Humour et administration

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Humour et administration : ça matche !

Le ridicule ne tue pas, la preuve les rédacteurs des nouveaux programmes scolaires sont toujours vivants !

Quelques mois avant l’arrivée du Beaujolais nouveau, produit dans le terroir parisien du CSP (conseil supérieur des programmes), climat tempéré à tendance continentale, cette nouvelle cuvée AOC, essentiellement produite à partir du cépage Éducation Nationale est une horrible piquette qui à peine sortie tourne déjà au vinaigre.

On est tous peu ou prou confrontés au jargon administratif. L’administration fiscale recèle quelques trésors (c’est le cas de le dire…), mais son style est parfois si poétique : prélèvement forfaitaire libératoire…, on dirait du Raymond Queneau (cf « Pour un art poétique » prenez un mot, prenez en deux faites cuire comme des œufs…)

Les ordonnances rendues par les magistrats s’expriment dans une langue souvent inaccessible au commun des mortels. La locution « attendu que » qui introduit l’argumentation et les motifs de la décision provoquant le plus souvent la perplexité des deux parties concernées qui n’attendent qu’une chose, la décision in fine du tribunal.(conseil : aller directement à la dernière page, « attendu que » = « vu que », mais c’est moins exotique)

Les notaires ne sont pas en reste et ont eux aussi une place sur le podium. Les termes employés nécessitent parfois une lecture attentive : De Cujus, dévolution, fente successorale, clause de préciput, donation en avancement d’hoirie…., etc. Il sera utile à l’étudiant s’engageant dans cette voie de prendre l’option latin dès le collège, ah mais j’oubliais, elle n’existe plus ! Donc d’apprendre par lui-même dans les livres ou par cours particuliers et payants cette langue morte, mais particulièrement vivante et active dans ce domaine.

La palme toutes catégories revient sans conteste à l’Éducation Nationale.

Comme la dérive des continents s’observe à partir du parallélisme et de la complémentarité des lignes côtières entre l’Amérique du Sud et l’Afrique, la langue employée par les rédacteurs des nouveaux programmes et, au-delà de la langue, les contenus exprimés actent une totale déconnexion entre eux et le reste du monde (enseignants inclus).

Une dérive du navire Éducation Nationale, perdu en haute mer depuis plusieurs années, avec en haut du mât, flottant au vent mauvais de la modernité mal comprise, un drapeau noir : celui du deuil, abdication de la logique et renoncement à la raison et à la méthode, toutes trois jetées par-dessus bord.

La noble mission de l’école républicaine : apprendre à lire, à écrire, à compter pour finalement apprendre à penser et à juger par soi-même, disparaît dans un magma fumeux où l’inutile le dispute à l’incohérent.

La belle phrase de Condorcet « Il faut apprendre ce qui suffit à ne point dépendre » en d’autres termes, la construction de l’esprit critique du citoyen, semble un principe bien oublié aujourd’hui.

Najat Vallaud-Belkacem, notre jeune ministre de l’Éducation Nationale a voulu semble-t-il voler au secours de nos ados au collège qui tel Saturne dans la chanson de Brassens sont mornes et taciturnes et qu’il s’agit donc de « désennuyer un peu » en allégeant le menu scolaire pour ne pas risquer la crise de foi.

« Bienvenue, à l’école et au collège ! Demandez le programme ! Allégé, bien sur ! Mais la traçabilité de tous les produits proposés par cette filière est sans faille.

Après donc, la suppression des RASED (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) qui était un dispositif jouant un rôle d’amortisseur de contexte, au service des élèves et des familles ; la réforme des rythmes scolaires qui transforme les écoles en un lieu « désanctuarisé », ouvert à toutes sortes d’activités relevant davantage des centres aérés et où les TAP (temps d’activité périscolaires) sont laissés à la charge des communes (organisation et contenus) ce qui en rajoute donc du côté de l’inégalité… Voici le dernier-né du Conseil Supérieur des programmes qui a voulu « simplifier les programmes pour sortir l’adolescent de l’ennui » (ce qui est pourtant sa condition première).

Suppression des classes européennes et disparition du grec et du latin, pas complètement cependant : en les transformant en un module rigolo : « Un enseignement pratique interdisciplinaire axé sur les langues et les cultures de l’Antiquité » afin de « briser l’ennui des élèves ».

Pourtant, comme le rappelle Marc Fumaroli, il est important de transmettre et de protéger les Humanités qui permettent le développement durable et profond de ce qui fait notre humanité : la liberté intérieure.

Mais qui s’en soucie ? Sûrement pas les initiateurs de cette réforme, esprits supérieurs et désintéressés qui mettent toute leur énergie et leurs innombrables compétences au service des enfants, dans un itinéraire fléché de la maternelle au collège.

Attention, la lecture des programmes est vivement déconseillée aux personnes allergiques à l’absurde et n’ayant pas totalement renoncé au bon sens et à la logique.

Morceaux choisis :

L’adolescent qui « vit un nouveau rapport à lui-même » (comprendre développement pubertaire et pulsions sexuelles envahissantes) devra « produire des messages à l’oral » (parler tout simplement).

Si l’antique terme de grammaire avait déjà été substituée en 2002 avec Jack Lang par le sigle déroutant « ORL » (non ce n’est pas qu’une spécialité médicale, c’est aussi l’Observation Réfléchie de la Langue), en 2015, le collégien que l’on veut préserver de tout effort inutile sera dispensé des règles encombrantes du français et de sa terminologie si particulière :

« L’inflation terminologique doit être évitée, il s’agit moins de parvenir à une connaissance exhaustive de tous les éléments que de souligner les principes de fonctionnement du système et de la langue ».

Vous n’avez pas compris ?

Illustration par un exemple : Dans la phrase : « Il est cocu le chef de gare », il sera désormais tout à fait inutile de savoir que l’adjectif « cocu » qualifie le nom sujet « chef de gare », et qu’il est donc appelé « Attribut ». De même poursuivre l’analyse en précisant que lorsque l’attribut se rapporte à un complément d’objet, il devient « attribut du complément d’objet », ne sert à rien.

De la même manière, pourquoi chercher à reconnaître des compléments circonstanciels de temps, de durée, de manière, etc ?

Le complément d’agent ? mais c’est quoi ??? est-ce que c’est en lien avec la police ?

Non, illustration par l’exemple : « Les professeurs et leurs élèves furent enthousiasmés par la nouvelle réforme des programmes scolaires ».

Les professeurs et leurs élèves furent enthousiasmés par quoi ?

Par la nouvelle réforme des programmes scolaires = complément d’agent du verbe « furent enthousiasmés ».

Règle : Le complément d’agent répond aux questions par qui ? et par quoi ? posées après un verbe passif…Vous admettrez qu’on peut facilement s’en passer !

Je ne voudrais pas multiplier les exemples et je vous renvoie à la lecture du merveilleux livre de Jean-Louis Fournier « la grammaire française et impertinente » qui regorge d’exemples savoureux, plaidoyer pour le maintien des règles de fonctionnement et de tout ce qui va avec : « la grammaire française et impertinente est l’ensemble des règles à suivre pour dire et écrire correctement des bêtises, des grossièretés et quelques horreurs… Une grammaire qui donne peut être le mauvais exemple, mais toujours la bonne règle ».

Allez, un dernier exemple, tiré de l’ouvrage :La subordonnée circonstancielle de but indique le but ou l’intention dans lesquels s’accomplit l’action de la principale :

Exemple :

« Mon papa cambrioleur a volé du champagne afin que nous fêtions mon CAP de serrurier ».

Pour les idéologues de l’école, COD, attribut, complément d’agent, subordonnée, principale, conjonctions, pronoms relatifs etc… c’est juste une « inflation terminologique ». Les nostalgiques des règles de grammaire et d’Édouard Bled devront faire avec.

En mathématiques : « Une place importante doit être accordée à la résolution de problèmes aux mathématiques liés à des situations issues de la vie courante ou d’autres disciplines ».

Inutile donc d’apprendre la construction d’un raisonnement hypothético-déductif, l’entrée dans l’abstraction se fera à travers des situations problèmes, permettant par exemple de calculer le temps restant sur son forfait 2 heures de téléphone mobile après 63 minutes d’utilisation.

L’apprentissage des langues étrangères et régionales doit être  : « Un aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs ».

Attention quand même à ne pas se perdre en chemin !

Dans les nouveaux programmes d’Histoire, la chronologie est abandonnée .Vous avez dit non-sens ? Qu’est-ce que l’Histoire sinon un enchaînement temporel d’événements ?

L’enseignement de l’islam est obligatoire, tandis que le christianisme médiéval et les Lumières sont optionnels.

Comme le dit Pascal Bruckner : « Au motif de favoriser le « vivre ensemble », on prône l’effacement de ce qu’il y a de meilleur dans notre héritage. On méprise les Français d’origine immigrée qu’on croit incapables d’intégrer notre trésor national et on prive les Français de leur histoire. Dans les deux cas, il s’agit d’un mauvais coup porté à l’intelligence. »

Le jargon des nouveaux programmes atteint son apogée du côté des profs de sport.

L’élève n’apprend pas à nager à la piscine, non, ce serait trop simple ! ! « il traverse l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête, dans un milieu aquatique profond et standardisé. »

On ne dit plus bêtement « courir », mais « prendre de la vitesse » ;

Qui reconnaîtra le tennis ou le badminton derrière l’admirable « Duel médié par une balle ou par un volant » ?

Et que vous inspire la phrase « Vaincre un adversaire en lui imposant une domination corporelle symbolique et codifiée . »

Un passage érotique tiré du chef-d’œuvre littéraire « 50 nuances de Grey » (pas encore au programme, mais qui sait, un jour peut être…) ?

Vous avez l’esprit bien mal tourné, si j’ose dire, ce n’est que du judo ! !

Comment s’appelle le ballon dans cet univers délirant ? Le référentiel bondissant, bien sûr !

L’école devient le véhicule de l’ignorance et du non-savoir.

L’idéal porté par Jules Ferry a été progressivement délaissé par les idéologues successifs au profit d’un égalitarisme qui confond égalité et médiocrité générale, et qui semble actionner le principe de fonctionnement suivant : ce que l’on ne peut pas apprendre à tout le monde, on ne l’apprend à personne.

Comment se fait-il que nul ne se soit aperçu avant leur parution, du caractère franchement comique des intitulés et de la cuistrerie du langage employé ?

C’est une vraie question, mais ce n’est pas le plus grave.

Le naufrage est dans la déconstruction de l’école et la faillite de sa mission première : apprendre à penser.

L’école repose sur deux principes simples : l’effort de l’élève et l’autorité du maître.

L’apprentissage exige des vertus aujourd’hui perdues de vue : la modestie, la patience, la constance, l’effort, la persévérance… L’exact contraire de l’immédiateté actuelle.

On assiste à une sorte d’inversion des valeurs depuis mai 68. Avant, les élèves avaient peur des profs, aujourd’hui, c’est le contraire.

Alors on allège les programmes jusqu’à les rendre vides de sens, on substitue à la notation chiffrée un livret de compétences bien peu lisible et on s’attaque au redoublement prétextant des effets néfastes pour l’élève que l’on prétend défendre, alors que l’enjeu réel est de supprimer des coûts.

Qui peut encore croire que l’élève est au centre du système éducatif traversé de plus en plus par une logique de réduction des coûts. Objectif qui avance masqué à travers des réformes prétendument novatrices au service des élèves.

Où est l’idéal républicain porté par l’École Laïque qui rendait possible l’accès au savoir pour tous quel que soit son origine, son milieu, ou son lieu d’habitation.

Astérix, tu es mort pour la Science (de l’Éducation), emblématique du courage, ancré dans un terroir et une histoire, résistant à l’oppression, qu’aurais-tu fait pour nous défendre, quand l’envahisseur, l’ennemi est à l’intérieur ?

Vite, envoie nous la recette de la potion magique, qu’on se débarrasse de toutes ces légions de nuisibles même pas retranchés, mais bien en place !

Ah oui j’oubliais une hypothèse (plausible ?) : L’humour serait-il une compétence transversale des rédacteurs du CSP, et non connue d’eux-mêmes ?

Une sorte de rassemblement de Monsieur Jourdain qui fait de l’humour sans le savoir ?

Dans l’acte II scène IV, Monsieur Jourdain apprend, au cours d’un échange avec son maître de philosophie qu’il dit de la prose depuis longtemps sans le savoir. « Par ma foi, il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que je n’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela. »

Vous remplacez Monsieur Jourdain par CSP et prose par humour et vous avez les ingrédients de la faillite programmée de l’école dont les premiers symptômes s’observent dans le langage choisi par les rédacteurs, ceux-là même qui devraient la défendre, et qui ne la connaissent pas.

Alors l’humour n’est pas présent ? Après cette balade en absurdie on serait pourtant tenté de croire le contraire.

Mais, malheureusement, j’ai bien peur que non.

Le propos est tristement sérieux et seul le lecteur mal intentionné y voit matière à rire… pour ne pas pleurer.

 

H. Soledad, en collaboration avec G. Ostermann

27 Commentaires

  1. Ce serait drôle si ce n’était si tragique…

  2. Merci Héloïse, qui que vous soyez vous ne méritez de rester seule.
    C’est drôle et bien écrit. Je vous soupçonne d’être antérieure à la génération des vingtenaires.
    Mais comme dit Rotil, c’est d’autant plus tragique que l’on ne voit pas comment mettre fin à cette destruction massive des générations futures.
    Si d’aventure un candidat ou son parti prenait la résolution inébranlable de réformer — de la façon sensée que nous appelons de nos vœux, cela va sans dire, pas une énième réforme opportuniste et inepte — le ministère de l’Instruction publique, je gage qu’il ferait un malheur aux prochaines élections. Car les Français dans leur grande majorité me semblent conscients de cette démolition systématique et funeste.
    Ou alors me leurré-je ?

  3. Vu de loin, mon préféré est l’actuel maire de Nice…

  4. QuadPater

    Bonjour à tous, bienvenue à notre nouvelle et excellente auteuse !

    Qui peut encore croire que l’élève est au centre du système éducatif traversé de plus en plus par une logique de réduction des coûts. Objectif qui avance masqué à travers des réformes prétendument novatrices au service des élèves.

    Mettre l’élève au centre du système n’empêche pas de tenter de maîtriser les dépenses.

    l’enjeu réel est de supprimer des coûts

    C’est un enjeu capital, si j’ose dire. C’est une des règles de la bonne gestion d’un porte-monnaie, le nôtre ou celui d’une administration.

    On ne se rend pas toujours compte, quand on bénéficie d’un financement de l’État, quand on travaille dans des structures et une organisation publiques, a fortiori quand on est payé par l’État, que chaque centime provient directement ou non de l’activité des entreprises privées. Chacun des ces centimes est précieux, et tout gaspillage est une bouffée de mépris soufflée à ceux qui payent.

    Ensuite on peut – non, on doit ! – débattre de la pertinence de telle ou telle réduction de coûts. Mais nul n’a le droit de rejeter le principe qu’il faut lutter contre le gaspillage d’argent public.

  5. Florence

    Quadpater

    je pense que l’auteur ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire attention aux coûts. Mais l’auteur dénonce une réduction des coûts qui ne dit pas son nom et dont on ne peut pas débattre.

  6. hathorique

    bonjour à tous

    Je fais une brève escale comme l’Hermione aux Etats Unis pour tous vous saluer et remercier la « nouvelle Héloise » de ce billet d’humour,
    Pour en revenir à l’école quel que soit le mode d’enseignement pratiqué, existera toujours cette différence inégalitaire fondamentale « le milieu familial « ce que Colette parlant des parents appelait si joliment « le goût orgueilleux d’enseigner ».
    Quelle est l’aide dont peuvent bénéficier chez eux dans leur milieu familial les enfant dont les parents pratiquent très peu la langue et connaissent parfois si peu la culture du pays où ils vivent et j’y inclus les parents français depuis Vercingétorix, injustement gaulé par César qui parlait latin

    Comment aider ces enfants lorsque leurs parents souffrent d’illettrisme et qui bien sur malgré toute leur bonne volonté, quant ils en ont, sont incapable de les assister. On ne médira jamais assez sur les effets d’abrutissement collectif de la télévision alors que presque lorsque que tout le monde prétend regarder ARTE. Beaucoup d’enfants sont écartelés entre l’école la famille et la télévision , qui doivent ils croire, qui leur dit la vérité pour certains cette dichotomie est pour le moins perturbante.

    En fait l’ école devient inégalitaire par trop d’égalité, l’égalité est une chimère un postulat philosophique qui rendrait des individus semblables en tous points, or ce n’est jamais le cas car il existe dans toutes les sociétés des « stratifications sociales » et ce quel que soit le régime politique, il est impératif que les gouvernements oublieux de toute idéologie trop souvent dévastratrice fassent en sorte de corriger ces inégalités, de les réduire, pour essayer de donner à chaque enfant sa chance quelle que soit son appartenance sociale :
    « le marqueur social est indélébile » et vous situe dans la pyramide hiérarchique si vous n’en maitrisez pas les codes

    « l’idéologie est le contraire de la science. Elle se présente d’abord comme une vision du monde, c’est-à-dire une construction intellectuelle qui explique et justifie un ordre social existant, à partir de raisons naturelles ou religieuses… Mais cette vision n’est en réalité qu’un voile destiné à cacher la poursuite d’intérêts matériels égoïstes en renforçant et étendant la domination d’une classe de privilégiés. L’idéologie est donc une superstructure de la société dont elle émane et qu’elle soutient… Golfin1972

    Mais il faut peut être pour remédier à cela autre chose que des Diafoirus de comités de tics et de tac et surtout de toc

    Dans les temps antédiluviens Mauroy avait demandé à ce que ce soit les professeurs les plus anciens et mieux formés qui enseignent dans les cités déjà difficiles qu’en est il advenu, rien bien sur il a suffit que la ou les circulaires pour le cas où elles existaient ne soient pas appliquées.

    On envoie dans ces cités difficiles de jeunes enseignants peu ou pas préparés à cette tâche comme de la chair à canon et ils passent le plus clair de leur temps tels des shérifs à essayer de faire régner l’ordre mais sans cravache et sans pistolet c’est souvent règlement de compte à OK corral, ce temps perdu à faire la police est surtout perdu pour l’enseignement .
    Il serait souhaitable mais ce n’est là que voeux pieux de mettre moins d’idéologie et plus d’idéalisme encore que l’on peut épiloguer sans fin sur l’ambiguité du débat entre réalisme et idéalisme, ce que je serais bien en peine de vous infliger ici.
    Pourquoi ne pas provoquer comme en 1789 « des états généraux de l’éducation nationale ou de l’instruction publique » nous devons peut être cela à nos descendants, car nous avons envers eux la lourde responsabilité de leur préparer un avenir sinon radieux du moins serein

    un article sur « Les paradoxes de l’égalité des chances »

    http://www.inegalites.fr/spip.php?page=comprendre_analyses&id_article=1170&id_rubrique=110&id_mot=31&id_groupe=10

    P.S à souris qui pourrait croiser sur ce fil
    « pardon pour la longueur de ce qui ne devrait être qu’un post « 

  7. QuadPater

    Florence, j’ai extrêmement apprécié ce papier, il est intelligent, détendu et nappé d’humour.
    Mais ma monomanie ressort, la gueuse.
    Je m’appuie sur 2 passages mineurs du texte pour re-plaider en faveur de la réduction raisonnée mais rigoureuse des budgets.
    Je rappelle mon opposition absolue à toute augmentation du budget global de l’EN, qui est déjà le premier de France. Stop ! Il est important ET urgent d’arrêter les excès.
    À l’EN et ailleurs, cela va de soi !
    Quand je crois déceler une demande de toujours plus de pognon pour la fonction publique je sors mon flingue…
    … virtuel, bien sûr, et….
    … en toute cordialité, évidemment ! 🙂

    L’auteur et les commentateurs n’ont rien dit de trop doxique, pour l’instant. Je fais de la prévention !

  8. QuadPater

    Au fait pourquoi ces trop brèves interventions des dames ? Vous traquez la doxa à la plage ? Vous n’avez plus d’opinions ? Vos pères, frères, fils et époux vous auraient ils interdit internet?
    :-p
    Huhu.

  9. oypsilantis

    Article instructif, notamment dans ses allusions au langage des notaires et du fisc. Je ne puis toutefois m’exprimer sur le système éducatif français d’aujourd’hui car je le connais très mal. Le nom (le pseudo ?) de l’auteure de cet article m’intrigue : Héloïse Soledad. Soledad, la Solitude, bien sûr (seule contre toute ?), avec un prénom qui s’est fait nom de famille. Héloïse Soledad, charmant et étrange. Mais je commence à dériver dans le hors-sujet.

  10. QuadPater

    C’est un pseudo.
    Mais voilà, comme il a été recueilli au téléphone, peut-être le H initial est-il de trop…
    La Soute lance une enquête.

  11. hathorique

    @ Quad 19 h. (précises)
    pardon ce postage intempestif .

    « Au fait pourquoi ces trop brèves interventions des dames ? Vous traquez la doxa à la plage »

    Merci pour le « trop brèves interventions « qui me fait plaisir, et m’encourage à progresser dans la voie de la réduction postique car je m’efforce de réduire mes posts à une longueur raisonnable avec autant d’ardeur que les Jivaros en mettaient pour remodeler la tête de leurs prisonniers.
    Mon ami j’ai le plaisir toujours intact d’échanger sur Antidoxe mais existent aussi les heures exquises des petits enfants à garder encore que je ne sache pas toujours qui garde qui 😉 des conserves à conserver, des confitures à confiturer, rien que ne nos pères, frères, fils et époux ne nous interdisent même au nom de la mixité potagère fraternelle et universelle et le droit inaliénable des courgettes à ne pas être prises pour des courges.

    bien à vous

  12. N’hésitez pas à creuser l’écart, Quadpater.
    Tenez, une autre piste : le texte se moque des situations problèmes et ne jure que par l’hypothético-déductif abstrait.
    Super. On nous bassine à la moindre enquête PISA (mais si souvenez-vous, Marie-Charlotte veut rénover son fond de commerce, elle a des carreaux de je ne sais plus combien de côté, elle veut faire un bar en L, qui coupe une pièce en pentagone irrégulier, enfin bref un truc de fou, et en plus elle veut faire tout ça au moindre coût, comme tout chef d’entreprise bien méritant) mais quand c’est l’EN elle-même qui s’aligne sur ce type d’exercices, évidemment, il faut absolument l’engueuler.

  13. QuadPater

    Le passage dont vous parlez pjolibert a déterré chez moi quelques souvenirs de baignoires percées, de prairies de formes surnaturelles entourés de piquets plantés tous les 52 cm, de montres qui retardent…
    Comme je ne suis point un pédagogue professionnel, je n’ai aucune théorie sur la manière la plus efficace de faire rentrer telle compétence ou tel savoir dans les jeunes crânes.

    Mais j’observe de très près depuis une quinzaine d’année une population de fans d’informatique – surtout de programmation – professionnels ou non, jeunes (moins de 30 ans) et je pourrais vous dire très précisément ce qui manque à leur culture scientifique. En gros le raisonnement déductif, la décomposition d’un problème imbitable en plusieurs parties plus faciles à résoudre, le diagnostic des problèmes par élimination des hypothèses sans issue, sont très lacunaires chez eux. La plupart n’ont hélas qu’une méthode unique pour arriver à une des solutions d’un souci technique : la recherche Google et, si elle ne donne rien, les essais au hasard.
    Pour schématiser, ils ne maîtrisent ni les bases de la logique, ni la démarche scientifique. Certains sont électriciens. D’autres sont en école d’ingénieurs. Ces carences seront gênantes pour les uns et les autres.

    Pour revenir aux propos de l’auteur, mon avis est qu’il serait probablement très bien qu’ils entrent dans l’abstraction via des problèmes concrets. À condition qu’on leur visse dans le cortex les fondamentaux du raisonnement scientifique avant de les relâcher en fin de secondaire.

  14. QuadPater

    Hathorique-en-voie-de-jivarisation, j’ai parlé de brèves interventions ? méat coule pas, comme gémissent les récents opérés de la vessie. Je voulais dire rares interventions.
    Quoique… certains/aines cumulent !

  15. Bien vu : l’enseignement des mathématiques à l’école primaire du peuple était fait de situations problèmes.
    L’abstrait et le déductif : lycée bourgeois.
    Fusion des deux… euh… je sais pas.
    Quant à la capacité à décomposer un problème et isoler un fait précis pour diagnostiquer, le meilleur moyen d’apprendre à la maîtriser, dans mon expérience, c’est tout simplement la fuite d’eau et la plomberie.

  16. desavy

    Il faut tout de même préciser que ces nouveaux programmes ne sont pour le moment que des projets.

  17. QuadPater

    Jargonner devant des profanes peut être symptomatique d’une image de soi dévalorisée. C’est la réflexion que je me faisais devant les interventions d’une nana de l’EN à la télé qui n’exprimait que des évidences, mais de la façon la plus pédante et fumeuse qui soit.

    Être instit de maternelle ce n’est pas drôle. Quand tu rentres du boulot où tu as chanté Frère Jacques et fait faire de la peinture à 25 braillasses, tu n’as pas envie de raconter ta journée aux amis avec lesquels tu vas dîner, ils la connaissent. Alors pour montrer que tu ne sais pas que surveiller des bibounes qui font la sieste tu refais le débat Piaget/Chomsky ou tu cites avec flamme les meilleurs passages du dernier court-métrage d’une féministe tamoule*.

    Au fond il est naturel que des intellos qui font un travail peu gratifiant au quotidien aient besoin de se revaloriser aux yeux des profanes, et développent au fil des années des symptômes divers, jargon, snobisme, intellectualisme, pédantisme, expressions maniérée… Non ?

    ———————
    * oui, en effet j’ai une certaine expérience de ces repas.

  18. Très naturel, en effet, mais aussi à leurs propres yeux, donc, et c’est sincère.
    (enfin à vrai dire, ce sont surtout les enseignants des autres classes qui en ont besoin, ceux de maternelle savent que c’est bel et bien le plus difficile, qu’ils font)

  19. QuadPater

    Je parle de l’absence de considération que les gens ont pour les instits de maternelle et dont elles (je crois que les femmes sont en majorité) sont conscientes : elles ne seraient en gros que des assistantes maternelles sur-diplômées.

    Je connais le niveau de technicité et de connaissances nécessaires à leur travail, mais je suis un cas un peu particulier. L’immense majorité des personnes non-EN et n’ayant jamais connu d’enseignant de maternelle ne voient pas pourquoi il faut un bac+x pour faire de la garderie. Ça, on ne l’empêchera jamais. Il est vain de vouloir « revaloriser le travail sous-estimé de ces agents » comme ânonnent les tracts syndicaux. On ne sait comment d’ailleurs… des campagnes de pub à la TV ? soyons concrets.

    La même réaction se retrouve chez les cadres sups de l’EN. Ils cherchent à parler gravement, sérieusement, philosophiquement… de l’intérêt des sorties-piscine. Ça donne le jargon.

  20. En effet ; l’empêcher poserait moins de problème de toute façon si en général la hiérarchie des perceptions des métiers n’était pas généralement un peu bizarre.
    J’ai beau être EN je vois ça de loin, mais je me souviens de ma mère en maternelle, et qui a eu toutes les classes parce que remplaçante tout le long de sa carrière, de toute façon la maternelle C’EST ce qui réclame le plus de travail au jour le jour, il me semble, par delà toute connaissance/technique. C’est bien pour ça qu’il faut des assistant(e)s d’ailleurs. C’est de toute façon un autre métier, selon l’opinion de beaucoup de maîtres.

  21. Florence

    Quadpater,
    c’est très vrai ce que vous dites ! J’avais remarqué ce phénomène chez les professeurs d’EPS. Pour se valoriser auprès de leurs collègues non sportifs, ils ont complexifié à mort les disciplines sportives. Les épreuves de courses sont tellement compliquées que c’en est ridicule.

  22. QuadPater

    Le personnage est M. Mégot, le prof de gym du petit Spirou.

  23. pjolibert

    Bien vu, Florence.
    Je crois même que la scholastification du sport a débordé sur le sport associatif.

  24. QuadPater

    Le 8 juin 2015 à 00:43 je ne savais pas encore que X. Darcos lui-même s’était interrogé sur l’intérêt de former des personnes à bac + 5 pour « faire faire des siestes ou changer des couches ».
    Je suppose que quelqu’un l’a rassuré depuis : en maternelle ces tâches sont prises en charge par les ATSEM, personnel de catégorie C titulaires d’un CAP.

  25. Ah, je m’en souvenais… une bonne mise en scène du dialogue de sourds entre des gens méprisants et des gens symétriquement persuadés que l’inflation diplomante, scholastifiante et pontifiante, est un gage d’efficacité.

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