Colère noire

cn1

C’est à Bordeaux que le CRAN (Conseil représentatif des Associations Noires) a officiellement porté plainte contre Ernest-Antoine Seillière. Pas en raison de son passage au Medef, mais, tenons-nous bien « pour crime contre l’humanité et recel de crime contre l’humanité ». Bigre quel khmer avions-nous à la tête du patronat ?

Ce samedi, lors d’un colloque sur l’abolition de l’esclavage, à Nantes, les participants font état de deux poursuites en cours contre l’État pour la même raison.

Que reproche-t-on à l’un et l’autre ?

La traite négrière, le « commerce triangulaire » dans lequel les deux grands ports de Nantes et Bordeaux se sont illustrés il y a des siècles.

La traite fut abolie en 1815, l’esclavage en 1848. Le Code Noir, établi à la demande de Colbert, fut promulgué en 1685 puis de nouveau par le Régent, à la suite du refus du Parlement de l’enregistrer.

Quelles que soient, à la lumière d’aujourd’hui, les insuffisances de cet édit, il imposait un traitement « humain » des esclaves et bien d’autres mesures concordantes. La Révolution allait poursuivre dans cette voie en abolissant l’esclavage, mais en métropole seulement. Faux-derches à cocarde balayez devant votre porte…

Une querelle d’universitaires sévit depuis peu, relativement à un ouvrage de Jean-François Niort sur ledit Code Noir. Son livre, soutenu par le Conseil Général de la Guadeloupe suscite la colère (noire ?) d’associations diverses. L’universitaire Olivier Pétré-Grenouilleau en avait fait les frais il y a peu, de la part des mêmes, ces Fouquier-Tinville de fac, prompts à glapir. Son analyse des trois traites (occidentale, orientale et intra-africaine) est accusée de véhiculer un racisme abject.

La lapidation de Sylvain Gouguenheim, pour son « Aristote au Mont Saint Michel », vilipendé pour avoir remis en question l’apport des arabes dans la transmission des connaissances de l’Antiquité, ressortit du même phénomène de susceptibilité, de haine et de bien-pensance a-historique.

Trois questions viennent à l’esprit à la lecture de ces faits.

D’abord, jusqu’où et jusqu’à quand faut-il demander réparation pour les crimes commis jadis ? Certes le crime contre l’humanité est jugé imprescriptible. La réponse semble donc devoir être : toujours, partout.

On songe, en vallée de la Basse-Loire à attaquer en justice les états scandinaves pour les ravages des vikings en ces contrées autour du IXe siècle. Massacres, déportations, esclavage, rien n’y manque.

Et chacun aura plusieurs exemples d’épisodes troublés lors desquels des crimes abominables se seront multipliés. Sans compter ceux qui se commettent aujourd’hui, par exemple en Corée du Nord. Mais le silence desdits universitaires est, là, abyssal. Quand on choisit ses criminels c’est qu’on est de la graine de totalitaire.

Deuxième question, plus technique: quelles « réparations » envisager ? Le colloque de Nantes répond que l’État doit ouvrir le débat avec des sociologues et des universitaires. Cela promet d’être fécond !

Le CRAN (mais à ce stade d’outrance, on préfère le CULOT) suggère que ces dommages et intérêts consistent en « lieux de mémoire » et « musées ». Ouf ! On craignait qu’il faille verser à chaque Antillais, Guyanais et autres des allocations complémentaires aux RSA et aides multiples dont ils bénéficient déjà. Et que paient les impôts métropolitains.

On imagine le baron Seillière finançant et inaugurant un musée de l’esclavage à Pointe-à-Pitre, les maires de Bordeaux, Nantes et La Rochelle en chemise et les fers aux pieds. Encore que sur ce dernier point on puisse espérer vilainement que cela ait lieu.

Dernière question : tant qu’à « réparer », sont-ce vraiment les descendants antillais des noirs africains aujourd’hui qui ont le plus besoin qu’on les aide ? N’ont-ils pas à leur disposition écoles, soins, infrastructures, droits et libertés que bien des africains aimeraient avoir, fût-ce tour-à-tour… ?

Les tentatives des libre-penseurs de réimplanter des descendants d’esclaves en Sierra-Leone et au Liberia, deux états créés de toutes pièces, se sont soldées par des rivalités tribales et une cascade de massacres et exactions joliment passés sous silence par les chercheurs. Lesquels semblent ne chercher que ce qu’ils aiment à trouver…

Chaque jour, d’autres bateaux, chargés de pauvres hères, accostent aux rives de l’Europe du Sud, quand ils n’ont pas fait naufrage. Les « passeurs », affréteurs de barcasses submersibles, profiteurs de cette forme de crime contre l’humanité ne méritent-ils pas, au nom du fait que cela se passe sous nos yeux, qu’on se préoccupe davantage d’eux que de descendants de leurs lointains prédécesseurs ? Les Malais, Philippins et autres qui sont employés, au Qatar et ailleurs, et dont le sort est à peine plus enviable qu’un esclave dans une plantation des Antilles, doivent-ils être omis sous prétexte qu’en abordant la traite arabo-musulmane, toujours active et depuis des siècles, on ferait de la peine à nos immigrés ?

Précisons pour ceux qui liraient vite et mal cet article, qu’il ne s’agit pas de justifier, de louer, d’oublier quoi que ce soit, mais de raison garder.

Cet article a été écrit d’une traite.

256 Commentaires

  1. QuadPater

    Bonsoir Rackam… Il a été perpétré depuis toujours maints crimes que notre époque qualifierait de « de guerre » ou de « contre l’humanité ».

    Faisons un sort aux massacres, tortures, viols d’aujourd’hui : les historiens ne sont pas concernés, voyons !

    Ceux qui se sont produits au XXe siècle. S’il reste des criminels, il faut les juger, avec des avocats et tout et tout, puis les tuer.

    Quant aux crimes imprescriptibles dont plus aucun protagoniste n’est vivant, il faut « déjudiciariser » et « délégiférer » le dossier. Entretenir la mémoire. Je verrais une « journée de commémoration des crimes contre l’humanité ». Une seule, pas une par différent type de crime, ce serait abject et ridicule.
    Imaginons un tel jour. Le prez en titre ferait un discours sur la Shoah, le génocide arménien, les esclavages, bref tous les massacres et monstruosités de l’histoire. Par manque de temps il ne pourra tout évoquer. En effet Gorée – où il semblerait que pas grand-chose ne se soit passé – Dachau, les Antilles etc. ça ferait trop de pages… Ne pouvant être exhaustif, il n’en sera que davantage global, moins clivant… Peut-être ! « L’esclavage », dira-t-il, et on entendra les 3 esclavages…

    Quant à la réparation, le fait que la gauche prétende que la responsabilité d’un crime (comme parallèlement le statut de victime) se transmet génétiquement me laisse perplexe. Il est sidérant également qu’ils puissent arrimer une culpabilité à la couleur de la peau et aux préférences sexuelles : le fameux mâle blanc hétérosexuel, ennemi du genre humain…

  2. Souris donc

    Belle synthèse, Rackam !

    A laquelle j’ajouterais la cupidité.
    Cupidité et conjonction maléfique.
    Les indemnisations pharamineuses à l’américaine donnent des idées aux descendants de la victimisation génétiquement transmissible, comme le souligne Quad.
    Les class actions font saliver les assos à la recherche à tout prix de subventionnement à la mauvaise conscience mais à bon compte et sur le dos du contribuable.
    Mou-Président-Je, Zorro des minorités opprimées mais nanties d’un bulletin de vote, qui ne manque jamais une occasion de se ridiculiser, saisit l’occasion et met le paquet sur la repentance qui bat sa coulpe sur la poitrine des autres.
    Tout bénéf (électoral), le défenseur de la veuve et de l’orphelin et du Bien Universel Socialiste et Redistributif pense se donner une stature. Plus d’impôts, plus de chômage, plus de dette ? Qu’à cela ne tienne, quelques milliards de dédommagements, on n’est plus à ça près.
    Cupidité et bonne fortune.

    En tant que descendante de serfs taillables et corvéables à merci, j’envisage de m’inscrire sur une liste de descendants d’esclaves. A quelle assos dois-je m’adresser ?

  3. Loiseaubleu

    Il faut créer l’AVE : Association des Vendéens Exclus

  4. Loiseaubleu

    Aux USA ça vient de très haut.

    http://www.thepoliticalinsider.com/shock-michelle-obama-just-said-this-is-only-for-white-people/
    Ou comment fracturer un peu plus la société américaine après Ferguson et Baltimore.

    Elle et son époux avaient pourtant prévenu
    “We are five days away from fundamentally transforming the United States of America.” — Barack Obama, October 30, 2008

    “We are going to have to change our conversation; we’re going to have to change our traditions, our history; we’re going to have to move into a different place as a nation.” — Michelle Obama, May 14, 2008

    Read more at: http://www.nationalreview.com/article/359967/obama-transforming-america-victor-davis-hanson

  5. Loiseaubleu

    Souris donc
     » Plus d’impôts, plus de chômage, plus de dette ? Qu’à cela ne tienne, quelques milliards de dédommagements, on n’est plus à ça près. »
     » Ça ne coûte rien. C’est l’État qui paye

  6. hathorique

    Ne serait ce pas dans cette détestable continuité commémorative que Hollande après avoir concélébrer Castro qui curieusement a troqué son treillis pour un survêtement ce qui m’apparait comme un important signe de d’ouverture politique et de démocratie participative, notre très cher Président vient d’annoncer au Haïtiens que la France règlerait sa dette à Haïti ; encore faudrait il que le budget le permette, mais il semblerait qu’il parlait de la dette morale ce qui devrait rassurer Bercy, l’Europe et surtout les contribuables.

    Cette visite à Cuba me fait songer aux révérences qui étaient faites à Mao_Zedong par les dirigeants de la planète et de la photo souvenir qu’ils en ramenaient, oublieux des millions de morts qu’avait causé le grand bond en avant.

    Encore que c’était l’heureuse époque ou n’existaient pas encore les selfies, qui sont devenus une des marques préfabriquées de la traçabilité Hollandiste : « une sortie quatre selfies « 

  7. QuadPater

    Oui, des réparations sont nécessaires !

  8. QuadPater

    … à Baltimore après le passage des descendants d’esclaves :

  9. L’esclavage — selon ses trois modalités, bien décrites par Olivier Pétré-Grenouilleau — est déjà reconnu comme crime contre l’humanité, sous nos contrées en tout cas, puisqu’il continue d’être pratiqué dans de nombreux pays musulmans. Le procès intenté au ci-devant Seillière est grotesque, au point que l’on se demande quelles en sont les vraies motivations. Course aux subventions comme le suggère Souris, concurrence victimaire clairement illustrée par le discours M’balesque, besoins publicitaires des présidents de ces organisations procédurières. Sans doute tout cela à la fois.
    Cependant la moindre des choses serait d’établir la reconnaissance d’un fait historique (le génocide arménien perpétré par les Turcs en l’occurrence) sans lequel aucune avancée diplomatique ni géopolitique n’est possible.
    Il ne s’agit pas d’encourager la repentance qui n’est d’aucune utilité sinon d’ouvrir à des concurrences obscènes et à des discours plus ou moins hypocrites et paternalistes.

  10. Souris donc

    Aujourd’hui, Mou-Président-Je va tenter de rattraper sa gaffe sur l’indemnisation d’Haïti.
    « Quand je viendrai en Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons », se lançant dans des explications alambiquées sur le trésor immatériel de l’Education.
    Que les Haïtiens ont reçu 5/5. « En deux phrases, il nous a roulé dans la farine ».

    Pour tirer Mou-Président-J de ce mauvais pas, je lui suggérerais d’additionner toutes les aides déjà distribuées à Haïti depuis 1804. Et de présenter la facture.

    Puis que Mou-Président-Je se fasse expliquer le racisme caribéen. 80 mots en créole pour les nuances de couleur de la peau, épouser un plus clair que soi, c’est « améliorer la race ».
    Et de se faire conduire aux confins de Port-au-Prince, à Croix-des-Bossales.
    Bossales = peaux sales = les plus noirs = les derniers débarqués des bateaux négriers.
    Croix-des-Bossales est devenu un marché plus « ordinaire ». 2 millions de dollars ont été affectés à sa reconstruction après le séisme. Où est passé l’argent ? Nul ne le sait, car le marché est insalubre et dangereux, après comme avant.
    http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/125964/A-Croix-des-Bossales-comme-dans-une-decharge-publique.html

  11. Souris donc

    J’ajouterais que, derniers débarqués des bateaux négriers, Bossales ne comporte aucune nuance de compassion ou d’empathie. Contrairement au discours victimaire.
    Bossale veut dire qui débarque de son bled et n’a pas eu le temps de se métisser, d’acquérir des manières. Un plouc sans éducation.

  12. Pierre Jolibert

    Bravo pour votre texte, Rackam.
    [je passe rapidement sur une de mes obsessions : laissons les Khmers tranquilles, c’est un peuple comme un autre, on ne saurait leur reprocher des crimes ou des sottises dont ils ne sont pas directement ou pas du tout responsables, et se servir de leur nom pour coiffer tout et n’importe quoi]
    Je viens d’entendre Antoine Prost à la fin de la table ronde Broué/France culture ; j’étais curieusement d’accord avec l’esprit général de tout ce qu’il disait, et il a même dit, ce qui m’a énormément étonné, que la loi Taubira sur la mémoire et tout ça empêchait littéralement que l’on dît que c’était des Etats africains qui vendaient les esclaves aux marchands européens. (Puisqu’en toute logique illogique et passant outre, comme quadpater le signale d’entrée, le principe de la responsabilité individuelle de ses actes non transmissible aux descendants, les Etats africains actuels héritiers du territoire des royaumes côtiers esclavagistes devraient payer des sommes impressionnantes de dédommagements de leur côté) Quelqu’un sait-il exactement s’il y a vraiment un passage de la loi qui dirait ça, ou est-ce là aussi une simple possibilité d’interprétation délirante de la loi ?
    D’autre part, je savais plus ou moins que le Parlement de Paris avait refusé d’enregistrer le Code noir, mais j’ai entrelu quelque part très vaguement que d’autres parlements avaient fait de même. Si c’est vrai j’aimerais bien savoir lesquels et regarder quelle carte de France cela compose (pour faire mon Todd en faisant des liens avec des structures pluriséculaires).
    Enfin il me semble que vous allez un peu vite avec le coup de l’interdiction révolutionnaire uniquement sur le territoire métropolitain, mais bon comme vous avez écrit d’une traite…

  13. … »porté plainte contre Ernest-Antoine Seillière. Pas en raison de son passage au Medef, mais, tenons-nous bien « pour crime contre l’humanité et recel de crime contre l’humanité » …
    Certes pas en raison de son passage au Medef… mais ce passage au Medef explique cependant le choix de la cible. Être connu et reconnu comme « patron » influent, en France, c’est un délit qui attire tout naturellement la vindicte populaire. Ça aide puissamment à faire un coupable.

  14. Lisa

    On peut enlever de l’indemnisation, c’est à dire du budget des musées, l’effacement des dettes des pays africains pratiqué plusieurs fois je crois ?
    On peut enlever le fait d’avoir des priorités pour certains emplois de fonctionnaire pour les habitants des DOM TOM ?

  15. Bonjour Pierre,
    eh bien nous n’avons pas dû écouter la même émission, pourtant sur la même chaîne à la même heure. Il est vrai que je n’en ai pas entendu la totalité.
    Nous avons eu droit au discours pédagogiste le plus rebattu, à la défense d’une réforme absurde, sotte et criminelle, dans le droit fil de toutes leur semblables concoctées par les thuriféraires de Bourdieu.
    Les analyses du sociologue firent l’effet d’une bombe en 1964, parce que, comme le raconte Marianne cette semaine, elles portaient un rude coup à l’illusion de la démocratie scolaire et au mythe de l’élitisme républicain comme pure doxa, mythe entretenu alors par l’exemple de Pompidou. N’empêche qu’il y avait alors 12 à 14% d’enfants issus des classes populaires qui entraient dans les grandes écoles. Aujourd’hui, ils sont entre 2 et 4%.
    http://www.causeur.fr/reforme-college-najat-vallaud-bayrou-32654.html

  16. WIKI : La loi du 20 mai 1802 (30 floréal an X) est un retour sur les principes de la loi du 4 février 1794 (16 pluviôse) qui avait aboli l’esclavage sur tous les territoires de la République française. Il faut constater que cette abolition n’a pas été effective dans plusieurs colonies françaises. La Réunion a entravé son application, la Martinique l’a refusée au terme d’une insurrection royaliste similaire à celle de Vendée. Soulevée depuis le 16 septembre 1793, elle signe, représentée par le planteur Louis-François Dubuc, un accord de soumission à la royauté anglaise (traité de Whitehall). Le 6 février 1794, les Anglais entament la conquête militaire de l’île qu’ils terminent le 21 mars 1794. Les planteurs martiniquais évitent ainsi l’abolition de l’esclavage.

    La loi du 20 mai 1802 concerne explicitement les territoires qui n’ont pas appliqué la loi abolitionniste du 4 février 1794, elle est liée au traité d’Amiens du 26 mars 1802 qui restitue la Martinique, Tobago et Sainte-Lucie à la France. En conséquence, elle ne s’applique ni à la Guadeloupe, ni à la Guyane, ni à Saint-Domingue. Il est donc erroné de considérer, comme il est très fréquent, qu’elle concerne un rétablissement général de l’esclavage. Il reste que les colons de Guadeloupe et de Guyane ont progressivement imposé cette interprétation erronée. C’est à eux, et à l’absence de sanctions, qu’est dû le rétablissement effectif de l’esclavage. La position de Napoléon se caractérise plus par le pragmatisme que par une inclination « idéologique » dans un sens ou un autre1. D’ailleurs la loi du 20 mai 1802 n’a pas eu d’effet à Saint-Domingue, sauf celui d’accélérer son évolution vers l’indépendance devenue effective le 1er janvier 18042.

  17. Bonjour Kravi,
    j’ai écouté la fin de l’émission et une longue tirade d’A. Prost, si je ne me trompe, qui disait de façon développée ce que je ressasse à longueur d’années quel que soit le format.
    Nous avons bel et bien écouté (au moins partiellement) la même émission. La phrase que vous avez mise en italique, je ne l’ai pas entendue. Traduite dans mes mots à moi (il ne me viendrait pas à l’idée d’utiliser le mot doxa sur un ton méprisant : pour moi tout le monde a une idéologie car tout le monde est dans la doxa, c’est tout à fait normal la doxa, personne ne respire jamais très longtemps dans l’air purifié de la noèsis / et d’ailleurs c’est pile ce qu’a dit A. Prost, si c’est bien lui mais je confonds peut-être deux invités, quand il a dit que l’histoire était forcément instrumentalisée, qu’on était toujours déjà dans l’instrumentalisation / évidemment, je suis beaucoup trop snob pour utiliser le mot « instrumentalisation » même si je l’ai eu utilisé quand j’étais étudiant et moins snob, mais enfin on peut le dire autrement, l’histoire est une branche de la rhétorique, le fait véridique est toujours inséré dans un discours qui lui donne un sens orienté par une opinion) par mon camp à moi, cela correspond à peu près à ce que je sens.
    Merci pour vos appoints, il me paraît difficile du coup d’écrire la phrase sur l’abolition révolutionnaire telle que l’a écrite Rackam. Celui-ci, à mon avis, ferait mieux de fouiller les arguments des opposants parlementaires au Code noir, j’ai dans l’idée qu’il doit y avoir des choses du genre des « lois fondamentales du royaume », quelque ordonnance de Louis X de derrière les fagots, du « que des francs [libres] chez les Francs », etc.

  18. Pierre, la phrase en italique est tirée de l’article de Brighelli que j’ai mise en lien.
    [Peu m’importent ses orientations politiques dès lors qu’il énonce des opinions éclairées sur l’enseignement et dénonce les dérives pédagogistes insensées de ces 20 dernières années].
    Nous ne sommes pas HS (sujet, pas service) puisque l’essentiel des distorsions du réel et des grotesques stupidités telles que celle dénoncée par Rackam vient, selon moi, de la faillite de l’enseignement (entre autres aberrations).

  19. Ah mais oui, et en plus je l’avais lu, j’aurais dû reconnaître à la dernière phrase.
    L’idée saugrenue de poursuivre quelqu’un en justice pour le crime (rétroactivement défini) d’un supposé ancêtre vient selon moi de l’effacement d’un sens commun et d’une définition implicite de l’exercice du droit et de la justice, de l’effacement de la notion d’individu, de volonté individuelle, etc., effacement contre lequel l’école seule ne pourrait suffire à lutter même si elle en avait vraiment conscience et envie.
    Le sottise des adultes en ce domaine étant apparemment partagée par toutes les classes d’âge (d’après la maigre expérience que je peux en avoir), je ne vois pas pourquoi l’école en serait seule rendue responsable.
    A part ça, j’ai dit 100 fois qu’en l’état actuel des choses la traite transsaharienne pouvait s’enseigner en respectant la lettre des actuels programmes et mieux que ça. Un professeur de droite, un professeur royaliste, un professeur conservateur, peuvent trouver leur bonheur dans l’application actuelle des programmes actuels. J’imagine à partir de là qu’un tenant de ce que vous appelleriez dérives en tous genres continuerait à agir quel que fût l’esprit officiel de son employeur gouvernemental à quelque moment que ce soit. (ceci correspond exactement à ce que disait A. Prost)
    La succession des ministres et des hauts fonctionnaires, voire l’affrontement mis en scène dans les journaux & revues entre « républicains » et « pédagogistes », ont autant d’importance réelle, vus d’une salle de classe, qui brasse plusieurs échelles de durées, que l’agitation écumeuse de la surface vue depuis nos abysses.
    (Merci ô Braudel, pour l’inépuisable fécondité de tes métaphores !)

  20. Souris donc

    Ce jour, AFP :
    Pour soutenir le relèvement d’Haïti, miné par une pauvreté endémique, la France va développer ses relations avec le pays via ses départements ultramarins.
    Hu hu hu !
    Les départements ultramarins haïssent les Haïtiens.
    En 2006 :
    La chasse aux Haïtiens s’organise en Guadeloupe :
    http://www.alterpresse.org/spip.php?article4989#.VVIht5VOLIV

    Les Haïtiens « Restitisyon, Réparasyon ! » qui n’ont aucune illusion sur l’intégrité de leurs dirigeants espèrent une indemnisation directe sous la forme d’espèces sonnantes. Qu’il serait en effet plus sûr de soutirer au baron Seillière.

  21. J’ai dans l’idée que les Guadeloupéens qui haïssent le moins les clandestins haïtiens sont les exploitants agricoles (dont la superficie moyenne possédée demeure sans doute quantitativement remarquablement constante à travers les siècles, mais enfin, il ne faut jurer de rien, c’est à vérifier) qui louent les bras.
    Sur un sujet tout différent, les médias publics n’ont pas eu peur de faire part de l’indifférence des Guadeloupéens, au moins quelques-uns, vis-à-vis du musée flambant neuf. Indifférence quant au musée, mais pas quant à son coût. Réflexe très sain, qui se retrouve beaucoup ailleurs (article de Daoud Boughezala le mois dernier dans Causeur sur la Franche-Comté : le viticulteur qui dit : « Les élus n’ont aucune idée pour enrayer la fuite des jeunes, ils se contentent de fabriquer des ronds-points et des musées ».
    Une de mes plus belles émotions muséographiques : le musée de la bataille des Saintes aux Saintes, dans le fort, et la vision, après, du champ de bataille du haut d’une des pentes exposées au sud, la Dominique au loin. Je ne savais rien de cette défaite avant cette visite, puisque la tradition historiographique française, surtout scolaire, s’est bien gardée de s’en souvenir. / Le meilleur musée qui soit des guerres de la Révolution là-bas : le fort de Basse-Terre, les plaques commémoratives qui racontent tout (mais j’ai tout oublié, sauf le nom de Solitude) en détail et en prenant juste ce qu’il faut de place, les tombes entourées de pelouse, le vent, la vue sur le port, des insulaires d’ascendance visiblement indienne d’Inde qui jouent au foot dans les fossés (chance ce jour-là) : pas d’aménagement d’aménageurs publics ou privés (qu’importe, tous les mêmes) à la con, pas de marketing associatif, pas d’hystérie, bref nulle part héroïne d’histoire n’a mieux porté que là son nom.

  22. pjolibert

    pardon, je n’ai pas précisé, défaite navale pendant la guerre d’indépendance américaine, donc champ de bataille dans la mer.
    mais peut-être que beaucoup de gens connaissent en fait (si j’ai appris l’histoire par temps de déclin de l’enseignement…)

  23. mario

    Hollande s’est planté .La dette que la France doit régler aux Haïtiens est seulement Morale (dixit RTL).
    Il se serait mal relu …..
    Quel Pingouin!!!!! le capitaine de pédalo doit ramer maintenant pour rattraper sa gaffe.

  24. Souris donc

    Oui, Mario ! Mou-Président-Je vient d’arriver à Port-au-Prince, accueilli par des pancartes « L’argent, pas la morale ! ».
    Tous les journaleux reprennent sans vérification la somme de 150 millions de francs-or (21 milliards de dollars actuels) payés par Haïti au titre de l’indemnisation des planteurs français.
    Beau roman qui permet d’imputer la pauvreté endémique aux Français plutôt qu’à l’incurie de leurs propres dirigeants.
    Au moment de l’Indépendance, Boyer, un des présidents à vie par acclamation, négocie et fait baisser l’indemnisation de 150 à 90 millions de francs-or. Soit 12,6 milliards de dollars. Qu’il a tenu à payer jusqu’au dernier centime (la somme comportait des centimes pour une raison comptable, Boyer refusa de l’arrondir, pour mettre la honte aux Français).

  25. QuadPater

    L’Obs, référence du décryptage de l’actualité, nous apprend que :

    Pour en revenir précisément à Ernest-Antoine Seillière, celui-ci est, estime le CRAN, « lié au capitalisme négrier à la fois par son aïeul, Jean-Joseph de Laborde, et par sa participation à la banque NSMD [filiale du groupe néerlandais ABN-Amro, NDLR], issue en partie de la banque Mallet, institution particulièrement investie dans la traite négrière ». C’est donc à ce double titre que l’organisation assigne le baron Seillière.

    Louis-Georges Tin souligne : [en gras c’est Quad]
    Les descendants des esclavagistes ne sont pas coupables mais ils sont bénéficiaires et leur fortune est faite de biens mal acquis. Et en refusant toute réparation, ils deviennent solidaires de fait du crime dont ils essaient de se démarquer en vain. »

    Partons du principe que LG Tin est de bonne foi, et que son indignation est pure. Sans doute oublie-t-il qu’avant d’être aboli… l’esclavage était… était… ? légal ! eh oui ! du moins si ce terme avait un sens à l’époque. En tout cas il était autorisé, accepté, il n’était pas puni à l’époque.
    La fortune de Jean-Joseph de Laborde et celles de ses collègues pratiquant la traite négrière était légitime à l’époque alors que la même activité aujourd’hui tomberait sous le coup de crime contre l’humanité.
    En 2 mots c’est ce qui rend incompréhensible la démarche de Tin.
    M. Tin s’autorise à instruire lui-même le procès vite fait d’un type mort il y a plus de 2 siècles, à le juger coupable selon la loi d’aujourd’hui, et à condamner ledit type (habénon, il est mort ! ) son descendant à faire acte de réparation vis à vis des victimes de son aïeul (habénon, scrogneugneu elles sont mortes elles aussi !) descendants des victimes de son aïeul.
    Pffff ! C’est grotesque !

    Mais plus c’est gros plus ça passe, c’est ça ?

  26. Puis-je assigner Poutine pour réparation des torts faits à mes grands-parents paternels par les bolchéviques, et ainsi demander réparation des spoliations subies par ma famille pendant la révolution ?
    Les descendants des Habsbourg pourraient aussi me dédommager pour les innombrables dommages et vexations subies par ma famille maternelle.
    A la France, qui nous a accueillis — je suis petit-fils d’exilés, mais plein de gratitude –, je ne demanderai rien. Nous sommes ainsi.

  27. rackam

    Comment cela, ravi, vous ne demandez rien? Espèce de nanti!

  28. QuadPater

    « Puis-je assigner Poutine pour réparation des torts (…) »
    Toute la question est là. Si Tin peut, vous pouvez.
    Mais voilà je ne comprends pas pourquoi on ne lui répond pas dans les 24 h que son délire n’est pas recevable.

  29. QuadPater

    Les mots ont-ils un sens pour la justice ? « recel de crime contre l’humanité » ??? Cela mérite d’être débouté dans la journée.

  30. C’est grotesque, mais je crois que c’est le but : donner de la voix sous n’importe quel prétexte pour se faire remarquer, recruter des membres donateurs, faire du vent et augmenter ainsi sa visibilitude. Peu importe le fond, s’est le bruit qui compte. De la téléréalité, en somme. Et il y a beaucoup de cerveaux disponibles.

  31. Souris donc

    Chaque jour, d’autres bateaux, chargés de pauvres hères, accostent aux rives de l’Europe du Sud, quand ils n’ont pas fait naufrage. Les « passeurs », affréteurs de barcasses submersibles, profiteurs de cette forme de crime contre l’humanité ne méritent-ils pas, au nom du fait que cela se passe sous nos yeux, qu’on se préoccupe davantage d’eux que de descendants de leurs lointains prédécesseurs ?

    La Malaisie et l’Indonésie repoussent vers le large les bateaux d’illégaux et autres faux réfugiés arrivés dans leurs eaux territoriales.
    L’Australie en a fait autant.
    Il n’y a que les nouilles européennes qui se laissent envahir en prêtant main forte aux passeurs, en se rendant complices de cette nouvelle forme opportuniste de crime contre l’humanité. Au lieu de donner un signal fort en compliquant la tâche des passeurs, on leur ouvre un boulevard. Amnesty International revendique même un couloir humanitaire !

  32. Souris donc

    Par ailleurs, dans son périple caribéen, la Nouille Nationale aurait pu en profiter pour donner leur indépendance à tous ces DOM-TOM, survivances de la colonisation, qui nous coûtent plus cher que toutes nos autres danseuses, qui n’ont aucune utilité pour nous, même plus l’excuse géostratégique du temps de la Guerre Froide.

  33. Loiseaubleu

    Souris donc,
    L’indépendance aux DOM TOM ?
    A la suite du divorce d’avec les trois pays du Maghreb nous avons hérité de la garde des enfants
    Chat échaudé craint l’eau froide.

  34. roturier

    L’indépendance, les « ultramarins » la réclament et la refusent à la fois.

    Ils connaissent le nombre des bénéficiaires du RMI, du RSA, du chômage (liste non exhaustive) sur leurs iles ; il est ahurissant. La majorité de la population vit, finalement, sur l’aubaine. Ils savent ce qui adviendrait si… Le cauchemar Haïtien y est, quoi qu’ils en disent, un repoussoir.

    Une économie ilienne, c’est déjà problématique ; voire la Corse. Mais aux DOM-TOM c’est pire vu l’éloignement, la nature de la population (collective ; à ne pas confondre avec des individus) et les mauvaises habitudes prises.

    Culpabiliser la « métropole » y est donc un métier et revendiquer l’indépendance, un moyen de filer de pouvoirs supplémentaires aux républicains-bananiers locaux sans pour autant couper le cordon ombilical.

  35. Souris donc,
    les coûts ça se réforme facilement, cette danseuse là comme toutes les autres niches fiscales.
    Moi, je pense le contraire de vous, et serais pas contre une réannexion de toutes les Comores, par exemple.(sur base plébiscitaire et négociée, évidemment, pas forcément un débarquement à la Bob Denard)

  36. QuadPater

    pjolibert, que voulez-vous faire de la population de ces 3 îles islamiques ?
    Je sais bien que si les Comoriens avaient eu plus de pognon, ils n’auraient pas colonisé Marseille.
    Si les Comoriens étaient un peu moins pauvres ils seraient moins nombreux à mourir lors de la traversée Anjouan – Mayotte. Et les passeurs mahorais devraient se reconvertir.
    Cependant ce ne sont que des arguments démographiques et humanitaires, alors que les arguments politiques et financiers sont les seuls à induire des décisions.
    Selon vous qu’aurait la France a gagner à donner un passeport à quelques centaines de milliers de musulmans que haïssent copieusement leurs cousins Mahorais ?

  37. je pense que Pierre veut susciter un « Petit Remplacement »…

  38. Florence

    Souris, les DOM TOm sont loin d’être un poids, pour peu que l’on s’intéresse aux richesses sous-marines. Certes, ces richesses ne sont pas exploitées mais un jour, elles le seront. Ce serait une erreur stratégique de les laisser tomber comme ça.

    C’est une des raisons mais il y en a plein d’autres. Je crois que l’on dit que la France est le seul pays au monde où le soleil ne se couche jamais.

    Si la France retrouvait une ambition, retrouvait la niaque, elle aurait tout ce qu’il faut pour rayonner à nouveau. Mais pour cela, il faut changer l’état d’esprit qui est devenu délétère.

  39. Je crois que vous avez raison, Florence. D’autant qu’un jour peut-être, dans deux, trois générations, ces populations seront plus éduquées et plus développées et pourront concourir au rayonnement et à la prospérité de l’ensemble français.
    Ce n’est pas une certitude. C’est une possibilité à ne pas détruire.
    La principale condition est celle que vous signalez : changer l’état d’esprit des Français. C’est là que le bât blesse…

  40. Souris donc

    Plus aucun pays n’a de colonies. Sauf nous. Surtout si on ajoute la Françafrique. Il y a bien une raison à ça. Les Britanniques ont leur commonwealth, comme le Canada et l’Australie, aussi développés qu’eux, qui ne leur coûte rien, forme un débouché commercial et permet à la famille royale d’aller parader.
    Les Américains ont l’Alaska, Hawaï comme états, et Porto Rico et quelques paradis fiscaux comme commonwealth. Porto Rico, j’y ai bourlingué, c’est Las Vegas sous les tropiques. Un concentré de machines à sous, des gratte-ciel dès qu’un centimètre carré de foncier se libère. Personne ne s’intéresse à la plage, où coulent les égouts, sauf les indigènes et les quelques Français que les Américains regardent avec commisération.

  41. QuadPater

    Florence et Impat, nous en sommes loin. Le rayonnement de la France pour les prochaines générations en cours de belkacemisation c’est au pire la trace de l’activité nucléaire, au mieux une allusion aux années les plus sombres de la colonisation et du commerce triangulaire.

  42. … »nous en sommes loin »…
    Oui Quad. Il faut voir loin. 🙂

  43. roturier

    Croire que les ultramarins, une fois leurs prétendues « richesses », marines ou autres, valorisées, ne réclameraient pas l’indépendance histoire de ne pas les partager avec les « métropolitains » ancien esclavagistes visages de craie, c’est croire à la gratitude en matière de géopolitique.

    Passant déjà pour un grossier personnage je vous fais grâce de mon avis.

  44. QuadPater

    Cela ne sert à rien d’avoir une vue dégagée si elle n’est pas dans la direction qu’on prend. 😛

  45. Souris, ce que vous prenez pour une exception française n’en est pas une.

    Antilles britanniques, St-Maarten, Malouines, Gibraltar, Îles Vierges, St-Hélène, etc. etc.

    Irlande du Nord…?

  46. roturier

    Que de confettis…

  47. Quad, ça sert aux proies. C’est pourquoi elles ont toutes des yeux latéraux…

  48. Territoires antarctiques, Groenland…

  49. Donnons à la Terre Adélie une indépendance bien méritée. Leur gouvernement est prêt: il y a plein d’empereurs!

  50. QuadPater

    Salauds d’Adéliens ! Ils ont gardé les empereurs et envoyé les manchots à l’Élysée.

  51. On voit bien que c’est une terre à délits.

  52. Vous êtes déchaînés ce matin. Merci Schœlcher !

  53. Florence

    Souris,
    en ce qui concerne les Antilles françaises, les noirs n’ont pas plus d’antériorité que les blancs. Ils sont même arrivés après, dans des conditions abominables certes mais les Antilles ne sont pas leurs terres qu’on leur aurait piquées.

    Dans le Pacifique, c’est différent et, du reste, le statut n’est pas le même. Beaucoup plus d’indépendance. Je ne crois pas que les autochtones s’en plaignent à Tahiti. Je ne sais pas ce qu’il en est actuellement en Nouvelle-Calédonie mais il ne faut pas oublier que l’Australie lorgne dessus et à intérêt à y mettre un peu de désordre. Les Australiens seraient-ils plus légitimes que les Français ? Pas si sûr !

    Quad,
    Belkacem ne fait que passer et ne descend qu’une marche de plus dans la grande descente initiée il y a environ 30 ans. C’est certain qu’il faudra un changement radical dans l’état d’esprit général. Mais rien n’est foutu. Je reste optimiste.

  54. Florence… »Ils sont même arrivés après »…ou pas du tout (St-Barth).

  55. Kravi,… »Vous êtes déchaînés »… Et vous donc !

  56. rackam

    Florence (Bologne), dans le Pacifique tout n’a pas toujours été rose non plus.
    On a « importé » à Tahiti de nombreux chinois (de Canton) pour les travaux ardus. Fin XIXème ou début XXème
    Assez maltraités, leur statut s’apparentait à l’esclavage. Mais, plus travailleurs et solidaires que les polynésiens, ils s’en sont bien sortis. Au point que Gauguin, inquiet de l’emprise qu’ils avaient sur les indolentes populations qu’il idéalisait, a recommandé qu’on les emmure au fond d’une vallée…
    Aujourd’hui tout cela s’est joliment métissé (à Tahiti plus que dans les autres îles), mais les chinois tiennent le commerce, comme souvent.
    En Guyane, un phénomène approchant s’est produit, plus récemment, avec l’implantation des hmongs, menacés de mort par les vietnamiens et autres jaunes-rouges. De nos jours bien des leviers sont aux mains des guyanais d’origine asiatique, jusqu’au Conseil Général.

  57. Florence

    Rackam,
    c’est vrai ce que vous dites ! Cela m’a rappelé une rencontre faite il y a plus de 30 ans. Une Française de métropole installée à Tahiti m’avait dit que tout le commerce y était tenu par les Chinois.

  58. QuadPater

    Florence, comme en Guyane. On va faire ses courses « au Chinois » comme à Paris « chez l’Arabe » (du coin).
    Les Hmongs, amenés là par la France pour repeupler le DOM et y créer une activité économique, sont devenus les principaux producteurs agricoles. À eux seuls ils alimentent et animent la quasi-totalité des marchés.
    Souris, la Guyane ne peut pas être dé-DOMisée*, ne serait-ce que pour garder Kourou. Posséder la seule terre européenne très proche de l’équateur est une (vraie) chance pour la France et son industrie spatiale.
    —————-
    * ce n’est plus une urgence, on s’est pelé Taubiwa !

  59. … »très proche de l’équateur est une (vraie) chance »…
    Très exact, Quad. Du seul point de vue économique cela se chiffre en Mds €.

  60. Florence

    Quad, si je comprends bien, il va falloir installer des Asiates aux Antilles 😀
    Parfaitement d’accord sur Kourou.

  61. pjolibert

    Pardon, quadpater, j’étais parti tout de suite après.
    Eh bien, il y a le rayonnement, dont a parlé Florence juste après.
    Et puis aussi… que ce serait un camouflet idéologique pour le concept d’Etat-Nation et le « libre droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui a cru triompher entre 1919 et 1991/1999 (en arrondissant), mais je conçois qu’on ne soit pas d’accord avec moi (ceci est encore en lien avec mes idées générales sur les empires et tout ça). Voilà tout le gain que j’ai à proposer : un gain idéologique qui permet à mon avis de faire fermer leur gueule provisoirement à tous les discours revendicatifs post-tiers-mondistes (suivez mes divers regards, mais vraiment très divers, hein, pas de sélection) en les faisant éclater par leurs propres contradictions. Ces Comores sont remarquables, dans leur exagération et leur raccourci, de l’absurdité de l’ensemble de ce qui s’est passé dans le monde ces 70 dernières années : indépendance de la plupart d’entre elles –> yo, rush sur Mayotte la Française 40 ans après.
    Du reste, j’ai abusé des termes exacts, ce ne serait pas une « réannexion » puisque c’était un protectorat (je crois) et si il y a eu différence de choix entre les îles, c’est peut-être lié à des contentieux plus vieux que nos deux petits derniers siècles. Et dans l’ensemble, le gain idéologique est loin d’être garanti.

  62. Souris donc

    Chaque DOM-TOM a son parti indépendantiste. Y a qu’à leur donner gain de cause. Contenter Madame Taubira, notre Garde des Sceaux, créatrice et militante du parti Walwari.
    Comme ils avaient fait pour les Kanaks du FLNKS avec les accords de Nouméa signés sous Lionel Jospin qui prévoient un référendum d’autodétermination entre 2014 et 2018. Aux Calédoniens de choisir si leur île se maintiendra au sein du giron français ou si elle prendra son indépendance.

    On n’en entend plus parler, curieusement.

  63. Florence

    Souris,
    tout ça montre bien que c’est de la basse politique politichienne.

    Impat, vous avez dit quelque chose d’essentiel à mon sens : il faut voir loin !

    Lors de la campagne présidentielle de 2012; il a été de bon ton de se moquer de Jacques Cheminade et de son idée d’aller sur Mars. Et puis quelques mois plus tard, j’ai entendu sur une radio hors système cet ex-candidat expliquer son idée qui était loin d’être idiote. Ce n’était pas l’hurluberlu décrit par les médias, son raisonnement était très construit : il s’agissait dans son esprit de voir loin, de donner un objectif à long terme à un pays, un objectif qui permettrait de développer les techniques du futur.

  64. C’est la spirale infinie, Souris.
    Un extrémiste, Baudelaire, dans « Pauvre Belgique ! » :
    « Peur de l’annexion, mais désir que la France la désire.
    Mais on les insulterait fort en leur disant qu’il n’y a aucun danger pour eux et que la France ne veut pas d’eux. »
    Avant : « Je suis contre l’annexion. Il y a déjà bien assez de sots en France, sans compter tous nos anciens annexés, Bordelais, Alsaciens ou autres. »

  65. QuadPater

    C’est étrange cette prédilection de la socialope (© Souris donc) pour tout ce qui peut l’aider à bien se mépriser ou profondément se haïr elle-même. Elle psalmodie en permanence un confiteor auquel le peuple est expressément invité à se joindre. C’est ma faute, c’est notre faute… Pourquoi cette mentalité masochiste a-t-elle tant de succès ? A-t-on besoin d’expier quelque chose ? souffre-t-on d’une culpabilité originelle ?

  66. … »A-t-on besoin d’expier quelque chose ? »…
    Ben oui, on a besoin d’expier l’élection de Hollande. Mais ce n’est sans doute pas à cela qu’ils pensent, nos socialopistes. Quoique, si, peut-être…

  67. roturier

    Impat et Quad jouent une nocturne.

    Le discours expiatoire, donc, que vous attribuez à la « socialopie », terme que je récuse vu que cette dernière, en l’occurrence mais pas seulement, est la digne héritière du judéo-christianisme, champion du monde de battage de coulpe sur la poitrine la plus disponible, à défaut sur la sienne propre.

  68. En effet, la culpabilisation est censée être judéo-chrétienne.
    Hélas même les chrétiens sont toujours tentés de rejoindre la commune humanité et de glisser de l’autoculpabilisation vers l’expiation sur la poitrine ou l’épaule du voisin. Les Emigrés de retour sous la Restauration étaient obsédés par l’expiation du sacrilège révolutionnaire mais ils s’en sentaient parfaitement innocents, de même la gauche actuelle ne pense guère qu’à expier les fautes d’une France dont elle s’abstrait totalement ce faisant, et ne se hait donc pas selon moi. Tous sont des desservants de la divinité Bonne Conscience.
    J’ai déjà signalé que beaucoup de Guadeloupéens critiquent, apparemment, ce mémorial. Réflexe très sain, même si c’est pour des raisons budgétaires un peu décevantes. Je préfèrerais qu’ils disent que tout musée est un édifice païen visant à l’adoration d’idoles (Mémoire, Art, Soi-même-se-complaisant-dans-son-Souvenir-ou-son-Art), et que l’enseignement se fait avant tout par le Texte. Il m’avait semblé que l’armature catholique était solide, aux Antilles.

  69. Souris donc

    La socialope est une chimère.
    Du judéo-christianisme qui doit expier ses péchés et ceux de ses pères jusqu’au moins la 7ème génération.
    Du marxisme qui promet le grand soir du nouveau damné de la terre désigné par Terra Nova, l’immigré, puisque le prolo a le mauvais goût de voter FN.
    Du bandit de grand chemin qui, en ces temps de déclaration de revenus, nous vole pour assouvir sa bonne conscience de réducteur d’inégalités. Tous pareils ! Tous pauvres ! Tous ignares ! Tous asexués ! Tous interchangeables ! Tous mondialisés ! Tous migrants ! Tous métissés !
    Sauf bien sûr le souchien de l’Amazonie qui doit préserver son identité, ses coutumes si délicieusement exotiques. Ainsi que le musulman ombrageux de nos contrées qui doit préserver sa religion, son halal, sa charia, la pureté de sa race, la susceptibilité qui le pousse à décimer les rédactions des journaux satiriques et que la socialope ne doit donc pas offenser.

  70. pjolibert

    Je radotte : à bas la mémoire volontariste, cette triste anti-madeleine.
    Je redis que le fort de Basse-Terre est très bon dans son rôle de témoin discret, entretien qui a l’air de coûter trois fois rien, ouverture à tout vent, forte puissance d’évocation (aïe, ça reste païen) :
    http://ti-blog-an-nou.over-blog.com/article-le-fort-louis-delgres-52680578.html
    Bon, si je ne dis pas qu’il s’appelle le fort Louis Delgrès, les assoc vont me le reprocher.

  71. pjolibert, … »l’enseignement se fait avant tout par le Texte »…
    Excellent. J’en ferais bien une parole d’Évangile.

  72. Souris donc

    L’UE, jamais en retard d’une complicité avec les passeurs, met en place des quotas de « migrants » que chaque pays devra accueillir au nom du partage du fardeau. On y trouve le PIB, l’effort déjà consenti, le taux de chômage, la fécondité, et, je suppose, l’âge du capitaine de la barcasse.
    Bien.
    Chers eurotechnocrates progressistes sur le dos des autres, vous qui êtes exonérés d’impôts, je vous suggère de d’affiner vos quotas : nombre de malades, du sida, de l’Ebola, de la tuberculose. Nombre de femmes enceintes accouchant directement d’un petit Européen, taille de la famille susceptible de bénéficier du regroupement et d’allocs.

  73. rackam

    Sourilope! 🙂 vous donnez du « judéo »-christianisme une image spinalienne qui me navre.
    Nous ne sommes pas là pour expier nos fautes, mais pour les reconnaître et nous les faire pardonner.
    L’expiation viendra quand nous serons mourus. Telle est notre croyance.
    Cel étant posé, il est vrai qu’il y a une inspiration chrétienne dans le vaste « mea culpa » occidental.
    C’est Chesterton, je crois, qui disait que le socialisme était un christianisme devenu maboul. Enfin quelque chose comme cela.

  74. Lisa

    Chesterton a dit que la modernité était des idées chrétiennes devenues folles.

  75. Lisa et Rackam, il va nous falloir choisir entre les deux citations car, le socialisme étant le contraire de la modernité, elles sont antinomiques…

  76. roturier

    Rackam 14 mai 2015 à 13:24: « Nous ne sommes pas là pour expier nos fautes ».
    Certes. C’est les autres qui sont là pour ça.

    J’aurais pu pinailler sur le « nous » mais passons.

  77. Proposition de synthèse :
    L’Exonération fiscale est une Expiation devenue folle.

  78. QuadPater

    rackam n’engueulez pas Souris c’est moi qui ai évoqué le Confiteor.
    Exemples de vertus chrétiennes détournées par la gauche : l’amour du prochain est devenu le « care » et la préférence de l’autre, le péché originel s’est mué en culpabilité occidentale, la charité est assurée par l’état. On retrouve la dichotomie extrême entre le Bien, la pureté, la bonté, le cœur, et le Mal, diabolique, tentateur, monstrueux, inimaginablement haineux…

    Les socialistes contemporains sont des culs-bénis laïques.

  79. Souris donc

    Je ne prends pas à mon compte l’expiation gauchiotte, Rackam.
    Pour moi, la gauche est d’abord une chimère. Dans les deux sens du terme.
    – Une idée folle, totalitaire. Pas une semaine sans que la gauche ne se réclame de l’utopie.
    – Une créature hybride, de bric et de broc, un collage. Héritage des Lumières, égalitarisme révolutionnaire, marxisme, collectivisme, franc-maçonnerie, écologie. En fait, ni cohérence, ni cohésion. Un système de tactique électorale avec une base militante qu’il faut motiver en formules préétablies, « valeurs républicaines », « citoyenneté », et autres incantations.

    D’accord avec Quad, sur les vertus chrétiennes détournées. Assez étonnant comme les termes péjoratifs collent (la bien-pensance, la dame patronnesse, la chaisière…)

  80. Bon, bon, d’accord! Socialisme et modernisme se croyaient jumeaux. Mais ils datent!
    Souris ne se sentait pas engueulée, je pense, elle me connaît assez pour savoir qu’entre un jeu de mots et la prudence mon choix est toujours fait.
    Mais si elle en avait ressenti dol, j’amende mes excuses avec honorabilité.
    Cependant les posts suivants me titillent le clavier avec des images de la religion catholique qui finissent par masquer la réalité.Mais c’est la fête de l’Ascension du Christ, alors,… je retourne tremper mon fessier dans le bénitier.

  81. Souris donc

    Vous êtes pardonné, mon fils. Allez en paix.
    PS. Je promets de ne plus m’en prendre à Sa Sainteté Gaucho de la Pampa, l’antéchrist.

  82. Souris, l’art de pardonner en se rendant impardonnable 🙂

  83. QuadPater

    Et l’Église ? s’est-elle fait du fric grâce à la traite ?

  84. L’Eglise a interdit l’esclavage.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sublimis_Deus
    J’ai trouvé par hasard cette bulle de Paul III l’an dernier, je ne savais rien de tout ça, vous pensez bien que je la sers aux élèves (ça permet d’aller plus vite qu’avec le rituel de repentance « Controverse de Valladolid »). En dépit de la difficulté de la langue, ils comprennent assez bien le fond tous seuls.

  85. Florence

    Lisa, j’ai entendu que la citation de Chesterton concernait les « vertus chrétiennes » et pas les « idées » chrétiennes. Quelqu’un a-t-il lu Chesterton ici ?J’ai envie de le lire. Pas où commencer ?

  86. Souris donc

    Si l’Eglise s’était fait du fric grâce à la traite, vous pensez bien que des myriades d’associations n’auraient pas laissé passer l’opportunité de se faire du fric à leur tour, puisque c’est leur objectif. Se victimiser pour soutirer des dommages et intérêts, des indemnisations, des réparations. Ensuite, comme ces assos ont un régime de certification de leurs comptes assez cool et détendu, la tentation de la belle vie en toute bonne conscience est assez, ma foi, envisageable, en notes de frais, resto, faux voyages d’études, improbables congrès, voire voitures de fonction avec chauffeur et vols en classe affaires. Prospérer sur la victimisation, la martingale ! Intouchables ! On est du camp du Bien. Les syndicats ont une grande expertise dans le domaine.

  87. Florence

    « Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules. C’est ainsi que nous voyons des savants épris de vérité, mais dont la vérité est impitoyable ; des humanitaires éperdus de pitié mais dont la pitié (je regrette de le dire) est souvent un mensonge. Mr Blatchford attaque le christianisme parce que Mr Blatchford a la monomanie d’une seule vertu chrétienne, d’une charité purement mystique et presque irrationnelle. Il a une idée étrange : c’est qu’il rendra plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés ».

    G.K.Chesterton – Orthodoxie

  88. Florence

    Pierre Jolibert,
    merci infiniment pour la bulle de Paul III !

  89. Souris donc

    Si l’Eglise s’était fait du fric grâce à la traite, vous pensez bien que des myriades d’associations n’auraient pas laissé passer l’opportunité de se faire du fric à leur tour, puisque c’est leur objectif. Se victimiser pour soutirer des dommages et intérêts, des indemnisations, des réparations. Ensuite, comme ces assos ont un régime de certification de leurs comptes assez cool et détendu, la tentation de la belle vie en toute bonne conscience est assez, ma foi, envisageable, en notes de frais, resto, faux voyages d’études, improbables congrès, voire voitures de fonction avec chauffeur et vols en classe affaires. Prospérer sur la victimisation, la martingale ! Intouchables ! On est du camp du Bien. Les syndicats ont une grande expertise dans le domaine.

  90. roturier

    Comment se fait-il que personne encore n’intente des procès à l’Espagne et au Portugal au titre de la conquête des Amériques et le sort réservé aux amérindiens?

  91. roturier

    Concernant la citation de Chesterton apportée par Florence 15 mai 2015 à 09:34.

    Il y est question de vertus devenues folles puisque prises isolées les une des autres et surtout du tronc commun (le christianisme, s’entend).

    Dans une langue qu’il m’arrive de fréquenter les deux vertus cardinales, charité et justice, sont, par définition linguistique, indissociables puisque ayant la même racine et donc prononcées comme conjugaisons mâle et femelle du même mot.

  92. Souris donc

    Espagne et Portugal, moins englués que nous dans le bon sentiment dégoulinant ? L’Espagne, avec sa bulle immobilière, a senti le vent du boulet, ils ont autre chose à faire qu’à se lancer mutuellement des anathèmes sur le racisme et le fascisme biterrois, les Marches Citoyennes censées résoudre les tensions sociales.
    Nous sommes singulièrement frivoles. Quand je vois la tronche de Mou-Président-Je, de Ségolène Royal, de Hidalgo, de Vallaud-Belkacem et Taubira, des bouffons, des tronches de « valeurs républicaines », masquant de moins en moins leur tragique incompétence.
    Les Espagnols ont accepté que leurs salaires soient baissés de 40% et les prix aussi, ainsi que les indemnités de chômage. Le pari leur a réussi, tous leurs chiffres s’améliorent, ils sont pleins d’énergie, d’optimisme et de bonne humeur. Les Portugais pareil.
    Et nous on patauge dans le bon sentiment et la culpabilisation lugubre.

    Ça m’étonnerait que l’Espagne et le Portugal acceptent les assos sangsues et parasites, ou des gouffres comme l’intermittence du spectacle, l’AME, les DOM-TOM.

  93. Souris donc

    On parle de plus en plus de Brexit, sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe. Aucun problème pour les Britanniques, ils commercent avec leur commonwealth et seraient débarrassés de toutes les contraintes insensées et arbitraires imposées par l’eurocratie.

    Imaginez un Frexit, comme nous le promet Marine le Pen. On ferait quoi ? Nos boulets ultramarins nous coûtent infiniment plus qu’ils nous rapportent. Zéro débouché. Vendre des Rafales à des pays insolvables comme l’Egypte ? Nous, on est coincés. L’Europe peut nous imposer ses quotas de roms, de « migrants », on n’a rien à dire. Avaler la couleuvre sans un ouf. Et même prétendre qu’elle est délicieuse comme Leonarda.

  94. roturier

    Et si la bonne comparaison appartenait au règne animal?
    Laissez le loup bouffer la brebis, il serait de bonne humeur, plein d’allant et d’optimisme.
    Enseignez-lui le bien et le mal, il tomberait dans la mélancolie, la dépression, la haine de soi.

  95. oypsilantis

    Souris donc
    Très juste votre courrier de 10 h 57 sur l’Espagne et le Portugal. Je vous en remercie.
    Roturier
    Très intéressant votre remarque sur Justice/Charité en hébreu.
    Concernant les Amérindiens, l’affaire est affreusement compliquée. Et je ne veux pas encombrer ce fil avec du hors-sujet. Simplement, je crois pouvoir dire que les excès ont été multiples mais qu’ils ont été le fait d’individus par ailleurs pris dans un monde terrifiant, immense, incompréhensible. Je rappelle par ailleurs que les Conquistadores se battaient entre eux : Gallegos, Estremeños, Aragonenses, etc. Et les Basques comme les plus violents et efficaces vis-à-vis des Espagnols conquistadores venus des autres provinces. Les excès ont été le fait d’individus, de chefs de guerre, de clan. La Couronne s’est efforcée de limiter les excès, insuffisamment peut-être, mais elle s’y est efforcée. Il n’y a jamais eu volonté génocidaire. On connaît les origines de la « leyenda negra », concoctée par des puissances rivales et jalouses du plus puissant pays d’alors, l’Espagne.
    L’Espagne vient (probablement) d’identifier les restes de Cervantes. Et elle fête le 500ème anniversaire de la naissance de Santa Teresa de Ávila (1515), à mon sens la plus fascinante personnalité du vaste monde chrétien.

  96. oypsilantis, par ailleurs les dégâts causés aux Amérindiens par les Espagnols et Portugais au Sud ont leur équivalent par les Français et les Anglais au Nord. Avec une différence : au Sud les populations « indiennes » existent toujours (sauf en Argentine).

  97. Florence, merci infiniment pour le passage complet de Chesterton : n’en ayant rien lu j’ignorais totalement l’ancrage historique précis qu’il donne à cette phrase qui se ballade aujourd’hui toute seule : c’est vraiment le catholique anglais catholique qui prend sa revanche.
    oypsilantis, merci pour ces précisions sur les contrastes régionaux / nationaux (rayer la mention inutile suivant votre idéologie) entre conquistadores, je n’en savais rien. Petit équivalent français : je pense qu’en proportion on trouve plus de nobles du sud-ouest parmi les planteurs des Antilles, dont Saint-Domingue (d’où ma question plus haut sur les autres parlements que celui de Paris qui auraient éventuellement refusé le code noir). Je connais un collègue (lycée d’Auch) qui a fait une thèse sur les planteurs du XVIIIe siècle, en amont de sa recherche, il avait simplement remarqué un certain nombre de toponymes en Gascogne qui signalaient un ancrage ultramarin : des fermes appelées « la Martinique », etc. Je ne parle donc pas seulement des armateurs et des ports.
    Hypothèse : la très nombreuse noblesse du sud-ouest au sens large (petits domaines, toujours fractionnés, difficulté à les faire fructifier ou à faire de bonnes carrières au service de l’Etat ou de bons mariages) a été laminée par les guerres de religion (au sens très large, c’est-à-dire se poursuivant par à-coups jusqu’à la Fronde) –> grande envie pour de nombreux cadets de tenter l’outre-mer ? Je crois qu’il y en a pas mal aussi en Amérique du nord, aux côtés des Bretons et Normands.
    Les assoc peuvent donc fractionner régionalement la repentance et peut-être limiter les procès rétrospectifs à certains conseils régionaux, s’ils veulent.

  98. oypsilantis

    Pierre Jolibert.
    J’ai découvert ces histoires internes (petites guerres entre conquistadores) par la monumentale somme de Salvador de Madariaga dont je vous recommande vivement la lecture si le sujet vous intéresse, soit deux volumes : « L’essor de l’Empire espagnol d’Amérique » et « Le déclin de l’Empire espagnol d’Amérique ». Salvador de Madariaga le Galicien, homme du XXe siècle, eut une stature digne de la Renaissance, une sorte de « monstre ». Ci-joint, un aperçu de ce que fut le bonhomme :
    http://www.annales.org/archives/x/madariaga.html
    Impat.
    Lorsque les Conquistadores ont poussé en direction de l’Argentine et sa pampa, ils ont rencontré de terribles difficultés. Ils n’affrontaient plus un Empire centralisé qui s’écroula brutalement une fois la tête frappée mais des petits groupes disparates, dans des combats d’embuscade, très meurtriers. Ajoutez-y les hivers glacés, des vents terribles, l’absence presque totale de ressources…

  99. roturier

    Liebchen 15 mai 2015 à 12:01:
    Non, les britanniques ne commercent quasiment pas avec le commonwealth; le lien est plus nostalgique qu’autre chose. .
    C’est avec nous (l’Europe continentale) qu’ils commercent le plus (+ achats hydrocarbures).
    Aucun pb monétaire ne se poserait de part ou d’autre et sans doute ils sortiraient dans le cadre d’un accord de type « helvétique » (pays associé sans être membre de l’Union); donc pas de douanes non plus.
    Perso je m’attends à zéro conséquences à terme d’un éventuel « Brexit ».
    Qui pense autrement?

  100. Oypsilantis,
    en effet, stature très impressionnante. Tout est furieusement passionnant chez cet homme, merci infiniment.
    Je voulais aussi ajouter pour enchérir sur votre fine remarque concernant la légende obscure de l’Espagne comme fruit idéologique de la jalousie des autres puissances européennes ayant besoin de conspuer ce qu’elles-mêmes allaient réaliser sous d’autres formes, que nos Français sous Louis XIII allaient commencer de prendre le relais de l’hégémonie espagnole par achever l’extermination (incomplète) des Caraïbes.
    Celle-ci (légère nuance à la remarque d’Impat) me semble proportionnellement plus massive que celle des Amérindiens du nord, qui de toute façon s’est faite par guerres réciproques (alliés des Français contre alliés des Anglais), sur une plus longue durée, et dans un contexte de christianisation ; d’autre part elle est due aussi au fait que les Caraïbes ont lutté jusqu’au bout du bout de leurs possibilités.

  101. Pierre, vous savez bien que l’expatriation des cadets n’a pas grand-chose à voir avec la seule noblesse. Toutes les familles, paysannes ou de petite noblesse, avaient des cadets qui partaient tenter leur chance ailleurs ( Amériques, du Nord canadien au Sud patagon) puisque le droit d’ainesse (romain) était absolu.
    En Amérique du Nord, les «guerres indiennes» menées par les blancs ont fait beaucoup moins de victimes que les épidémies (importées, nous sommes d’accord, par les Européens) et surtout par les destructions des modes de vie traditionnels, en particulier dans les plaines (bisons).

  102. euh, ben non je ne le savais que vaguement, et pointais une époque où une classe aurait été particulièrement agitée

  103. Souris donc

    Vous parlez des Caraïbes, Pierre, en fait ceux-ci combattaient une autre ethnie, les Taïnos, dont quelques uns subsistent encore à Porto Rico. Les Caraïbes massacraient les Taïnos, les mangeaient, ils étaient cannibales, et emmenaient femmes et enfants. Les Taïnos étaient les premiers « indiens » rencontrés par Christophe Colomb.
    L’université de San Juan a monté un programme de recherche ADN sur la population portoricaine. Je crois me rappeler qu’ils sont 50/50 espagnols et taïnos. Donc, les Taïnos n’ont pas été exterminés mais se sont métissés avec les Espagnols, ce qui relativise un peu l’idée de génocide.

    Idem, en Haïti. Il existe une localité, Fond-des-Blancs, où ont fait souche les…Polonais qui ont déserté l’armée napoléonienne lors de l’indépendance haïtienne. Eux aussi se sont métissés, on trouve de grands noirs aux yeux clairs. L’armée napoléonienne a été vaincue par…la fièvre jaune. Les maladies ont été importé par les blancs, certes, mais l’inverse a existé aussi.
    Conclusion : tout est beaucoup plus complexe que ce que le « noir et blanc » de la vision militante.
    http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/94989/Lheritage-polonais-dHaiti

  104. « Les Caraïbes massacraient les Taïnos, les mangeaient » :
    C’est l’origine de barbaque et de barbecue ; les explorateurs Espagnols découvrirent aux Caraïbes une tribu locale nommée « Taino » lors de leurs expéditions de découverte du nouveau monde. Cette tribu utilisait une technique de cuisson bien particulière : elle disposait la viande sur une grille en bois suspendue au-dessus d’un brasier.

  105. Souris donc

    UE et socialistes, même combat.

    Comme on ne maîtrise plus rien, qu’on devient complices objectifs des passeurs, on dilue les hordes d’opportunistes venus razzier et appelés « migrants » pour faire joli. Les socialopes appliquent une politique de peuplement (répartir le fardeau), l’UE une politique de quotas (répartir le fardeau).
    A aucun moment, ni l’UE, ni les socialopes français ne songent à empêcher ces barcasses d’entrer dans nos eaux territoriales. Au contraire, on les attend, on les choie, on les fait arriver sans encombres sur nos « terres d’asile ».
    Afin que les suivants comprennent bien le truc : les passeurs sont relayés par leurs complices européens. Venez, venez, les potes, le plus difficile ce sont les quelques miles sur les embarcations les bien nommées « de fortune », ensuite les passeurs estampillés UE prennent le relais.
    Votre investissement initial de 8000 € est rentabilisé au centuple. Faites un peu de cirque à l’arrivée (on est des persécutés, des opposants en danger, des réfugiés politiques, des demandeurs d’asile, tendez les bébés), ils ont des tas de hauts commissariats à ceci à cela, des ONG d’amnistie et de protection qui ont à justifier leurs émoluments et subventions, qui feront le tapage qu’il faut pour apitoyer l’opinion publique et culpabiliser ceux qui osent l’ouvrir. La colonisation sera mise à contribution sans vergogne, même Seillière, ce symbole de l’esclavagisme. Tant et si bien que votre colonisation à l’envers sera considérée comme un juste retour des choses.

  106. roturier

    J’ignorais, Oy, les bagarres intestines au sein des conquistadores.
    Cela dit, les régions en question faisaient (et font toujours) partie de l’Espagne et les mésententes parmi les conquérants peuvent difficilement être admises par les « conquis » comme circonstances atténuantes.

    Je reste donc sur ma faim: pourquoi la France est assaillie de doléances au titre de son passé dit « colonial »; alors que, apparemment, ce n’est pas le cas de l’Espagne (ni probablement du Portugal; ni de la Grande-Bretagne, jadis premier empire colonial au monde).

    Qu’a-t-elle (à supposer que le ci-dessus soit vrai) de particulier, la France, à exposer son poitrail aux batteurs de coulpe?
    Pas négligeable, comme question, me semble-t-il.

  107. Merci pour les précisions, Souris,
    je précise qu’il allait absolument de soi dans mon esprit que j’employais le mot « extermination » dans un sens purement comptable, que celle dont je parle a fini par arriver parce que les Caraïbes (hommes je suppose) ont combattu jusqu’au bout du bout, et que je n’avais pas dans l’idée d’incriminer un juridique génocide, qui me semble être à réserver aux cas de massacres de civils ou de désarmés (dans un contexte, donc, où la différence entre civil et combattant est officiellement admise par les deux parties ou au moins par une).

  108. oypsilantis

    Roturier.
    Ces luttes entre Espagnols ont donné lieu à de véritables guerres civiles. « Guerras civiles » est la dénomination employée par les historiens espagnols. Mais sans le savoir, vous connaissez au moins un peu ces histoires car vous n’ignorez probablement pas comment sont morts Francisco Pizarro ou Diego de Almagro. Ces violences entre Espagnols ont été telles qu’elles ont mis un frein à la colonisation. Quand les chefs tombent rien ne va plus…
    Quant à la France repentante, je ne sais quoi dire. J’ai une réponse partielle qui soulève une autre question : les Français veulent être aimés, à tout prix ; cette particularité m’apparaît de plus en plus nettement. Mais pourquoi les Français veulent-ils être à ce point aimés ?

  109. oypsilantis , sur le point que vous soulevez je crois que les Français n’ont guère l’exclusivité. Peut-être l’ont-ils en Europe, mais plusieurs expériences m’ont montré que les Américains tiennent, davantage que nous, à être aimés. Dire par exemple à un Américain que vous préférez vivre en Europe entraîne facilement de sa part … le refus de vous parler davantage.

  110. Souris donc

    Les Français ne veulent pas être aimés, ils veulent être admirés, ils ont un complexe de supériorité. De beaux restes. Les Allemands nous appelle « la Grande Nation »* suivi d’un air entendu, quand ce n’est pas d’un fou rire.
    Pour moi, les Français sont piégés dans une sorte de grandeur imaginaire prétentieuse, non seulement le rayonnement culturel, mais aussi la meilleure table, les meilleurs vins, les plus grands couturiers, les meilleurs amants, les plus belles femmes…Tous les superlatifs.
    On a un exemple dans le mobilier, les Français fabriquent encore et toujours du faux Louis XV, du faux Empire. « Mobilier de style ». Du pastiche. De l’autoparodie.
    * je ne sais pas d’où ça vient.

  111. Propositions de synthèses :
    France = seul empire en Europe à se nier sa nature impériale : volonté de bénéficier du beau rôle des petites nations gentilles (quand même trouver l’équivalent au Portugal –> excellente image de marque du Portugal en ce moment : voir les écrits d’une certaine gauche aujourd’hui) VS empires assumés : Espagne, Angleterre
    désir d’être aimé = seul désir qui reste pour un empire qui désire tout de même être empire (donc que tout le monde l’aime) mais en voulant ne pas le savoir et ne pas le dire (qu’on l’aime pour de bonnes et gentilles raisons) : à transposer sur les analyses (girardiennes) de la coquette, Célimène, etc.
    Oh tant qu’on est dans les Antilles, je l’ai cent fois demandé ici et là, mais je n’ai jamais retrouvé une chanson créole sur Alceste et Célimène absolument merveilleuse, que j’ai entendue une fois à la radio, ça n’a pas l’air d’être Henri Salvador, introuvable, quelqu’un voit ce que je veux dire ?

  112. pjolibert

    Je précise que je ne pense pas non plus à David Martial.

  113. pjolibert

    pardon de vous avoir dérangé sur ça pour rien, j’ai trouvé, c’est tout simplement Boby Lapointe, et donc très peu créole

  114. oypsilantis

    Impat
    Les Américains veulent eux aussi être aimés. Vous avez raison. Mais ils veulent être aimés différemment ou, tout au moins, par des voies différentes. Je prends quelques exemples, désordonnés. Plutôt que de tomber dans la repentance sénile, et de se battre la coulpe sur la disparition des cultures amérindiennes, les Américains vont donner des noms indiens à leurs plus puissants systèmes d’armes. Pensons en particulier à l’hélicoptère d’attaque « Apache » ou au missile de croisière « Tomahawk » ; et je pourrais multiplier ces exemples par cent. Le nom qu’un pays choisit de donner à ses armes est révélateur d’une psychologie nationale, d’une certaine perception de l’histoire. Et l’esclavage ? Et la ségrégation ? Plutôt que de pleurer, les Américians vont montrer des soldats noirs pleinement engagés dans les combats, comme dans le dernier film du grand Clint Eastwood, « American Sniper ». Et ainsi de suite.

  115. pjolibert

    Très bien vu, très révélateur, cette histoire de noms d’armes. Pourtant les EU sont également partagés entre impérialité assumée et protestation de douceur (et ont contribué à abattre les empires européens à grands coups de wilsonisme et de rooseveltisme), mais c’est différent, à cause simplement de la taille, et aussi de la pluralité interne assumée, même si c’est plus ou moins difficile.

  116. oypsilantis

    Pierre Jolibert,
    Vous écrivez que les USA « ont contribué à abattre les empires européens à grands coups de wilsonisme et de rooseveltisme » et vous avez raison. Mais il a fallu les tirer de leur isolationnisme, ce qui n’a pas été facile. Cet immense et jeune pays avait suffisamment à faire chez lui pour ne pas s’embarquer dans une Europe que tant d’Américains venaient de fuir (ou que leurs parents avaient fui) dans la détresse, des catholiques irlandais aux Juifs d’Europe centrale et orientale. Sait-on par exemple que la général John Pershing s’est battu contre les Indiens (avec leurs arcs et leurs flèches sans oublier les tomahawks) avant d’affronter des canons à longue portée, en France, avec son corps expéditionnaire ?

  117. Souris donc

    Boby Lapointe, très peu créole ?
    Mais Boby Lapointe n’a pas cessé de pasticher les musiques tropicales.
    La Maman des Poissons est une… biguine.
    Si l’on ne voit pas pleurer les poissons Qui sont dans l’eau profonde C’est que jamais quand ils sont polissons, leur maman ne les gronde.
    (On n’arrive pas à l’avoir sur Youtube, il doit être sous copyright)
    Et aussi Tchita la créole. Et La Peinture à l’Huile qui pastiche la musique populaire hawaïenne.

    Peut-être aviez-vous dans l’oreille le très sophistiqué groupe Malavoi et son intéressant aller-retour entre musique populaire créolisant la polka (biguine), la mazurka, le quadrille, la contredanse et autres danses de salon européennes et une musique plus savante, puisque les musiciens ont une solide formation classique, autour de Mano Césaire, le neveu d’Aimé Césaire, qui appris le violon au conservatoire, et a enrichi Malavoi de 4 violons + un violoncelle. Marie-José Alie qui chante karésé mwen est journaliste à France Ô.

  118. Quel bel orchestre ! Merci Souris.

  119. roturier

    Je suis sans doute bouché fini. Gros-Jean comme devant. Car à ma question 09:20 « Qu’a-t-elle…..de particulier, la France, à exposer son poitrail aux batteurs de coulpe? » alors que d’autres pays qui peuvent se reprocher bien autant sont rétifs à cet exercice, je ne crois pas avoir eu réponse.
    Et il me semble toujours que la réponse en recèle bien d’autres.

    Il ne faut surtout pas me raconter qu’il existe un ADN spécifique français prompte à l’autoflagellation ; quitte à la sous-traiter à autrui. Certainement pas dans un pays aussi mélangé démographiquement.

    A tort ou à raison je fais un lien avec une figure qui me semble spécifiquement française, celle de l’autoproclamé « intellectuel », lourd de discours moralisants issus de Khâgne, Hypokhâgne, rue d’Ulm et que sais-je ; ces « établissements d’excellence » ; ils excellent en quoi au juste ?

    Il en existe dans d’autres pays, mais plus discrets, modestes, beaucoup moins donneurs de leçons.

    Que ces gens s’appellent, liste non exhaustive, Finkie ou BHL (et je suis conscient des différences, merci) ils passent une vie entière à postillonner dans des micros et à noircir du papier. Dès 24 ans ils ont tout lu et rien compris, rien accompli, tout dans le capillaire, rien dans le ventre.

    Et ils nous disent le bien et le mal.

    Quand j’aurais compris je publierais « France, mode d’emploi ». Ce n’est pas demain.

  120. roturier

    Le passage ci-dessus fut écrit en écoutant la séquence créolisante de Liebchen.
    Quel rapport? J’ignore.

  121. Roturier : intitulez votre livre « l’Idéologie française », ça rappellera encore plus BHL !

    Souris, merci pour tout. Ben je voulais dire que quand j’ai entendu la chanson la première fois, je pensais vraiment que c’était un chanteur des îles, tandis que Boby Lapointe était de Pézenas. Je connais tout ça bien moins bien que vous, et Boby L., et les rythmes tropicaux.

    Oypsilantis : mon propos sur les EU voulait enfin parler d’action au sens très large : les ismes (plus encore que les flèches et les canons de Pershing, dont je ne savais rien, merci de me l’apprendre) ont abattu les empires. Le wilsonisme a détruit celui des Habsbourg, pas à lui tout seul, certes. Le rooseveltisme, certes aidé du stalinisme, a laissé la France et le RU échouer à Suez et leurs empires se démanteler en général. Et même quand il y avait avantage militaire (Algérie) la bataille était d’emblée perdue sur le terrain idéologique.

  122. roturier

    Vous me permettez, Pierre, de décliner votre proposition de titre… L’horreur absolue.
    Pourquoi pas « le dernier testament »; il en serait capable et certains pourraient le publier.
    Sûr que sa mère fut vierge.

  123. QuadPater

    Sûr que sa mère fut vierge

    Toutes les mères, avant de le devenir, le furent.

  124. Guenièvre

    Pourquoi ce sentiment de repentance si vif en France alors qu’il n’existe pas dans d’autres pays qui ont aussi participé à l’aventure coloniale ?
    Une réponse qui vaut ce qu’elle vaut et qui n’est sans doute pas la seule :
    – la France s’est longtemps crue investie d’un rôle messianique ( « les Francs sont l’instrument de Dieu », la France « fille aînée de l’Eglise » ) et l’entreprise coloniale a été vue avec cet état d’esprit : il s’agissait d’apporter les lumières aux peuples colonisés prétention qui n’existait pas ailleurs il me semble.
    L’écart entre les idéaux affichés liés à cette « vocation universelle » et la réalité brutale, puis la fin dramatique de cette épopée ont créé un choc dont on ne s’est pas remis…

  125. QuadPater

    Si nous étions mexicains sans doute que l’expansion aztèque nous passionnerait. Mais comme la plupart des intervenants habitent en France ils ont des batteurs de coulpe français sous les yeux. Peut-être qu’il y en a autant ailleurs, qui sait ?

    Remarquons en passant que les repentants de la colonisation française sévissent à propos des seules colonies du continent africain. Or on sait que la France a fait des passages remarqués en Amérique, en Asie, dans l’Océan Indien, au Moyen-Orient… mais les méaculpistes ne s’en émeuvent pas vraiment. C’est à mes yeux le signe que le phénomène colonisation en soi ne les préoccupe que secondairement. L’objectif principal, le même depuis une quarantaine d’année, est d’offrir aux Maghrébins et aux Noirs africains le poste de Victimes Absolues.

  126. roturier

    La Dame: « …la France s’est longtemps crue investie d’un rôle messianique »…

    Si je commence à dresser la liste des pays ou de groupes qui se croient ceci ou cela on n’a pas fini. Et on reproche à certains de se dire « peuple élu »….

    La dernière peuplade pygmées se croit sortie de la cuisse de Jupiter (ou son équivalent local).
    Et puis, vous connaissez peut-être mal les américains… Détenteurs de vérité absolue…In God we trust.

    Non, je suis à la recherche d’une spécificité française ; ce n’est pas ça.

  127. roturier

    Quad: « Toutes les mères »… Vous l’avez compris : la sienne, aussi après. Enfin… Il doit le croire.

    Concernant ce personnage qui pulvérise régulièrement de records de ridicule (mercenaire de la caution morale… c’est de moi mais non breveté, à consommer sans modération):
    Raymond Aron, précurseur, l’avait déjà percé à jour : http://www.lexpress.fr/culture/livre/provocation_487366.html#5UtxIXQAWL4409Ct.99

    Ceci se réfère à « l’idéologie française » de la plume du Narcisson (pas mal trouvé; merci à qui de droit, bien qu’il ait puisé dans son vocabulaire pro) dont Pierre J parle ci-dessus.

  128. Souris donc

    Roturier
    Que ces gens s’appellent, liste non exhaustive, Finkie ou BHL (et je suis conscient des différences, merci) ils passent une vie entière à postillonner dans des micros et à noircir du papier. Dès 24 ans ils ont tout lu et rien compris, rien accompli, tout dans le capillaire, rien dans le ventre.
    Et ils nous disent le bien et le mal.

    Vous rejoignez le mépris de Vallaud-Belkacem pour les « pseudo-intellectuels ». L’anti-intellectualisme, un classique du totalitarisme : Quand j’entends le mot culture, je sors…. On fait le tri, les bons, les thuriféraires du régime, et les mauvais, les dissidents.
    Ceci dit pour BHL, ils s’est déconsidéré tout seul quand il est tombé dans le canular du botulisme.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Botul

    Quant à votre réponse à Guenièvre, La dernière peuplade pygmées se croit sortie de la cuisse de Jupiter (ou son équivalent local)., certes, voir le dessin de Sempé sur les valeureux patriotes.
    La France a cependant eu une grandeur indéniable, ce qu’énumère Guenièvre, ne pas oublier que le français en tant que langue diplomatique fut parlé par toutes les cours d’Europe. Même en Prusse. Frédéric-Guillaume Ier, le roi-sergent, père de l’ami de Voltaire, méprisait les choses de l’esprit, mais concédait que le bouillonnement culturel ne pouvaient pas faire de mal. Une sorte de broderie au petit point pour femmelettes comme son fils.
    « Kritisiert soviel ihr wollt, aber gehorcht ! » (Critiquez tant que vous voulez, mais obéissez !)

  129. Souris donc

    Et puis, excusez l’avalanche, mais le relativisme culturel est un des objectifs de la Socialie Millénaire : tout se vaut, tout est également recevable, tout est à mettre sur le même plan.
    Au nom de ça, on déconstruit l’enseignement de l’histoire, la Chrétienté médiévale, ne parlons pas de l’Europe du Saint-Empire Romain Germanique, ou de l’Empire de Charles Quint, tout ça à la trappe.
    On va faire croire aux écoliers que le centre de la civilisation était…la Méditerranée. Faut pas désespérer le 9-3.

  130. QuadPater

    On va faire croire aux écoliers que le centre de la civilisation était…la Méditerranée

    Moi c’est ce que j’ai retenu de mes années d’école. La preuve, tous les héros de mon enfance, les Pharaons, César, Le petit Jésus, les Spartiates, Soupalognon y Crouton, vivaient dans des pays en bord de Méditerranée.

  131. roturier

    Quad dit vrai, Liebchen.

    Par ailleurs, si je tire les bonnes conclusions de vos dires, il faudrait retirer le mot « bonjour » de la langue française puisque Najat le prononce tous les matins. Celui qui dirait « bonjour » parlerait comme Najat.

    S’agissant de cette dernière, vous ne perdez rien pour attendre. Encore qq jours.

  132. Souris donc

    Bien sûr qu’il a raison, Quad, pour la Terre Sainte, l’Egypte et la Grèce. Mais vous savez très bien que la mégère inculte de l’EdNaze veut mettre l’accent sur l’Islam, complaire aux nouveaux damnés de la terre, tout ce qu’il leur reste de l’électorat « populaire ».
    Quand les journaleux posent des questions un peu embarrassantes, elle botte en touche « la commission des programmes » est indépendante. Ou convoque LA référence historique socialope, Benjamin Stora. Bien sûr, indépendant…

  133. roturier

    Ne gaspillez pas vos munitions, Liebchen.
    Vous aurez une meilleure aoccasion bientôt.

  134. Roturier,
    merci infiniment pour cet article de Raymond Aron qui est d’une grande intelligence (bien plus réussi que l’article de Pierre Vidal-Naquet avait écrit contre un autre livre de BHL et qu’un Causeur m’a fait découvrir il y a deux ans), mais prouve une chose au-delà du simple sens explicite de ce qui est dit, et qui est immense : le livre de BHL avait bousculé (j’imagine que Vidal-Naquet, que je place en moyenne au même niveau qu’Aron, devait être plus paniqué au moment où il a tenté de faire la critique dont je parle). Au demeurant, l’article d’Aron est bien déterminé à bousculer aussi : purée, la dernière phrase !
    Bref, le phénomène BHL est passionnant en ce qu’il révèle une caractéristique de la France. Vous, vous pointez une génération d’intellectuels (les nouveaux philosophes), qui s’est mis à dos une partie de ses aînés (les grands mandarins des Trente Glorieuses), replacez tout ce monde dans la longue durée.
    Je n’ai ni n’ai lu le livre de Paul Benichou « le Sacre de l’écrivain (1750-1830) » (quel titre admirable, quelle belle périodisation, qui ignore les événements-ruptures trop spectaculaires dont la France a érigé le culte), mais il serait indispensable à l’idéologie que je tente de construire (ce contre quoi je ne serai jamais arrêté par les reproches d’anti-intellectualisme totalitaire ou de poujadisme, ou je ne sais quoi). L’homme de lettres a été sacralisé, il a remplacé le saint et le héros de guerre. Voltaire est évidemment le maillon essentiel du processus. BHL n’a rien d’étonnant au pays de Voltaire.
    Sinon, non, non, le rôle messianique ne prend pas les mêmes formes chez tout le monde.
    Je redis encore une fois donc :
    la France a une situation géopolitique particulière : empire entouré d’empires concomitants (Angleterre et empires nordiques / Saint-Empire à cheval sur les Alpes / Espagne(s)), elle choisit semi-consciemment la façon qui lui convient de vivre son impérialité, c’est-à-dire sa part d’héritage romain chrétien. Pas d’expansionnisme (contrairement aux voisins toujours occupés à faucher du Balte, du Celte ou du Maure), de la douceur, et réellement une plus grande douceur interne que chez les voisins, surtout britannique et allemand, tendance à toujours mettre en valeur la face idéale des projets d’expansion qui sont bel et bien là (croisades). De là le messianisme dont parle Guenièvre, régulièrement ravivé, régulièrement alimenté par la mise sur le dos des voisins des mauvaises choses (comme l’a souligné Oypsilantis : c’est le rôle de la vision de l’Espagne obscurantiste : la dénonciation des atrocités de la Conquête espagnole, relayée absolument par tout le monde, ne servent qu’à se donner bonne conscience et mener ses petites affaires sans y penser
    –> version accélérée de ça pendant la dernière expansion impériale : tous les crimes de guerres « coloniales » qui font les sempiternelles listes des « Livres noirs » d’aujourd’hui (mais pourquoi ce nom stupide ?) étaient dénoncés DANS LE TEMPS MÊME où ils venaient d’être perpétrés… par les autres pays, évidemment.
    Les autres pays se sont donc tous mis à adopter cette attitude / normal : le point de départ de cette dernière expansion impériale, c’est la lutte contre l’esclavage, un phénomène qui est à examiner sur une durée moyenne, c’est une lente conquête de l’opinion, et non pas en mettant en valeur spectaculairement le seul spectaculaire acte français d’abolition de 1794. Le phénomène de sortie de l’esclavage légal et de lutte contre la traite est à rapporter au cadre de l’hégémonie britannique (1750-1850/70), et tout à la fois aux courants de pensée religieux et économiques du RU, mais il ne se fait pas sur le dos de l’hégémonie précédente, la française (1630/50-1750/60), à qui on fait plaisir en continuant à vanter ses écrivains (en cours de sacralisation), sa langue, ses Lumières, et puis la Révolution hypnotise suffisamment, même et surtout ceux qui la combattent (de même que le culte du français et de Voltaire ont hypnotisé Frédéric II et ont celui-ci empêché de voir le frémissement qui se préparait dans les pays de langue allemande, le Sturm und Drang, la musique et tout ça), pour empêcher qu’on fasse jouer à la France le rôle de repoussoir qu’a eu l’Espagne Obscure et qu’elle continue alors à avoir.
    Une fois l’opinion conquise à l’intérieur de chaque pays d’Europe, l’esclavage aboli un peu partout –> lutte contre la traite transsaharienne et swahilo-océanique, et par extension contre la piraterie un peu partout au nom de la liberté des mers.
    C’était le quart-d’heure d’histoire déconstruite.
    Je partage assez la remarque de Quadpater de 22:58.
    Il y a des formes de repentance actuelle partout, adaptées chacune au profil de son pays. Le philosophe conservateur Roger Scruton, reçu chez Finkielkraut l’autre jour, dit qu’il est impossible aujourd’hui au RU de s’avouer anglais, sauf quand on est supporter de foot ou de rugby. C’est peut-être excessif, du coup (parce que les supporters anglais ont peut-être déjà plus de marge de joie que leurs homologues français), mais il veut simplement dire que les mouvements nationalistes écossais, gallois, etc. ont le vent en poupe et usent et abusent de l’idéologie victimolâtre contre l’ancienne tête de l’Empire.
    Je n’ai pas besoin de vous rappeler ce qui se passe en Espagne : un Almodovar pourrait être en France le comble du comble du prêchi-prêcha repentant et lacrymal ; en Espagne ça prend une tonalité plus offensive : c’est anticlérical, c’est antifranquiste (ah que le franquisme est commode), ce n’est pas directement repentant parce que ça n’a pas besoin de l’être, il suffit de monter en épingle ce qui est censé être super génial et top fun (Barcelone) et de honnir le reste (Madrid).
    Vous savez bien qu’il y a de la repentance en Allemagne.
    Mais tout dans ces pays est beaucoup plus simple qu’en France, qui comme le dit Guenièvre, est torturée par son messianisme plus ancien chez elle que chez les voisins : le fond du discours repentant est : bouuuh, on a mal fait alors qu’on veut si bien faire, et du coup aujourd’hui on veut tout faire et son contraire.

  135. pjolibert

    Je boucle le raisonnement en revenant sur BHL.
    BHL veut en somme que la France fasse repentance pas seulement en punissant les coupables directs, ce serait trop facile selon lui, mais en faisant repentance complète. La République doit faire repentance pour sa part pourrie qui s’est effondrée, il s’agit de faire remonter toujours plus loin les sources des germes.
    N’oubliez pas que dans la génération des nouveaux philosophes, il y a aussi Benny Lévy, celui qui a choisi de rompre avec l’Occident moderne et laïc. Pour un Benny Lévy, l’assimilation a été chose détestable. Donc, les Lumières, ce n’est pas bien. Et hop, retour à la religion des Pères.
    Je pense que pour BHL c’est un peu pareil, mais lui est resté dans le cadre français, dans la lignée de l’Ecrivain sacralisé et directeur de consciences, pour ferrailler voltairiennement avec l’Infâme et exiger repentance de celui-ci. Il se réclame des Lumières, certes, mais il se réclame aussi, je l’ai entendu, de la religion. Je l’ai entendu considérer comme absolument indispensable la notion de péché originel, idée qu’il partage avec d’autres. Je pense qu’il a raison. (–> pas assez de péché originel dans l’islam, d’où pas assez de repentance)

  136. hathorique

    Je salue le retour de Guenièvre

    Je suis saisie de rage blanche lorsque j’entends la très doucereuse Madame Belkacem qui ne tweete que sous ce nom oubliant qu’elle est aussi Vallaud, expliquer que ceux qui critiquent sa réforme ne l’ont pas comprise mais il ne lui viendrait peut être pas à ‘esprit qu’elle l’a peut être mal expliquée :

    « Ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément.
    « Chant I », dans L’Art poétique, Nicolas Boileau »

    Donc puisque Madame Belkacem est selon Monsieur Valls l’une des plus grandes ministres de’Education Nationale de la V° République qui en a compté près de 35, pourquoi s’obstine t elle à imposer sans véritable concertation une réforme qui même dans ses propres rangs fait gronder les grognards du P.S de Julien Dray de retour dans les grâces élyséennes pour éclairer la lanterne de Monsieur Hollande, de Monsieur Joé Star « lumière incandescente de la Socialie » ou de Monsieur Pierre Nora dont je ne sais lequel des trois est un pseudo intellectuel, j’ai lu la composition de ce conseil supérieur des programmes ils ont tous un C.V. irréprochable mais connaissent ils vraiment les difficultés d’enseigner dans certains des territoires perdus de la République.

    Ont ils seulement lu tous les ouvrages et rapports qui depuis de nombreuses années dressent un constat impitoyable sur cette désertion face aux valeurs qui ont fondé notre nation, droite et gauche confondues se sont délestés des symboles républicains, les considérant les uns comme reliques à formoler les autres comme breloques à brader.

    Le commerce des esclaves ne fut pas le seul fait des occidentaux, il a été et reste probablement encore un sordide réalité économique dans certains pays africains et pas que pour Boko Haram qui a rétabli l’esclavage sexuel autrefois pratiqué par les ottomans et de nos jours par l’Etat islamique. Je n’ai pas entendu Madame Taubira paradant sur la Croisette s’indigner des ventes d’esclaves organisées par ces combattants dans de si sordides conditions où se vendent aussi de petites filles.

    ce lien est pour oypsilantis qui parlait de Pershing et des Etats Unis d’Amérique sur Jefferson et la piraterie barbaresque.

    http://blogs.univ-poitiers.fr/jp-pancracio/2012/02/13/fin-de-la-piraterie-barbaresque-en-mediterranee/

    L’histoire de l’esclavage est utilisée comme outil pour soutenir des revendications souvent identitaires et
    communautaristes, mais aussi comme le souligne Souris source de subventions : elle est falsifiée pour introduire la seule critique de l’Occident.

    « On l’ignore totalement : au 16e siècle, les esclaves blancs razziés par les Arabes musulmans furent plus nombreux que les Africains déportés aux Amériques. De 1530 à 1780, quelque 1 250 000 chrétiens blancs furent réduits à l’esclavage dans les actuelles Algérie et Lybie, ainsi que sur la Méditerranée.

    Ainsi, entre 1492 et 1830, environ deux millions d’Européens chrétiens furent réduits en esclavage par les Arabes dans toute l’Afrique du nord, et il n’en reste aucun survivant. Le traitement infligé aux esclaves par les Arabes ne leur laissait guère plus de 7 ans d’espérance de vie (un peu plus pour les femmes, tant qu’elles pouvaient assouvir les besoins sexuels des mâles).

    La traite des Blancs passait par la Méditerranée, suite à des razzias ou à des attaques maritimes de pirates. Des villages entiers du sud de l’Italie, de l’Espagne, de France, du Portugal, de la Grèce et même de l’Angleterre et de l’Irlande furent ainsi enlevés, provoquant le dépeuplement de régions entières. Les Turcs pratiquèrent pendant des siècles l’enlèvement de jeunes chrétiens chez les peuples européens qu’ils avaient vaincus. Ces enlèvements prenaient la forme d’une taxe : un garçon chrétien sur cinq devait être donné aux Ottomans. Les enfants étaient circoncis, convertis de force à l’islam et élevés dans les coutumes ottomanes et, après une longue (sept ans) et sévère instruction militaire, devenaient membres du corps des Janissaires (créé en 1334), les terribles troupes de choc de l’Empire ottoman »

    Mais dans notre imaginaire, nous n’avons conservé de cet esclavage ottoman que les sequins des concubines du Harem, les courbes voluptueuses des odalisques de Ingres, les éblouissantes « femmes d’Alger »de Delacroix , dont Renoir a dit que c’était « le plus beau tableau du monde « sans oublier les turqueries d’un superbe opéra de Mozart « l’enlèvement au sérail »

    Le romantisme a aussi aboli la traite des blancs 🙂

  137. De quoi s’esclavver (jaune) devant les hypocrites lamentations qui font florès de ci de là…

  138. oypsilantis

    Pierre Jolibert
    La « leyenda negra » a bien été une arme de propagande utilisée par d’autres puissances coloniales montantes. C’est un fait. Cette propagande reste active par des voies détournées ; et bien souvent, ceux qui l’utilisent ne même pas qu’il s’agit de propagande, que la colonisation espagnole n’a pas été plus violente que d’autres colonisations européennes. Rien à voir malgré l’extraordinaire violence générale avec le massacre systématique des Hereros par les Allemands.
    Hathorique
    Ce que vous dites sur les Barbaresques est parfaitement juste. Les enlèvements de populations sur les côtes d’Europe ont hanté des générations. C’est pourquoi l’expulsion des Musulmans d’Espagne diffère de celle des Juifs d’Espagne. Concernant les Juifs, l’expulsion fut la marque d’une volonté implacable d’unifier politiquement le pays, ce qui passait alors par l’unification religieuse. Les Juifs d’Espagne, population pacifique et de très grande valeur pour le pays (les Juifs d’Espagne étaient alors la crème de la crème) firent les frais d’une politique d’uniformisation qui allait affaiblir le pays. Le cas des Musulmans (chassés en 1609) est très différent. Mais il me faudrait évoquer la révolte des Alpujarras, les Moriscos, Don Juan de Austria. Je ne sais si le témoignage de Diego Hurtado de Mendoza, « Guerra de Granada », grand écrivain qui participa à l’écrasement de la révolte des Alpujarras a été traduit en français. Je vous le conseille.

  139. hathorique

    @ oypsilantis
    Merci de votre conseil j’ai cherché et trouvé sur amazone cet ouvrage est ce celui auquel vous faites allusion ?

    « Morceaux choisis de la guerre de Grenade / Hurtado de Mendoza ; publiés avec notice et argument analytique par J. G. Magnabal,… [Edition de 1898]

    C’est un épisode de l’histoire d’Espagne que je connais très mal, m’étant davantage intéressée à la
    « reconquista  » l’expulsion et la persécution des juifs d’Espagne et la différence dans la manière entre les musulmans et les catholiques de « bien traiter » ou  » mal traiter » ces populations.

    http://cdlm.revues.org/6878

  140. roturier

    Vous êtes comme d’habitude plaisant et intéressant à lire, Pierre.

    Cela dit, vous êtes Français, je crois. J’eusse préféré qu’un non-Français discourra sur la haute spécificité française, cela eut sonné plus véridique. (Pardon pour ces irresponsables aventures grammaticales).

    Vous semblez attribuer à la France « …de la douceur, et réellement une plus grande douceur interne que chez les voisins…». Youpi. Il y a ici des espions vendéens, bretons, juifs et autres qui vous en diraient deux mots. J’abrège.

    Concernant BHL, ses hésitations religieuses et connaissant le « retour aux sources » de son aîné-homonyme Benny Lévy.
    Il y a quand même quelque chose que j’aurais préféré appeler, plutôt la tradition prophétique que la messianique.
    Vitupérer contre ses contemporains pour cause de fautes morales (et s’opposer par conséquence au pouvoir en place) est une tradition biblique jamais disparue. De Moise à Jérémie à Isaïe à Jésus à Marx en passant par Spinoza et j’en passe.

    Si j’hésite à placer BHL dans la même lignée c’est peut-être que personne n’est prophète dans sa ville ; et aussi que l’intéressé est toujours vivant. Mais ça s’arrangera.

  141. Souris donc

    L’objectif principal, le même depuis une quarantaine d’année, est d’offrir aux Maghrébins et aux Noirs africains le poste de Victimes Absolues.
    (Quad 16 mai 2015 à 22:58)

    Ainsi, les guet-apens, appelés testing ou CV anonyme, ne remplissent pas leur office, non pas parce que c’est moralement dégueulasse et met l’employeur en situation de coupable même pas présumé. Mais parce que c’est inefficace pour les Victimes Absolues.
    Alors, on ne pratique pas l’autocritique, mais on souhaite juste un tour de vis supplémentaire : la class action. Comme ça, l’employeur n’emploiera plus personne parce qu’il aura été poussé à la faillite.
    http://www.challenges.fr/entreprise/20150518.CHA5886/le-cv-anonyme-critique-dans-un-rapport.html

    Je ne saurais trop vous recommander Verdier-Molinier de l’iFRAP, On va dans le Mur, Albin Michel.
    Vous croyiez comme moi avoir une connaissance à peu près exhaustive des abus d’un système devenu fou ?
    Et bien vous êtes très très en dessous de la vérité : on est pillé par des hordes de prédateurs, certains très distingués, comme les innombrables administrateurs ayant un mandat paritaire dans une institution publique du champ de la protection sociale.

    On est foutus. Mais foutus pour de bon.

  142. Souris donc

    En annexe, Verdier-Molinié (pardon d’avoir écorché son nom) donne la liste des impôts et taxes.
    Très poétique, je crois bien y avoir vu le raton-laveur.
    Mais ils ont supprimé (après bien des tractations) la taxe sur le babyfoot et le flipper. Bien sûr parce que ces jeux n’en valaient plus la chandelle, qu’ils ne rapportaient plus rien, mais aussi parce qu’il y avait un système de vignette annuelle, un contrôle technique comme pour les voitures, et des…contrôleurs dédiés pour aller vérifier. Les traitements de ces fonctionnaires (du corps des douanes) étant beaucoup plus coûteux que les quelques euros de taxe récoltés.

  143. Sauf que, Souris, je suis prêt à parier que les « contrôleurs dédiés » du corps des douanes n’ont pas été supprimés. Même pas mutés ailleurs, sans doute.

  144. Guenièvre

    Bonjour à tous !
    Je ne vous ai jamais quitté Hathorique ! Je vous lis toujours régulièrement et avec intérêt avant d’aller biner, sarcler, gratter…et méditer.
    « On est foutus. Mais foutus pour de bon »… Si vous avez raison, Souris, il nous faut donc revenir à la leçon de Candide pour rendre la vie supportable.

    Une jolie phrase de Rudyard Kipling .
    « Pourquoi Dieu a-t-il fait l’homme jardinier ? C’est parce qu’il savait qu’au jardin la moitié du travail se fait à genoux. »

  145. roturier

    Vous marchez un peu sur vos lacets, Liebchen 10:06.
    Dire que la suppression d’une taxe est due au coût de la collecte, supérieur à la récolte, c’est dire que les choses se font bien (sous réserve de l’hypothèse d’Impat, probable, 10:20).

    Le problème se présente autrement : quid de la non-suppression des taxes nuisibles indépendamment du coût de la collecte ?
    En première ligne étant l’ISF, belle hypocrisie spécifiquement française ; qui rapporte peu, coûte cher à récolter MAIS SURTOUT pousse de milliards à l’exil fiscal.
    Certes l’illégal mais souvent légal ; Depardieu et d’autres n’en étant que la partie émergée de l’iceberg ; le plus lourd étant les entreprises qui investissent à l’étranger ; sans oublier les étrangères qui de ces faits n’investissent pas en France.

  146. Souris donc

    Non bien sûr, Impat, on ne mute pas un fonctionnaire contre son gré, même s’il a tué père et mère. On lui donne une prime pour le dédommager.
    Devinette :
    Pourquoi les membres du Conseil d’Etat bénéficient-ils d’une prime d’égout ?

  147. roturier

    En préparation à ce qui ne saura tarder je ferai remarquer quand même que tous les commentateurs, Liebchen n’en étant pas la dernière, fustigent l’impossibilité de reformer.

    Et dynamitent simultanément chaque réforme en participant à la levée de boucliers, au psychodrame national traditionnel, à chaque tentative de réforme.

  148. Souris, parce qu’ils vous dégoûtent ?

  149. Souris donc

    Impat,
    parce que dans un passé lointain et reculé, un membre du Conseil d’Etat est descendu à la cave et a été mordu au mollet par un rat. Du coup, tous les autres ont fait valoir qu’exposer ainsi sa vie et son mollet valait bien une prime.
    Une prime ne se supprime jamais. A la rigueur on la rebaptise.

    Roturier,
    en France, on ne réforme pas, on révolutionne. On attend que ça craque, on attend la guerre civile.
    Guerre civile ?
    Nexter ex-Giat fabrique des véhicules anti-émeute hyper blindés, ressemblant aux caisses de Mad Max, ils les testent sur les routes ! Bleu gendarmerie, fait pour être rapide et circuler en ville, donc bien anti-émeute. Pas destiné a priori au champ de bataille. Enfin…

  150. roturier

    Vu l’évolution ces engins vont devenir obsolètes assez rapidement.
    Va falloir carrément des chars Leclerc.

  151. Bonjour Roturier,
    j’aurais quand même pu et dû faire plus court, et dire que je crois sincèrement qu’il faut à mon avis, pour comprendre la repentance partir des premier siècles.
    Mais je vais partir d’expressions employées par vous.
    Se croire sorti de la cuisse de Jupiter et être messianique (et de là repentant) ne me paraissent pas strictement synonyme. Je pense comme vous que le premier fait est général et universel. Après, par delà l’universel, je propose de prendre un groupe d’unités politiquées nées ensemble et ayant évolué ensemble, c’est-à-dire sur le même tempo, sur un millénaire. Tous se croient sortis de la cuisse de Jupiter. Je propose de dire que la France se singularise au milieu des autres justement par sa situation spatiale (géographie d’abord), et qu’elle a développé une propension au messianisme potentiellement repentant avant les autres.
    C’est de là que je crois qu’il y a réellement plus de douceur, et pas seulement en intention.
    Mais je reconnais que c’est uniquement fondé sur quelques bribes. Je crois sincèrement a priori que les Juifs ont plus souffert en Angleterre et en Allemagne qu’en France aux XIIème et XIIIème siècles, exactement de même que la justice, les guerre de frontières, etc. étaient plus cruelles dans ces pays-là qu’en France.
    Je suis très amusé que vous disiez que je suis Français et que ça laisse présager que mon point de vue est orienté.
    Je serais très tenté de proposer à Antidoxe/Impat de publier ici une page de l’historien catholique anglais Toynbee, avec petit commentaire, qui porte sur la vision française de l’histoire et entre autres sur cet aspect de violence.

    Bonjour Oypsilantis,
    je ne savais pas qu’il y avait eu conscience expresse du caractère forcé de la leyenda negra, mais vous n’avez pas besoin de me convaincre, ce que j’en dis ne vient que d’un sentiment très vague et diffus que j’en ai, et de la présence de cette seule Espagne obscur(antist)e et rejetée dans la littérature française dès le XVIème siècle, au point même que c’est le Siècle d’or qui est nié : hors de question de faire de l’Espagne un modèle, ni même de daigner admirer ses créations artistiques en tout genre : la France s’accroche à l’Italie et à l’idéologie Renaissante en attendant sa propre suprématie et sa position de modèle.

  152. pjolibert

    Pour nos ex-soixante huitards, ça colle bien en effet, la tradition prophétique.

  153. pjolibert

    Ah pardon, et je voulais dire aussi que la repentance existe aussi partout, en amont du messianisme.
    Bon là c’est un délire complet de ma part… mais… j’ai lu dans je ne sais plus quoi de Jared Diamond qu’il était convaincu que l’interruption de la présence de grands animaux australiens dans une certaine couche coïncidant avec l’apparition (et l’arrivée) des hommes (futurs « Aborigènes ») était la preuve d’une extinction massive et totale de ces espèces, et non pas comme le soutiendraient d’autres chercheurs, le simple hasard du dépôt de traces (l’argument de secours du paléontologiste quand il refuse de croire aux changements brutaux et plaide pour des extinctions lentes et progressives).
    L’argument supplémentaire de Diamond est que ces grands animaux placides n’auraient, justement parce qu’ils n’auraient pas connu l’homme auparavant, été que plus vulnérables et susceptibles de subir une telle extinction rapide, cela contrairement aux grands animaux africains, qui eux ont survécu, accoutumés, entraînés, habitués qu’ils sont depuis longtemps à la prédation humaine.
    Bref, je crois tout ça sans problème, surtout si je colle par là dessus une explication girardienne de besoin subit de viande à sacrifier (le sacrifice comme moteur d’un développement de la chasse au gros gibier alors que l’homme au départ se contentait de petits rongeurs et autres cibles faciles (contradiction avec l’argument intermédiaire)), et hop je n’ai qu’une envie c’est de présupposer un énorme accès de repentance chez nos Aborigènes
    boouhhhh on n’aurait pas dû tuer tous ces gentils animaux
    et du coup ils sont devenus vachement proches de la nature et tout ça.
    Donc, ce serait un cas de repentance SANS messianisme, puisque en isolement complet, enfin je crois, et sans voisin contemporain à messianiser.

  154. Souris donc

    Je ne résiste pas, on croirait de la parodie.
    Prêche à la mosquée de Montpellier.

  155. oypsilantis

    Pierre Jolibert. Vous avez raison et pourtant… J’ai commencé à découvrir l’influence espagnole en France par un vieux livre aux pages jaunies dégoté chez un bouquiniste de la rue de l’Odéon : « L’imitation espagnole en France : les modèles castilllans de nos grands écrivains français », un livre début XXe siècle qui n’est peut-être pas un chef-d’œuvre mais qui m’a laissé un très vif souvenir. L’auteur en est un certain abbé Guillaume Bernard. J’y ai par exemple appris que les membres de la vieille noblesse castillane regardaient la cour de Versailles avec dédain, comme une assemblée de cocottes emplumées, de parvenus. L’Espagne a par ailleurs donné des modèles (des archétypes) à l’humanité : le Don Juan (c’est un Don Juan), le macho (c’est un macho), le picard (roman picaresque), et je dois en oublier. L’Espagne a tenu un rôle de premier plan dans l’élaboration du droit international (par la pensée théologique). Voir Francisco de Vitoria le Dominicain (moins connu que Bartolomé de Las Casas). Et ainsi de suite.

  156. Guenièvre (18 mai 2015 à 10:33). On se doutait bien que vous étiez une femme de culture.

  157. Lisa

    Chère Guenièvre, je ne me rappelle plus ce que faisait Candide…je peux abuser de votre culture ?

  158. oypsilantis

    (Mon précédant courrier) Je m’aperçois que la correction automatique a refusé le mot « picaro » et a donné « picard », ce qui est ridicule. A corriger donc.

  159. Oypsilantis,
    oui je suis certain qu’il y a toutes sortes d’exemples.
    Pour le picaresque, c’est d’ailleurs passé dans la connaissance courante. Pour le droit international et la diplomatie, je le sais très très vaguement. Je soupçonne à vrai dire qu’il y a des exemples cachés, c’est-à-dire qui ne s’avouent pas.
    L’abbé G. Bernard, je retiens, merci (que de découvertes, en un fil, Madariaga m’attire au plus haut point).
    Là il faut que je me couche, demain je fais mes cours, et à 8 h.
    Bonne nuit à toutes et tous.

  160. Souris donc

    Olivier, belle rencontre fortuite, j’aime beaucoup les « cocottes emplumées et les parvenus », c’est exactement ça, on retient à la cour, on les tenant à l’oeil, les féodaux toujours susceptibles de prendre trop d’indépendance, en leur offrant du festif.
    Dans les archétypes, quand on parle de moulins à vent, c’est à Don Quichotte qu’on se réfère.
    La critique contre les éoliennes, ce sont des moulins à vent, c’est bien sûr leur aspect et fonctionnement, mais aussi la chimère. L’électricité produite est environ 10 fois plus chère que celle des centrales nucléaires, et mise à la charge du consommateur obligé de payer le donquichottisme de quelques écolos emplumés et parvenus.

  161. Guenièvre

    @ Lisa, Impat,
    Après avoir été chassé du château de ThunderTenTronk pour avoir donné un baiser à la belle Cunégonde, Candide accompagné du philosophe Pangloss ( Pan = tout, gloss = parole) parcourent le monde et se retrouvent mêlés à des aventures toutes plus chaotiques les unes que les autres ( tremblement de terre, guerres etc…) A la fin du conte tous les protagonistes, éprouvés et vieillis, sont réunis sur un lopin de terre.
    http://www.litterales.com/texte–147-_-Chapitre%2030%20:%20Conclusion.html

    Voltaire, par la voix de Pangloss tourne en ridicule l’optimisme de Leibniz selon lequel :  » Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».
    La morale serait que l’action vaut mieux que tous les discours inutiles. « Cultiver son jardin est aussi métaphorique : il s’agit de chercher à s’améliorer.
    Loin de moi, chers amis, l’idée de dire que TOUTES les discussions sont inutiles. Il y en a ici qui sont passionnantes ! Bonne journée à tous!
    Et pardon pour le HS…

  162. roturier

    « …la belle Cunégonde ». Prénom évocateur? J’adore. Etymologie?

  163. QuadPater

    roturier

    Ce prénom médiéval, issu du germanique kühn, audacieux, et gund, le combat, signifie « celle qui ne craint rien »

    (trouvé sur famili.fr, qui n’est pas forcément une référence)

    quand j’étais jeune, nous utilisions « Cunégonde » pour remplacer plaisamment un prénom féminin que nous ignorions ou avions oublié.
    « tiens et la rouquine qui était chez toi l’autre soir, là, euh… comment elle s’appelle… Cunégonde… qu’est-ce qu’elle devient ? »

  164. Souris donc

    Bernstein a composé une opérette « Candide », dont vous connaissez TOUS le « Glitter and be gay » chanté par Cunégonde.
    Aller directement à 2:00

  165. Guenièvre

    @ roturier,

    Cunégonde, Prénom d’origine germanique : de kühn, hardi ( d’autres sources donnent le mot kuni, = lignée ) et gund, combat.
    Il fut assez répandu jusqu’au XIIIe siècle, en Allemagne, en Flandres et en Pologne. Mais, comme vous l’évoquez justement, les plaisanteries que permet, en France, sa prononciation, fait qu’il n’est plus guère en circulation…En tous cas, personnellement, je ne connais point de Cunégonde! 🙂

    Cunégonde est l’épouse de saint Henri II, empereur germanique couronné par Benoît VIII en 1014. Veuve en 1024, elle se retire du monde et prend le voile au monastère qu’elle a fondé à Kaufungen, dans la Hesse. Elle est ensevelie près d’Henri à Bamberg et canonisée par Innocent III en 1200.
    Voltaire adore jouer avec les mots et les noms : Le père de Cunégonde est le baron de Thunder Ten Tronk . Impossible de ne pas penser que Voltaire qui écrit « Candide » 6 ans après sa brouille avec Frédéric II de Prusse, ne se moque pas des sonorités très dures de la langue de son ancien ami.

  166. Guenièvre

    Ah ! Pardon Quad, je n’avais pas vu votre post ! 🙂

  167. Et chacun connaît la scie « Cunégonde, veux-tu du fromage… » qui nous mettait en joie en 11è.

  168. Guenièvre

    Bonjour Tibor ! Vous voilà de retour, vous allez bien ?

  169. Guenièvre

    @ kravi,
    Oui, et quelques années plus tard on passera à Huguette et à Charlotte…

  170. oypsilantis

    Souris donc,
    L’épisode des moulins dans El Quijote m’intrigue depuis longtemps. Il existe à ce sujet de très nombreuses interprétations (une amplitude véritablement biblique). L’une d’elles est extraordinaire, avec ses accents qui confinent à la gnose. Lisez ce qui suit attentivement (je n’ai lu de ce livre que ce passage) :
    http://donquijotedelamancha.free.fr/reichelb.html
    Je vous ferai un courrier sur les éoliennes en Espagne.

  171. Bonjour Guenièvre,
    Tibor va sûrement bien.
    Il ne va jamais aussi bien que lorsqu’il est bref.
    Un seul mot dans son post: il doit être sur la liste des 36 retenus pour la coupe du Monde de rugby.
    Tibor est en forme olympique.

  172. roturier

    Cunégonde est donc cousine de Frénégonde des « visiteurs ».
    Bon, chacun ses références.
    Copine transmanche de Dame Guenièvre?

  173. roturier

    Tout ça de la faute du commerce triangulaire.
    Par lassitude je vais voir mon coiffeur. Morituri te salutant.

  174. Oypsilantis
    C’est la thèse de Dominique Aubier dans un livre paru en 1966.
    http://www.dominique-aubier.com/crbst_8.html

  175. roturier

    Retour du coiffeur.
    Cervantès marrane? Mais c’est la version la plus courante depuis de décennies.

  176. Souris donc

    Bien dégagé autour des oreilles, Roturier ?

  177. oypsilantis

    Roturier,
    Ce ne sont pas tant les suppositions (plutôt éculées) au sujet des origines de Cervantes qui m’intéressent que cette interprétation fort étrange au sujet des moulins del Quijote.
    L’Oiseau bleu,
    Curieux que vous évoquiez Dominique Aubier. Je l’ai connue. Elle a longtemps été ma voisine en Andalousie. C’était une femme sympathique (décédée il y a quelques mois) mais qui m’a toujours semblé quelque peu baratineuse, douée d’un bagout de marchand de tapis. Je manque probablement de respect ; c’était une formidable conteuse, capable de faire rêver, admirable à sa manière, mais…
    Souris donc,
    Les éoliennes. L’Espagne s’en couvre, peu à peu. Regardez cette vidéo, ce château digne du Désert des Tartares. L’espace en contrebas (en fin de vidéo) est à présent une forêt d’éoliennes. J’y passe presque tous les jours et j’ai « les bouboules ». Les montagnes que vous voyez conduisent aux Alpujarras dont il a été question en début de courrier.

  178. oypsilantis

    Roturier et l’Oiseau bleu, j’y pense !
    J’ai de la sympathie pour Dominique Aubier mais elle m’apparaît peu sérieuse dans ses analyses de l’hébreu. Mais vous êtes bien plus compétents que moi pour en juger et j’aimerais avoir votre avis (On me pardonnera ce hors sujet). Ce qui suit par exemple :

  179. QuadPater

    oypsilantis :

    On me pardonnera ce hors sujet

    La plupart de vos commentaires sont hors sujet.
    J’aurais nettement préféré « l’auteur de l’article me pardonnera » – parce que c’est l’auteur qui donne le sujet – plutôt que cette auto-absolution aussi décontractée qu’expéditive.

  180. Quad,
    l’auteur pardonne, même s’il croit reconnaître en cet « oypsilantis » quelqu’un qui venait jadis ici sous un autre nom… et jura de n’y point revenir… Mais l’auteur se trompe sûrement.
    Merci à vous modérateur, quoi qu’il en soit.

  181. QuadPater

    Je vais éviter d’être plus royaliste que l’auteur. Incident clos.

  182. … »plus royaliste que l’auteur »…
    🙂

  183. roturier

    Hors sujet ?

    On peut censurer l’ensemble ou presque des interventions ici sous ce prétexte.
    A prendre un peu de recul tout est dans tout et en conséquence rien n’est hors sujet.

    Le billet, c’est une tradition ici, n’est qu’un point de départ ; ensuite, on élucubre à sa guise.
    On n’est pas à l’école et je ne vois pas pourquoi il faudrait demander le pardon de quiconque.

  184. Merci Quad. Et merci à tous de veiller, certes non strictement mais raisonnablement, à l’application de la charte, point N° 7 : « Veuillez éviter de dériver hors du fil du sujet. »

  185. Excellent texte Rackam
    Il est en effet difficile d’être plus royaliste que vous 🙂
    Le masochisme mémoriel est imposé à la France par à peu près toutes les « communautés » dont la plupart ne se sont jamais reconnus françaises d’ailleurs. Ces communautés sont dans la haine absolue de ce pays, qu’elles avouent avec plus ou moins de bonne volonté et demandent réparation pour LEUR génocide forcément plus important que celui du voisin pratiquant une comptabilité abjecte de la souffrance.

  186. roturier

    Pour la séquence vidéo de la dame Dominique Aubier : son discours me semble facilement réfutable.

    L’alphabet hébraïque est un alphabet comme un autre, lui attribuer une signification mystique et symbolique est un sport répandu dans certains milieux, cabalistes et autres, souvent friands de sa numérologie (« guimatria »).

    Perso je place tout ça dans le même sac que la lecture dans le marc de café et les lignes de la main.

    En l’occurrence les sources hébraïques disent, avec cette concision qui est souvent leur marque de fabrique, הרוצה לשקר ירחיק עדותו. (Celui qui veut mentir apporte son témoignage de loin = raconte de choses invérifiables par son public).

    Que je sache l’équivalent latin : « Hic Naxos ».

  187. grandgil

    Ce masochisme est à géométrie très variable et puis c’est tellement bien d’avoir un « ennemi » héréditaire qui concentre les détestations cuites et recuites, et qui permet d’excuser ses propres saloperies. C’est tellement couru d’avoir un bouc émissaire qui explique tout et évite surtout de se poser des questions sur soi-même.

    Il est de toutes manières des massacres plus recevables que d’autres aux yeux des bonnes consciences.

  188. grandgil

    Je soupçonne plus que fortement les tenants de l’Histoire de France selon le dogme progressiste de progrès d’être des adeptes inavoués du BDSM, du « Bondage » « hard ». Par exemple au moment des soixante-dix ans de la célébration de la victoire contre le nazisme, ils s’empressent de ressortir par exemple le « massacre de Sétif », repassant en boucle qui une vidéo, qui un article, en répétant comme des mantras les mêmes refrains à chaque fois qu’un événement semble contredire leur addiction à la gifle historique continuelle :

    « Fais moi mal avec mon massacre colonial !

    Oh oui donne moi des coups de bâtons avec l’oppression coloniale de la France ! »….

    …Parce que si « maîtresse diversitude et communautarisme », une « dominatrice » exigeante, entend parler de toute cette exaltation de la France, de la grandeur qu’elle peut avoir dans l’adversité, c’est très très mal, cela ne va pas du tout, et il faut punir, il faut sanctionner immédiatement, donner un ou deux coups de fouet d’avertissement en pensant que le pays va encore aimer ça longtemps.

    Curieusement, concernant l’évocation douloureuse de la guerre d’Algérie, douloureuse mais tellement délicieuse pour les adeptes du martinet et du masochisme mémoriel constant, très peu évoqueront le massacre de 220000 Harkis au moment de l’indépendance, des algériens rétifs à la liberté en marche dans leur pays il faut dire (!), et encore moins la fusillade de la rue d’Isly quand la police a tiré sur des français voulant que l’Algérie reste française, les masos de l’histoire rétorqueront que après tout ce n’était que des fachos c’est sûr, des nostalgiques …

  189. grandgil

    Mais il n’y a pas qu’à gauche on retrouve ce masochisme mémoriel également à droite, il irrigue hélas tous les courants politiques dans un pays qui a fini par ne plus s’aimer, le tout permettant sur notre sol l’importation de conflits ethniques d’une bêtise sans nom.

  190. rackam

    Les bons morts grandgil, et puis les autres…

  191. grandgil

    Oui, les bons morts étant souvent ceux qui permettent d’insister sur la haine de la France, de rajouter du sel sur les plaies…

    Parlant par exemple de la Véndée avec un de ces tenants du masochisme mémoriel, évoquant le massacre des Lucs, je me souviens de la réaction immédiate : « oh oui mais c’était des cathos réacs, des imbéciles soumis aux curés » ou un autre qui appelait ça des « dérives » du progrès

  192. roturier

    J’étais supra à la recherche de la cause de la prédilection française pour l’autoflagellation.
    Certains tentaient d’apporter de réponses que je trouvais insatisfaisantes.

    Et si c’était le (mensonger) mythe fondateur de la Révolution, qui travaille ce pays en profondeur depuis au moins deux siècles ? A creuser.

  193. rackam

    Fulgurant, roturier, j’achète et j’y travaille.
    La France serait comme un enfant adopté dont les adoptants passent leur temps à médire de ses parents biologiques. L’enfant souffre et s’en veut à lui-même, …

  194. Souris donc

    Pour en revenir aux hors-sujet, bien sûr que c’est une tentation, de répondre à un post, de saisir une balle au bond. Est-ce grave, docteur ? Non, c’est le sort de toute discussion, même dans la vraie vie.
    Dans l’idéal, il faudrait que l’auteur anime son fil.
    Non, pour moi, ce qui me semble contraire aux principes fondateurs de ce site, ce sont l’insulte, le défoulement gratuit, l’agressivité. Tout le reste est anodin.
    (Si, peut-être les posts plus longs que le papier lui-même).

  195. grandgil

    Des noms ! Des noms ! 🙂

  196. oypsilantis

    Je remercie la modération de m’avoir aidé à me remettre en selle. Avec ces histoires de moulins et d’éoliennes, j’avais vidé les étriers.

    Très brièvement. J’ai effectivement changé de pseudo pour adopter un nom plus « officiel » et être en accord avec des articles publiés en ligne, mettre fin au pseudo en quelque sorte. Que personne n’y voit une tentative de me dissimuler, bien au contraire. Par ailleurs, j’ai déclaré que je partais, mais sur « Causeur », et ne suis jamais revenu, ce qui ne m’empêche pas de lire certains de ses articles. Point final.

    Roturier, je vous remercie de m’avoir communiqué votre jugement sur Dominique Aubry. Vous me confirmez dans une impression. Mais comme je ne dispose pas en la matière des outils nécessaires pour la valider, j’interroge ceux qui savent.

  197. roturier

    Travaillez-y si vous voulez, Rackam 11:25; ma flemme naturelle vous souhaite bon vent.

    Mais (si je puis) il serait dommage de discréditer l’idée (et votre propre discours) par une récupération monarchisante à peine voilée. (Parents biologiques… enfin…. D’accord, le ridicule ne tue pas, mais pourquoi prendre le risque).

    La Révolution pose un idéal inatteignable (auquel elle ne fut nullement conforme d’ailleurs, de loin s’en faut, à la regarder bien en face).
    C’est là où se trouve la vraie analogie avec la relation parents-enfants (je dirais père-fils mais j’ai peur des femen).
    Il faut, on le martèle chaque 14 juillet, que « nous » (Français, s’entend) soyons à la hauteur des grands aïeux (révolutionnaires, s’entend).
    D’autant plus que nous savons à un niveau subconscient qu’ils ne furent, en réalité, que de géants fantasmés. D’où les cris d’orfraie libertude-égalitude-fraternitude adressés à tout ce qui bouge. D’autant, encore, plus que nous ne nous comportons pas à la hauteur de ces grandioses prétentions.

    La dichotomie schizophrénique entre la France et ce qu’elle aurait voulu (due ?) être se colmate par la parole (pays des droits de l’Homme etc…).

    Le verbe est moralisant, incompatible avec la vente des armes aux infréquentables et le reste (j’en passe). D’où la nécessité de s’expurger des fautes (passées ou présentes, vraies ou pas).

    La France est comme la femme catho (elle ne va pas vous plaire, celle-là) confrontée à l’exemple de la Vierge immaculée : elle ne peut pas l’être… D’où culpabilitude… Et voilà le volet catho de l’autoflagellationite…

    Enfin… C’est l’idée générale, cela mériterait sans doute une meilleure présentation.

  198. QuadPater

    Non Souris. Il y a les commentaires HS isolés, qui font baisser la tension (la vidéo d’une Castafiore par exemple) et les conversations entièrement HS qui peuvent être pénibles à la longue pour qui n’est pas passionné.
    Cependant je reconnais volontiers que caser l’alphabet hébraïque et les éoliennes espagnoles dans des commentaires sur l’esclavage et la repentance est un tour de force admirable.

  199. Souris donc

    Moi, je préfère, de très loin, les éoliennes et même l’alphabet hébraïque dont j’ignore tout, bref quelques bifurcations, au défoulement de problèmes relationnels qui vient parasiter le débat et plomber l’ambiance. Pour moi, c’est insupportable, parce qu’on baigne dans la flippe ou quelle que soit la raison, de ne pas savoir se retenir.
    Mais bon, on va pas en faire une conférence de presse.

  200. rackam

    roturier,
    je ne tiens pas à avoir raison « contre vous », mais sur l’image de « parents biologiques » j’insiste avec la légèreté pachydermique qui fait ma grâce.
    La géographie et l’histoire de la France doivent beaucoup aux rois qui se sont succédés de Hugues Capet à Louis XVI, le récit national, les héros et légendes qui constituent la personnalité d’un peuple, comme les contes lus au chevet par le parent 1 ou le 2 constituent celui d’un enfant, l’intérêt, jamais démenti pour les Princes, les reines, les souverains divers que d’autres nations ont su oncserver sans renoncer à la « modernité »* tout cela peut être analysé comme une nostalgie. Celle d’un enfant à qui l’on ment depuis toujours sur son ascendance.

    * pardon pour ce mot grossier

  201. … » aux rois qui se sont succédés de Hugues Capet à Louis XVI »…
    Et même à ceux d’avant, et peut-être un tout petit peu à ceux d’après, non ?

  202. Subjectivement, impat, j’en resterai à la période que j’ai choisie. Avant, le sentiment de « construire une nation » semble inexistant, ou volatil. Après le roi-martyr, pardon, mais on ne construit plus la France, on gère. Les boutiquiers (Louis-Philippe) et les antiquaires (Louis XVIII et Charles X) sont aux manettes. La France est orpheline, les services sociaux s’en chargent.

  203. D’accord avec vos réflexions, Rackam, avec un bémol sur le boutiquier. Ce roi, qui il est vrai n’était pas roi de France, a pu avoir le sentiment, et le communiquer aux Français, qu’il poursuivait la construction de la nation en l’étendant au Sud de la Méditerranée vers ce que tout le monde a vite appelé « l’autre France » .

  204. roturier

    Le sujet actuel, me semble-t-il, est : « la propension française à l’autoflagellation comme conséquence de la Révolution ».

    Après réflexion 1944 était une piqure de rappel; les « résistants de la dernière seconde » étaient bien plus promptes à tondre de femmes que ceux de la première heure (enfin… les survivants).

    Plus on a de raisons de battre sa coulpe, plus on la bat… sur la poitrine d’autrui.
    Il y a de quoi faire.

  205. Souris donc

    Flagellation.
    Avis aux Victimes Absolues acceptant de partir à l’étranger :
    L’Arabie saoudite (pays ami de la France) recrute huit bourreaux qui seront chargés des décapitations au sabre, des amputations et de l’administration des coups de fouet.
    Pas de compétence particulière. Les impétrants commenceront au bas de l’échelle des salaires des fonctionnaires religieux.
    http://www.lemonde.fr/arabie-saoudite/article/2015/05/19/l-arabie-saoudite-recrute-huit-bourreaux_4635925_1668306.html

  206. QuadPater

    Kikadi

    Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures

    1/ Hitler ?
    2/ Franco ?
    3/ Mussolini ?
    4/ Staline ?
    5/ Pol Pot ?
    6/ le Pen ?
    7/ Robert Ménard ?
    8/ rackam ?

    Bin non c’est Jules Ferry.

  207. Un peu rackambolesque, cette liste, non ? 🙂

  208. rackam

    Pour une fois que Ferry m’botte…

  209. Souris donc

    Rackam, notre Ferry m’boat people, Ferryplay.

  210. QuadPater

    Vous m’avez Ferry aux larmes avec vos blagues du niveau du sketch de l’eau Ferry-gineuse.

  211. Bibi

    Bonjour amis et amies,
    On apprend bcp sur ce long fil.
    Je ne pense pas que la France est seule dans l’entreprise d’auto-flagellation, ni que c’est une nation particulièrement chercheuse d’amour. Elle a un ‘blème d’amour propre, et des sauts (d’humeur?) de sur- et de sous-valorisation d’elle-même et de ses actions. Et de sa place, peut-être. Venant d’où je viens, j’attribuerai une bonne partie de ce phénomène à l’absence de prophètes – ceux dont le rôle est de servir de compas moral, de critique de l’intérieur (de vrais, pas des cocommissaires à l’auto-critique).
    Oy, la dame énonce qq principes cabalistiques assez connus à sa manière. Perso, j’adore la Guématria.

    Ciao!

    P.S. Pardon Quad, j’ai mal tapé mon adresse mél, ce qui a mis le même commentaire en modération 😦

  212. Pierre Jolibert

    Ce que vous dites est juste, Bibi, mais je crois que le cycle de l’amour-propre (phases A et B) est très lié à la demande d’amour des voisins, témoins, jusqu’à un horizon très large. De façon générale, l’amour est lié à l’amour-propre, je le vois tous les jours dans les films, sous mes yeux, etc.
    Quant à l’absence de prophètes, c’est plus exactement des directeurs de conscience en lieu et place de prophètes, et ce bien avant toute existence de communisme et de commissaires politiques. Qu’on lise ce seul vers de Voltaire (l’inaugurateur de l’ère du Sacre de l’Ecrivain) dans le poème sur le Désastre de Lisbonne :
    « Lisbonne est abymée, et l’on danse à Paris »
    Le très gros écart en France, particulier à elle, entre le degré d’exaltation des phases A et le degré d’accablement des phases B, pousse les directeurs de conscience à aller très très loin dans les soupirs repentants, très loin en extension : pleurons tous sur la douleur du monde, mais surtout pleurons au même rythme, si possible celui que j’impose, moi le roi Voltaire (et surtout aimez-moi moi pleurant).

  213. rackam

    Pierre J., j’aime bien votre post, non seulement parce que Voltaire (pas la promotion du même nom, mais Arouet lui-même) m’est odieux, mais par le dimension prophétique que vous évoquez. Qui pourrait bien se montrer prophète aujourd’hui, ici? Pas Cassandre ni Raëlien, mais authentiquement prophète. Je suis loin d’être gaulliste mais depuis le Grand Charles, on manque de candidats.
    Le sacré, toujours le sacré, c’est de cette absence dont on crève. Lentement, opulemment (néologisme), étourdiment, …

  214. Bibi

    En réfléchissant un peu, je me rends compte que c’est plus une question d’estime (et d’estimation) que d’amour. Il n’y a pas que du sentiment là dedans, mais aussi de jugement. C’est en ce sens que le prophète (biblique) a une mission – il aime les siens, et qui aime bien… et surtout, il est légitimement le critique du Roi.
    Et indépendant de lui.

  215. Bibi

    Rackam,
    Hasard ou coïncidence, je pensais aussi à CDG. En me demandant si ce n’est pas par envie qu’il a parlé du peuple d’élite etc., alors qu’il était à la tête de veaux…

  216. rackam

    « peuple d’élite », Bibi? J’avais gardé le souvenir de la « nuque raide »… détrompe-moi…

  217. Je connais bien trop mal les prophètes, mais leur caractéristique n’est-elle pas d’être des mal-aimés et des rejetés ? CDG a bel et bien éprouvé des périodes de ce genre.
    Amour-propre, estime, parfait. Oui, le JUGEMENT, tout est là.

  218. pjolibert

    Pardon je voulais dire seulement rejetés. Mal-aimés n’a rien à voir à leur affaire.
    Quant à CDG, je voulais dire qu’il avait été aussi semblable à un prophète, mais à d’autres périodes autre chose.

  219. Bibi

    « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ».

  220. Bibi

    Pierre,
    Les prophètes n’émettaient pas que des jugements et des prophéties négatifs. Ils injectaient aussi l’espoir, la promesse d’un avenir meilleur… Leur rôle était de veiller à la bonne tenue morale du peuple et de son dirigeant. Bien sûr, pour les fauteurs, ils (leur parole) était parfois à rejeter, et généralement ça se terminait mal pour les fauteurs non obéissants.

    En tout cas, mon propos n’est pas de déplorer l’absence de la parole divine via la voix du prophète, mais le rôle du juge humain doté d’autorité, de responsabilité et, par là, de légitimité, accompagnant le Prince.

  221. rackam

    Thanks Bibi.

  222. roturier

    Amen, Rackam.
    J’ai parlé qq part sur un autre fil de l’individuel et du collectif et de la gueuse laïcitude, ersatz d’identité et sédatif profond.

  223. Bibi

    Rackam,
    Je me demande vraiment si en exprimant cette perception CDG n’émettait pas le souhait de diriger un tel peuple.

  224. oypsilantis

    Charles de Gaulle « Appel du 18 juin » était un prophète. J’ai lu et relu cet admirable texte en m’efforçant de me mettre dans la peau d’un jeune français 1940. Ce discours avait bien une charge prophétique. Nous sommes d’accord, infiniment d’accord.
    Ce qu’il déclare à propos d’Israël au cours d’une conférence de presse, le 27 novembre 1967, est moins prophétique. J’analyse ce discours selon deux axes :
    1 – : La guerre des Six Jours (5/10 juin 1967) qui voyait Israël (l’État juif) écraser des hordes d’ennemis tourneboulait certains schémas mentaux (inutile d’insister). Du Juif faible au Juif fort…
    2 – : Plus important. Charles de Gaulle devenu chef d’État (et non plus prophète en exil) avait en tête de ménager les Arabes, de gagner en influence dans cette zone du monde, le Proche-Orient, face aux Anglo-Saxons, aux Américains surtout. Ce qui se passe aujourd’hui (avec cette France qui veut prendre la tête d’un mouvement de reconnaissance d’un l’État palestinien) est dans la ligne gaullienne la plus pure. Cajoler les Arabes, producteurs de pétrole, acheteurs de produits à très haute valeur ajoutée, toujours plus présents en France avec leurs populations (Maghreb) et leurs capitaux (Qatar, Arabe saoudite et autres rentiers du pétrole, par ailleurs vecteurs des plus « sympathiques » tendances de l’Islam).
    On me pardonnera ce hors sujet.

  225. Bibi, merci du complément.
    Je n’avais aucun doute quant à votre intention, sur le rôle du juge, etc.

  226. Bibi

    J’insiste vraiment sur le rôle d’autorité morale qu’ont joué les prophètes. L’absence d’un tel patrimoine cultuRel est aussi ce qui permet à des saltimbanques, à des porteurs de carte de presse, à des universitaires, etc. exprimant des jugements moraux pour lesquels ils ne sont nullement qualifiés d’endosser ce rôle, avec des veaux qui les prennent comme tels.

  227. L’apostrophe aux « pseudo-intellectuels » comporte une part de vrai et une part de scandaleuse bassesse, si l’on comprend bien le fil « prophète » de cette plaisante conversation. Mais il est tard et demain c’est la Pentecôte: j’aurai l’Esprit vif…

  228. Bibi

    Chez nous, la Pentecôte est dès ce soir.
    BonneS fêteS!

  229. QuadPater

    Hébin je vois que ça teuf à donf par ici. Jusqu’au bout de la night pour les juifs, à la place de la grasse mat’ chez les cathos… quelle santé !

    Bonnes fêtes à vous. 🙂

  230. Bibi

    C’est d’une simplicité biblique 🙂
    La journée commence la veille au soir. Ainsi, Chabbat commence vendredi après le coucher du soleil. Et se termine samedi après le coucher du soleil.
    Vous aussi vous célébrez les 2 iPad de Charlton Heston?

  231. QuadPater

    Je ne célèbre que ma propre gloire. À quoi faites-vous allusion ?

  232. Les tablettes de la Loi… hu hu, Bibi, tu te surpasses…

  233. roturier

    Homme d’élite, sûr de lui et dominateur. Rien de péjoratif en soi d’ailleurs.
    Je ne connais qu’un seul au 20ème siècle pour être conforme à cette définition.
    Ceci explique peut-être cela.

  234. QuadPater

    Bibi : bravo !

  235. rackam

    Attention , Bibi, après il doit affronter le Dark Veau d’Or…

  236. Bibi

    On fête l’iPad 2.
    Mais c’est pour ça qu’il n’y a que la version alpha de Waze.
    Sans accès aux màj durant 40 ans.

  237. QuadPater

    Patrick, à propos de votre HS sur la page Otan qui se trouve moins HS ici, je viens de découvrir que le slogan « y’a bon » est interdit à la société Banania depuis un arrêt de la cour d’appel de Versailles du 19 mai 2011, arrêt bien évidemment abondamment salué par les milices de contrôle de l’expression

  238. QuadPater

    Comme le soupire l’amie Souris, nous sommes foutus.

  239. Bibi

    Attention Rackam et Quad, « tout est bon dans l’cochon » risque l’interdiction.
    C’est ce que m’évoque le kopeck du torchon.
    Maltraitance et autres abus n’est pas esclavage, n’en déplaise.

  240. Bibi, même s’il manque la traversée de l’océan, les fers, et bien d’autres attributs, le fait que ces pauvres femmes soient, loin de chez elles, absolument pas libres de partir, maltraitées et humiliées (parce que non-muslim) s’apparente fortement à l’esclavage. Attention de ne pas exiger la totale pour dénoncer …

  241. pjolibert

    Bonjour Rackam :
    votre « L’apostrophe aux « pseudo-intellectuels » comporte une part de vrai et une part de scandaleuse bassesse » me paraît excellemment dit et juste vu de loin… vu de loin car je n’ai rien vu de l’incident de cette apostrophe.

  242. pjolibert

    [et sur ce sujet : à Roturier, qui aime bien chercher noise à Finkielkraut, pour le faire sentir ce qu’il faut trouver de bon chez ce prophète :]
    [et mille pardons pour le hors-sujet]
    Si vous en avez le temps, écoutez le dernier réplique sur la « Politique de Blanchot ».
    2 invités : philosophes (enfin je crois) / de gauche
    Objet : Blanchot : nationaliste antisémite avant guerre / communisant durassien puis semi-soixante-huitard après guerre
    Ce qu’on en comprend (en écoutant entre les lignes, parce que bon) : artificielle séparation entre la Littérââââtuuuuuuure pure (la nuit) et le militantisme politique (le jour) –> l’artifice a sans doute servi à l’auteur en question à mieux vivre ses douloureuses apparentes mutations politiques (il pouvait croire conservée l’éternité de son âme adonnée à la Littérâââââatuuuuuuure), mutations qui évidemment quand on, et Finkielkraut le fait, y regarde bien, n’en sont peut-être pas tant que ça.
    Je vous assure Roturier que Finkielkraut est toujours à deux doigts de remettre en cause la mythologie (c’est pour changer d’idéologie) du magistère franco-intello, ce magistère dont Blanchot a usé pour écrire le manifeste des 121 (Algérie, etc.). Toujours à deux doigts, mais bon, que voulez-vous, il en vit aussi.

  243. pjolibert

    Pardon, une preuve quand même, Finkielkraut utilise plusieurs fois l’expression « se payer de mots », et en fournit des exemples nombreux, dans une vaste généralisation. (et il faut voir la façon dont les deux invités se rebiffent à l’idée que la philosophie de gauche puisse se payer de mots ! tout le monde sait bien qu’il n’y a que la méchante non-philosophie de droite qui est affectée de cette maladie !)
    Si, si, franchement, je sens que Finkielkraut est à deux doigts d’accoucher d’une belle prophétie contre les auto-payeurs de mots. J’ai espoir. Et que ça fasse bien mal.

  244. « Finkielkraut est à deux doigts d’accoucher d’une belle prophétie contre les auto-payeurs de mots »…
    Il me semble que c’est déjà fait, et depuis longtemps, dans ses écrits, et dans ses émissions (sur RCJ en particulier).

  245. Bibi

    Rackam,
    C’est surtout le début qui distingue les horreurs. Les abusés partent volontairement travailler.
    Rien qu’à voir une famille libanaise traiter la bonne/nounou asiatique durant 15 min. dans un aéroport européen j’ai été choqué (aucune violence physique, sauf son passeport tenu par le chef).
    Mais assimiler ces conditions à l’esclavage un faux pas. Droit dans la redéfinition des conditions de vie et de travail en Europe il y a 3 siècles (droit de cuissage et toussa).

  246. pjolibert

    Kravi,
    oui je ne parle pas de quelque chose de nouveau chez lui, c’est son « cœur intelligent » qu’il souhaite recevoir à l’instar de Salomon.
    j’imagine que les exemples ne manquent pas, mais il aurait besoin je crois d’aller plus loin et de se fabriquer un point de vue global pour embrasser d’une autre façon certains des thèmes qui lui tiennent à cœur.

  247. oypsilantis

    Bibi, pardonnez-moi cette réponse tardive. Vous écrivez : « La dame (Dominique Aubier) énonce quelques principes cabalistiques assez connus à sa manière. Perso, j’adore la Guématria. » Mon but n’est pas de dénigrer la Guématria (je ne la connais qu’en petit amateur) mais d’exprimer mes réticences par rapport à cette dame qui me semble quelque peu « illuminée ». Il est vrai que l’ayant connue et ayant fréquenté son entourage, je ne puis qu’exprimer des réticences « scientifiques » envers une personne par ailleurs extraordinairement sympathique et que je respecte… tout en gardant mes distances. J’ai trouvé en ligne un article traduit de l’espagnol au français (de l’excellente revue locale « Axarquia ») qui vous aidera à comprendre l’ambiance très particulière dans laquelle baignait cette femme et son entourage, dans ce coin d’Espagne :
    http://www.dominique-aubier.com/kabbaliste.html

  248. Bibi

    Charles de Gaulle a la même valeur en Guématria que « Médinat Yehoudim » (état de juifs) ou encore, les jours de pardon 😉
    La dame m’a aussi l’air illuminé, elle n’a pas fait de victimes, apparemment.

  249. Et voilà, ce fil se termine en HS.
    Comme moi d’ailleurs.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :