rend susceptible .

  29. Souris donc

    Merci, Zozio, pour l’illustration…
    La Marche a visiblement monté à la tête de Mou-Président-Je-Maitre-du-Monde. Pujadas a composé son plateau de telle sorte que l’arrogance puisse se donner libre cours.
    Tout y est passé, le catalogue de la manufacture des armes et des poncifs. Padamalgam, c’est la faute à la société, au racisme, à la pauvreté, aux ghettos. A ce propos, même le brochette de mégères agressives issue de l’EdNaze et de Paris VIII-département de sociologie, a été incapable de reconnaître que les critères d’attribution des logements sociaux privilégiant le nombre d’enfants fabrique automatiquement des ghettos sans qu’ils soit besoin d’inventer une main invisible raciste.
    La contradiction a été apportée par trois isolés à qui on pouvait impunément couper la parole puisque fachos :
    Finkie, Barbara Lefebvre et le maire UMP de Montfermeil dont j’ai oublié le nom.
    J’ai cru qu’ils allaient en étrangler un en direct devant la caméra.

  30. Souris donc
    Au cours de l’émission-reprise-en-mains, l’imam de service a me semble-t-il parlé de laïcité multiconfessionnelle. Ai-je mal,entendu ?

  31. Souris donc

    L’imam a été on ne peut plus ambigu. Il a commencé par sa taqiya, bien doux, bien humble, reconnaissant que la « communauté » était travaillée par des éléments douteux. Puis à mesure que les dhimmis ont donné des gages, c’est la victimisation qui a repris le dessus, avec la liste des turpitudes souchiennes, dont naturellement la colonisation évoquée à plusieurs reprises par la mégère du département de sociologie de Paris VIII. Puisqu’il faut laisser les mères emburqinées accompagner les sorties scolaires, sinon c’est les laisser au bord du chemin, l’imam est entré dans le débat sur la laïcité, façon socialiste (la laïcité, c’est aller dans les écoles endoctriner les élèves au vivre ensemble) et il a improvisé le concept de laïcité multiconfessionnelle.

  32. Yaakov Rotil

    Il semble que nous ayons maille à partir avec certains.

    Ce n’est pas pour dire du mal de la moutarde… 😉

  33. Souris donc

    A lui seul, cet imam a montré comment la bien-pensance encourageait et entretenait le contraire du vivre-ensemble proclamé.
    Au début, il était consensuel, prêt à reconnaître au moins des torts partagés.
    Puis devant l’unanimité de la victimisation, il s’est littéralement transfiguré en accusateur.
    Entre temps il y a eu le clip de John-Paul Lepers et son école de journalisme alternatif, des « jeunes » répétant devant la caméra « Nous voulons vivre en paix ! ». D’un ton féroce.

  34. C’est si rare que ça vaut la peine d’être signalé et regardé : une émission dans laquelle Finkie a le temps d’exposer ses idées claires et justes.
    Notons la performance de la journaliste qui, pour être la compagne d’un sombre idéologue, n’en a pas fait remarquablement son travail : pas d’intempestives interruption, pas d’idéologie gauchiste cherchant à imposer son propre point de vue à son invité, mais un respect appréciateur des idées défendues bien que contraire à ses positions.
    Est-ce un signe que les temps pourraient changer ? Pour une fois je me veux optimiste.

  35. C’est mieux avec le lien :

  36. Désolé pour les fautes d’orthographe : je n’ai pas relu ma dictée vocale.

  37. Avez-vous remarqué le regard noir lancé à Finkielkraut par le ministre de l’Education nationale ?
    Je n’ai pas eu le temps de faire une copie d’écran.

  38. Yaakov Rotil

    Un regard noir te regarde!

  39. Yaakov Rotil

    Scuzez l’intermède, mais là je suis trop content: des familles originaires d’Ethiopie vont bien manger ce soir de Shabbat et je n’y suis pas pour rien…

    Alors un peu de joie, un moment de bonheur ne me semblaient pas déplacé.

    J’en parlerai peut-être prochainement…

    Shabbat Shalom à tous!

  40. Kravi, ce que vous venez d’écrire sur un entretien bien mené de Finkielkraut par Audrey Plulvar m’a tellement étonné que j’ai regardé. Eh bien je trouve que vous avez raison à 100 %. Sur ce coup elle est remarquable.
    Serait-ce qu’elle était juste abîmée par le  » sombre idéologue » ?

  41. Bibi

    Ha, les monolingues qui « habitent » leur langue…
    Et ce n’est pas ma seule divergence avec le Fink.

  42. Yaakov ce regard-là out, mais si vous aviez vu l’autre. Un Tokarev, ou une kalachnikov

  43. Ce regard OUI – mon correcteur a encore frappé

  44. Souris donc

    Autocensure

    – Il faut faire juste attention au mot, il faut bien choisir les mots, ils sont gentils les élèves, mais il faut faire attention.
    – C’est-à-dire ?
    – N’utilisez pas le mot « terroriste », terrorisme, ils ne comprennent pas.
    – Pourquoi ?
    – C’est des ados, pour eux, « terroriste » c’est positif, c’est guerrier, dites plutôt « attaquants »
    – Je vois
    – Oui, il y a une autre mot qu’il ne faut pas utiliser, c’est « attentat ».
    – Ah bon ?
    – Oui, c’est la même chose, c’est quelque chose d’héroïque, vaut mieux dire « opération ».
    – Je comprends.
    – Une dernière chose, Monsieur Kacimi, j’ai lu ce que vous écrivez, ne parlez pas d’islam, d’islamistes, ils trouvent ça stigmatisant,
    – Qu’est-ce que je dois dire ?
    ….
    Témoignage du dramaturge, Mohamed Kacimi, venu dans un lycée professionnel du Val de Marne parler de théâtre. Hallucinant, non ?
    http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-120878-pour-eux-terroriste-cest-positif-cest-guerrier-1082817.php

  45. Souris donc

    Faut arrêter de les brosser dans le sens du poil (Hugues Lagrange, un autre nauséabond)

    Aucune immigration n’a été aussi dorlotée.
    Soins gratuits, école gratuite, logement gratuit et prioritaire, cantine gratuite et halal, aides sociales à tous les guichets, payées par le contribuable facho et raciste.
    On a porté au rang d’art le rap et les tags, on a construit des Instituts du Monde Arabe et des Mucem. On a déversé des milliards en politiques de la ville, en personnels dédiés, en associations stipendiées. Au détriment des territoires ruraux où les pauvres se taisent et votent FN parce que c’est le seul espoir qui leur reste. On fait taire et on insulte les pauvres qui s’inquiètent et sont excédés par ce qu’ils voient. On a créé des délits (de faciès, de racisme) on a organisé des guet-apens appelés testing.
    Il leur faut quoi ? Toujours plus ? On n’a pas été assez accommodants ?
    Le vivre-ensemble maintenant. Dérision.

  46. Ils veulent juste que vous prononciez devant la formule de la Shahada:

  47. Souris donc

    La belle unanimité se fissure. Une Grande Marche ne suffit pas pour conjurer les attentats.

    On commence à nous détailler les mesures mises en œuvre.
    1. Le vivre-ensemble. Juste une aimable fiction moralisatrice destinée aux bobos frivoles et à la petite-bourgeoisie intellectuelle afin de lui donner l’illusion qu’elle parvient à « changer les mentalités ».
    Un gadget pour les occuper. Et palabrer.

    Dans le registre un peu plus sérieux, du nouveau dans la boîte à outils.
    Un foule d’experts de l’anti-terrorisme, de cellules spécialisées, d’informaticiens, de hackers, d’interprètes linguistes, d’ingénieurs, de cybermathématiciens, de stéganographes, d’anticipation opérationnelles, de numéros verts, d’indics, de drones, de traque des high value target (comme le mollah Omar qui s’est échappé à mobylette).
    Et maintenant les homos (pour homicides = liquider discrètement, façon Mossad).

    Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi, malgré toute cette sophistication, j’ai le sentiment qu’on est chez les gendarmes à Saint-Tropez ?

  48. -Le vivre-ensemble : on va ensemencer tout la pays de cellules cancéreuses, et bonjour les métastase
    – mais parce que NOUS SOMMES chez les Gendarmes de Saint-Tropez. Ou du moins Cruchot le politique est aux commandes, et ceux qui peuvent et veulent, sont obligés d’obéir.

  49. oypsilantis

    Souris donc
    Suite à votre courrier de 11.27, je vous propose un axe de réflexion qui me tient depuis des années et sur lequel j’ai beaucoup réfléchi (avec plus ou moins de pertinente) : la France est l’otage de son État (au-delà donc du clivage gauche-droite qui ne sert plus dans ce pays qu’à distraire les pépés et les mémés), d’où une bonne part de son malaise.

  50. La France est l’otage de la gauche depuis la fin de la 2 nde guerre mondiale. Depuis l’idéologie de gauche est hégémonique et ne laisse aucune place . Elle étouffe toute velléité de changement par sa morale .
    JF Revel
    “L’absolution idéologique du meurtre et du génocide est bien connue des historiens. On mentionne moins souvent qu’elle sanctifie aussi la concussion, le népotisme, la corruption. Les socialistes ont une si haute idée de leur propre moralité qu’on croirait presque, à les entendre, qu’ils rendent la corruption honnête en s’y livrant… Ce n’est point simple complaisance à soi, mécanisme psychologique banal. Cet homme n’est point isolé, il est accompagné, soutenu par la puissance sacrée de l’idéologie, qui capitone sa conscience et le pousse à penser qu’étant lui-même à la source de toute vertu, il ne saurait secréter que de bonnes actions.”

    Luchini. Être de gauche
    Invité du 20h de David Pujadas jeudi sur France 2 pour parler de sa pièce « Une heure de tranquillité », Fabrice Luchini a commenté l’indignation de Josiane Balasko au sujet de l’expulsion de Leonarda. « J’adorerais être de gauche, c’est un souhait. Mais je trouve que c’est tellement élevé comme vertu que j’y ai renoncé », a-t-il dit.

    Et de poursuivre : « C’est un dépassement de soi. C’est une attitude, une présence à l’autre. […] Quand t’es pas de gauche, tu peux être moyen. Quand t’es de gauche, c’est l’excellence : le génie moral, le génie de l’entraide… C’est trop de boulot ! »

    Vu sur France TV Info

    Read more at http://www.atlantico.fr/pepitesvideo/fabrice-luchini-j-adorerais-etre-gauche-c-est-souhait-875425.html#lgEg3xfIg6Ao0XOQ.99

    Voilà la gauche est supérieurement et intrinsèquement bonne et comme elle est le camp du bien , ceux qui ne pensent pas comme elle , sont donc dans le camp de l’erreur mais mieux encore du mal.
    La droite n’arrive pas à gérer d’autant plus qu’elle a laissé l’enseignement , les médias , la justice, les fonctionnaires et la liste n’est pas exhaustive entre les mains des gauchistes.
    Et puis depuis les cocos ils s’y connaissent en propagande.
    On a plusieurs guerres de retard…..

  51. Souris donc

    @ Zozio
    Cruchot le politique est aux commandes.
    Une malédiction. Il va capitaliser sur les dividendes de la Longue Marche et les Français sont assez cons pour revoter socialiste.
    Si ça peut vous consoler :
    http://compte-a-rebours-francois-hollande.fr/

    @ Olivier
    La France est l’otage de son État
    C’est tout le problème. Valls veut imposer une « politique du peuplement » pour imposer la mixité sociale. Où veut-il en venir ? Disséminer les problèmes aux bons soins du facho raciste rural qu’on insultera à l’envi ?
    Toute la question est qu’il est illusoire d’intégrer une invasion.
    Mixité sociale, dissémination de peuplement, vivre-ensemble fourgué et contraint. On est plus que dans l’incantation. On est submergé, on est foutus.

    @ Mario
    Luchini et Revel, des références, autrement plus percutants que tous les robinets d’eau tiède des requiems à Charlie que personne n’achetait, au bord de la faillite, on se demande bien ce qui a piqué les musulmans, puisque Charlie, zéro lectorat.

  52. Souris donc

    Changer le logiciel.
    Que voit-on dans les médias ? Omniprésence de la mentalité années 70. Encroûtés dans les années 70, on n’en sort pas !
    Si on prend l’exemple de France-Musique, toutes les cultures se valent, donc programme de quotas entre musiques ethniques, free jazz, électroacoustique, chanson.
    Portion congrue à la musique classique patrimoniale. Nauséabonde et colonisatrice, sans doute.

    Aucune place aux jeunes compositeurs, tout l’espace est occupé par Boulez et épigones.
    Une fois pour toutes France-Musique s’est vitrifiée dans ces horribles années 70. Ça fait maintenant 45 ans que ça dure. Mêmes programmes, même discours musical, mêmes personnes.
    Zéro audience, mais peu importe, c’est la radio d’Etat, dite de service public, dont on se demande bien comment ils osent encore s’en prévaloir, puisqu’ils se moquent du public.

  53. Rotil, je voudrais revenir à votre texte et mettre ici en appoint la façon dont un confrère à vous, Jean-Claude Milner, avait disposé les 3 éléments qui interviennent également dans votre récit.
    Le livre de Milner « Les Penchants criminels de l’Europe démocratique » m’a en son temps énormément frappé. Le début me convainc peu, je ne suis pas totalement convaincu non plus par certains détails tout le long, je ne connais strictement rien au domaine scientifique que vous et lui avez en commun (et je ne sais même pas si vous appartenez ou on chacun à des obédiences ennemies acharnées), mais bon voilà :
    Milner a décidé, de façon très stimulante, que l’idée européenne post-1945 est en elle-même dès le départ et quelles que soient les nuances que les militants sont habitués à transformer en abîmes infranchissables (gaullistes et souverainistes contre démocratie chrétienne fédéraliste, etc.) orientée vers le même horizon :
    [section 31] : « L’extermination des Juifs d’Europe menée à son terme, la mort des Ashkénazes, l’émigration volontaire ou forcée des plus chanceux, cela porte un nom : la victoire de Hitler. Sur un point capital à ses yeux, il avait gagné. Par delà la rhétorique du « plus jamais ça », par delà l’ébranlement qu’avaient suscité les horreurs de la guerre _ comprenons : les horreurs en général, toutes morts confondues _, cette victoire dit le secret réel de l’unification européenne. Un secret qu’il faut premièrement oublier et secondement dissimuler. (…)
    De Gaulle et Adenauer décidaient de fermer le livre mais ils savaient que les pages étaient couvertes de texte. Aussi les vrais Européens les tenaient-ils en suspicion, pour cette raison justement. Il revint à Giscard d’Estaing de sauter le pas : effacer le texte. Il faut lire et relire les phrases finales de son discours d’investiture du 27 mai 1974 : « Voici que s’ouvre le livre du temps avec le vertige de ses pages blanches. Ensemble comme un grand peuple uni et fraternel abordons l’ère nouvelle de la politique française. » Difficile de ne pas entendre que l’appel (…) s’adresse en vérité à l’Europe tout entière, rendue possible par le passage au blanc des pages du livre. »
    Je ne cite pas des passages qui sont à peu près ce que vous dites, sur l’Europe postnationale et antinationale, et Israel décalé par rapport à elle, à contretemps, etc. Du reste on peut trouver l’idée chez Finkielkraut et d’autres. Si ce n’est cette façon particulière de nommer les choses [section 47] :
    « Le bon Européen est tout à la fois pacifique dans ses conduites et pacifié dans son âme. L’habite un minimum spirituel, en dessous de quoi nul ne peut descendre, sous peine de barbarie ; le contenu peut varier suivant les contrées. En Europe et notamment en France, il semble bien se ramener à un christianisme modéré, non confessionnel et sans prêtres ; étant le ciment mental de la société, il mérite à bon droit le nom de social-christianisme. Chez les plus lettrés, il inclut la Grèce et Jésus, à l’exemple de Simone Weil [sa tête de Turc dans le livre] ; chez les illettrés, il inclut seulement la modération, cela suffit bien. Compte tenu de l’histoire coloniale et des migrations, le minimum spirituel devrait s’ouvrir à un mahométisme modéré. Quitte à ce qu’il faille se contenter de baptiser modéré ce qui ne l’est pas. »
    Mais extension et amplification de ce dernier aspect, dans la section 53 :
    « Le mot paix, dans son usage illimité, ainsi que tous les membres de son cortège synonymique, sont strictement homomorphes d’un autre mot, qui leur paraît au premier abord diamétralement opposé : le mot djihad. Selon les spécialistes, ce mot a des sens multiples : spirituel, matériel, guerrier. Mais, vus d’Europe, seule l’Europe m’importe, tous ces sens se ramènent à un seul : « devenir musulman ». Tout comme le mot paix se ramène à un seul ens : « devenir européen ».
    On discerne mieux ce qui s’est passé à Durban (31 août-8 septembre 2001). On le discerne d’autant mieux qu’il y eut un second temps, plus aisément déchiffrable encore : les défilés contre la guerre en Irak, dans les rues des villes de France et d’Europe, dans les premiers mois de 2003.
    Du point de vue des Européens, impavidement eurocentrés, Durban en 2001 et Paris en 2003 marquèrent la rencontre et l’alliance entre deux illimités : l’illimitation européenne d’une part (la société conforme à la modernité européenne doit s’étendre à l’humanité entière) et l’illimitation musulmane d’autre part (la société conforme au Coran doit s’étendre à l’humanité entière). Non pas choc des civilisations mais au contraire insertion réciproque, sans qu’aucune se modifie dans sa forme, comme la prise mâle et la prise femelle des électriciens. »

  54. oypsilantis

    Rotil,
    J’éprouve pleinement ce que vous écrivez au sujet de l’ambiance en Israël, une ambiance que vous restituez avec justesse, ce dont je vous remercie.

    Alain Finkielkraut a écrit un petit essai assez peu connu, « Au nom de l’Autre », sous-titré « Réflexions sur l’antisémitisme qui vient » (Éditions Gallimard, 2003). Cet essai si riche m’a permis de préciser une pensée qui me taraudait depuis des années, à savoir que le Juif avait été l’apatride, l’errant, et, de ce fait, le suspect, l’étranger partout. Mais aujourd’hui, alors que nombre de pays se désertent, que le patriotisme est volontiers décrié, les Juifs vont en sens inverse, avec la création — mais il me faudrait écrire, avec la re-création de l’État d’Israël —, ils aiment leur pays, extraordinairement, et le défendent au prix de leur vie. Les Juifs sont donc allés (et vont encore) à contre-courant. Ils posent de ce fait des questions (sur un mode généralement implicite) qui dérangent le « bien-vivre » ensemble et qui, pour ma part, loin de me déranger, m’enchantent et me stimulent.

    Pierre Jolibert cite ces mots d’Alain Finkilekraut : « Compte tenu de l’histoire coloniale et des migrations, le minimum spirituel devrait s’ouvrir à un mahométisme modéré. Quitte à ce qu’il faille se contenter de baptiser modéré ce qui ne l’est pas. » En plein dans le mille ! Ce phénomène a par ailleurs une autre explication. L’islam arabe (celui qui pèse le plus lourd, et de loin, en Europe) recouvre aujourd’hui les zones les plus stériles (au propre comme au figuré) de la planète. (Je mets résolument à part l’Iran, pays dont j’attends beaucoup ; mais c’est un autre sujet). Mais il y a que (je me répète) : « En fait, la religion est l’angle mort de votre regard d’Occidental » (Élie Barnavi). La seule chance pour le monde arabe est de pénétrer par cet angle mort pour espérer sortir de sa terrifiante médiocrité, médiocrité que le Coran peut à tout moment magnifier et masquer par l’incantation et l’agressivité face à une Europe spirituellement et moralement exsangue. Nous allons bientôt célébrer nos noces avec l’Arabo-musulman.

    Page 21

  55. Et c’est un des sujets de Soumission.

  56. La nature a horreur du vide

  57. Yaakov Rotil

    Deux petits préambules – vous savez mon goût pour ce genre d’introduction…

    A pjolibert d’abord, je crois que vous me créditez de connaissances dans un domaine scientifique que j’aurais avec Jean-Claude Milner. Les miennes sont beaucoup plus modestes, mais je vous remercie de votre commentaire si dense et qui, pour reprendre une expression de mon professeur de philosophie, « donne à penser ». Je vous remercie aussi d’avoir évoqué Monsieur Giscard d’Estaing, que j’avais moi-même épinglé ici.

    J’ai la même appréciation pour le texte d’Olivier Ypsilantis, que je salue amicalement au passage. Je vais d’ailleurs y revenir.

    Mon deuxième préambule s’adresse particulièrement à ceux des participants qui sont chrétiens, et je précise que j’ai, sur Antidoxe, ailleurs sur le Net et dans la « vraie » vie, beaucoup d’amis parmi eux.
    Et mon intention n’est pas de choquer qui que ce soit, mais de poursuivre une discussion qui me semble capitale.

    Une question agite une majorité des juifs : « Mais qu’avons-nous donc fait au monde, pour qu’il nous déteste autant ? ».
    Une piste est, peut-être, donnée par une phrase du commentaire d’Olivier « Les Juifs sont donc allés (et vont encore) à contre-courant»
    Il touche là un point capital, c’est que nous sommes à contre-courant depuis trois millénaires…

    Alors une idée m’est venue, je ne sais ce qu’elle vaut.
    Je me demande si l’Europe n’a pas comme origine l’Empire romain, avec le Christianisme devenu religion d’Etat à partir de l’empereur Constantin.

    Or, le judaïsme est en un sens la première religion démocratique*, en ce sens qu’il pose des lois dont ne sont pas exemptés les puissants de ce monde : le roi David est puni par une faute qu’il a commise, et, quand il veut acheter le champ d’un simple particulier, cela lui est refusé.
    Mes idées, j’en ai conscience, sont mal structurées. C’est la fatigue, depuis deux jours je n’ai rien pu avaler, un petit ennui de santé qui va passer.
    Je vous remercie tous pour vos commentaires, je ne m’attendais pas à tant de réactions d’une telle tenue.

    Bon ! Je vais tenter de manger quelque chose !

    *Notez qu’il n’y a en hébreu pas de traduction valable, ni pour « religion », ni pour « démocratie ». Cette précision me semble elle-même très importante…

  58. Yaakov Rotil

    J’ai mal fait la balise de renvoi au sujet de M. Giscard d’Estaing… J’en fais ma critique ici: http://iratika.eklablog.com/je-ne-suis-pas-charlie-a114270014

  59. [Tiens, il n’y a plus de système de réponse latérale emboîté ?]
    Oypsilantis : Merci pour votre complément / vous ne causiez pas sous le nom d’Averell, fut un temps ?
    Les deux phrases que vous recitez sont aussi de Milner, tout est de Milner, je n’ai pas été très clair dans mes enchaînements. J’ai aussi lu au même moment (ces années 2000/2003 ont été en effet décidément très fécondes) l’essai de Finkielkraut sur l’antisémitisme qui vient : lui, en s’insurgeant aussi contre le devenir pacifiste/post-national de l’Europe, continuait à parler du point de vue de la Nation précédente qu’il aime tant. De ce fait voilà ce que Benny Lévy lui répond en 2003 [retranscrit dans Le Livre et les Livres, toujours aux très chics éditions Verdier] :
    « A. F. : Il est très difficile quand on n’est pas ce que tu appelles un Juif savant, de se résoudre à la dissolution de la forme républicaine. Le Juif de la Torah s’en accommode, le Juif sans tradition n’a pas le même quant-à-soi, la même réserve intérieure. Ce constat de décès [de la France comme nation, pas seulement de la forme républicaine] ne peut que le conduire à s’en aller. Je ne vois pas d’autre issue pour le Juif moderne.
    B. L. : Où est le mal ?
    A. F. : Ce n’est pas forcément un mal. Il y a un lieu. Mais tu peux concevoir que cette décision soit difficile à prendre et qu’on puisse vouloir faire en sorte de continuer d’habiter un pays vivable.
    B. L. : Contre l’évidence ?
    A. F. : Non, pas contre l’évidence !
    B. L. : J’ai l’impression que ce petit livre pourrait être le départ d’une démarche enfin affirmative, par delà la nostalgie. Ce qui commençait à m’irriter dans certaines de tes manières de faire avant, c’était justement cette nostalgie-là. Au téléphone, je t’ai dit : « Enfin, Alain, que vas-tu dire à cent vingt ans au Maître des mondes ? Que vas-tu Lui dire ? » Si tu veux faire l’économie du Maître des mondes, pense, je ne sais pas, aux jeunes générations : que vas-tu dire aux jeunes générations ? « Mon pays, celui que j’ai aimé, la littérature que j’ai aimée, etc. ils meurent » ? Non, à un certain moment, il faut quand même dire les choses positivement. Là, c’est un tournant vers les choses positives. Ma mise au défi va en ce sens. Il faut quand même en arriver à dire les choses de manière radicale. Tu as voulu soulever une contradiction, y compris pour le Juif savant, entre la dénonciation de l’idée de nation en Europe et une certaine exaltation de l’idée de nation [Finkielkraut, plus haut, reproche à Benny Lévy (qui vient de dire de façon tranchée : soit la France se maintient et son unité se refera forcément sur le dos des juifs ; soit elle meurt) de parler de la même façon contradictoire que d’autres qui lutteraint contre nationalisme en France et exaltent Israel (cela viserait-il un peu Bernard-Henri ?)].
    Mais je m’excuse, le Juif savant _ pour moi, Juif savant, cela veut dire Juif de la Torah _ n’est pas concerné par cette contradiction. » [ la suite est sûrement prise dans les conceptions qu’a Benny Lévy de la religion et de la politique, que je ne maîtrise pas / ce que je peux retenir c’est que pour Benny Lévy, la différence entre l’antisémitisme de l’Europe moderne nationalo-industrielle et l’antijudaïsme de l’Islam/Europe post-moderne n’a pas d’importance : peu importe que ce soit un nouvel antisémitisme qui vienne.
    Je crois que pour Milner qui me semble avoir une vision plus ample, plus fouillée et plus composée (dans ce que j’en ai lu Benny Lévy ne parle jamais d’islam), c’est en fait un peu pareil : oui, il y a un chassé-croisé : Israel la nation victorieuse quand l’Europe ne se met plus à parler que de paix en détestant l’idée même de victoire (au nom de ce qu’il appelle l’équation Simone Weil : la « justice fugitive du camp des vainqueurs ») ; mais peu importe la différence entre l’ancien antisémitisme (qui justement, peut-être, mettait sur le dos des juifs le pacifisme transfrontalier qui commençait à pointer ?) et le nouveau.

    Yaakov Rotil :
    je vous créditais d’une pratique commune, autant que d’un domaine de connaissances.
    J’ai négligé de vous dire que en plus du fond même de votre méditation, j’ai été touché par l’apport personnel et le récit de ce que vous avez vécu. (et ce d’autant plus, à vrai dire, qu’ayant passé quelques heures dans ma vie à Annonay, où mon compagnon et moi nous étions perdus, j’ai cette ville bien dans l’oeil).
    Oui, oui, je crois aussi que l’Europe vient de l’empire romain christianisé, retransmis par les rois divers intermédiaires puis par les Carolingiens, accommodé différemment après. L’empire romain avant Constantin s’était sans doute lui-même considérablement remodelé au contact de son puissant adversaire oriental sassanide, phénomène à voir plus largement que le seul succès bien visible des divers cultes orientaux, mais c’est pur a priori, je ne sais rien en détail de tout cela.
    Je suis étonné et stimulé par la caractéristique que vous tirez de l’histoire du roi David.
    En tous cas, Finkielkraut, lui, qui tient à prolonger l’existence nationale de la France et son lien avec la nation actuellement décalée Israel, convoquerait certainement Marc Bloch, et à travers lui la liturgie davidique de la monarchie française / pour contrer le discours ci-dessus, qui veut trop mettre en valeur la nature impériale de la France dans l’Europe.

  60. RotilJ’ai lu votre travail sur Iratika et je n’ai rien à redire. Mes racines font que j’ai toujours eu de l’affection pour les juifs que je considère comme un peuple ,courageux , travailleur et si peu rancunier.
    Je vous lis tous et les constats sont tous taillés au cordeau mais je ne vois pas de solutions, d’alternatives .
    Moi aussi je ne décolère pas et je pense qu’il n’y a plus de solutions, qu’il est trop tard.
    Les événements tragiques que l’on a vécu auraient dû obliger nos politiques à dire qu’il ne peut y avoir de peuple musulman en France.
    Malheureusement on préfère rendre hommage au défunt roi de l’Arabie saoudite que de serrer la main de Poutine.
    Nos gouvernements ont choisi et le choix sera la soumission ou la révolte .
    Le futur n’est pas ecrit mais il fait peur. S’il le faut nous partirons et ce ne sera que la troisième fois en 150 ans. Je ne le ferai pas de gaieté de coeur mais la tentation est déjà grande. Je suis dégouté…..
    Ou alors je l’abonné à Mickey parade et je vis en fermant radio, télé et internet.
    C’est pas mal Mickey parade, ça permet d’attendre le pire en souriant.

  61. Je m’abonne à Mickey parade…..

  62. Je pense qu’il est temps de rappeler de
    – Béatrice Philippe :Être juif dans la société française du Moyen Âge à nos jours, Montalba, Paris, 1979, réédité chez Pluriel en livre de poche puis chez, Complexe en 1997.
    Et surtout de Jules Isaac
    – Jesus et Israël ( le Isaac du Mallet et Isaac ) en 1948  » Jésus et Israël « ; en 1955  » Genèse de l’antisémitisme, essai historique,  » et en 1962  » L’Enseignement du mépris  »
    Dans Jésus et Israël Isaac publie quelques passages d’un ouvrage important de Daniel Rops paru en 1945, retenez bien cette date  » Jésus en son Temps  »
    Il appartenait à Israël , sans doute, de ne pas tuer son Dieu après l’avoir méconnu,et, comme le sang appelle mystérieusement le sang, il n’appartient peut-être pas davantage à la charité chrétienne de faire que l’horreur du pogrom ne compense, dans l’équilibre secret des volontés divines, l’insoutenable horreur de la Crucifixion  » (- Daniel-Rops  » Jésus en son temps » première édition 1945 – année de la libération d’ Auschwitz par l’armée soviétique page 382 )

     » Par quelle mystérieuse loi de réversion et de similitude,, ces outrages et ces persécutions se sont-ils abattus, depuis vingt siècles, sur la race qui,plus que les soldats féroces et que Pilate,en avait pris sur soi l’opprobre du sang à répandre  » ( page 523 )
    Le visage d’Israël persécuté emplit l’histoire , mais il ne peut faire oublier cet autre visage sali de sang et de crachats, et dont la foule juive, elle,n’a pas eu pitié  » ( page 527 )

    « Ne pouvant pas, en raison des interdictions portées par la puissance protectrice, exécuter Jésus, les Juifs ont manoeuvré avec l’obstination et la cautèle qu’on leur connaît en d’autres circonstances, pour que le Romain se chargeât d’appliquer leur sentence ( page 529

  63. Texte parti trop vite
    Daniel-Rops de l’Académie française, avait beaucoup publié sur Jésus Christ. À tel point qu’au cours d’une réception François Mauriac ne put s’empêcher en caressant le manteau de vison de Madame Daniel-Rops de s’exclamer  » Doux Jésus « 

  64. oypsilantis

    Pierre Jolibert. Excusez-moi, j’ai attribué à Alain Finkielkraut ce qui revient à Jean-Claude Milner. Je ne sais si vous avez été clair ; ce qui est certain, c’est que j’avais l’esprit embué. Et si j’ai beaucoup lu Alain Finkielkraut, je n’ai presque rien lu de Jean-Claude Milner.

    Rotil. Lorsque je suis allé en Israël après l’affaire Al-Dura, j’ai pu noter l’anxiété des Israéliens qui, spontanément, évoquaient la chose et me montraient des documents afin de prouver qu’ils n’étaient pas des « assassins d’enfants ». Bien des années auparavant, j’avais noté le même comportement après Sabra et Chatila. Je ne savais que faire pour les rassurer. Je leur signalais à l’occasion que si je venais travailler chez eux, dans les kibboutz ou l’armée, c’est que je n’étais pas trop gagné (euphémisme) par la propagande anti-sioniste. Ils me regardaient alors, étonnés, comme s’ils sortaient d’un cauchemar. Non, je n’étais pas venu en juge mais en ami.

  65. Souris donc

    Dans son chapitre sur Israël, H. Juvin :
    P. 235
    En 1994, la déclaration finale du colloque de Johannesburg assimilant le sionisme au racisme et à l’apartheid […] l’avait énoncé sans ambiguïté : la première cible du sans-frontiérisme, c’est Israël, sa détermination, sa clôture, et sa fidélité à la Loi.
    Je n’ai rien trouvé sur ce colloque. Juvin semble en faire l’acte fondateur de l’antisionisme, mené par Erdogan et…les Américains mondialistes qui veulent imposer leurs standards sur la terre entière. Contrairement aux idées admises d’un soutien inconditionnel.
    Sans verser dans le complotisme ou l’effet papillon, mais parfois, il est vrai qu’à petites causes grands effets. Un colloque ?
    Comme Churchill qui a préféré soutenir Tito plutôt que les résistants serbes, nos alliés depuis toujours et aux avant-postes pour bouter le mahométan conquérant. Que se serait-il passé si Churchill avait soutenu les Serbes ?

  66. Sans avoir rien lu de lui, je connaissais Daniel-Rops comme « écrivain chrétien ». Je l’ignorais à ce point… malade.

  67. oypsilantis

    Daniel-Rops… Je préfère ne pas l’évoquer, ce type me donne de l’urticaire. Concernant les relations juifs-chrétiens, je ne puis que conseiller les conférences de Dan Jaffé sur Akadem (le Campus numérique juif). Dan Jaffé, un savant à la voix chaleureuse, un homme courtois, respectueux, un esprit clair, un plaisir à écouter.

  68. En publiant ce texte il s’agissait pour moi non de culpabiliser ou d’accuser mais d’expliquer.
    L’Europe s’est mal conduite envers les juifs pendant des siècles , ce qui avait fait ecrire a Raul Hillberg dans la préface de sa somme  » La Destruction des Juufs d’Europe  »
    On a commencé par dire aux juifs d’Europe :
    Vous ne pouvez pas vivre parmi nous tant que vous resterez juifs, puis
    Vous ne pouvez pas vivre parmi nous, puis
    Vous ne pouvez pas vivre.
    L’Europe est morte à Auschwitz

    J’ai cité Daniel-Rops car souvent repris par Jules Isaac dans son ouvrage.
    Son »Jésus et Israël  » avait impressionné le Nonce Giuseppe Roncalli devenu Pape en 1958 sous le nom de Jean XXIII. Peu de temps après son élection, Jean XXIII avait demandé à rencontrer Juies Isaac et lui avait promis plus que de l’espoir. Et ce fut une des raisons ayant convaincu ce grand Pape à convoquer Vatican II

  69. La citation de Hilberg s’arrête à vous ne pouvez pas vivre

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