L’illogisme de Piketty

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Si les gouvernements sont tellement ineptes, pourquoi leur faire confiance en leur laissant le pouvoir de redistribuer la richesse ?(City Journal, 8 avril 2015 )

Thomas Piketty se dit favorable à un rôle gouvernemental réduit… mais seulement pour les sujets sans importance. À l’occasion de la nouvelle année, l’économiste et auteur du très controversé Le capital au XXIe siècle a refusé avec désinvolture la plus haute distinction de son pays, la Légion d’Honneur. « Je ne pense pas qu’il appartienne au gouvernement de décider qui est honorable » a-t-il expliqué.

Presque tout le monde accepte les honneurs du gouvernement; le refus de Piketty le met en compagnie de Jean-Paul Sartre. On aurait pu penser, plutôt, que Piketty serait fier de se trouver en compagnie des 690 autres lauréats de l’année, parmi lesquels deux anciens combattants anglais de la Seconde Guerre mondiale, un peintre américain, et une infirmière française rescapée d’Ebola. Apparemment, Piketty pense que son gouvernement n’est pas assez intelligent pour faire deux choses à la fois. « Ils feraient mieux de se concentrer sur le renforcement de la croissance en France et en Europe, » dit-il..

Mais si le gouvernement n’est pas capable d’attribuer des récompenses et en même temps d’alimenter l’économie, comment Piketty peut-il croire en la compétence de ce gouvernement pour appliquer ses prescriptions politiques compliquées ? Dans une mise à jour de son livre, Piketty s’en tient à ses propositions économiques : « un impôt progressif sur le revenu du travail et un impôt progressif sur la richesse héritée. » L’impôt progressif sur les salaires, naturellement les pays occidentaux l’ont déjà. Quant à la vision de Piketty concernant une taxe sur la richesse héritée, elle est extrêmement compliquée. Ce qu’il appelle une « simple règle de base » impliquerait d’adapter les taux d’imposition au gradient de richesse des différentes classes sociales. Si les gens de la liste Forbes s’enrichissent plus rapidement il faudrait augmenter leur taux d’imposition de 5 % par an, ou davantage, afin de »stabiliser le niveau de concentration de la richesse ». Piketty note bien que déterminer à quel point les gens riches le sont vraiment exigerait « plus de transparence financière », une « meilleure information sur revenu et l’accroissement de richesse »et une « meilleure coordination fiscale internationale ».

Ce n’est pas très rassurant, et il n’imagine pas toutes difficultés à la clé.. Que faire si la fortune d’une personne riche est investie dans une société non cotée en bourse, dont la valeur s’écroule si son propriétaire la met soudainement en vente ? Que faire si une personne riche fait don de sa fortune à une œuvre de charité et, le cas échéant, le type d’œuvre de charité doit-il être pris en considération ? Compte tenu de son point de vue de la capacité du gouvernement à distribuer des prix, il est étrange que Piketty lui fasse tellement confiance pour évaluer une telle richesse en constante évolution sans poser plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Mais Piketty peut avoir une raison plus prosaïque de refuser la Légion d’Honneur : se dissocier de la politique économique incertaine du président François Hollande. Pourtant, Hollande s’est fait élire en promettant, tel un Piketty, un taux de 75 % d’impôt sur le revenu pour les riches, taxe maintenant abandonnée car n’ayant rien apporté au budget, rien résolu quant à la stagnation économique du pays, et s’étant heurtée à des difficultés juridiques. Hollande se tourne maintenant vers des solutions moins étatistes, telles que l’autorisation aux magasins d’ouvrir douze dimanches par an au lieu de cinq. Quelles que soient les motivations de Piketty, en tout cas, il est frappant de constater qu’il refuse le plus beau compliment de son gouvernement en même temps qu’il demande instamment à ce même gouvernement de creuser comme jamais dans les poches des gens.

Nicole Gelinas est « contributing editor » au City Journal, « Searle Freedom Trust Fellow«  au Manhattan Institute, et auteur de After the Fall: Saving Capitalism from Wall Street—and Washington.

Traduction et adaptation pour Antidoxe : Impat

63 Commentaires

  1. Souris donc

    Personnellement, rien que le mot Piketty me gave d’avance. Les Américains ont dû se payer le grand frisson de la french touch économique mâtinée de bolchevisme, et Contrepoints en a tiré une centaine d’articles plus ennuyeux les uns que les autres. Sauf celui de notre Kaplan, ça va de soi.
    http://www.contrepoints.org/?s=piketty

  2. QuadPater

    Il y a bien longtemps j’avais dit à mes parents que ce n’était pas juste que certains aient plus d’argent que d’autres, qu’il fallait que le Président (de Gaulle à l’époque, chef suprême omnipotent à mes yeux éblouis), aidé par la Police, donne le même salaire à tout le monde.
    On voit que dès mon plus jeune âge je possédais déjà les compétences et la subtilité d’un économiste socialiste !
    … voire communiste ! Souvenez-vous de Jojo… Au-dessus de 4 millions je prends tout !

    Note à mon biographe : la citation datée de l’époque « quand ch’ra grand ch’ra Piketty » est apocryphe.

  3. Souris donc

    « Aidé par la Police », Quad, il y avait en vous du visionnaire.
    Ah Marhais, ses valises, ses prestations télévisées.
    Les parents Souris étaient plutôt des ultralibéraux. « Donne 50 francs à chacun, le lendemain ils seront déjà inégaux, l’un aura tout gaspillé et l’autre économisé ». Il va sans dire qu’il y avait une critique implicite des folles dépenses en rouleaux de réglisse avec la petite bille au milieu. Avant la Kindersurprise et la fraise Tagada. L’argent de poche n’existait pas, il aurait plus manqué que ça. Il fallait se le gagner. Avec la consigne des bouteilles, l’arrachage des mauvaises herbes et autres petits jobs où nous étions honteusement exploités dans la bonne logique capitaliste.

  4. Une chose que je m’explique mal, est l’engouement dont ce Piketty a fait l’objet récemment aux États-Unis. Il prône en matière économique tout ce qu’il ne faut pas faire, et que « Thanks God » ils ne font pas.
    Le plaisir de voir expliqué l’enfer (économique) alors qu’on vit au paradis (économique) ?

  5. Sans oublier le sou de la petite souris en échange de la dent, et celui du bon point, vous savez celui de  » Et qui paraît ne plus avoir de peine. Quand je lui mets un bon point dans la main. »

  6. Je m’adressais à Souris donc

  7. Souris donc

    Zozio
    Ah oui, la petite souris, elle traverse les âges.

    Impat
    L’engouement pour ce Piketty ?
    Les Américains ont découvert le pipotron du Socialisme Millénaire

    Valeurs de la République
    Pacte de Responsabilité
    Choc de Simplification
    Grande Remise à Plat Fiscale
    Trajectoire de Compétitivité
    Emplois d’Avenir
    Conseil Stratégique de l’Attractivité
    Marche Républicaine
    Progrès Social
    Intérêt Général
    Liberté Durable
    Egalité Citoyenne
    Dialogue Responsable
    Vivre Ensemble
    Islam Modéré
    Jardin Partagé
    Vélib

  8. La chute « Vélib » pour pédaler dans la choucroute ?

  9. -:)))
    A propos de Vélib : mais où est passé Bertrand Delanoë?

  10. Souris donc

    Il courre le gueux en Tunisie, Zozio.

    Vélib est une valeur absolue, Impat. Qui ne saurait s’accommoder d’un qualificatif. Le vélib est dévolu à la race supérieure donneuse de leçons.

  11. La valeur du vélib…
    C’est bien cet engin écolo qui marche à l’électricité d’origine nucléaire ?

  12. Souris donc

    Manque :
    Justes revendications
    Respectueux de l’environnement
    Cépasalislam

    C’est le vélo du facteur qui marche à l’électricité, Impat. A moins qu’ils aient amélioré le vélib à mesure que le parc se retrouvait délocalisé en Roumanie suite à une petite délinquance aussi astucieuse que redistributive ?

  13. QuadPater

    Redistributive !
    Eco-diversifié
    Gay friendly

  14. Il manque aussi :
    Particules fines
    Rouler en alternance
    Stigmatisation
    Apartheid
    Genre/gender
    Victime
    Et un certain nombre de mots se terminant par « phobe » ou « phobie ».

  15. Et surtout le plus important :padamalgame

  16. QuadPater

    l’autorisation aux magasins d’ouvrir douze dimanches par an au lieu de cinq.

    L’audace du législateur me laisse coi. 7 dimanches en plus !
    Vaguement intrigué par la complexité des règles, je suis allé voir ici –> http://vosdroits.service-public.fr/professionnels-entreprises/F22606.xhtml
    C’est pire que tout ce qu’on peut imaginer. Je ne peux en faire une critique fouillée, ne serait-ce que par incompétence.
    Cependant sans vouloir refaire le monde il me semble que le principe de base est mauvais : c’est interdit, sauf… (ici insérer des centaines de dérogations et d’exceptions aux dérogations, à part si et si…)
    Or une transgression de la loi n’induit pas un risque majeur pour les salariés ni qui que ce soit.
    Il eut été bien plus pragmatique d’autoriser l’ouverture des commerces tous les jours sauf. Et quand on tombe sur un cas où l’ouverture d’un commerce précis le dimanche a des conséquences économiques, sociales, sanitaires… épouvantables, eh bien on crée une exception.
    Et qu’on foute la paix aux commerçants sans salariés sur leurs heures et jours d’ouverture ! Pourquoi empêcher les gens de tenter de gagner de l’argent ?

  17. Vous n’y êtes pas, Quad. L’argent c’est sale. Cette saleté en France ne devient noble que si c’est l’État qui le distribue.
    Quant au point que vous soulevez, à propos du travail le dimanche « interdit sauf », présenter comme une réforme le passage de 5 à 12 dimanches est d’un ridicule qui me fait honte. Comment ne pas conseiller aux jeunes gens d’aller s’établir ailleurs ?
    Mais pour ceux qui restent, « vivement autre chose » !

  18. Souris donc

    L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes.
    (La Mitte au Congrès d’Epinay quand il a fait main basse sur le PS pour servir ses desseins politiques)

    Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance.
    (Hollande au Bourget en 2012)

    La socialope a 3 obsessions : l’argent, le sexe et la race.
    TOUTES les mesures prises jusque là s’y rattachent. Le politiquement correct, le communautarisme et le puritanisme américains ne pouvaient que lui plaire. Pour notre plus grand malheur, ça se traduit par big brother et un surcroit de bureaucratie et de taxes.

  19. Bien vu Souris. Il est beaucoup de bonnes choses à tirer des États-Unis, et beaucoup de mauvaises. Hollande et ses sbires ont opté pour ces dernières.

  20. Il ne vous reste plus qu’à lire
    Liberal fascisme de Jonah Goldberg
    Et les chroniques de Charles Krauthammer, Thomas Sowell

  21. QuadPater

    Impat
    « L’argent c’est sale. Cette saleté en France ne devient noble que si c’est l’État qui le distribue. »
    Si vous voulez, sauf que ce n’est jamais exprimé ainsi.

    Ne pourrait-on envisager d’embaucher sur Antidoxe un Gauchard de Référence, chargé de défendre le point de vue officiel socialo dans les commentaires¹ ?

    Attention ! Un seul !! car à plusieurs ils ont tendance à s’entrecomplimenter au sein de la Meute et insulter le reste du monde.

    Ça doit bien exister, un pas cher mais qui sache s’exprimer ? Un PS battu aux départementales, peut-être… ?
    ——————-
    ¹ oui, dans les commentaires. Je ne veux pas quelqu’un qui ponde son article et qui se sauve, genre journalo à l’Obs. De l’interaction !

  22. Quad, en auriez-vous un, ou une, sous la main ? 🙂

  23. pjolibert

    Je vous mettrai demain un passage très amusant d’un sociologue de gauche à propos de Piketty, qui est assez mal vu, apparemment, par pas mal de gens de gauche en France.
    Mais là j’ai pas le temps, y a Viggo Mortensen à poils sur Arte. Et comme je suis très puritain, je vais regarder.

  24. QuadPater

    Impat, hélas non. Je rêve pourtant d’importer ici un bon gauchon bien épais, bien teigneux tel que politshouk que j’ai découvert récemment dans les commentaires de Causeur (je peux le citer ce n’est qu’un pseudo).

  25. QuadPater,
    Vous cherchez un punchingball ?
    🙂

  26. QuadPater

    Non ami Patrick. J’aurais juste aimé qu’un petit gauchon rose-PS m’expliquât pourquoi les patrons d’une boîte sans salariés ne peuvent pas faire marcher leur business autant d’heures dans la journée et de jours par an qu’ils le souhaitent.
    J’ai des questions comme ça dans divers domaines. À poser entre autres à un connaisseur de la philosophie du code du travail, à un expert de la psychologie des juges, à un explorateur des milieux militants socialistes…
    ———
    Entreprise : dès qu’il y a des salariés on entre dans la 4è dimension.
    Un contrat passé entre deux adultes consentants et respecté par les deux parties ne devrait pas être contesté. Or un gamin de 20 ans n’a pas le droit de travailler systématiquement 6j par semaine dont le dimanche. Même s’il est volontaire. Même s’il est enthousiaste devant l’idée de se faire de la thune quelques années avant de partir faire le tour du monde. Même si son patron est d’accord et que ça l’arrange.
    Même si ça ne fait du tort à personne, eh bien ça dérange le législateur.
    De quoi je me mêle ?
    Quand on met un peu le nez là dedans notre cerveau s’engourdit lentement, se paralyse, on se sent infiltré par du kafka concentré, du jus d’orwell glacé, on n’a qu’une envie c’est de crier « de l’air, de l’air ! vivement autre chose ! »

  27. Souris donc

    Il n’y a pas de philosophie du code du travail, Quad. Il y a une bureaucratie qui s’autoalimente. Avec le culte du formulaire. Il y a quelques années, on a voulu être inattaquable. Donc retirer aux fonctionnaires subalternes toute forme d’interprétation et de décision contestable. Au départ, ça concernait l’urbanisme et les marchés publics, puis ça s’est étendu à tous les domaines.
    Ça s’appelle le contrôle de légalité.
    Deux gros mots accolés, contrôle et légalité, qui gonflaient d’importance les fonctionnaires subalternes en leur faisant vaguement peur de se retrouver au tribunal si la bonne case du formulaire leur a échappé.
    Dans la réalité, ça consiste à :
    Disposer de deux corbeilles
    1. Si les bonnes cases sont cochées et les bons justificatifs fournis, le courrier part dans la corbeille A pour traitement du dossier par le fonctionnaire suivant. Qui, à son tour, etc.
    2. Si une case n’est pas cochée comme il faut ou qu’il manque le bon justificatif, il part dans la corbeille B et retour à l’envoyeur avec une lettre-type approximative. De préférence incitant à s’adresser ailleurs.
    Le demandeur est donc baladé de service en service jusqu’au point de départ. Ce qu’on appelle tourner en rond ou tourner en bourrique.
    Un principe initial qui part d’un bon sentiment (assainir les marchés publics) est dévoyé par une bureaucratie pusillanime qui craint le déshonneur de la mauvaise case.
    Courtelinesque. Kafkaïen. La 4ème dimension.

  28. Souris donc

    C’est ce que raconte Guillaume Roquette dans son dernier éditorial du FigMag.

    C’est l’histoire d’un jeune cuisinier de 22 ans de Boulogne-sur-Mer qui rêvait de se mettre à son compte. A 22 ans, diplôme professionnel en poche, il a investi ses économies dans une camionnette de restauration ambulante (food truck) afin d’aller vendre ses petits plats sur le parking de la zone industrielle locale. Pour y stationner, raconte-t-il au quotidien La Voix du Nord, « j’ai fait une demande à la chambre de commerce et d’industrie qui m’a envoyé sur le port, puis sur la mairie, qui, elle, m’a orienté vers le conseil général. Là-bas on m’a dit qu’il fallait que je voie avec le conseil régional qui m’a renvoyé…sur la chambre de commerce. » Après 3 mois de ce manège, il vient de jeter l’éponge; son camion est à vendre sur LeBonCoin.

  29. Souris,… »Il n’y a pas de philosophie du code du travail, Quad. Il y a une bureaucratie qui s’autoalimente. »…
    Je crois qu’il y a les deux. La bureaucratie telle que vous la décrivez (et même pire, vous êtes trop gentille) et aussi la « philosophie » de protection du faible, vu comme le salarié exploité par le fort vu comme le salaud d’entrepreneur. Philosophie socialiste consistant à faire en sorte que l’employé soit ultra protégé mais n’ait pas d’emploi, que le locataire soit ultra protégé mais n’ait pas de logement, etc.

  30. Souris (9h16). Une histoire semblable à celle de votre cuisinier, à plus grande échelle.
    Un ami libanais voulait créer à Paris une société de transport de fret aérien, style Fed Ex. Après six mois de palabres en France il jette l’éponge, et part monter sa société à Genève. Cinq années plus tard cette société employait 6000 personnes.

  31. Souris donc

    Au courrier de ce jour :

    Vous avez contacté notre Service Client pour faire part de vos suggestions.
    Je transmets immédiatement vos remarques au service concerné et vous assure de l’attachement de La Poste à accorder la plus grande attention à la prise en compte de vos attentes.
    Sensible à votre démarche, je vous remercie de l’intérêt que vous portez à notre offre.
    Je reste à votre écoute.
    Cordialement,
    Le Service Client

    Je ne porte aucun intérêt à aucune offre de La Poste quelle qu’elle soit.
    Je n’ai rien suggéré. Je n’ai aucune attente d’aucune sorte.

  32. … »(La Poste)…accorder la plus grande attention à la prise en compte de vos attentes « …
    Sauf semble-t-il à nos attentes de longues minutes de queue au guichet, n’allant pas jusqu’à les décider à ouvrir les dits guichets en dehors des heures de travail de tout le monde.

  33. Oui, la bureaucratie a son idéologie, car toute pratique a son idéologie. Et toute idéologie est elle-même pratique.
    (décidément je n’aime pas les films de Cronenberg ; enfin, en tout cas c’est bien filmé)
    Bref, voici d’ailleurs ce que Bernard Lahire, sans son essai paru en début d’année sur les rapports entre l’art, l’argent et le sacré, écrit sur Thomas Piketty qu’il juge trop tiède (note 1 en bas de la page 543) :
    « (…) il ne remet pas radicalement en question la notion d’inégalités sociales. Il oppose les inégalités qualifiées d' »extrêmes » ou « insoutenables » aux inégalités « apaisées », « paisibles » ou « soutenables ». Les secondes, censées être « justifiées », se distingueraient ainsi des premières dépourvues de justification. L’auteur laisse clairement entendre que le plus important en démocratie est la justification des inégalités et non leur remise en cause plus générale, et il présuppose l’existence d’inégalités qui seraient « nécessaires à l’intérêt de tous ». Faute de réflexivité et d’objectivation de son rapport à l’objet, la « théorie » de l’économiste se révèle en fin de compte la simple projection de sa propre définition ethnocentrique du mérite individuel (pour qui le travail, scolaire puis professionnel, est plus moral que l’héritage), caractéristique du salarié hautement scolarisé (normalien et économiste) qui trouve naturellement justifiées les inégalités fondées sur le niveau d’études et le degré d’investissement dans le travail, sans expliquer en quoi les privilèges d’une scolarité longue (c’est-à-dire protégée de la violence et de la dureté du monde du travail) devraient justifier un salaire plus élevé que celui des salariés entrés plus rapidement dans le monde du travail, ou en quoi le métier d’enseignant-chercheur fonctionnaire serait plus ou moins utile et devrait être mieux rémunéré que celui de personnel d’entretien, d’ouvrier, d’infirmier ou de professeur des écoles. On pourrait tout aussi bien imaginer qu’un autre économiste défendant des valeurs familiales _ opposées alors à l’individualisme du mérite purement individuel, qui serait vu comme détruisant tout esprit de solidarité familiale intergénérationelle _ donnerait un tout autre sens à l’héritage et proposerait une tout autre vision du monde et de ses inégalités. Dans tous les cas, de tels chercheurs limitent inconsciemment ou consciemment leur propos alors que rien ne leur interdirait de poursuivre l’interrogation et de remettre en question les idéologies ou les morales qui structurent leur point de vue et restreignent leur investigation ».
    En fait j’ai adopté une tactique peu efficace : j’aurais mieux fait de ne rien annoncer, de découper le texte un peu autrement, et de laisser croire d’abord que c’était d’un penseur de droite. On aurait vu l’effet. Car on retrouve exactement ici le malheureux camionneur-pizza prisonnier de l’idéologie des fonctionnaires diplômés grâce à l’école.

  34. Je suis sans doute un peu hors sujet, mais je ne résiste pas à l’envie de vous inviter à écouter cette émission de qualité. Durée : 26 minutes.
    On y évoque le racisme contre les « faces de craies », certains contenus haineux de rap, l’entreprise de démolition du collège présentée sous le nom de « réforme des collèges », la suppression des « humanités », l’enseignement facultatif de la pensée humaniste, mais obligatoire sur le développement de l’islam etc.

  35. Souris donc

    Pierre, je hasarderais que la scolarité longue (mais pas toujours) peut doter d’une capacité plus pointue en termes de plus-value pour l’entreprise, et donc pour l’ensemble du personnel qui y travaille, peu qualifié ou non. La morale (« Il a eu la chance de pouvoir faire des études ») perturbe le raisonnement. Ben oui, il a eu la chance, et d’autres sont allés se la chercher, leur chance, à coup de jobs pour les financer.
    Et puisqu’on fait la morale, je dirais que le Français a une aversion au risque et à l’initiative.
    L’idéal pour ses enfants est une place de fonctionnaire. Le contrôle de légalité, en focalisant sur la case à cocher, vise à empêcher la corruption, bien sûr, mais surtout dissuade le fonctionnaire de prendre des initiatives. Donc la bureaucratie convient au Français, même s’il râle. Il accepte le chômage de masse qui est la contrepartie de la sécurité et des privilèges d’un groupe social…qui vote à gauche et déplore les inégalités…

  36. Je ne sais rien sur cette plus-value. Evidemment, j’aurais tendance a priori à dire que la longue scolarité donne de la plus-value parce que les gens croient a priori que la longue scolarité a plus de valeur.
    Entièrement d’accord pour la suite. Mais comme j’aimerais que votre phrase « il accepte le chômage de masse » soit parfaitement et certainement vraie, je veux dire le « il accepte ». Car accepte-t-il ? Les médias et les politiques, en tout cas, considèrent le chômage comme un « problème » isolé du système que vous décrivez (emploi protégé) et à « résoudre ». Evidemment vous précisez immédiatement : « il râle ». Autant dire qu’il râle contre son diabète en bouffant trois éclairs au chocolat d’affilée (métaphore organique pour éviter les causes chéries des effets rejetés).
    Mais peut-être que beaucoup de Français, plus nombreux que je ne crois, savent très bien que le chômage de masse fait partie de leur système idéal comme organe indispensable, et votent pour de vraies raisons cachées en faisant semblant de croire et en laissant dire aux medias que le problème c’est le chômage.

  37. pjolibert, … »savent très bien que le chômage de masse fait partie de leur système idéal comme organe indispensable »…
    Votre phrase me laisse… rêveur. Je ne suis pas sûr de bien la comprendre. « savent très bien » doit-il être lu « croient bien » ?

  38. J’ai bel et bien voulu dire que les gens qui ne rêvent que de CDI ou de fonction publique ou de statut stable de façon générale, savent très bien ou devraient très bien savoir que le chômage de masse fait partie de leur système.
    Ecoutez Impat, je ne connais rien en économie globale, ce que je sais c’est que les exploitants de fruits près de chez moi, prisonniers des prix imposés par la distribution et les x intermédiaires, embauchent pour les récoltes des étrangers, parce que les types du cru préfèrent les minima sociaux et se lever après 8 h. J’ai tendance à extrapoler de ça que oui, comme dit Souris, le Français accepte le chômage de masse, il sait très bien que ça fait partie de son système et de sa mentalité. Et je le sais très bien parce que j’ai moi-même horreur du risque et de l’initiative, par reproduction et accoutumance.
    Je suppose que vous voudriez me parler des jeunes cadres ou ingénieurs ou je ne sais quoi qui eux veulent travailler mais ne peuvent pas en France à cause de l’Etat et tout ça. Soit, vérifions bien qu’ils veulent bel et bien tout changer (et dans le cas que je cite au dessus : travail pour tous / moins de protection / prix de la nourriture élevés, et… ah zut, que sont devenus tous les grossistes, intermédiaires et autres détaillants… au chômage ?)

  39. QuadPater

    les types du cru préfèrent les minima sociaux

    Vos exploitants paient moins que les minima sociaux, 500 € mensuels ?

    le Français accepte le chômage de masse

    Le Français qui travaille, vous voulez dire. Vae victis, murmure-t-il en croisant les doigts. Celui qui est au chômage, lui, ne peut pas.

  40. De tout ce que je vois et ce que j’entends, je ne pense pas du tout que les Français « acceptent » le chômage de masse. Je pense au contraire qu’ils le déplorent et le placent en tête de leurs problèmes. En revanche ils croient ce chômage de masse inéluctable, ils se laissent berner par des phrases du type « on a tout essayé » de Mitterrand, ou « c’est ma priorité » de Hollande.
    De mémoire courte, ils ont oublié qu’en 2006/2007, donc il y a moins de 10 ans, le chômage baissait et qu’on commençait à lire des articles dans la grande presse annonçant le plein emploi.
    De vue basse ils ignorent que le monde est maintenant en après crise, que le chômage depuis 2 ans diminue fortement partout. Partout sauf en France où il augmente…Et comme ils ignorent cette comparaison, ils ne s’en demandent pas la raison.

  41. Souris donc

    Michel Godet et la dame de la CGPME expliquent ce phénomène dans ma vidéo supra. Les Français se sont laissé anesthésier par le discours stéréotypé de la gauche qui coïncide avec les cases à cocher de la bureaucratie.
    Le plus choquant de tout est que les syndicats « défendent » les privilèges des nantis (SNCF, EDF, fonction publique), alors que la priorité absolue devrait être la défense du chômeur et l’interpellation du gouvernement encore et toujours sur ce problème.

    Effet escompté du stéréotype martelé par la gauchiotte :
    Ruth Elkrief organise tous les jours un débat contradictoire gauche/droite. Hier, bien sûr, le naufrage des 700 clandestins. Un député PS, Jérôme Guedj, et un FN dont je n’ai pas saisi le nom.
    Jérôme Guedj n’a eu de cesse de tirer le débat sur le terrain d’une morale à deux balles qui lui a permis par antiphrase de disqualifier le FN (qui manque d’humanité, de générosité, de compassion, bref, un ramassis de racistes et de nazis prêts à envoyer par le fond des Pauvres, pour se crisper sur leur égoïsme identitaire).

    C’est la stratégie permanente du PS. Sortir les énormités qui provoquent les milieux populaires pour faire monter le FN afin de se retrouver dans la configuration FNPS en 2017.

  42. Souris donc

    Ce jour est discuté une nouvelle usine à gaz sur l’emploi (pardon, « le dialogue social »). Si vous y comprenez quelque chose. Au détour d’une phrase, on voit qu’il est question de sécuriser le parcours des …délégués syndicaux, déjà ultra-intouchables.
    http://tempsreel.nouvelobs.com/social/20150422.OBS7707/ce-que-veut-changer-le-projet-de-loi-sur-le-dialogue-social.html

  43. Quad pater : je ne fais que répéter ce qu’un parent d’exploitant m’a dit.
    Non, ils paient plus, mais je parle d’un travail saisonnier, et les non embauchés veulent faire pression aussi, et ils voudraient être payés encore plus, les cultivateurs ne payent pas encore plus parce qu’ils ne le peuvent pas (pression aux prix bas des hypermarchés / possibilité de faire venir des cars espagnols à équipages très très diversifiés) et les non embauchés ne se font pas embaucher parce qu’ils n’ont pas spécialement besoin de gagner plus non plus (puisque le coût de la vie en hypermarché baisse), ni l’envie de se lever bien plus tôt que d’habitude (je répète ce que j’ai entendu).
    Dans un pays de statuts, chômeur est également un statut. Mais peut-être tout ce que je dis est idéologie liée à mon propre statut.
    Je pense néanmoins que si vous voulez changer ça, il faut changer le TOUT, et pas se contenter de dire aux gens : « il faut régler le problème du chômage », ni même « il faut virer le PS et les fonctionnaires », enjeu en apparence plus large.

  44. pjolibert, …« il faut régler le problème du chômage », ni même « il faut virer le PS et les fonctionnaires » …
    Vous n’avez pas tort, mais vos deux « entre guillemets » sont un peu pléonastiques. 🙂

  45. pjolibert

    … ce qui, au fait, provoquera du chômage.
    Il me semble bien qu’une collègue et amie allemande, mais que je n’ai pas contactée depuis bien des années, m’avait dit que les professeurs de doctrine marxiste au lycée en RDA avaient été tout simplement virés après la réunification (un peu comme celui qu’on voit déprimer chez lui dans Good bye Lenin), est-ce techniquement vrai ? en tout cas s’ils ne se sont pas adaptés au nouveau système, ils se sont au moins indirectement retrouvés au chômage. Que va-ce être si beaucoup de monde me ressemble.
    Donc, oui, dites : « nous allons changer votre mentalité et virer le PS », mais ne dites pas « nous allons diminuer le chômage » puisque ce sera vrai pour l’essentiel mais peut-être arithmétiquement inexact !

  46. QuadPater

    Bigre.
    Je ne bois pas, ne consomme pas de substances illicites, je bénéficie d’un QI très acceptable, mon vocabulaire français est raisonnablement étendu et je ne souffre d’aucun déficit cognitif.
    Pourtant je vous avoue M. pjolibert que je ne comprends pas grand chose à vos interventions.
    Chaque mot pris individuellement, oui, mais leur succession, non.
    J’en suis fort dérouté.

  47. pjolibert,… »ce sera vrai pour l’essentiel mais peut-être arithmétiquement inexact »…
    Pourquoi arithmétiquement inexact ? Virer le PS ferait très arithmétiquement, très réellement, très concrètement, très très, diminuer le chômage. Lequel deviendrait vite très passé, comme il l’est aux États-Unis et en Grande Bretagne par exemple.

  48. non mais là je terminais vraiment en plaisanterie.
    Hé c’est vous Impat qui m’avez dit qu’il était pléonastique de dire « baisser le chômage » et « virer les fonctionnaires et le PS ». Je rebondis donc sur « virer les fonctionnaires » ou au moins dégraisser. Ah, vous pensiez seulement à un non remplacement de départs à la retraite ?
    Quad pater : je ne fais que concevoir, par plaisanterie, un effet de ce que Souris et bien d’autres voient comme rejet du risque et de l’initiative : comment voulez-vous que quelqu’un comme moi d’accoutumé à son travail sans risque puisse trouver quoi faire dans l’autre monde ? les gens comme moi seraient forcément au chômage avec une fonction publique réduite au strict minimum.

  49. QuadPater

    Optimiste Impat ! Vous savez bien que virer (quoi, « virer » ? arracher, extirper plutôt) le PS ne suffirait hélas pas. On retrouverait encore des fonctionnaires partout, encastrés dans les bureaux par les griffes et les dents.
    Je vois Roro qui ouvre un œil… Oui nous sommes d’accord là dessus.
    Par quoi voulez-vous remplacer le PS ? Par les Républicains* ? Attention, de là aussi il faudrait extirper les socialistes…. C’est pas gagné mon Impat.
    Et le programme, où est-il ? enfin les engagements sur ce qui nous bouffe.
    Les 35 heures… ? les impôts… ? la retraite à 60 ans… ? le régime amaigrissant du code du travail… ? le regroupement familial… ? le mariage-moi-l’nœud de Taubiwa… ?

    —————————————-
    * je trouve ce nom aussi formidablement bien trouvé que « le mariage pour tous », et pour les mêmes raisons : imaginez le PS déclarer qu’il faut combattre « les Républicains », Hollande « mes ennemis sont les Républicains » Hilarant ! ! Vas-y Sarko, impose ce nom, on va se régaler !
    Et ce nigaud de Juppé qui s’y oppose ! Pour LA mauvaise raison ! osez donc vous approprier ce bastion lexical de la gauche, bande de laitues !

  50. Souris donc

    Bonne idée, Quad, je pensais que les « valeurs républicaines » dont se gargarisait la gauche à propos de tout et de n’importe quoi, pourvu que ce soit « progressiste », étaient définitivement galvaudées. Donc inutilisables. Mais oui, justement, le régal de voir la gauchiotte et la crypto-gauchiotte (Juppé) s’attaquer aux bastions lexicaux dont elles se sont arrogé le copyright vaut que Sarko s’en empare et s’en pare.

  51. desavy

    Ce texte sur Thomas Piketty est insignifiant et caricatural.

    Souris : « Contrepoints en a tiré une centaine d’articles plus ennuyeux les uns que les autres. Sauf celui de notre Kaplan, ça va de soi. »

    Parce que les contributeurs de Contrepoints traitent sérieusement des débats économiques qui le sont. Je suis en revanche d’accord pour Kaplan.

  52. Souris donc

    Contrepoints ne nivelle pas forcément vers le haut. Ils sont tout à fait capables de livrer des articles bâclés. Ainsi celui de Bernard Zimmern, fondateur de l’ifrap et des contribuables associés, une référence, d’habitude plutôt incisif. Quand on écrit « A tout fonctionnaire, son chômeur » en 1999, on est déjà un visionnaire.

    HS où l’on voit le détournement lexical à la gloire de la gauchiotte de pouvoir.
    Un attentat dans les églises a été déjoué.
    Déjoué ? Mais le QI à deux chiffres, pardon, l’étudiant algérien en informatique boursier de la République, a trouvé moyen de se tirer une balle dans la jambe et d’appeler lui-même le SAMU.

  53. desavy

    Je ne prends pas tellement l’ifrap au sérieux. Il est vrai qu’une production conséquente ne peut pas être toujours de qualité.

  54. QuadPater

    Avec un chiffre de moins, il appelait directement Cazeneuve ?

    Souris, dans la lignée de ce que nous venons d’échanger, j’ai encore mieux que Les Républicains. C’est Le Front Républicain. 😉

  55. Quad, vous êtes devenu catalan ?

  56. QuadPater

    Non, langonnais. Il est vrai que le blason est quelconque, je vais mettre autre chose.

  57. QuadPater

    Le blason de Catalogne est d’or aux 4 pals de gueules, celui de Langon aux 3 pals seulement, vous êtes un expert ès blasonneries !

  58. desavy

    Nous avons aussi le Parti Républicain ou même les Républicains indépendants. Et dans la foulée on reforme l’UDF et on ressuscite VGE.

    Plus sérieusement, la destruction de la Libye, on la passe en pertes et profits ? A l’époque mon inquiétude était que Sarko se mette en tête de régler à lui tout seul la question des territoires dits occupés.

    Je comprends que Juppé ne plaise pas. Mais au moins il n’a pas œuvré en faveur de la déstabilisation du monde arabe et des massacres des Chrétiens qui en sont une des conséquences.

  59. Souris donc

    Quad, le Front Républicain, c’est bien joli, et pour le nouveau séisme du 21 avril ?
    Appel à un front patriote ? à un front national ?

    Desavy, Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’ifrap, vient de sortir « On va dans le mur » Albin Michel. Je vais l’acheter et le faire circuler. Ses articles sont toujours concrets et chiffrés. Avec l’avantage de nous sortir de cette habitude d’ouvrir le robinet à moraline dès que quelque chose ne convient pas. Les migrants par milliers sont en mode invasion ? Non, France Terre d’Asile se doit d’accueillir ses frères humains.
    Sur la misère du monde, la phrase de Rocard gêne tellement que Libé a mené ses investigations. Intéressant.
    http://www.liberation.fr/politiques/2015/04/22/rocard-et-la-misere-du-monde_1256930

  60. desavy

    C’est amusant les différences de perception, j’écoute souvent AVM à la radio et j’y entends beaucoup de certitudes qui iraient très bien dans un café du commerce. Elle me fait d’ailleurs penser à Laurence Parisot.

    Il y a quand-même mieux comme penseurs libéraux, non ?

  61. Desavy, Agnès Verdier-Molinié exprime en effet beaucoup de certitudes. J’ai tendance à dire que ça nous change, et que c’est son grand mérite. Ses certitudes s’appuient sur les faits, sur des constats, sur des comparaisons argumentées avec ce qui se fait ailleurs. Et elle emploie les vrais mots. Un vrai plasir de la lire, en songeant aux torsions de la réalité et du langage auxquelles nous sommes hélas habitués.
    Je ne sais pas si « il y a mieux », mais il y a difficilement plus juste.

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