Houellebecq est-il un auteur controversé ?

h2 Dans un article, Mathieu Giroux explique doctement pourquoi les lecteurs des auteurs réputés controversés par les arbitres des élégances culturelles actuelles les lisent par sectarisme. Ces lecteurs s’imagineraient alors être transgressifs voire subversifs du fait seulement de la mauvaise réputation politique de ces écrivains, réputation entretenue depuis des décennies par la gauche, depuis 1945 précisément.

Gare à l’auteur n’étant pas « résistant » estampillé pendant la Seconde Guerre ! Gare à celui ayant continué de publier durant cette période ! A deux exceptions près Beauvoir et Sartre, combattants glorieux de gôche comme il faut depuis la terrasse du « Flore » et des « Deux Magots » de 1939 à 1945 ce que tout le monde sait… Un auteur ne vantant pas les mérites du progrès en avant toute, doutant des bienfaits des idéologies, considérant avant tout la gratuité de la création littéraire est au mieux un « anar de droite » bien sympathique disant des horreurs entre la poire et le fromage tel Michel Audiard, au pire un nostalgique des fameuses z-heures les plus sombres de notre Histoire. Une chose toujours amusante lors des évocations d’Audiard, le « petit cycliste » selon le surnom donné par Gain, est que dans leur dédain ces bons élèves citant le dialoguiste des « Tontons flingueurs » pour se donner le genre affranchi oublient généralement son immense culture classique construite en autodidacte.

Michel Houellebecq est de ces auteurs suscitant régulièrement la polémique parmi les bons apôtres. Il y a quelques mois encore les augures et pythies du « Magazine Littéraire », à la suite de la parution de « Soumission », entre autres publications qui savent distinguer le bon grain de l’ivraie, le classait parmi les auteurs « réacs ‘ ». Ce genre de classification radicale, péremptoire et peu bienveillante n’ayant pourtant aucune signification réelle est permise, notons le, elle n’a rien de sectaire pour les beaux esprits et les premiers de la classe. La gauche culturelle a toujours raison, ne se trompe jamais, à droite, où que l’on soit on est toujours dans l’erreur, on n’a rien compris, on est un genre de « cuistre réac ».

D’où naît sa réputation « d’écrivain controversé » ? C’est plus ou moins une manière pudique de dire qu’il est de droite. Un « écrivain controversé » ne se soucie pas de délivrer un message aux masses laborieuses, il s’en fiche de désespérer ou non Billancourt et se préoccupe surtout de Littérature et d’Écriture. Un « écrivain controversé » n’est donc pas un militant contrairement à ce que ceux ne l’aimant pas laissent entendre. Il est surtout libre et c’est précisément cette liberté et son indépendance qui énervent… C’est juste qu’il n’aime pas beaucoup son époque à cause de la pauvreté intellectuelle et spirituelle triomphantes, qu’il se tape comme d’une guigne de la modernité, et pire encore de la diversité ou du multiculturalisme. Le problème finalement est que Houellebecq est surtout lu au premier degré, et reconnaissons le, pas seulement à gauche. « Soumission » n’a rien d’un pamphlet. Les lecteurs, même ceux se voulant « avertis », ne comprennent pas la distance entre l’auteur et ses personnages, cela ne signifiant pas l’absence de « matériau personnel » couché sur papier par l’écrivain. Il n’est cependant pas l’informaticien maussade de « Extension du domaine de la lutte », il n’est pas le « Daniel » de « La possibilité d’une Ile » et encore moins le bourgeois partouzard et vaguement libertaire des « Particules… ».

Enfin, le plus gênant chez lui est son goût pour la satire. Et dans son dernier livre, il s’en donnait à cœur joie. Les bons apôtres ne la comprennent pas, avoir le sens de la dérision leur est inaccessible. Ils ont cette gravité qui est le bonheur des imbéciles, ils nagent avec délices dans l’esprit de sérieux. Ils ne sont pas là pour se ficher du monde, eux savent, eux ont les réponses et la panacée pour sauver l’humanité. Pas Houellebecq, lui écrit, et décrit des personnages humains, faillibles, un peu trop facilement, ainsi que nous tous, le tout étant d’en avoir conscience. Et puis, ces « bons apôtres » il se moque souvent d’eux et cela est impardonnable à leurs yeux. Ils connaissent bien leur ridicule, leur côté grotesque, et ont très peur du moqueur osant le mettre en lumière, avec leur vanité de petits bourgeois rajoutant aux prétentions sociales et matérielles de leur milieu d’origine des prétentions de guides culturels et d’élites.

Et abomination de la désolation, comble de l’humiliation à leurs yeux, il vend ses livres. La postérité ne retiendra pas leurs noms, celui de Houellebecq sera à n’en pas douter dans les « Lagarde et Michard » du XXIIème siècle…

89 Commentaires

  1. Cette critique des critiques est bien tournée. Reste que pour ma part je m’ennuie un peu dans les livres de Houellebecq.
    NB. manque un e dans le tag

  2. Jolie critique de la littérature actuelle.
    Concernant le penchant général du côté gauche, bien réel depuis la guerre, n’assiste-t-on pas à un début de nouvelle ambiance ? Ou étaient, dans la génération précédente, les équivalents des Zemmour, des Finkielkraut, des Elisabth Levy, des Houellebecq…?
    Raymond Aron, oui, mais encore ?

  3. roturier

    Il faut exclure Houellebecq de la liste d’Impat ci-dessus.
    Non circoncis.
    Enfin…. Elisabeth Levy non plus…
    Bon, d’accord, je sors.

  4. Il y avait quand même Raspail

  5. Sinon, merci bien sûr de vos compliments !

  6. Amaury Watremez (18h20)
    Raspail, oui, en effet. Mais d’une part il se place plus ou moins entre la génération actuelle et la précédente, d’autre part je ne crois pas que même au faite de ses succès il ait bénéficié d’une renommée semblable à celle des auteurs nommés.

  7. Juste après la Guerre il y eut les Hussards, dont Antoine Blondin et Nimier, Chardonne, romancier du couple, Céline, Marcel Aymé, Mauriac, Louise de Vilmorin, Morand, entre autres, il y eut aussi Kléber Haedens, dans les années 70 Michel Déon était populaire (il était même adapté à la télé, « le jeune homme vert ») dans les années 80 il y eut Lucien Bodard Tous ses noms vous disent quelque chose, non ?

  8. Tous ses auteurs étaient beaucoup plus lus que ceux de gauche, dont par exemple les littérateurs du Nouveau Roman. Cela dit, juger un écrivain sur sa renommée n’est pas exactement pertinent dans tous les cas.

  9. … »juger un écrivain sur sa renommée n’est pas exactement pertinent dans tous les cas. »…
    Sur ce point au moins, mon accord avec vous dépasse les 100 % !
    Cela dit, si la renommée dit peu de chose sur le talent, elle en dit beaucoup plus sur l’impact éventuel dans l’opinion.

  10. Vous êtes dans une conception de gauche de la littérature, un écrivain n’a pas un « rôle » ou un message obligatoire à faire passer. La littérature n’a pas à avoir une utilité sociale.
    Les auteurs dont j’ai parlé se foutaient complètement du message et n’en étaient pas moins populaires, et de droite. C’est bien ce qu’on leur reprochait à gauche.

  11. … »Vous êtes dans une conception de gauche de la littérature »…
    Bon, je plaide coupable. Mais quand même, si « un écrivain n’a pas un « rôle » ou un message obligatoire à faire passer », qu’il le veuille ou non son œuvre peut faire passer un message.

  12. Le message en littérature, surtout aussi pesamment amené qu’il l’est, n’a

  13. strictement aucun intérêt. La littérature n’a pas de vocation utilitariste, rien de plus rasoir qu’un roman à messââge, rien de plus prétentieux

  14. QuadPater

    Vous aviez raison à 14h25, Amaury. Beaucoup d’auteurs sont étonnés du nombre de messages que l’on trouve dans leurs écrits. Il existe cependant des œuvres dans lesquelles le récit n’est que le soutien d’une analyse ou d’une critique. 1984 est de celles-là. Apparemment ce n’est pas le cas de Soumission.

  15. roturier

    Mais si mais si. Un livre peut être « à message » et grandiose.
    Tolstoi, Dostoiveski…
    La qualité échappe à la à définition et se moque des généralisations; dont celle-ci….

  16. « 1984 » est une fable sur la liberté et le totalitarisme, c’est encore différent Plutôt que de mesââge on ferait mieux de parler de points de vue, et un livre ne peut pas changer le monde, si on avait vraiment lu Orwell par exemple on ne serait pas sur internet…

    Réduire Tolstoï et Dostoïevski, des titres en exemple ?, à des auteurs à message manque singulièrement de pertinence. Quel est le message de « l’Idiot » par exemple ? ou de « Guerre et Paix » ? Expliquez ? Vous avez lu lesquelles de ces oeuvres pour écrire cela et justifier Roturier ?.

  17. 1984 parle déjà de l’omniprésence des écrans et ne s’analyse pas que dans un seul sens, un seul, ou deux, messages

  18. Quand j’étais petit, à l’école, on nous interdisait de parler des « messages » des œuvres littéraires, c’était très mal vu. De même qu’il ne fallait surtout pas faire de lecture biographique, utiliser d’anecdotes, non, non, surtout pas : le Texte pur dans sa pureté textuelle.
    Cette posture critique allait de pair avec le Nouveau Roman, qui lui-même (en tout cas pour ses défenseurs et théoriciens, Robbe-Grillet en tête, même abstraction faite des ultras à la Ricardou ; mais il y avait aussi des francs-tireurs) détestait tout ce qui relevait du contenu, du référent, du sens, et donc du message.
    J’en déduis que M. Watremez fait une réfutatio très partielle du texte de M. Giroux, qui s’articule presque entièrement autour de cette vérité sacramentelle : « Aimer l’art pour l’art, c’est nécessairement transcender les catégories politiques. » Cela après avoir dit : « Car si l’on peut dire – en France en tout cas – que la littérature est de droite, il ne faut pas oublier de préciser d’emblée qu’elle est littérature avant d’être de droite. »
    Donc, en fait, les deux auteurs sont d’accord sur un point qui leur paraît intangible : la littérature avant d’être de gauche et de droite, est Littérâââââaaaature pure (nous aussi on peut le faire, hé facile).
    Je ne suis pas d’accord avec vous deux, et pour l’instant d’accord avec Impat et Roturier
    Pour ce qui est de ce qui vous sépare, je n’ai d’ailleurs pas vu de réfutation de votre part, M. Watremez : M. Giroux part du constat que le frisson de la droite sulfureuse est à la mode brrr, vite, vite, lisons truc et machin, on se sentira rebelle. A première vue, ça ne paraît pas si faux que ça. Et relisant encore votre texte, je vois que vous auriez tendance à en rajouter sur le thème (fin du 2ème §)
    Et Houellebecq était-il le meilleur exemple ou le plus simple pour en parler ? Il a été applaudi par des noms de gauche pour ce dernier roman comme pour les autres, dont Sylvain Bourmeau.
    Ou peut-être vouliez-vous simplement « répondre » et pas réfuter ?
    (je ne savais pas que Audiard était autodidacte ; très intéressant : donc quel rapport avec la scolarité ? et comment faut-il goûter le motif, dans les Tontons flingueurs, de la copie que la fille fait lire à tout le monde à la maison, sur la grâce peinte par Pascal telle qu’elle est et par Bossuet telle qu’elle devrait être, ou quelque chose comme ça (pardon, je ne connais pas le texte par cœur, je suis un petit bourgeois) ? avec tout le monde qui trouve qu’elle a été sacquée ?)

  19. Vous avez tout à fait raison, Mathieu Giroux et moi partageons au moi l’amour de la Littérature qui n’a pas, n’a jamais eu et n’aura jamais, et heureusement, de vocation sociale ou utilitariste. J’irai même encore plus loin, cela a pour conséquence que même malgré nos énormes divergences, notre brouille homérique je reste encore finalement très proche de Jérôme Leroy. Et Nathalie Sarraute ou Claude Simon, ou Robbe Grillet, que rien n’empêche de lire également avaient le même amour de la Littérature que Nimier ou Blondin ou Chardonne même s’ils choisissaient des voies rigoureusement différentes. Et restez dans la nuance, ce n’est pas parce que l’on critique le point de vue du Nouveau Roman qu’on ne va pas le lire par exemple, j’ai commencé à lire Butor en troisième et je continue…par exemple

    Rien de pire que les livres à messâââge, pour les messages il y a les P et T disait Céline et il a raison, ou les romans exemplaires, qu’ils soient de gauche ou de droite d’ailleurs, croyants ou athées. Les autodafés et les censures des régimes totalitaires ou arbitraires au cours de l’histoire naissent de cette détestation des Lettres qui ,ne servent à rien pour servir les desseins d’une classe sociale ou d’une idéologie. Elle naît aussi de cette conception très petite bourgeoise de la lecture pris comme divertissement, car obligeant le lecteur à un minimum d’introversion et de réflexion, et de prise d’indépendance vis à vis de préjugés.

    Et ce qui compte c’est d’abord et avant tout le style quand on lit un auteur, ce qu’il a à dire, son propos ne changera pas le monde d’un trait de plume ainsi qu’on croit pouvoir le faire depuis les « Lumières », j’écris cela mais cela ne m’empèche pas d’apprécier Voltaire ou Rousseau.

    La Littérature est considérée dans la scolarité, par la majorité des potaches, comme inutile car ne servant selon eux à rien pour décrocher un boulot ou être un rouage efficace de la société, personne ne leur transmettant que c’est justement pour cela que la Littérature leur est indispensable car les élevant, les émancipant du conformisme abject de cette société qui l’est tout autant. C’est, et nombre de critiques le soulignent, et historiens des Lettres, effectivement dans l’ADN petit bourgeois, de droite comme de gauche là encore de détester un domaine de la culture allant contre le culte de la performance et de la réussite sociale.

    Enfin, la littérature excite les complexes de l’ilote volontaire, de l’esclave docile qui sait très bien qu’il se soumet à des diktats idiots dans notre société. il en conçoit une grande jalousie de ceux qui refusent cette allégeance, qui cultive leur indépendance d’esprit, et se cultivent par la lecture dont le principal mérite est d’aider à de ce que rien de ce qui est humain ne nous soit étranger.Et ce beaucoup mieux que la sacro sainte expérience invoquée par les cuistres « moi je suis inculte mais j’ai l’expérience de la vie » disent-ils souvent ce qui est un lieux commun d’une sottise sans nom. La personne qui lit leur est un reproche vivant, alors comme l’on est faible d’arguments généralement on l’accuse de prétention…

  20. Vous lire me rappelle cette réponse que m’a faite un jour un imbécile à ma question sur ses lectures :« Moi je ne lis pas de romans, je lis des livres « sérieux » ! »…*

    Par là il voulait sans doute compenser le complexe d’infériorité grand comme le Ritz naissant chez les cuistres lorsque quelqu’un évoque une culture ou des connaissances leur faisant cruellement défaut.

    Sans doute était-il également sincère….

    Ou estimait-il comme la grande majorité des individus modernes et progressistes la littérature sous son seul aspect de divertissement ?
    Pour d’autres encore, la littérature étant soutenue par l’imagination des auteurs, elle est forcément inférieure aux ouvrages se voulant proches du réel, « objectifs » : lourds « pensums » sociologiques, traités philosophiques se voulant globalisants et définitifs quant à la sagesse humaine etc…
    Si la littérature « courante » présente encore quelque intérêt pour eux, c’est davantage pour dénigrer l’égocentrisme supposé des écrivains ou fantasmer sur les opinions politiques d’iceux, tel Houellebecq. Et bien sûr les « bons clients » médiatiques producteurs de tièdes autofictions où la Chair est d’une grande tristesse sont encore une aubaine pour faire de l’audience, le Q même sordide faisant vendre.
    Ils ne lisent guère plus au fond que les sous-romans « de gare » de Guillaume Musso et Marc Lévy ou les horripilantes aventures d’« Harry Potter » (TM°). C’est déjà quelque chose, me rétorqueras-tu ami lecteur, mais du point de vue qualitatif c’est bien léger…
    A la rigueur, ils aiment bien de ces « pavés » vaguement ésotériques, toujours sous-tendus par le « complexe du gourou » de leurs auteurs croyant redécouvrir l’eau tiède en faisant un « mix » le plus souvent indigeste de diverses croyances ; de Paulo Coehlo à Frédéric Lenoir. Deux doigts d’Ignace de Loyola, un zeste de bouddhisme, quelques gouttes d’ésotérisme pour donner l’impression de profondeur à leurs divagations.
    Ce style de littérateurs est dans le complexe de « l’enfant roi ». Le plus souvent choyés, enfants des « trente glorieuses » gâtés et encouragés dans leur nombrilisme, sur-protégés, « héritiers-ères », « fils et filles de… » ou pas, ils tentent vainement de dessiner un monde selon leurs convenances personnelles et leurs désirs. D’aucuns poussent l’inconscience à réécrire les livres saints sans peur du ridicule, ils mourraient immédiatement foudroyés.
    Leur monde imaginaire ne les oblige bien entendu en rien à aucune obligation morale envers leur prochain sauf si ce prochain a la bonne idée de les encenser ou de les prendre pour guide spirituel.

    Je rappelais en début de texte le mépris dans lequel les Lettres sont tenues par notre époque médiocre. Leur indifférence quasiment totale à l’encontre de la Poésie, pas assez triviale pour plaire, procure une immense tristesse. Et Je ne parle même pas du dédain absolu dans lequel mes contemporains tiennent la littérature dit « de Genre »:

    Polar, Science-Fiction, etc…

    Et pourtant, si de temps à autres, ils consentaient à lire un livre de Chandler ou Hammet, ou Manchette, cela leur permettrait d’acquérir une lucidité plus importante sur leurs congénères humains et surtout sur ses travers, le « Genre » ayant toujours eu une dimension morale importante, morale et non moralisatrice bien sûr. Je suis convaincu que les proches de Jean-Claude Romand, jouant des années durant la comédie de la réussite matérielle, ou de Maurice Agnelet, escroc et monstre froid en lien avec tous les aigrefins possibles, auraient été avisés de feuilleter un ou deux « romans noirs »…

    Et bien sûr je resterai pudique sur l’inculture manifeste des électeurs de Levallois. Ils hésiteraient à deux avant de réélire les Balkany s’ils parcouraient même en diagonale « Moisson Rouge » entre autres ou n’importe quel polar « hard boiled » narrant les méfaits de politiciens pourris.

  21. Sur Audiard, il est l’exemple parfait que l’on peut se former une solide culture sans avoir besoin de l’école car il est bel et bien autodidacte. De lui on retient surtout « les Tontons flingueurs » ce qui à la longue devient agaçant, comme disait Simonin, ça sent le gigolpince qui veut se la jouer affranchmane, le mignon qui veut emperlouzer le marlou en lui flattant la rondelle, ça sonne faux. On oublie toujours « Garde à vue » ou le scénario et les dialogues de « la métamorphose des cloportes » d’après Boudard dont je vous conseille la vision Pierre, et pas seulement à cause du titre, surtout pour une des dernières répliques, une des injures les plus sexy du cinéma français

  22. roturier

    Dostoievsli et Tolstoi sont des auteurs à message.
    Que vous ne comprenez peut-être pas ayant une conception limitée du « message ».

  23. Si la métamorphose des cloportes est le film où Lino Ventura se fait arnaquer par une galeriste d’art moderne qui dans un 1er temps le dresse à parler comme il faut le langage des clients de galerie (ne dis pas « coloris », dis « chromatisme »), je l’ai vu il y a bien dix ans ou plus. Et j’ai adoré, précisément pour ce détail-là (qui ouvre sur le thème immense de l’instruction NON-scolaire ou HORS-scolaire, et ses liens avec la réussite sociale, que je souhaiterais ne pas aborder maintenant). (la dernière réplique, c’est ducon la joie ?)
    Garde à vue, je l’ai vu petit.
    Merci pour votre patiente et riche réponse. Je ne méprise pas la littérature de genre mais ne la fréquente pas du tout, par manque d’habitude et d’excitation immédiate pour elle.
    Je ne suis pas du tout d’accord avec ce que vous dites sur les régimes totalitaires et la détestation des Lettres. Vous arriveriez à me convaincre avec le renfort de « la servitude volontaire », mais pourquoi vouloir à tout prix que ce soit les « cuistres » qui ne se targuent que de leur expérience non livresque ? –> retour au thème de la réussite sociale, par, ou malgré, ou contre le livre, etc. trop vaste

  24. Non roturier, vous ne vous en tirerez pas comme ça…
    Il faut expliquer quel est le « message » de ces deux écrivains et quel roman vous inspire cette désignation ?
    Je comprends très bien, c’est juste que je trouve ça pas du tout pertinent.
    Beaucoup de cuistres invoquent l’expérience livresque mais on est d’accord Pierre, cela ne veut évidemment pas dire que toutes les personnes réellement d’expérience sont des cuistres. Mais trop souvent c’est une bonne excuse à l’ignorance assumée…
    Ma mère a arrêté ses études à seize ans, elle n’en a pas moins énormément lu malgré des contraintes de vie énormes…C’est un excellent exemple encore pour moi

  25. Florence

    Moi je suis d’accord avec Amaury, j’ai beaucoup lu, lu et relu les œuvres que j’avais aimées des années auparavant et jamais je ne me suis posé la question du message que l’auteur aurait voulu me faire passer. Rien que l’idée que l’auteur veuille me faire passer un message me dérange. La réplique de Céline à ce sujet est parfaite à mon goût.

    Et Amaury a bien raison de poser la question précise du message de « Guerre et Paix » par exemple. On n’a toujours pas eu la réponse. Je rigole 😀

  26. roturier

    Dostoiveski est un grand écrivain; à message. L’avait-il voulu? Fait exprès? On l’ignorera toujours.
    Idem pour Tolstoi.
    Evidemment pour V. Hugo que je considère pour ma part comme moindre que les deux premiers.
    Il y a de bons auteurs et de moins bons. Dans les deux catégories certains sont à message, d’autres pas.
    Un bon auteur à message le suggère, ne le martèle pas.
    Le moins bon matraque.
    Expliquez le message à ceux qui ne le voient pas est comme expliquer la couleur bleu à un aveugle. Gaspillage d’énergie.
    Sinon, mes hommages à Madame Watremez mère qui sert d’exemple à son fils.

  27. Florence

    Gaspillage d’énergie, dit la roture ! Quelle blague ! Je rigole encore plus 😀

    Vladimir Volkoff avait eu la même phrase que Céline  » si je veux faire passer un message, je vais à la poste ».

  28. Sacré Roturier, je vais vous dire un secret Florence, il ne veut pas répondre car il n’a pas lu le livres des auteurs en question, tout simplement, sinon il n’écrirait pas de pareilles bêtises. 😉

  29. Pierre Jolibert

    Amaury
    votre mère a arrêté ses études à 16 ans et a donc eu la chance de devoir relever un défi seule, et s’est bel et bien obligée de lire, c’est-à-dire de lire sans intermédiaires (manuels, catéchismes, bréviaires, sommaires, contrôles de lecture, récitations) et vous avez sûrement bénéficié de cet apport. Je ne peux m’empêcher de faire un lien entre cet amont maternel et votre esprit indépendant (si je fais aussi le lien avec le commentateur sous l’article de M. Giroux qui fait part de sa propre expérience d’ancien élève).
    Je voulais surtout insister sur le sens 1er de « cuistre » = pédant / clerc / trop-plein de livres ; nul doute qu’il y a des cuistres dont la coquetterie consiste à rejeter les livres et à ne priser que l’expérience vitale, thème éternel et relié à des motifs très divers suivant les cas (voir très entre autres la dédicace du Bachelier de Vallès, dont l’objectif, ici, est d’exprimer le désir impossible de sortir de la condition de cuistre à laquelle sa formation l’a condamné). Mais enfin de là à ce que tous les cuistres aujourd’hui rejettent le livre, non.
    J’imagine que vous avez en tête tout le long de ce propos Sarkozy et la princesse, et pas seulement les Balkany.

  30. Pierre Jolibert

    « à lire », pardon

  31. « J’imagine que vous avez en tête tout le long de ce propos Sarkozy et la princesse, et pas seulement les Balkany. » oui en effet 🙂
    Ma mère m’

  32. m’a en effet transmis aussi mon goût pour l’indépendance. Ma mère est un poulbot de Montmartre; de Pantruche où comme disait Forain « l’on dit sa fatuité au bourgeois, sa vanité au donneur de leçon, sa sottise au rentier, sa vulgarité à la canaille »…

  33. roturier

     »Rien ne plus….pretentieux qu’un roman à message » dit Amaury ci-dessus.
    Rien ne plus ridicule qu’un marteleur de certitudes.
    Aucun rapport entre la qualité de l’oeuvre et la présence ou non d’un message.
    Simenon n’en avait pas. Shakespeare si, dans les tragedies historiques, moins dans le comedies.
    Molière etait  » à message ».
    La loi d’Amaury témoigne d’une singulière éyroitesse d’esprit. On dirait un ‘tit prof.

  34. Molière à message ?? 🙂 C’est qu’il s’obstine le bougre…
    Vous n’avez pas répondu sur Dostoïevski et Tolstoï, (que vous n’avez pas lu )
    Comme Roturier est intellectuellement faible, il attaque « ad hominem » c’est plus facile
    Non seulement je suis un petit prof mais je suis aussi un petit bourgeois hédoniste et réactionnaire teinté d’un catholicisme traditionnel 🙂

  35. grandgil

    il est la démonstration par exemple des complexes que peuvent induire les carences culturelles en France

  36. grandgil

    « par L’exemple »
    Quand ces auteurs que vous citez impudemment ont écrit leurs oeuvres, ils ne l’ont pas fait pour transmettre un message ou une idéologie ou quoi que ce soit de l’ordre de la prétention. Vous me direz c’est ce que croit faire n’importe quel imbécile en graffitant sur le net, ils pensent que les slogans et certitudes lui tenant lieu d’opinions sont à transmettre aux autres. Il se voit en prophète, en gourou, ça compense un peu sa médiocrité quotidienne et son absence et de culture et de talent. Raison pour laquelle il s’imagine que tout le monde fait comme lui, se prend pour un messie virtuel…

  37. Pierre Jolibert

    Bien, je vais reprendre un exemple qui m’est cher.
    Manuel d’histoire de 4ème illustrant les programmes de 1997 (donc pas la peine de chialer, peu de liens avec les polémiques actuelles), écrit par une huitaine d’agrégés ; Molière est un auteur expressément recommandé (on parle à l’époque de « documents patrimoniaux ») par les programmes pour étudier la monarchie absolue.
    –> titre de la double page documentaire : « Molière, critique de la société d’ordres »
    Et ce sont des extraits du Bourgeois gentilhomme (!) qui sont censés appuyer ce contresens éhonté.
    Si vous voulez sincèrement répondre quelque chose à ce genre d’horreur inepte, si c’est ça que vous combattez, Amaury, je crois franchement qu’il faut renoncer au mot d’ordre selon lequel « la littérature ne saurait avoir de message ». Les auteurs du manuel, eux, apparemment ils ont un message, et ils sont prêts, en toute bonne foi, à tordre le sens d’un texte, à NE PAS LE LIRE, pour parvenir à leur fin. Et pour contrer ce message, il faut partir du principe que le texte a un sens, d’où mon emploi de « contresens » plus haut.
    Mais déplaçons la question, êtes-vous prêt, au préalable à admettre que les textes ont un sens ? ou bien rejoignez-vous la mode sixties-seventies de la libre polysémie et du youpi tralala j’interprète à ma guise ? ou bien avez-vous une position originale et inédite pour moi sur la question ?

  38. Sens et message ce n’est pas pareil du tout. Dire qu’un texte a un message c’est penser que la littérature est en gros la démonstration d’une idéologie, un genre d’anecdotes pour démontrer quelque chose, que la littérature ne serait qu’un alibi pour vulgariser une théorie.
    Mais un texte a évidemment un sens, mais pas celui de démonstration idéologique. Je pourrais vous citer le manuel actuel sur « la princesse de Clèves » qui fait de madame de la Fayette une dénonciatrice des stéréotypes de genre avant l’heure, tout comme Proust est lu comme s’il était un militant sociétal avant la lettre.
    Molière décrit nos travers humains, sans d’ailleurs en faire une condamnation ou une moralisation, Dostoievski parle de l’absurdité de la condition humaine, Tolstoï raconte un amour passionné, et évoque aussi son amour pour son pays, Chardonne écrit sur le couple Marcel Aymé sur les petits défauts de gens du quotidien etc…
    Ce ne sont pas des porteurs de théories qui se servent de la littérature comme d’un instrument pour dire en gros qu’ils ont raison…

  39. Une théorie à l’état brut, de toute façon, est écrite avec des mots.
    Je ne vois pas pourquoi il faudrait séparer une théorie de « la littérature » qui serait « un alibi ». Ce serait dans le cas d’une théorie qui avancerait masquée, puisque l’alibi voudrait dire quelque chose qui détourne l’attention par rapport au vrai sens caché.
    Molière décrit sans condamner ? Mouaip. Ce sont ses personnages qui s’en chargent. Jourdain est appelé « fou » par presque tout le monde : sa femme, la bonne, le noble dont il est dupe, son futur gendre ; les deux premières surtout se réclament du gros bon sens. Et tout ça est parfaitement explicite, en plus du fait qu’on riait de lui quand on était de ce monde d’ordres (je gage que les spectateurs d’aujourd’hui ne rient que parce qu’il faut rire officiellement, parce que c’est Molière et qu’ils ont payé cher leur abonnement au Français, et j’imagine qu’ils ont sans doute beaucoup de mal à trouver des endroits du texte vraiment drôles pour eux, où manifester un rire pas trop forcé, surtout s’ils savent aussi bien lire que les auteurs de manuels ; c’est peut-être ça la mission de la mise en scène aujourd’hui, trouver des détails visuels drôles pour ne pas que le spectateur soit ennuyé par le texte). Tout est explicite, rien de caché, pas d’alibi.
    Des travers « humains », attendez, vous voudriez pas ajouter l’adjectif « universels » (label UNESCO) ? En l’occurrence, un travers humain précis dans un contexte social précis. Et les personnages ont tendance à trouver que la fin de leur histoire est normale : la fille de bourgeois épouse la bourgeoise et le noble épouse la noble et tout le monde est content, surtout la bonne. Ils trouvent ça normal, pourquoi pas appeler ça pour eux « moral » ? Pourquoi ne pas parler d’idéologie ? conservatrice même ? Je ne crois pas qu’on puisse échapper à l’idéologie, sauf peut-être par l’extase mystique, et encore ? C’est normal l’idéologie. Tout ce que j’ai dit entre parenthèses ci-dessus, c’est de l’idéologie gros comme ça (de petit bourgeois, bien sûr).
    Je suis content que vous m’ayez trouvé tout plein d’autres exemples. La Fayette souffre beaucoup, décidément : mais justement, qu’est-ce qui est vraiment pire en fin de compte, pour elle ? la retirer, avec l’épreuve de littérature comparée (de « culture générale » ah ah ah, il y a des décennies que « culture générale » sert d’alibi, pour le coup, à la récitation de fiches-mémoires particulières pompées dans les Foliothèques et autres « Profils d’œuvres » par des impétrants qui ne liront pour la plupart rien d’autre du même genre que leurs œuvres « au programme ») dont elle est l’objet, d’un concours d’administration de cadre C ? ou la laisser être transmise par des cons qui la déforment ?
    (problème effleuré par Finkielkraut dans son chapitre y consacré au début de « Et si l’amour durait ? », dans un langage plus châtié)

  40. Anonyme

    Le Amaury d’hier a/m confirme mes dires dès le départ. Ceux que j’avais cité sont porteurs de messages. Celui qui decrit nos petits travers, molière par ex, nous tend un miroir, déformant certes mais la caricature est à ce prix. Qu’il l’ait voulu ou pas est hors sujet et d’ailleurs n’étant pas dans sa tête on ne lee saura jamais. Proust le vaut bien mais le message, si il en est, ne saute pas aux yeux. Aucun rapport entre la qualité de l’oeuvre et la présence ou non de message. Il n y a que de ‘tits profs imbus de leur statut de fonctionnaire à se permettre d’énononcer des rêgles là-dessus.

  41. Oh oh, mais qui est cet anonyme ? https://www.youtube.com/watch?v=CMzgMva5ekk
    Le cuistre roturier inculte s’est fait fesser cul nu et enrage en étant abjectement injurieux…

    à Pierre,Aucune condamnation de Molière de ces personnages, il les montre tels qu’ils sont, faillibles, si c’est ça les condamner….
    Le problème de l’idéologie c’est que à cause de l’influence des idéologues on la voit partout. Ce que les gens appellent l’idéologie conservatrice ce sont généralement les faits contredisant leurs certitudes…

  42. Florence

    Ce que dit Amaury ne conforte absolument pas ce que roturier disait. Sens et message ne sont pas synonymes. Les mots ont un sens ( c’est le cas de le dire 😉 ). Il est important de respecter le sens des mots.

  43. Aussi le seul sens que je connaisse au mot « message », c’est : petit mot envoyé à quelqu’un. Ce sens ne dit rien de la nature du message, qui peut être : une recette de cuisine, des codes d’accès pour un lanceur de missile nucléaire, un pense-bête pour les courses à faire, une vision prophétique, une déclaration d’amour, etc. Donc, laissons tomber le message, aucun problème.
    En revanche, pour l’idéologie je ne laisserai jamais tomber, d’ailleurs je ne fais que radoter sur ce que j’ai déjà dit en la matière ici même (sous un texte de Dalrymple je crois bien ?).
    Un personnage déclaré ridicule est condamné à subir le rire de tous les autres (personnages/spectateurs). Là, ça va, c’est bon, c’est fictif, et c’est seulement le tribunal de l’opinion. –> transposez avec Aristophane et son idéologie à lui (le point de vue du paysan de l’Attique qui ne jure que par le souvenir de Marathon), dans une société très très différente de la nôtre, au théâtre plus directement ancré sur son assise religieuse (et sacrificielle, évidemment).

  44. Anonyme

    Un message: petit mot envoyé à quelqu’un.
    Petit combien? Une page? 300 pages?
    Combien de quelqu’uns? Un ? Un million?
    CQFD.

  45. euh… à vrai dire, mes yeux et ma souris étaient complètement passés au dessus de votre message d’hier de 11:51, Anonyme roturier. Et j’ai répondu à Florence en ignorant et ne comprenant pas sa première phrase qui vous mentionnait. Veuillez tous m’en excuser. Du coup, j’ajoute :
    que la volonté, ou au moins l’intention, le moteur, le désir de l’auteur me paraît très important et pas du tout hors-sujet ni même seulement secondaire ; ça n’a aucun sens à mes yeux de commenter un texte en se fichant de l’intention de l’auteur (d’où mon rejet du youpi tralala polysémique, voir plus haut), et la notion de message, à laquelle vous tenez à moitié n’a pas de sens non plus si on se fiche de l’intention de la personne qui envoie le message. Bon, donc je ne suis d’accord avec personne.
    Une boutade féconde, exploitée par pas mal de de critiques et de psychanalystes, veut que la Recherche étant une amplification du Contre Sainte-Beuve, et celui-ci ayant la forme d’une lettre écrite à maman, la Recherche est une lettre écrite à maman.

  46. Les idéologies globalisantes sont une invention du XIXème, parler d’idéologies pour qualifier des philosophies ayant été construites auparavant est un anachronisme

  47. L’argument est de taille, il est même écrasant.
    J’ai bel et bien l’intention d’y répondre, mais ai besoin de vaquer à d’autres choses d’ici là (et ça me donne le temps de rassembler mes esprits après cet uppercut). A plus tard.

  48. Vous le prenez comme ça ? Je le disais sans agressivité et malheureusement, je suis confus, mais c’est un fait. Je peux cependant être plus direct. Les idéologies globalisantes, cette prétention du philosophe ou de l’intellectuel à énoncer une théorie globalisant toute une société débute bien avec Hegel, en particulier, Descartes en germe un peu avant, et Marx, Adam Smith, Say ensuite, Heiddeger au XX, ou Sartre. La foi des théologiens d’Ancien Régime n’a rien à voir avec une idéologie, ce n’est pas du tout la même conception de la réflexion, des philosophes plus anciens, ou des penseurs comme Montaigne ne présente pas de théories englobant toute une société ou un rêve de société, ils ne font bien souvent que de partir de leur expérience et leur désir de la partager.

  49. roturier

    Quelle avalanche de name-dropping. Tout lu mais rien compris, le ‘tit prof.
    La chose « idéologie globalisante » était là bien avant le mot; elle existe depuis que l’homme est conscient de son côté grégaire ; depuis toujours à toutes fins utiles.
    Le christianisme, par exemple, est une idéologie globalisante.
    « Catholique » veut dire « universel » en grec, n’est-ce pas.

  50. Pierre Jolibert

    ça voulait pas dire que je le prenais mal ! au contraire, je trouve ça très stimulant, et d’autre part c’était parfaitement sincère, je vais avoir besoin de cogiter longtemps avant de trouver comment recomposer tout ce que je crois là-dessus. Vous auriez pu être plus direct encore et me traiter de matérialiste.
    Là j’ai encore été retardé par mon abonnement satellite voulant être de cadre supérieur : début de The Swimmer, film à message avec Burt Lancaster en maillot sur l’upper middle class américaine, puis les Tricheurs de Carné, film à message sur la génération romantique post-1945. Bonne nuit. Demain je fais semblant de figurer parmi la France qui se lève tôt.

  51. roturier

    Bravo d’ailleurs au numéro de voltige : rétropédalage simultané au découpage de cheveux en quatre.
    Un message est le vecteur par lequel le sens est transmis. A toutes fins utiles et en l’occurrence ils sont indissociables.

  52. roturier

    Faute de s’être exprimé clairement sur la question nous ignorons si un auteur « à message » l’est sciemment.
    L’art, le vrai, a parfois cette particularité de faire percevoir à certains de choses auxquelles l’artiste dit ne pas avoir songé.

    Cela dit, il peut y avoir des indices.

    On ne prétendra tout de même pas (quoique…ici…) que donner à un roman un nom comme « Crime et Châtiment » ou « Guerre et Paix » ne traduit pas une volonté de communiquer un message et une pleine conscience de sa portée.

  53. roturier

    « apercevoir »…. Circonstances atténuantes…

  54. ** message supprimé par la modération d’Antidoxe pour non respect de la charte **

  55. ** message supprimé par la modération d’Antidoxe pour non respect de la charte **

  56. Ce qui m’effarait déjà sur Causeur où je ne commente plus pour cette raison c’est cette assurance de l’imbécile tellement sûr de ces certitudes, tellement certain qu’il peut cacher son ignorance derrière deux ou trois clichés issus de wikipéde…

    à Pierre, ce qui nous différencie c’est qu’en effet je conchie la bourgeoisie dont le règne imbécile commence depuis au début du stupide XIXème siècle selon le terme de Léon Daudet. Les bourgeois à son époque en était encore au mot d’ordre de Guizot, enrichissez vous, à notre époque ils rajoutent croyant que le net les y aidera des prétentions culturelles aux matérielles…
    Bourgeois de gauche comme de droite sont tout autant détestables, c’est la même lie, la même canaille

  57. Je m’aperçois que malgré les horreurs que j’ai hélas écrit sur lui et celles qu’il a pu dire sur moi je reste encore aujourd’hui plus proche d’un Jérôme Leroy que de pantins libéraux libertaires.

    Que répondre à un imbécile qui à une demande de précision sur ses lectures répond par une vague idiotie en exprimant son mépris de petit bourgeois ? Rien, il vaut mieux le laisser dans sa crasse et sa brume intelelctuelles

  58. Pierre Jolibert

    Roturier : rétropédalage parce que je reprends finalement le mot « message » ? Si vous voulez je reste rigoureux avec ce que j’ai dit juste avant et dirai que « les Tricheurs » véhicule une idéologie sur l’histoire collective (opinions énoncées à la fin par le personnage du frère aîné garagiste de la fille qui s’est tuée en bagnole après chagrin d’amour) ; sur The Swimmer, je ne dirai rien, c’était pour le plaisir de parler de Burt Lancaster, mais je ne l’ai jamais vu en entier tant l’image, la musique, la mise en scène me paraissent exécrables.

    Attention le name-dropping continue

    Amaury : ce qui nous différencie aussi, c’est que selon moi les groupes sociaux, quels que soient leurs noms à travers les âges, ont toujours eu des visions globales du monde (de leurs mondes, de ce qu’ils percevaient comme leur monde) et que les individus se sont toujours orientés en fonction de ces visions collectives. Que le mot « idéologie » ait servi à désigner ça uniquement à partir de l’âge des 1ères sciences de l’homme et des révolutions (1750-1850) (cette périodisation est liée à ma propre idéologie de petit prof classe moyenne post-moderne qui se croit indépendant d’esprit) ne change rien à l’affaire.
    Le poème au roi Robert d’Adalbéron de Laon et ses trois ordres, c’est de l’idéologie d’évêque austrasien qui trouve que c’était mieux avant (sous les Carolingiens) pas comme maintenant où les moines se permettent de court-circuiter la hiérarchie normale et prétendent relever directement du pape, non mais. Je suis d’accord avec Roturier sur ce point.
    Quant au discours qui implique qu’il y a la Littérature, le Style, et l’Ecriture au dessus de toute idéologie, de la droite et de la gauche, etc., hé bien c’est là selon moi l’idéologie inhérente à la profession d’écrivain, à sa recherche passionnée du statut de Grantécrivain, telle qu’elle a atteint son apogée, parallèlement à… l’âge des totalitarismes ou de ce qui y mène, justement (1850-1970).
    Il suffit de regarder la phrase de Mallarmé : « le monde est fait pour aboutir à un beau livre ». Elle est la plus parfaite expression de cette vision du monde. (Ce n’est évidemment pas un hasard que ce soit le même Mallarmé qui dise à Degas qu’il ne faut surtout pas faire de poésie avec des idées, mais avec des mots. Idées = caca / mots purs = mmm génial) De même que le poissonnier est sans doute persuadé, et c’est tout à fait normal, que le poisson est excellent pour la santé au point qu’il faut voir le corps de l’homme comme fait pour manger du poisson, au moins de temps en temps, le Grantécrivain est persuadé que l’activité qu’il a choisie couronne le monde et qu’elle est la plus désirable qui soit, et il trouve la condamnation des idées, des sens, toujours appelés « réducteurs », des « messages », comme le préalable théorique purificateur (mais ne surtout pas dire que c’est théorique, la théorie est encore trop basse et trop terreuse pour l’idéal recherché !) indispensable à l’obtention de ce statut de l’extrême désirable.

  59. Pierre Jolibert

    C’est vraiment pas clair ce que je dis.
    Je veux dire que je suis d’accord avec Roturier pour dire que l’idéologie a toujours existé si l’on entend par là expression d’un point de vue particulier lié à une situation particulière mais qui a une énorme tendance à se vouloir avoir une portée plus générale.
    En revanche je ne me reconnais pas, Roturier, dans votre phrase : « L’art, le vrai, a parfois cette particularité de faire percevoir à certains de choses auxquelles l’artiste dit ne pas avoir songé. » Je ne ne nie pas que ce dernier fait arrive ou existe. Je ne vois pas qu’il y ait lieu à partir de là de trouver qu’il y a un « vrai » art et un faux.
    D’autre part je continue à être porté à croire qu’il vaut mieux, que l’on soit poissonnier, éboueur, agriculteur, desservant d’un culte, écrivain ou pondeur de textes de quelque période que ce soit, être conscient de ce qu’on fait et s’efforcer d’avoir une idée la plus complète possible de la signification de ce qu’on fait. Mais c’est sans doute parce que cette idée même sert ma position personnelle, à savoir que mes postures de modestie réductrice qui consistent à rabattre ce que je dis sur ma position particulière (de petit prof classe moyenne, etc.) ne sont peut-être qu’un sifflet de cocotte-minute qui sert à évacuer le plus discrètement possible le trop-plein d’un monstrueux orgueil. Celui-ci se révèle à travers l’idée neutre en apparence qui consiste, donc, à trouver mieux d’être conscient et à juger le sens d’un texte sur ce que son auteur peut y avoir consciemment mis.
    Mais il y a un autre problème, absolument redoutable : c’est que d’habitude, l’idéologie est présentée (par ceux qui utilisent couramment cette notion, même si c’est souvent pour dire que l’idéologie c’est les autres, alors que eux, c’est la science, le vrai truc, le top de la perfection, etc. ; nous avions remarqué cela ici dans les fils de commentaires aux articles Dalrymple/idéologies) comme quelque chose dont on n’a pas complètement conscience. J’ai eu le temps hier de lire l’article « Idéologie » de l’Universalis. C’est très drôle. Heureusement que cette encyclopédie fait signer ses articles. Faites l’expérience, lisez l’article « idéologie » de l’Universalis, regardez uniquement à la fin qui l’a écrit, et cherchez sur Wikipoedia l’article consacré à l’auteur. Comparez ce qui est dit là de ses idées en général et ce que vous aurez induit seuls de la lecture de son article « idéologie ». Faites faire l’exercice à vos enfants (en adaptant la difficulté selon leur âge).
    Bon toujours est-il que l’article « idéologie » de l’Universalis insiste beaucoup sur la notion de fausse conscience ou de conscience fausse, idée qui a l’air de remonter à Engels, dont il y a une longue citation commençant par : « L’idéologie est un processus que le soi-disant penseur [admirez le procédé moi = vrai penseur / idéologie = faux penseur caca] accomplit sans doute consciemment, mais avec une conscience fausse. Les forces motrices véritables qui le mettent en mouvement [matérielles, socio-économiques, etc.] lui restent inconnues, etc. »
    Je pense qu’il est plus sain de dire que tout le monde a une idéologie, y compris les dénonciateur d’idéologies demi-conscientes, et puis voilà, que c’est pas la peine de vouloir péter plus haut que son cul. Mais je ne vois pas comment d’autre part on peut faire autrement que de trouver qu’être conscient de ce qu’on est et fait, c’est mieux que de ne pas l’être. En tous cas je crois que même quand on est conscient du caractère tout relatif de son idéologie, ça reste de l’idéologie, parce qu’on a besoin d’idéologie pour vivre. Ouf.

  60. roturier

    Mais, Pierre, rétropédalage ne vous visait nullement… Pas vous….

  61. roturier

    Ni le name-dropping d’ailleurs.

  62. QuadPater

    Sur Antidoxe l’insulte n’est pas protégée par la liberté d’expression.
    Je viens de prendre connaissance du message du 11 mai 05 à 12:24 dans lequel Amaury Watremez s’en prend violemment à roturier
    Ce n’est pas acceptable. Je retire ces propos du site et demande solennellement à Amaury Watremez de maîtriser ses colères publiques.

  63. roturier

    Je n’ai jamais publié un mot sur JSS; dire que j’en ai une piètre opinion serait un euphémisme.

    Si un texte de ma plume y est c’est à mon insu; il faut savoir qu’ils (et d’autres sites) n’ont pas forcément la correction de demander l’autorisation avant de publier ni d’informer après.

    De manière générale je ne partage pas forcément la ligne éditoriale de ceux qui me publient. Je ne cautionne souvent pas ce qui y figure sous d’autres signatures.

    Autrement dit, je ne suis responsable que de ce que je signe. A ce titre j’aimerais bien savoir où est la « haine ethnique ». Il n’y en a pas. Certainement pas du genre rage impuissante qui dégouline du ‘tit prof.

    « L’autre pseudo » n’en est pas un. J’y signe de mon nom et prénom; ayant fait autre chose que le ‘tit prof » je ne suis nullement difficile à trouver.

  64. Pierre Jolibert

    « Mais, Pierre, rétropédalage ne vous visait nullement… Pas vous… »
    Que voulez-vous, les orgueilleux narcissiques sont également très paranoïaques et se sentent toujours visés.
    Bon, Roturier et Amaury, je ne prêtais pas plus d’attention que ça à vos disputes, je ne suis pas au courant de ce qui vous oppose ailleurs. Je discutais de tout le reste parce que je trouve ça très intéressant, je suis bien désolé que nous ayons donné à l’ensemble une tournure qui fasse s’inquiéter les animateurs du site à propos de la qualité de l’ambiance, je ne m’étais pas rendu compte que c’était là la pente prise.

  65. roturier

    Vous ne me semblez pas, Pierre, être rompu à un raisonnement mathématique. Je tenterai de m’expliquer.

    Mon « L’art, le vrai, a parfois cette particularité… » vous inspire cette réaction : « Je ne vois pas qu’il y ait lieu à partir de là de trouver qu’il y a un « vrai » art et un faux. »

    N’ai-je pas dit PARFOIS ? Autrement dit, le VRAI art peut très bien ne pas posséder la » particularité » en question. Le FAUX art ne la possède pas (dis-je), mais le VRAI, pas toujours. La « particularité » est une condition insuffisante (diraient les matheux) pour distinguer le vrai du faux.

    Vous m’attribuez une affirmation que je n’ai jamais prononcée.

  66. Vous avez raison, je me suis bien abusé.
    du coup je ne saisis pas du tout ce que vous appelez vrai art et faux art

  67. pjolibert

    pardon je voulais dire que je me suis bien trompé en dénaturant la logique de vos phrases et en abusant d’elle.
    du coup je ne saisis pas du tout, etc.

  68. roturier

    Vous ne saisissez pas ? Normal ; je ne tente pas la définition du « vrai » et « faux » art; elle n’est pas dans mon sujet.

    Je « reconnais » (si je puis…) au « vrai » artiste, non l’artisan, non le tâcheron, le droit (pas le devoir…) de créer un message (un sens si vous préférez) sans en être conscient.
    Je crois que le génie (qui est autre chose qu’une grande intelligence, n’est-ce pas) peut fonctionner « à l’insu du plein gré » de l’intéressé. Il peut relever de l’inconscient, être viscéral et non cérébral.
    Le »vrai » créateur est (parfois, pas toujours) sous l’emprise d’une pulsion, souvent impérieuse ; hors sol, en dehors du monde et du temps; il ne sait pas ce qu’il fait. Il est habité.

    Je ne fais donc que signaler qu’un chef d’œuvre peut susciter des sentiments et de compréhensions dont son créateur n’est pas conscient. Peut ; éventuellement, mais pas forcément.

    MAIS c’est secondaire. Ce qui compte pour moi est l’affirmation que la qualité de l’œuvre est indépendante de la présence ou non d’un message.

  69. ** message supprimé par la modération d’Antidoxe pour non respect de la charte **

  70. Pierre Jolibert

    O.K., merci pour l’explication, là je comprends.

  71. roturier

    ** message supprimé par la modération d’Antidoxe pour non respect de la charte **

  72. roturier

    Mon 22:44 n’est évidemment pas pour vous, Pierre.

  73. Pierre Jolibert

    :))
    à tous les deux

  74. Bonjour, à tous,
    Que signifie ** message supprimé ** ?

  75. QuadPater

    Patrick, cela signifie que la modération d’Antidoxe a sorti sa paire de ciseaux.

  76. roturier

    Tremblez, grossiers personnages!

  77. Je préfère ça, quant à moi je ne donnerai plus d’articles à antidoxe où j’ai plus ou moins le même rôle que Jérôme Leroy sur Causeur dans l’esprit des commentateurs, je ne suis pas maso.

  78. roturier

    Survivra-t-on?

  79. Amaury Watremer, nous sommes très nombreux, presque tous ici, à souhaiter vous lire à nouveau. Vos articles figurent parmi les plus intéressants de ce site. Oubliez les fâcheux, nous espérons vous convaincre de nous donner à nouveau la chance de vous lire.

  80. pjolibert

    Même les fâcheux sadiques aiment vous lire, et les polémiques servent à pousser les opinions / doxai au bout de leur logique. Restez.

  81. roturier

    « Même les fâcheux sadiques aiment vous lire » dixit pjolibert.
    Qu’en savez-vous, Pierre?

  82. « Oubliez les fâcheux » d’Impat était au pluriel : l’occasion, l’herbe tendre, encore une fois le narcissique que je suis pensait à lui et s’insérait dans le pluriel, mais bon, je n’ai que trop fait l’andouille et vais arrêter.

  83. Florence

    Amaury, restez. J’aime bien vos interventions.

  84. QuadPater

    Allons Amaury Watremez, ne vous faites pas prier ! Et cessez de vous mépriser : mais non vous n’êtes pas Leroy !! je peux le prouver en 5 points. Vous n’êtes :
    – pas assez vicieux
    – pas assez méchant
    – pas assez stalinien
    – pas assez puant
    – et pas assez pervers.

  85. Un petit ras le bol des commentateurs, enfin surtout un, qui ne sont sur mes fils que pour essayer de nuire et qui ne lisent pas mes articles…
    Mais bon je ne vais pas jouer les grands coquets, et puisqu’on veut bien encore de moi je reste.

  86. à Pierre, il n’est pas sadique, le mot qui me vient est plus court

  87. roturier

    Donc parti remise. J’en salive d’avance.

  88. Il faut avouer que un ou deux ici m’ont inspiré ce billet

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