Débattre

deba2

Le débat politique en France semble poser un problème.

Dans le cercles privé et familial il est possible…mais seulement si tout le monde est d’accord. Dans le cas contraire le sujet est implicitement tabou. On ne l’aborde jamais, ou très timidement de façon fugitive au détour d’une phrase, en prenant bien soin de passer très vite à autre chose. Ou bien de préciser avec insistance que oui, tel parti ou tel dirigeant dit et fait des sottises mais que « en face c’est pareil, ils se valent tous, allez… ». Et chacun de mettre son drapeau dans sa poche, s’il en a un. Car on sent bien, avant même que s’amorce la discussion, qu’il y a péril en la demeure. Un mot, un mot de trop, peut en amener un autre qui conduirait vite à la confrontation.

Alors non, on est en famille, ne nous fâchons pas, ce serait trop bête. Allez, parlons plutôt des derniers potins. Ah, Alexandre sort maintenant avec Élodie ? Qui aurait cru ça ? Oh vous savez ça ne va pas durer. Et Hortense, vous avez vu la touche qu’elle a depuis son divorce ? Quant à son Jean-Jacques, il ferait mieux de s’éloigner un peu, vous ne trouvez pas ? D’ailleurs on n’est jamais assez loin de ses beaux-parents, vous savez. Et l’autre, là, qui va retrouver sa belle en scooter…Ah non, pas d’allusion politique, André ! Et hop, passons de nouveau bien vite à autre chose…

À l’inverse en cas de discussions plus officielles, hors du cadre privé, dans les réunions politiques locales et nationales, le débat existe. Sans frein, et parfois sans assez de frein ! Car ici les passions se déchaînent, on s’enflamme vite, le moindre détonateur déclenche l’explosion verbale. Il n’est pas rare que les insultes fusent, que les grossièretés couvrent les discours, voire que les adversaires s’empoignent.

De ce travers les « débats » télévisés ne sont pas toujours épargnés…

Et lorsque l’anonymat vient ajouter sa protection, ou sa touche de lâcheté, aux échanges, alors c’est l’attaque ouverte ou sournoise qui remplace le débat. Certains lecteurs d’Antidoxe ont bien connu, trop bien connu, ce phénomène sur d’autres sites.

Or il apparaît que cette infirmité touche la France bien davantage que les pays comparables. Qu’on ne demande pas la preuve de cette particularité, ce n’est qu’une impression. Un sentiment, discutable, qui certes peut « faire débat » (sereinement ?), mais qui semble réunir l’assentiment de nombreux compatriotes et d’étrangers qui nous connaissent.

Pourquoi ?

Une réponse semble plausible. La France politique est le pays du grand écart, un véritable abîme idéologique sépare l’extrême gauche de la droite.

Le FN, communément classé à l’extrême droite, se tient certes à l’écart de ce grand écart puisque certaines de ses thèses épousent intimement celles de l’extrême gauche: protectionnisme, opposition à l’Union Européenne. Mais cette extrême droite n’appartient pas au registre des propositions, elle ne prospère qu’en s’opposant. Au pouvoir, ce parti serait bien en peine d’appliquer ses thèses, et s’il le faisait il perdrait rapidement tout soutien de ses électeurs. Le FN ne se situe pas à droite de la droite

Le caractère extrême de l’extrême gauche est davantage significatif, il repose bien sur une idéologie applicable, qu’il souhaite appliquer à la France et qui fut appliquée ailleurs. C’est entre cette extrême gauche et la droite que se trouve l’écart mentionné ci-dessus, plus profond, plus irrémédiable qu’il ne l’est dans les pays voisins.

Dans les pays du Nord de l’Union, en Grande Bretagne, aux États-Unis, l’extrême gauche est inexistante ou très faible. En Allemagne ce rôle fut joué autrefois par les Verts mais ils ont depuis longtemps rectifié leur tir: un Joschka Fischer, autrefois figure emblématique des Verts, a finalement participé au très raisonnable gouvernement de Gerhard Schröder comme Vice-Chancelier ! Ces pays n’ont donc pas, ou n’ont plus, d’extrême gauche. D’où un éloignement moins infranchissable entre les extrêmes: on peut discuter, aboutir à des positions de compromis, établir des projets communs, entre sociaux-démocrates et libéraux. Ou, aux États-Unis, entre démocrates et républicains. Les responsables de ces partis, comme leurs affidés, ne remettent pas en cause les libertés individuelles, pas plus que le droit de propriété, ni l’apolitisme de l’éducation.

Avec la gauche de la gauche en France, de telles remises en cause sont en permanence dans le viseur.

Comment, dans ces conditions, débatte sereinement quand le risque devient trop grand de voir s’effondrer des usages et des principes auxquels tiennent absolument tous les autres ? De plus le débat est refusé par l’extrême gauche elle-même: on y qualifie les idées des autres de « nauséabondes », et quand on doit se résoudre à voter Chirac pour « barrer la route au FN » en 2002, on se fait filmer devant les urnes en se bouchant le nez…

Peut-être finalement, lorsque l’extrême gauche aura disparu de son paysage, la France débarrassée de cet infantilisme ré-apprendra-t-elle à débattre en famille ?

36 Commentaires

  1. QuadPater

    Un débat sur les débats ? C’est sur Antidoxe et nulle part ailleurs !
    Impat je vois que vous prévoyez la disparition de l’extrême gauche. C’est pour quand ? Ça devient urgent.

  2. QuadPater

    Je suis d’accord avec votre dé-positionnement du FN de l’extrême-droite.
    C’est vivifiant de bousculer les poncifs. Alors de temps en temps j’aime à me dire qu’un parti prônant un vrai libéralisme économique serait plus légitimement positionné à l’extrême-droite que le FN.
    D’ailleurs dans cet angle de vue beaucoup d’UMPistes seraient à gauche. 🙂

  3. Quad,… »un parti prônant un vrai libéralisme économique serait plus légitimement positionné à l’extrême-droite que le FN.
    D’ailleurs dans cet angle de vue beaucoup d’UMPistes seraient à gauche  »
    Ce que vous décrivez-là existe ailleurs. C’est par exemple tout à fait le cas aux États-Unis.

  4. Quad,… »disparition de l’extrême gauche. C’est pour quand ? Ça devient urgent. »…
    C’est urgent depuis longtemps, aujourd’hui ça devient vraisemblable. La courbe descendante se poursuit lentement, et à la tête du pays on n’est pas très doué pour inverser les courbes.

  5. Oui sauf que l’extrême gauche gangrène notre société car elle tient médias et syndicats entre autres celui du livre, les enseignants de la maternelle à la fac, de la plupart des chercheurs en sociologie, d’une partie substantielle de la justice, des fonctionnaires et j’en oublie certainement.
    Comme en plus l’islamisation galopante de notre société est complètement refusée par ces mêmes personnes ou simplement cachée aux plus naïfs.
    On peut se poser la question de savoir pourquoi nous nous retrouvons face à cette curieuse alliance?
    Je pense que pour mieux la comprendre on ne doit pas parler d’islamo fascisme mais tout simplement d’islamo communisme avec ce même idéal d’une seule communauté avec des règles regissant toute la société , pas une seule tête qui dépasse sinon on la coupe.
    Vous remarquerez qu’il n’y a pas d’usure chez les musulmans, intéressant pour un marxiste non?
    Comme chez les cocos tout meme la subversion, le mensonge, les attentats, la pression sociale doivent permettre d’arriver au but suprême.
    Alors espérons que comme le monde communiste , tout ça s’écroulera un jour!

  6. roturier

    En voilà un débat qu’il est rigolo !!!
    A voir vite car la séquence pourrait disparaitre du web.

  7. QuadPater

    La dernière fois qu’elle a été traitée de guenon la traiteuse a pris 9 mois ferme.
    Sera ce le même tarif pour Dieudonné ?
    A priori non, la « justice » ne va pas vider prématurément les prisons des islamistes pour les remplir avec les ennemis personnels de l’icône.
    On verra.

  8. roturier

    Par ailleurs.

    On énonce l’hypothèse que l’incivilité intrinsèque (supposée) du débat en France est la conséquence de l’existence de l’extrême gauche.
    Et pourquoi pas d’autres extrêmes?

    Et, vu que nous sommes, à nos yeux, au centre, et les autres sont aux extrêmes, c’est l’existence des autres qui est la source des incivilités?

    Sus aux autres!!! Mort à autrui !!!

  9. Je ne me situes pas au centre et il y a toujours eu une hégémonie de pensée sauf que celle ci ne me va pas.
    Et il est compréhensible de rechercher cette équilibre impossible de l’harmonie.
    Mais d’un autre côté mettre tout le monde dos à dos, en pensant que l’on est toujours le con de l’autre ne fait pas avancer le sujet.
    S’il est possible de le faire avancer…

  10. Je comprends aussi tres bien cette idéologie qui pour moi nous emmène dans le mur.
    Que des gens pensent de la sorte est légitime, que je le conteste l’est aussi.
    Je pense mais ne suis sûr de rien.

  11. Yaakov Rotil

    Pour suivre les débats…

  12. hathorique

    Bonjour à tous

    Merci de votre article qui dit vrai cher Impat encore que sous mon propre toit, cela tourne parfois au pugilat
    je ne débats qu’avec moi même et encore 🙂

    Dans débattre il y a battre et comment débattre sans se battre alors que le débat est l’un des outils de la démocratie.

    Pour débattre, il est préférable d’avoir une certaine connaissance du sujet abordé mais aussi de savoir écouter son interlocuteur ou adversaire, d’exposer clairement son point de vue, être en capacité de le nuancer ou de changer éventuellement d’avis, reconnaître le bien-fondé d’une idée émise par son interlocuteur sans que cela soit perçu comme un renoncement.

    Cela suppose de ne pas chercher à imposer son opinion à tout prix à écouter les autres et leurs convictions, respecter son adversaire, sa vision des choses et ses croyances ou son savoir (lorsqu’il en est pourvu) même si dans des débats certains m’en paraissent fort dépourvus.

    Le débat peut aussi une démarche vers autrui, une attitude de tolérance. Il ne doit pas être une écoute condescendante ou méprisante. il permet de se mettre à la place d’un interlocuteur pour tenter de mieux comprendre son opinion et affûter son argumentation pour mieux la faire accepter .

    Mais ce que nous donne en spectacle les médias ce ne sont pas des débats mais des pugilats dans lesquels les journalistes omnipotents prennent partie et même à partie leurs invités considérant que leurs opinions sont plus intéressantes que celles de leurs invités en fait leurs invités ne sont plus que des faire-valoir, et en définitive c’est nous qui nous faisons avoir.

    Les régimes totalitaires refusent tout débat car ils ne veulent pas être déstabilisés par la confrontation des idées il pourrait pour eux en résulter la remise en question de leurs dogmes et pire encore leurs disparitions.

    Staline, le petit père du Peuple avait un mépris profond de ce peuple et n’a jamais cessé de le martyriser, seuls en garde le souvenir qui s’estompe faute d’être célébré et en restent comme témoins de ces bourreaux les bouleaux des camps de la Kolyma.

    Les communistes ont utilisé la calomnie la plus rance lors de la parution de l’Archipel du Goulag : le PCF encore puissant sur le plan électoral avait bloqué tout débat au sein du PS.

    « Avec L’Archipel du Goulag, l’affaire n’est pas celle des seuls communistes, car c’est le socialisme tout court que l’on essaie d’atteindre » pouvait on lire dans L’Humanité.

    Mao tel Chronos qui émascula son père non pas avec un pic à glace comme celui qui occis Trotsky mais avec une faucille (déjà ) en silex puis dévora tous crus ses propres enfants.

    le grand Timonier avec sa révolution rouge comme le sang impulsée par Madame Mao a fait des millions de morts ensevelis dans la campagne chinoise, le régime a pourtant été célébré par nos élites comme le paradigme de l’avancée prolétarienne, mais ce paradis était un enfer pour ceux qui n’y croyaient pas.

    IL faut se rappeler comment dans une certaine presse intellectuelle de gauche (oxymore) à l’époque toute puisante car elle faisait et défaisait les réputations, fut traité ou plutôt maltraité Simon Leys pourfendeur clairvoyant de Mao et du maoïsme

    et je ne parle pas des adorateurs des soleils castristes, chavezistes même si cela peut apparaître comme une espèce en voie de disparition;

    http://www.laviedesidees.fr/De-la-presse-en-democratie.html

  13. QuadPater

    Impat, je ne crois pas que cela offensera les extrêmes-gauchistes que je leur rappelle que chez eux la notion de débat est très restreinte et se limite aux quelques frictions idéologiques de militants de la même cellule, pendant la séance anisée post-ronéo. L’amour du débat ne peut se concevoir que dans des esprits libéraux aimables dépourvus d’envie du pénal. Autrement dit un débat racé n’est possible qu’entre gens bons.

    Rue89 se satisfait de débats-lages, les socialos de débats-cleus, les libertins de débats-résille.

    Remarque à l’amie hathorique : dans mon extrême gauche de référence (décennie 75-85) on trouvait pêle-mêle les maos, les trostkards et quelques micro-groupuscules rouges-verdâtres, mais (SURTOUT) pas le PCF. Les gauchistes et les anars étaient violemment anti-communistes parce que les cocos de Jojo défendaient l’armée, le nucléaire, l’URSS, la coupe du monde en Argentine, et le traitement au bulldozer des foyers maliens.

    Cependant « les communistes de 2015 sont-ils des gauchistes comme les autres ? » est un autre débat.

  14. QuadPater

    Bigre j’ai oublié le PSU dans l’extrême-gauche !

  15. Débatte ou se débattre ? That is the question !

  16. Guenièvre

    Bonjour à tous !

    « Peut-être finalement, lorsque l’extrême gauche aura disparu de son paysage, la France débarrassée de cet infantilisme ré-apprendra-t-elle à débattre en famille ? »

    C’est un peu plus compliqué que cela Impat, je crois. Car on peut considérer, électoralement parlant, que l’extrême-gauche a presque disparu. Quel pourcentage aux dernières élections ? Le problème est que cette extrême-gauche dispose d’une influence idéologique sans commune mesure avec son poids électoral. Elle diffuse une vulgate qui n’est même plus une idéologie constituée, une forme de néo-gauchisme qui se répand bien au-delà des rangs de l’extrême gauche. Dans les syndicats, chez les frondeurs du PS… Peut-être que c’est en train de changer…

    Sur l’impossibilité de débattre en France j’ajouterai aussi cette fâcheuse habitude de renvoyer dans la case  » nauséabond » ou  » heures les plus sombres » toute une série de problèmes que certains refusent d’aborder.

    « Autrement dit un débat racé n’est possible qu’entre gens bons » Ouah ! Quad vous aviez la forme cette nuit !

  17. Guenièvre

    Ah ! Impat, je n’avais pas vu votre dernier paragraphe, excusez-moi . Je rajouterai donc seulement qu’il n’y a pas que l’extrême-gauche qui utilise ce terme  » nauséabond » pour disqualifier l’interlocuteur. On le retrouve dans la gauche classique et même à droite. C’est là une des victoire de l’extrême-gauche que d’avoir imposé cette manière de refuser le débat.

  18. roturier

    Un laxiste relativiste: est-il laxativiste?
    Histoire de ranimer le débat, puisqu’il s’agit de débattre.
    Bon, je me recouche.

  19. hathorique

    Quad vous avez raison,
    Cette extrême gauche est l’héritière directe de Marx, Proudhon, Lénine, Trotski ; les communistes Mitterand les avait mithridatisés les cantonnant dans les ministères subalternes : des os à ronger ; ils étaient quatre comme les trois mousquetaires :
    Transports- Santé – Fonction publique – Formation professionnelle, aucun ministère régalien ; en 1984 (année orwellienne ) avec le gouvernement Fabius le comité central du Parti communiste décide la fin de la participation des ministres communistes au gouvernement, ils étaient devenus non pas idiots mais inutiles.

    Après le temps des cerises était venu celui des noyaux recrachés, les lauriers s’étaient fanés.

    Oui vous dites vrai, jamais les communistes n’auraient permis que soient exécutés un général comme Audran ou un patron d’entreprise publique comme Georges Besse d’ailleurs très estimé des ouvriers de Renault bastion communiste .

    « La fin du régime soviétique et l’effondrement du parti qui, en France, s’en réclamait, n’ont nullement entraîné la fin des courants qui se nourrissaient de la théorie révolutionnaire et du marxisme : elle a, au contraire, permis le développement de nouvelles radicalités d’autant plus conquérantes qu’elles se prétendent libérées de l’héritage du communisme historique. »

    http://www.cevipof.com/bpf/ref/entretiens/entr6_pr.htm

    Dans une perspective marxiste, le mot de « socialisme » désigne la phase post capitaliste des sociétés humaines où a disparu la propriété privée des moyens de production et d’échange et où s’exerce la force contraignante de l’État. Le socialisme doit laisser ensuite la place à la phase communiste, caractérisée par une société sans classes et sans État : rien que du bonheur comme en Corée du Nord devenue un monarchie communiste, encore un oxymore surtout pour les coréens occis et morts) )

    Je comprends très mal ce qui justifie ces incitations au lynchage, au nom d’une gauche dite morale, car la gauche est morale et moralisatrice alors que dans dans l’exercice du pouvoir on la découvre immorale démoralisante manipulatrice voire cynique.
    (Dumas D.S.K. Cahuzac, Thevenoud toujours député)
    Il semble bien que le débat politique se place surtout sur le seul terrain de la morale pour juger et déjuger mais il doit aussi se situer sur celui de l’argumentation pour convaincre de manière plus ou moins factuelle. la seule arme de débat semble être l’invective.

    Cet emploi référentiel à la salissure et à la souillure qui dégradent, avilissent et corrompent nous rapproche du “pur” et de “l’impur” des religieux et devient donc dogmatique il faudrait peut être revenir à la disputation « discussion, débat, animé d’un vif besoin de persuasion. »

    Ce qui manque dans ces pugilats nationaux c’est plus la discussion que le rejet par l’anathème ; de la discussion peuvent naitre des compromis féconds entre gens bons 🙂

    Il n’est que de voir le piètre spectacle de l’Assemblée Nationale où l’on se bat plus qu’on ne débat .

  20. Historiquement la droite anti-dreyfusarde n’était pas mal non plus, l’intolérance, la calomnie, l’intimidation ne furent pas, loin s’en faut, des armes uniquement utilisées par la gauche. Notre histoire si l’on remonte aux guerres de religion est tout de même marquée par la violence. La révolution, en particulier, a durablement marqué notre façon d’agir en politique, nous fumes des précurseurs, les pires des autres nous ont beaucoup copié : épurations et génocides sont les mamelles du débat politique en France, la chasse aux traîtres, les massacres de septembre, la Vendée…
    Comment après prétendre à des débats dépassionnés après ça ? La gauche à le pompon depuis les guerres de décolonisation, pas de doute : Sartre appelant au meurtre libérateur des européens en Algérie, c’est quelque chose tout de même. Nous avons aussi réussi à bien intégrer le politiquement correct américains, nous n’aimons pas le débat c’est certain, nous adorons faire taire. Est-il possible de revenir de là ? Maintenant les Teutons ont leurs méthodes bien à eux, le débat y est à peine utile, le pas de l’oie est encore bien implanté dans les esprits. Les Espagnols coupaient les couilles de leurs curés ou fusillaient en masse de l’autre côté. Les Arabes n’en parlons pas et que dire des Chinois ou des Russes ? Les anglo-saxons sont de sacrés hypocrites et ont eu un sens tout à fait particulier du débat aux Amériques, les indiens s’en souviennent très bien, les noirs aussi, mais là encore les Espagnols n’étaient pas mal non plus. Que reste-t-il ? L’Inde et le Pakistan ont montré de quoi ils étaient capables.
    Le débat, finalement, c’est une notion vraiment surfaite.

  21. hathorique

    Bonsoir Tibor
    Je vous trouve bien amer : vous avez raison sur le passé mais il faut je crois le dépasser, ce sont six pays européens dont la France et l’Allemagne saignés à blanc et décimés par deux guerres meurtrières qui ont tiré les leçons de ces massacres ayant embrasé le monde et causé des millions de morts, ils ont décidé de s’unir dans la paix en créant en 1951 la « Communauté Charbon Acier » ancêtre de la Communauté Européenne, dont le préambule se réclame de la paix et de l’union.

    Ces pays ont décidés de vivre en paix les uns avec les autres. Depuis plus de 60 ans soit près de deux générations nous n’avons pas eu de guerres fratricides en Europe. même s’il y en a eu de terribles à nos frontières.

    « Considérant que la paix mondiale ne peut être sauvegardée que par des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent;
    Convaincus de ce que la contribution dune Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien de relations pacifiques;
    Conscients que l’Europe ne se construira que par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait, et par l’établissement de bases communes de développement économique;
    Soucieux de concourir par l’expansion de leurs productions fondamentales au relèvement du niveau de vie et au progrès des oeuvres de paix;
    Résolus à substituer aux rivalités séculaires une fusion de leurs intérêts essentiels, à fonder par l’instauration d’une communauté économique les premières assises d’une communauté plus large et plus profonde entre des peuples longtemps opposés par des divisions sanglantes, et à jeter les bases d’institutions capables d’orienter un destin désormais partagé, »

    Le débat n’est pas une notion surfaite, il permet la confrontation des faits et des idées afin de répondre à des interrogations légitimes, il permet l’affrontement par la parole pour mieux éviter l’affrontement par les armes ; mais il n’y réussit pas toujours comme c’est hélas le cas en Ukraine à nos portes.
    Bien à vous

  22. Chère et Noble Lionne, je ne suis pas très guilleret ces derniers temps, je trouve que l’on tue beaucoup de Juifs, c’est un signe qui ne trompe pas. Je trouve aussi que l’Europe prend une route vraiment trop bureaucratique, autoritaire et aventureuse. Je n’ai pas l’impression que le débat soit la vertu principale de nos nombreux commissaires. C’est avec ironie que je dis que e débat est une notion surfaite, ironie et amertume car je ne vois pas que cela soit ce qui compte aujourd’hui.
    Tout cela mériterait que l’on en débatte un peu plus, ce soir je suis fatigué et triste, ça ira mieux demain j’espère.
    Bonne nuit.

  23. Bonne nouvelle journée, Skarda, L’Histoire est l’Histoire. Ce que veut dire le billet, c’est qu’aujourd’hui dans une famille américaine dont une partie des membres est démocrate, l’autre républicaine, ils peuvent en débattre à table. En France c’est en général impossible. Tabou.
    Mais vous avez raison : je crois aussi que l’origine de cette malheureuse exception française remonte aux horreurs sanguinaires de la
    Révolution.

  24. hathorique

    Bonjour Impat

    Votre billet de 10 H 40 me remet en mémoire cette vidéo de deux frères américains, que vous connaissez peut être, la vidéo bien sur pas les deux frères.

    http://www.huffingtonpost.fr/2014/12/17/video-mere-appelle-fils-politiciens_n_6339290.html

    Amicale pensées à vous Tibor portez vous bien

  25. Bonjour Je ne connaissais ni la vidéo, ni les frères, ni leur mère. Mais les mœurs de leur pays, un peu. Le tabou de la politique en famille y est un peu moins présent que chez nous, et les mères sans doute un peu plus présentes. Parfois omniprésentes !

  26. Hathorique, trop modeste, laisse son nom s’évanouir quand on lui dit bonjour. Je précise quand même que le bonjour du 20 février 2015 à 12:23 lui était destiné.

  27. QuadPater

    Vous voulez que je la punisse, chef ?

  28. Flagellez-moi plutôt, je mérite dix coups de fouet pour avoir laissé mon bonjour empli d' »anonymité » mais surtout pas d’inimitié.

  29. rackam

    50 nuances de Quad?

  30. Oui, de quoi faire les Quadratures du siècle.

  31. hathorique

    Bonsoir à vous Quad porteur du flagellum

    Le flagellum est l’un des nombreux symboles d’Osiris, il a la forme d’un fouet ou d’un chasse-mouche et représente la domination du souverain sur son peuple ; donc, par extension, la royauté, donc, par extension, je m’incline devant votre puissance flagellante.

    @ Impat

    J’avais reçu votre bonjour comme vous me l’avez donné : avec amitié, mais je ne voulais pas être omniprésente à défaut d’être omnipotente comme le sont presque toutes les mères veilleuses 🙂

    @ Rackam

    le plaisir de vous croiser.

  32. Merci Hathorique. Quand on appelle à LED une mère veilleuse, surtout si elle a des fils, elle nous éclaire de sa lumière vive.

  33. roturier

    Amalgamons.

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