La terre n’est pas un dieu.

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La terre nest pas un dieu.
La fausse théologie des écolos intégristes.
(City Journal, 23 Février 2015)

Un argument moral en faveur des énergies fossiles, par Alex Epstein ( 256 p. 27,95 dollars)

Sir Francis Bacon, philosophe du XVIIe siècle, faisait valoir que l’esprit humain a été gaspillé par des superstitions: la spéculation métaphysique, les disputes théologiques et les violents délires politiques. Son plus grand disciple américain, Benjamin Franklin, était du même avis. Les hommes feraient mieux, pensaient-ils, de se concentrer sur la conquête de leur ennemi commun : la nature. Bacon et Franklin avaient raison, mais ils ont sous-évalué la capacité de résistance de la superstition. Revenons à notre temps, en l’occurrence à une conversation que j’avais eue avec feu Arne Naess, père norvégien de « l’écologie profonde » et gourou du mouvement vert européen. Avec un visage impassible, Naess m’avait expliqué que l’éradication de la variole était un crime technologique contre la nature. Pour l’écologie profonde de Naess, le virus de la variole « méritait » et avait besoin de notre protection, bien qu’il ait mutilé, torturé et tué des millions de personnes.

Dans son récent livre plein d’esprit, The Moral Case for Fossil Fuels ( arguments moraux pour pour les combustibles fossiles), Alex Epstein s’en prend aux successeurs de Naess tels que Bill McKibben et David M. Graber, qui sont devenus d’influents faiseurs d’opinion sur l’environnement, les combustibles fossiles, et la technologie. Epstein nous demande d’imaginer un Anglais de 1712, année où Newcomen inventait le moteur à vapeur, transporté à l’époque actuelle. Que pense-t-il, cet homme, de notre monde où 87 % de toute l’énergie est produite à partir de combustibles fossiles ? N’est-il pas surpris de découvrir l’eau potable, l’assainissement, l’amélioration de qualité de l’air, l’allongement de la vie, la disparition de nombreuses maladies, la prospérité matérielle, la mobilité, les loisirs ?

Epstein insiste sur la combinaison des technologies et des énergies fossiles, à l’origine de tout ce qu’aujourd’hui nous tenons pour acquis. Et il nous rappelle les prévisions catastrophiques concernant l’utilisation des combustibles fossiles. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, des écologistes tels que Paul Ehrlich prédisaient une famine de masse en l’an 2000 parce que « la production alimentaire mondiale ne pourrait pas faire face à la croissance galopante de la population. » Mauvaise pioche: la population mondiale a doublé, et on est aujourd’hui beaucoup mieux nourri. C’est que l’apocalypse proclamée à l’époque sur l’épuisement du pétrole et du gaz naturel en 1992 et 1993, respectivement, s’est révélée fausse. Depuis 1980, l’utilisation mondiale de combustibles fossiles a augmenté massivement, mais les réserves de pétrole et de gaz naturel ont plus que doublé, et nous avons du charbon pour 3000 ans.

Epstein explique ce que les prophètes de malheur de l’écologie ne pouvaient pas ou ne voulaient pas voir: d’une part, que « l’énergie fossile est le carburant de l’alimentation »; et, d’autre part, que l’esprit humain est aussi puissant que Franklin et Bacon l’affirmaient. Les humains ont découvert davantage de combustibles fossiles, et les ont utilisés pour produire davantage de nourriture. Mieux encore, les combustibles fossiles ont permis la révolution verte de Norman Borlaug en sciences de l’alimentation, qui, contrairement au mouvement politique du même nom, fait œuvre utile pour améliorer la nutrition dans le monde et soulager la souffrance de millions d’hommes. Ehrlich s’est également trompé sur ​​la pollution due aux énergies fossiles dans le monde développé. Aux États-Unis, bien que l’utilisation de combustibles fossiles ait augmenté régulièrement depuis 1970, les émissions de polluants ont diminué de façon spectaculaire, grâce à la technologie.

Les prédictions de famine, d’épuisement des ressources, de pollution n’ont pas été vérifiées. Qu’en est-il du réchauffement climatique? Sur ce point la lecture d’Epstein devrait être obligatoire. Il reconnaît l’effet de serre du dioxyde de carbone, qui peut être démontré en laboratoire. Mais cet effet n’est pas linéaire; s’il l’était, chaque nouvelle molécule de dioxyde de carbone ajoutée à l’atmosphère devrait ajouter son réchauffement à celle qui le précède. Or au contraire, l’effet de serre est en décélération et logarithmique, ce qui signifie que chaque molécule supplémentaire de dioxyde de carbone est moins agissante que la précédente. De nombreuses théories du réchauffement climatique rapide sont basées sur des modèles spéculant sur une interaction en boucle dans la vapeur d’eau atmosphérique. La plupart des modèles climatiques sont basées sur une sorte de « prévision a posteriori » permettant de prédire le passé. Il n’y a là rien de mal en soi, puisque la seule autre branche de l’alternative serait la clairvoyance, mais prédire le passé avec un modèle informatique n’est pas la même chosez que prédire exactement avec précision…

La plupart des modèles climatiques, dit Epstein, ont systématiquement et considérablement surestimé le réchauffement de la troposphère (NDT: basse atmosphère). Nous n’avons pas « brûlé », comme McKibben le prédisait en 1989. Certains suggèrent que le réchauffement se produit dans les océans; mais le niveau moyen des mers à travers le monde est resté stable ou en baisse au cours des derniers 100 ans. Depuis le début de la révolution industrielle, les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont augmenté de 0,03 % à 0,04 %, et depuis 1850 les températures ont augmenté de moins d’un degré Celsius (une augmentation qui s’était déjà produite en de nombreuses périodes antérieures). Et au cours des 15 dernières années, période d’émissions records, il y a eu peu ou pas de réchauffement.

Les modèles de réchauffement pouvant cependant (qui sait ?) s’avérer corrects à long terme, Epstein pose une question raisonnable: que faire si dans les 100 prochaines années, le niveau des mers augmente de 60 cm et la planète se réchauffe de 2 degrés Celsius comme le prévoient de nombreux spécialistes du climat ? La réponse est simple, bien que souvent ignorée par les alarmistes: nous nous adapterons. Depuis la révolution industrielle, et surtout dans les 30 dernières années, la race humaine est devenue progressivement mieux capable de contrer les effets nuisibles des tempêtes, de la chaleur, du froid, des inondations, etc. Il est irresponsable, dit Epstein, de négliger la puissance de la technologie pour résoudre les problèmes générés par les combustibles fossiles. Cette technologie pourrait permettre par exemple de capturer et recycler, ou confiner, le dioxyde de carbone.

Epstein expose la profonde misanthropie à l’origine d’une grande part de l’écologisme contemporain. Il cite Graber: « Le bonheur humain, et certainement la fécondité humaine, sont moins importants qu’une planète sauvage et saine. . . les êtres humains sont devenus une plaie pour nous-mêmes et pour ​​la Terre. . . et jusqu’à ce que l’Homo Sapiens décide de retrouver la nature, certains d’entre nous ne peuvent qu’espérer la venue du bon virus « . Alexis de Tocqueville a noté que les peuples démocratiques ont une tendance vers le panthéisme en religion : leur passion pour l’égalité les conduit à penser que tout est Dieu. Pour les Verts radicaux comme Naess, Graber, et McKibben, tout est Dieu, à une exception près: l’être humain, dont « l’impact » gâte cette « indépendante et mystérieuse » divinité.

Pourquoi les avertissements hystériques sur l’épuisement des ressources persistent-ils malgré l’échec des prédictions folles des années 1960 et 1970 ? Parce qu’on voit l’environnement comme on perçoit un Dieu plein d’amour mais non infini, offrant une quantité limitée de cadeaux, tels que les terres arables, l’eau, les minéraux essentiels, et les combustibles fossiles. Cette même pensée estime que plus nous sommes nombreux, plus la capacité de cadeaux est limitée. D’où l’appel urgent, lancé en 2010 par John P. Holdren, chef du Bureau « Science and Technology » à la Maison-Blanche, à « dé-développer les États-Unis ». Cette notion de capacité finie des ressources refuse le rôle puissant de l’ingéniosité humaine pour découvrir des ressources naturelles . Mais le vrai problème prend racine dans la divinisation de la planète comme une chose figée une fois pour toutes.

Epstein affirme avec brio que la superstition concernant la limitation des ressources revient à une conclusion établie à l’avance. Le fait est que la nature en elle-même nous donne très peu de ressources énergétiques toutes prêtes. La plupart de ces ressources « ne sont pas prises dans la nature, mais créés à partir de la nature », dit-il. Chaque matière première dans la nature n’est qu’une « ressource potentielle », avec un potentiel illimité pour être être rendue utilisable par l’esprit humain. » Nous avons actuellement assez de combustibles fossiles et d’énergie nucléaire nous permettre de durer des milliers d’années » écrit-il. Et la quantité de matière première et d’énergie sur cette planète « est si incroyablement abondante qu’il est absurde de spéculer sur son épuisement. Nous raconter qu’il y a telle quantité de matière et d’énergie à notre disposition, ce serait comme nous dire qu’il y a seulement telle galaxie à visiter pour la première fois. Vrai, mais hors de propos. »

Bill McKibben dit que la période holocène post-glaciaire est la seule condition climatique que les humains peuvent vivre. Epstein répond que l’holocène est une abstraction qui résume « une incroyable variété de climats que les individus ont vécu. Et dans la pratique, nous pouvons vivre dans pratiquement n’importe lequel de ces climats si nous sommes industrialisés, et à peu près dans aucun d’eux si nous ne le sommes pas ». Jusqu’à la révolution industrielle, le climat était dangereux pour tous les êtres humains. Depuis lors, nous avons avancé de façon constamment vers « la maîtrise du climat. » Moins de gens meurent aujourd’hui de la météo qu’à aucun autre moment dans l’histoire. « Nous ne prenons pas possession d’un climat sûr et le rendons dangereux », selon Epstein. « Nous prenons un climat dangereux et le rendons sûr. »

L’idée du refus de dompter la nature découle d’un préjugé omniprésent mais irrationnel. Irrationnel parce qu’identifier la terre à un Dieu incréé tient d’une foi néo-païenne, et un préjugé parce qu’il est affirmé comme un dogme par ceux qui le professent et pris pour acquis par un public inconscient de son emprise. La position a priori en matière d’écologie est toujours le « respect » de la planète. Cela fait infléchir l’opinion vers les méfaits des combustibles fossiles et de la technologie, et jamais vers leurs avantages. Le même leitmotiv ressurgit toujours: les humains doivent minimiser leur impact sur la nature.

Le livre de Alex Epstein est une bouffée d’air frais dans ce climat d’opinion pollué. « The Moral Case for Fossil Fuels«  montre pourquoi les combustibles fossiles sont bons pour l’épanouissement humain en général et bons pour les pauvres en particulier. Epstein est un véritable ami de la terre, une terre habitée et rendue meilleure par les êtres humains.

Jerry Weinberger est  » University Distinguished Professor of Political Science at Michigan State »

Traduction et adaptation pour Antidoxe: Impat

27 Commentaires

  1. Sacrilèèèèèèèèèège !

  2. Cet article en effet doit être blasphématoire, personne n’ose le commenter.
    Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne se confond pas avec la pensée généralisée !

  3. roturier

    Pour le réchauffement climatique je reste Grosjean comme devant.
    Me suis laissé dire que des carottages glaciaires (arctiques ? antarctiques) permettent de remonter le temps des milliers d’années pour connaitre les températures terrestres avant toute présence, ou au moins influence, humaine significative.
    Et qu’ils témoignent, entre autres, de périodes plus chaudes qu’actuellement sans que l’Homme puisse être mis en cause.
    Et que les vraies causes des fluctuations des températures terrestres restent inconnues ; avec présomption de culpabilité de l’activité thermonucléaire du soleil dont nous ne connaissons rien.
    Si tel est le cas :
    • Les résultats des carottages devraient être assez facilement accessibles.
    • Le réchauffement du fait de l’homme serait une fumisterie.
    Qq1 en sait qqc ?

    P.S. Attention: la pollution industrielle, c’est autre chose.
    On a bel et bien trouvé du mercure dans des poissons de haute mer pêchés au milieu de l’Atlantique.
    Là, c’est nous.

  4. Lisa

    Par exemple on ne dit jamais les avantages qu’on, peut tirer du réchauffement climatique, j’imagine qu’on pourrait cultiver plus vers le nord, peut-être pas en Sibérie mais plus que maintenant dans certaines régions du nord.

  5. Bonjour Lisa,… »on ne dit jamais les avantages qu’on peut tirer du réchauffement climatique »…
    En effet. Si toutefois ce réchauffement est confirmé. Une école assure que les températures moyennes sont stables depuis 1998. En fait à mon avis personne n’en sait rien.

  6. roturier

    Cela servirait à quoi de « cultiver plus vers le nord »? Pour nourrir quelle population puisque celle des abords de l’équateur aura cramé?

  7. lisa

    ben la population qui peut-être se déplacera du coup, c’est arrivé au cours de l’histoire du monde, les déplacements suite aux changements de température.

  8. roturier

    Non mais!!!
    La population des abords de l’équateur se déplacerait ici?
    Vite! Luttons contre le réchauffement climatique!!!

  9. Oh moi je me déplacerais bien à l’équateur. Genre Maldives, ou Seychelles, ou Singapour, ou Hawaï…
    Même avec 2°C en plus.

  10. Roturier,

    Le carottage ne fournit pas les températures passées mais les concentrations en carbone. A partir de là, les climatologues élaborent des modèles sur les températures en se fondant sur les expériences de laboratoire citées dans l’article (et jusqu’à preuve du contraire, personne n’a encore démontré l’effet de l’augmentation de la concentration en carbone sur la température dans la vraie vie). Sauf, que dans le monde réel, de multiples facteurs interviennent qui ne peuvent être tous modélisés…
    On ne connait les températures passées que pour les 150 dernières années environ, soit depuis que les sociétés de météorologie existent. Pour des temps plus anciens, certains avaient établis une sorte de courbe d’évolution pour un endroit bien localisé, la France par exemple, en compulsant toutes les références aux températures trouvées dans des romans, documents, essais, etc.
    Au cours de mes premières lectures (fin des années 80), les scientifiques, même verts, étaient prudents et n’annonçaient pas de réchauffement climatique avant 2050. Aujourd’hui, si l’on en croit les médias, on est en plein dedans.

    Mais il parait que je suis devenu un peu et vieux con et réac avec l’âge….

  11. … »les climatologues élaborent des modèles sur les températures en se fondant sur les expériences de laboratoire »…
    C’est exactement le problème. Ces modèles informatiques reposent sur des hypothèses permettant de passer du résultat en laboratoire au résultat pour la terre entière.
    Des hypothèses.

  12. Lisa

    Roturier
    Oh ! c’est la lepenisation des esprits qui est en marche

  13. Lisa

    Kacyj1
    Moi aussi…
    Il paraît que ces gens ont des subventions que si ils démontrent que la température monte, alors.

  14. Des hypothèses, précisément. Or, je suis frappé par la confluence des croyances (puisque, nous sommes d’accord, il s’agit d’hypothèses) de tant d’éminents savants, physiciens, météorologues, astrophysiciens, que sais–je encore. Je parle évidemment du GIEC.
    Je ne peux pas croire que ces honorables universitaires soient tous de mauvaise foi, ou achetés, ou paranoïaques, ou atteints de suivisme aigu.
    N’étant pas scientifiquement outillé pour me forger ma propre opinion, j’en suis réduit à écouter les autres. Mais je suis payé pour savoir qu’une proposition validée par le plus grand nombre n’est pas forcément un fait avéré et qu’une croyance partagée par beaucoup est loin d’être une réalité.
    Le seul indice à ma disposition est que cette nouvelle carte à la crème est le credo préféré des intégristes verts, ce qui me porterait à la croire inepte. L’article ci-dessus montre bien que les prophéties sur la fin des énergies fossiles n’étaient que fumisteries.
    Il faut donc que je me procure cet ouvrage qui me livrera ses propres croyances… Je ne suis pas sorti de l’auberge.

  15. oypsilantis

    Je ne suis en rien – vraiment en rien ! – un spécialiste de la question ; mais il y a quelque temps j’ai lu, à l’instigation d’un archéologue, un livre authentiquement scientifique et véritablement fascinant ; je vous le conseille ; il s’intitule « L’homme et les déluges » de Denise et André Capart. Je vous jure que vous aurez du mal à trouver le sommeil après une telle lecture. Où la recherche scientifique et l’épouvantable beauté des cauchemars se rejoignent… Retenez bien : « L’homme et les déluges » de Denise et André Capart !

  16. Kravi (15h19), je vote pour « atteints de suivisme aigu ».
    J’ai écrit un passage à ce sujet dans un de mes livres. Je suis trop pris ce soir, mais je le retrouverai et le mettrai ici en commentaire.

  17. J’ai lu un résumé de l’ouvrage que vous citez oypsilantis. Certains ont fait la même chose avec les températures. Vous oubliez de mentionner la date de parution de l’ouvrage : 1986. Autrement dit, personne (dans le grand public ou les médias) n’avait entendu parler du réchauffement climatique.
    Et le bon sens le plus élémentaire peut nous être fourni par la dénomination « Greenland ». Ceux qui ont les premiers abordé cette île ne l’ont manifestement pas vu sous les glaces. Et ce n’était pas si éloigné de notre époque.

    La carotte de la subvention est importante dans les milieux académiques, Kravi ; les disciples sont ensuite bien conditionnés. Et pour sortir du conditionnement
    Et vous n’êtes pas sans savoir que certain sujets sont totalement façonnés par les médias qui relaient trop souvent les positions extrêmes dans des versions plus édulcorées, plus acceptables et plus sournoises.
    Et puis, souvenons nous de Galilée, seul ou presque, contre la multitude des « savants ».

  18. roturier

    Qu’est-ce qu’un chameau?
    Un cheval dessiné par un comité.

  19. Oui, Kacyj Ier, mais en l’occurrence nous n’avons pas affaire à des Diafoirus. En principe, ces experts ne sont pas gens à ignorer les incertitudes, relatives ou absolues, ni à élucubrer. Y en aurait-il quelques-uns, je ne m’interrogerais pas. Mais voilà : ils sont des centaines. À ce niveau, ce n’est plus du suivi mais du suicide de lemmings.
    J’approuve pleinement votre critique des mensonges médiatiques généralisés. Cette explication me satisfait pour ce qui concerne l’ignorance de mes contemporains (dans laquelle je m’inscris pour ce sujet précis). Elle ne rend pas compte de cette quasi unanimité du monde scientifique.

  20. Je comprends votre point de vue Kravi. Effectivement, le savoir et les compétences de ces scientifiques ne sont pas discutables. Néanmoins, ce ne sont pas eux qui se chargent de la vulgarisation et de la médiatisation. Il faut savoir que certains d’entre eux (peu il est vrai) ont quitté le Giec en raison de leur désaccord avec les conclusions alarmistes des rapports de cet organismes. Bref, en fouillant, je pense que l’on trouverait plusieurs nuances de gris dans les opinions de ces scientifiques. Et aucun ne maîtrise l’ensemble de la chaîne de connaissance nécessaires à la compréhension des phénomènes liés au réchauffement. Plusieurs disciplines cohabitent au sein du GIEC.
    Tout ceci ne signifie pas que je remette en cause ce phénomène de réchauffement. Je n’en sais rien et ne suis pas suffisamment expert pour avoir une position tranchée. Je pense juste qu’il faut être plus prudent que ne l’est le Giec dans les conclusions sur le devenir du climat et surtout des conséquences qui en résulteraient., surtout les conséquences d’ailleurs. Car comme le souligne l’article, l’homme a cette formidable capacité d’adaptation.

  21. oypsilantis

    C’est précisément ce qui m’intéresse, le livre du couple Capart est antérieur à un certain foutoir médiatique. L’enquête est menée scientifiquement, humblement pourrait-on dire, ce qui ce veut pas dire que les scénarios décrits doivent être absolument acceptés comme tels. Une enquête ne vaut que lorsqu’elle reste ouverte. Concernant le foutoir médiatique, je ne puis qu’implorer : Karl Kraus revenez avec vos produits décapants !

  22. QuadPater

    Epstein nous demande d’imaginer un Anglais de 1712, année où Newcomen inventait le moteur à vapeur, transporté à l’époque actuelle. Que pense-t-il, cet homme, de notre monde où 87 % de toute l’énergie est produite à partir de combustibles fossiles ? N’est-il pas surpris de découvrir l’eau potable, l’assainissement, l’amélioration de qualité de l’air, l’allongement de la vie, la disparition de nombreuses maladies, la prospérité matérielle, la mobilité, les loisirs ?

    Ce papy hibernatus constate évidemment le progrès des conditions de vie.
    Certes, ce progrès s’est accompagné d’une énorme augmentation de la consommation d’énergie.
    Mais un phénomène qui en accompagne un autre n’en est pas forcément la cause.
    Le progrès n’aurait d’ailleurs pas été différent si l’énergie avait été d’origine solaire, thermonucléaire ou géothermique plutôt que fossile.
    Il n’y a donc pas de raison que notre aïeul se mette à glorifier l’énergie fossile, surtout quand il va découvrir que les ressources pétrolières sont distribuées de la façon la plus inégalitaire qui soit, obligeant les pays les plus consommateurs à se fournir auprès d’une poignée de dictatures immondes.
    Peut-être même que papy, après avoir constaté le foisonnement de la créativité humaine déployée depuis sa mort, sera stupéfait de voir que 200 ans après son invention le principe du moteur des autos n’a pas changé d’un iota : du pétrole qu’on fait exploser et dont on utilise l’énergie.
    On dirait que dans ce domaine précis il n’y a pas eu de remise en cause, de découverte géniale qui chamboule tout… Mais comme papy et moi ne sommes pas des adeptes de la théorie du complot, nous nous contentons de sourire en hochant la tête devant cette « anomalie ».

  23. Quad,… »Le progrès n’aurait d’ailleurs pas été différent si l’énergie avait été d’origine solaire, thermonucléaire ou géothermique plutôt que fossile. »…
    Certes. Mais le fait est qu’elle a été d’origine fossile.

  24. Voici le passage que vous attendiez avec tant d’impatience 🙂 depuis hier 5 mars 2015 à 16:11. Ce texte est extrait de « Les Mouettes », écrit en 2003. Le doute sur le réchauffement, déjà présent il y a 12 ans, ne s’est pas depuis transformé en certitude !
    « Les experts nous donnent leur avis, et cet avis nous est précieux… dans la mesure où nous ne le prenons pas pour la vérité immuable. A la rigueur, avec les avis de plusieurs experts, a-t-on une petite chance d’arriver à une moyenne approchant de la vérité. Pourquoi donc en est-il ainsi ? C’est que d’abord les experts sont des hommes, il va de soi qu’ils sont donc faillibles, même si notre crédulité naturelle donne envie de les croire parce que nous avons toujours besoin de certitudes pour nous rassurer. On veut croire son médecin comme on veut croire son garagiste, par souci de compenser notre ignorance. Mais ces experts, avec leurs connaissances, leur assurance, et en général la plus parfaite sincérité, sont soumis à mille influences qui nous échappent. Excluant même toute notion d’intérêt, l’ environnement intellectuel du moment les oriente vers des options déterminées auxquelles il leur est presque impossible d’échapper. Un expert en mécanique automobile ayant assisté la veille à un accident grave dû à une panne de frein examinera plus attentivement le circuit de freinage. Il s’agit là de l’influence individuelle d’un événement extérieur, mais les événements de société, à fortiori lorsqu’ils sont très médiatisés, exercent eux aussi leur influence, avec des conséquences plus graves car cette influence touche alors l’ensemble de la profession. En fait ce qui nous est bien souvent donné comme leur avis par les spécialistes, ce n’est pas autre chose que l’opinion collectée auprès de la majorité de leurs collègues. Un exemple entre mille, exemple qui nous concerne tous, touche à l’évolution du climat. Il n’est pas de jour où ne figure un article, où ne paraisse une émission radio ou télévisée, affirmant que nous assistons à un inquiétant « réchauffement de la planète ». C’est probablement vrai, mais parmi les « climatologues » affirmant cette donnée avec une belle assurance, combien se sont penchés réellement sur le problème et sont arrivés à des conclusions indépendantes ? Certainement moins d’une dizaine pour le monde entier, et les autres prennent le relais. La conséquence est que cette évolution du climat donne l’impression de faire l’unanimité de tous les experts, alors qu’elle ne résulte que de l’étude de quelques- uns. De plus, à partir de cette vérité probable, d’autres « experts » attribuent forcément ce réchauffement aux activités humaines et tout le monde emboîte le pas…
    Alors il faut croire en la science, oui, quand il s’agit vraiment de science. Lorsqu’il s’agit de mode, de sens du vent, de conformisme, un peu d’esprit critique est toujours bienvenu. Sans oublier que même la science, quelquefois, donne lieu à rectifications…auxquelles elle sait d’ailleurs fort bien se livrer elle-même.
    Mais quand les hommes sont crédules, ils s’entêtent dans leur crédulité. Anatole France écrivait (« L’Hypnotisme dans la Littérature »): « Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n’auront plus que des crédulités scientifiques ».
    Les petites chroniques ci-après lui sont dédiées.
    « 

  25. mario

    on ne connait pas l’impact du soleil et des océans sur le climat . Ce n’est pas rien quand même.Nos scientifiques ont les mêmes certitudes que les médecins de Molière ou que ceux qui pensaient qu’un passager prenant le train auraient forcément des lésions cérébrales dues à la vitesse.
    Ça va nous coûter la peau des fesses alors que l’on n’ entend que les études du giec.
    Sur le site contrepoint, il y a beaucoup d’articles qui s’opposent à la doxa dominante.
    Et puis quand on arrive à peine à savoir le temps qu’il fera demain, j’ai quelques doutes sur des prévisions dans 10 ans ou plus.

  26. QuadPater

    Mario, météo et climat sont des entités bizarres. On a des doutes sur le temps qu’il fera dans 3 jours mais on sait de façon quasi certaine qu’il fera plus chaud le 10 août que le 3 janvier !

  27. Lu dans le dernier National Geog un très intéressant article sur les vérités/croyances scientifiques/personnelles. Trop long pour recopier.
    Mais le remarquable est que l’auteur, parlant du giec, prenait la précaution de dire que certes, tout ce petit monde était d’accord sur le fait du réchauffement, mais que certains [mauvais esprits] ne l’attribuaient pas — de façon prédominante — à l’activité humaine. Ce qui en effet est loin d’être prouvé.

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