Victimisation

victim
« Queer theory » : dernière invention liant la victimisation des homosexuels à celle de l’immigration illégale (City Journal, mars 2015)

Si un immigrant clandestin s’étonne de voir sa situation analysée sous la rubrique de l’homosexualité, c’est qu’il n’a pas passé beaucoup de temps dans les milieux universitaires, où ce rapprochement jaillit naturellement de l’extraordinaire campagne en cours pour victimiser ces communautés et dénoncer la société américaine actuelle. Une conférence récente au département des sciences politiques de l’UCLA (NDT : université de Los Angeles),  » sans-papiers et homos: domination « queer » dans le mouvement des droits des immigrants, » a attiré l’attention sur les projets de la théorie « queer » tendant à lier les deux situations. Les clandestins comme les homosexuels séropositifs sont victimes  » d’une vue simpliste du comportement individuel « . Leur souffrance, leur mort, selon le professeur invité Cristina Beltrán, sont attribués injustement à leur comportement. Pour les uns, sans doute, le franchissement illégal de la frontière, pour les autres la promiscuité sexuelle à haut risque. La « queer theory », elle, comprend cependant que ces problèmes ne résultent pas d’un comportement volontaire, mais  » du capitalisme mondial, du désir humain, de l’échec du gouvernement.  »

Il y a deux ans, à la suite de railleries dans la presse de droite, l’UCLA avait enterré son projet de centre destiné à enseigner aux clandestins les droits du travail pour les immigrés. Mais la tentation d’apprendre à la population clandestine comment s’inscrire dans la liste, toujours plus longue, des groupes de victimes du système éducatif, reste forte à l’UCLA et ailleurs. Être placé sous l’égide de la  » théorie queer  » constitue pour cela le moyen rêvé. Non sans ironie, Beltrán soulève une contradiction dans la campagne des clandestins contre l’État : les militants dénoncent l’État tout en cherchant à profiter de ses ressources. Sur ce dernier point ils réussissent toujours ! Selon le New York Times, les communautés à travers le pays ont  » encore du mal à absorber  » la hausse du nombre de clandestins au cours de l’été dernier, qui a amené les systèmes locaux de santé et d’éducation au point de rupture.

Cristina Beltrán souligne deux aspects clés de la culture actuelle de l’université. D’une part, le concept de responsabilité personnelle est totalement tabou lorsqu’il s’agit des groupes de victimes officiellement reconnus : si les clandestins ne jouissent pas encore de tous les droits et privilèges des citoyens légalement présents dans le pays, cela n’a rien à voir avec leur propre décision de transgresser les lois sur l’immigration. Leur situation en infraction à la loi est le produit de forces qui les dépassent, et les problèmes découlant de leur statut d’illégalité ne sont dus qu’à  » l’inaction et l’indifférence du gouvernement « . Ce déni de la responsabilité individuelle est particulièrement pernicieux lorsqu’il est utilisé pour expliquer les différences raciales en matière de réussite et d’incarcération.

La deuxième caractéristique de la culture académique actuelle est le réflexe d’opposition qui imprègne toute réflexion générale, de même que la plupart des sciences sociales. On en vient systématiquement à trouver oppression et injustice, dit Beltrán, dans  » l’état, ses dirigeants, ses idéaux et ses institutions « . La critique sociale est évidemment un travail universitaire légitime, tant qu’il repose sur une solide base historique et factuelle. Mais fonder une théorie sur l’identité d’aujourd’hui, c’est remplacer faits et analyse par une vision du monde selon sa propre définition . La victimisation est un credo quasi-religieux qui motive et donne un sens à l’action individuelle. Si vous ne croyez pas que la société occidentale est de nature sexiste, raciste, homophobe, et faite pour les hétéros, vous vous trouverez en contradiction avec les normes du campus. Peu importe que la prospérité qui permet des discussions sur  » la souveraineté queering  » est le produit  » des idéaux et des institutions  » occidentaux. Tant que les anciens étudiants et autres bailleurs de fonds seront prêts à se faire mordre la main en nourrissant cette débauche de récriminations bien-pensantes, la théorie bisou-nounours autour de l’identité d’aujourd’hui ne fera que s’aggraver.

Heather Mac Donald est «  contributing editor «  de City Journal et «  Thomas W. Smith Fellow «  au Manhattan Institute.

Traduction & adaptation pour Antidoxe : Impat

22 Commentaires

  1. roturier

    Très bon texte.
    Personne ne commente. Cela est peut-être dû à l’effet sédatif de la polémique sur le fil précédent.
    Mea inter alia culpa.

  2. Lisa

    Mais non Roturier, pas de culpabilisation typiquement judeo-chrétienne d’ailleurs, pas de cela chez nos chers amis musulmans, ça y est on retourne sur l’autre fil.
    Non, mais c’est peut-être qu’entre le politiquement correct sur l’islam plus le politiquement correct pour les victimes de tout poil, on est coit de découragement devant les désastres annoncés.

  3. roturier

    Effectivement.
    L’Islam, surtout sunnite, bat sa coulpe sur la poitrine d’autrui; c’est toujours la faute des autres.
    Les anglophones disent « finger pointing ».
    Certains commencent à se rendre compte: http://www.impact24.info/?p=5487

  4. Pour ma part, le nom de l’auteur me conduit à considérer mes enfants et petits-enfants comme des victimes de la mal-bouffe. Et je trouve ça bien triste…

  5. roturier

    Mac Donald… Vénérable aristocratie écossaise… les pauvres, on a transformé leur patronyme en chose roturière… Oups…. J’ai oublié comment je m’appelle.

  6. QuadPater

    Le gauchon est mal à l’aise avec la notion de responsabilité individuelle et son corollaire, la tendance à partager le monde entre victimes et bourreaux.
    C’est un des meilleurs critères de discrimination gauche-droite : moins on accorde d’importance à la responsabilité des individus, plus on est de gauche.
    Oui, enfin sauf quand l’individu n’est pas classé comme victime.
    Le sujet des clandestins en France en est une belle illustration. Le mot d’abord. « Sans papiers » !
    Sous-entendu, s’ils n’ont pas de papiers c’est qu’on (l’État) ne leur en a pas donné, d’où la critique facile de la carence dudit état, bien mise en valeur dans l’article.
    À aucun moment un sans-papier – multi-victime ! d’un rejet administratif, de brimades policières, du racisme de ses voisins et de l’exploitation du patronat – ne peut être considéré comme délinquant.
    Cette manie de rejeter la responsabilité sur la société est incarnée de façon pure chez Taubira, mais aussi chez le cégétiste de base.
    À l’opposé il devient indispensable (toujours selon le gauchon) de parler de responsabilité individuelle quand l’individu en question n’en a strictement aucune. Sur les actes de ses ancêtres présumés, par exemple. Moi Pied-Noir, donc colon (un bonjour en passant à l’amalgame), donc fils et petit-fils et arrière.. de colons, donc bourreau, la guerre d’Algérie c’était ma faute.
    L’ADN des gauchons est trop imbibé de la phobie de l’Homme Responsable de ses actes pour qu’on puisse envisager une cure.

  7. desavy

    Si personne ne commente (c’est moins vrai maintenant), c’est peut-être parce que le « queer » est un micro-phénomène comme il en existe des millions d’autres.

    Quad, vous avez raison… Les amalgames…

    Sinon, je pensais à un truc (j’enrichis mon vocabulaire) : nous avons eu Tonton, les Israéliens ont Bibi. Ce n’est pas un peu régressif, tout ça ?

  8. Souris donc

    Quad, la minorité est forcément opprimée, c’est dans les canons de la pensée gauchiotte.
    Hier, à propos du musée de Tunis, Daesh qui connait bien nos failles, menace de nous expédier d’un coup 500 000 clandestins si nous mouftons, par exemple en leur expédiant quelques bombes sur le coin de la gueule.

  9. desavy

    Je suis l’anonyme du 18 mars… Problème de connexion, je pense.

  10. QuadPater

    Anonyme, levez la main droite et dites moi votre pseudo, que je répare cela. 😉

  11. desavy

    Vous êtes trop bon Quad 🙂

  12. QuadPater

    la minorité est forcément opprimée

    (Souris)
    pas forcément, il faut aussi qu’elle soit estampillée victime (du Grand Kapital, des beaufs ou de la société) et qu’elle dispose de peu de revenus officiels.
    Exemple : les dealers sont opprimés, mais pas les patrons.

  13. Souris donc

    Non seulement le dealer est opprimé, mais s’il deale (s’adonne à l’économie informelle), c’est que nous l’avons enfermé dans le ghetto et discriminé à l’embauche. Le dealer rêve d’être caissier au Leroymerlin,. Faute de mieux, il est contraint de s’acheter la Ferrari, de s’afficher avec la bombasse classieuse, les vêtements de marque et le collier en or pur.

  14. QuadPater

    Souris j’ai rarement vu autant de victimes dans une même vidéo. C’est quoi ? un mariage ?

  15. Souris donc

    Aucune idée. C’est à Bondy, devant la gare. A part le chœur d’enfants et le bondyblog, je ne vois pas en quoi Bondy se distingue des communes du 9-3. Je suppose que les racailles de la minorité opprimée victimisée mais agressive profitent de notre naïveté citoyenne, comme partout ailleurs.

  16. Souris donc

    Je serais cogne de la Bac 93 ou agent du fisc, je confisquerais toute la flotte de grosses cylindrées et je recyclerais le tout au profit des unités traquant les go fast, à la place des poussives Peugeot hors d’âge qu’ils ont.

  17. roturier

    Avis de recherches.
    Vers la minute 1 on voit clairement pendant qq secondes un drapeau.
    Tricolor mais non français, avec une étoile ou un autre symbole au milieu.
    Identification du drapeu?

  18. Souris donc

    Mali ?

  19. grandgil

    En gros ce fil tout comme l’article exonère les uns et les autres de leur rejet de l’autre car autre. Ce n’est pas parce qu’il y a du politiquement correct qu’il n’y a pas de victimes de l’homophobie, la plupart des homos en province, dans les bleds généralement, ce n’est pas parce qu’il y a le masochisme mémoriel qu’il n’y a pas eu de victimes du racisme, mais c’est tellement mieux de croire qu’expectorer sa haine contre les « pédés » ou les z-étrangers c’est teeellement politique incorrect…

    Il y a d’ailleurs une hypocrisie boboe aussi sur l’homophobie

    http://mesterressaintes.hautetfort.com/archive/2014/02/02/homophiles-homophobes-et-hypocrites-5287915.html

  20. roturier

    Et l’hémophilie dans tout ça?

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