La fibre climatique

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Un chercheur montre comment retirer du carbone de l’air, par une technologie nouvelle qui permet de fabriquer, à partir du carbone, des matériaux de construction. (CapX, par Mike Ortcut, 19 août 2015)

Pour éviter un dangereux changement climatique, on pourrait directement ôter du CO2 de l’atmosphère. L’image en illustration montre des fibres de carbone fabriquées selon une nouvelle méthode qui, en même temps, détruit le CO2 de l’air.

Cette nouvelle méthode « craque » directement le gaz carbonique de l’air pour en tirer l’oxygène, et le carbone sous forme de « nanofibres ». Ce serait un procédé peu coûteux permettant à la fois de fabriquer un matériau très utile et de lutter contre le changement climatique.

Les fibres de carbone sont déjà utilisées comme éléments structurels dans l’industrie aéronautique et automobile, du fait de leur légèreté et leur résistance. Ces qualités, ainsi que leur conductivité électrique, sont encore plus vraies pour les « nanofibres » (NdT : fibres ultra-fines) déclare Stuart Licht, professeur de chimie à la George Washington University (NdT : Washington DC, États-Unis). Le problème est que les fibres de carbone coûtent très cher, or les nanofibres reviennent bien moins cher. Licht annonce que la nouvelle technologie mise au point par son équipe, capturant le CO2 de l’air tout en le réduisant en oxygène et en « nanofibres » de carbone, est plus efficace et potentiellement moins coûteuse que les procédés existants.

Mais ce n’est pas seulement une manière plus simple et moins coûteuse de fabriquer un produit de grande valeur, dit Licht, c’est aussi un moyen de capturer utilement le CO2. Il fait remarquer qu’en alimentant l’opération par de l’énergie renouvelable on obtient une diminution nette du taux de CO2 dans l’atmosphère. Son équipe est parvenue à montrer qu’avec un système spécial à énergie solaire concentrée, utilisant à la fois le rayonnement infrarouge et la lumière visible, on génère la quantité de chaleur suffisante pour entretenir la réaction voulue.

Le procédé utilise une solution de carbonate de lithium fondu et d’oxyde de lithium. Au contact du CO2 de l’air, l’oxyde de lithium engendre davantage de carbonate. Si on y immerge deux électrodes sous tension, la réaction produit de l’oxygène, du carbone qui se dépose sur une des électrodes, et renouvelle l’oxyde de lithium : cette réaction est ainsi auto-entretenue.

En jouant sur la composition des matériaux et sur l’intensité du courant électrique, les chercheurs ont démontré qu’on peut obtenir des « nanofibres » de formes et de diamètres différents, et que ces résultats sont constants. Selon Licht, les mécanismes de formation des fibres demandent encore à être mieux compris, et il ne doute pas que le contrôle du procédé puisse être amélioré.

Quant au potentiel de captation du CO2, les chercheurs sont optimistes. Ils établissent que sur une surface d’un dixième du Sahara, leur technologie pourrait capturer suffisamment de gaz carbonique pour qu’en 10 ans le taux dans l’atmosphère revienne au niveau préindustriel. Cela, même si nous continuons à émettre le gaz à effet de serre à haute dose.

Il faudrait naturellement que la demande en « nanofibres » augmente considérablement. Or Licht pense que leurs propriétés de légèreté et de résistance vont multiplier leurs usages si leur coût est réduit, ce que va favoriser sa nouvelle technologie. Imaginez, déclare-t-il, que la fibre de carbone remplace finalement l’acier, l’aluminium, et même le béton comme matériau de construction. « On aurait alors un usage suffisant pour obtenir un dépôt de carbone significatif ».

Traduction, adaptation, et titre pour Antidoxe : Impat

9 Commentaires

  1. Le réchauffement climatique est une hypothèse. Le fait qu’il soit dû à l’augmentation, réelle, du taux de gaz carbonique dans l’atmosphère, est une hypothèse dans l’hypothèse.
    Mais si on parvient à craquer ce gaz pour y récupérer séparément le carbone et l’oxygène à l’échelle industrielle, le GIEC va devoir faire face à un grave problème : à quoi pourra-t-il attribuer l’éventuel prolongement de l’éventuel réchauffement ?

  2. QuadPater

    Ce procédé (nom ?) bouffe mieux le CO² que la photosynthèse ?

  3. Oui Impat, le GIEC et ses soutiens vont devoir trouver autre chose. Gageons que cette découverte va se heurter à de sérieux contradicteurs.
    Heureusement nos ayatollahs verts et décroissants veillent, qui ont déjà interdit la recherche sur l’extraction du gaz de schiste par fragmentation.
    Interdire la recherche, quelle merveilleuse idée !

  4. Quad, ce procédé qui à ma connaissance n’a pas encore de nom bouffe du CO² comme la photo synthèse. Mais il a (aura) deux avantages :
    Il va plus vite.
    Il fabrique des fibres de carbone, qui sont très utilisées et actuellement très onéreuses. (Le Rafale est à 80 % en carbone)
    Pour l’abaissement du CO² de l’air une couverture universelle des terres en forêt ferait sans doute l’affaire. Mais où irions-nous construire nos maisons et jouer au foot ?
    Ce que j’ai vu d’intéressant dans cet article, est de montrer que l’augmentation du gaz carbonique de l’air n’est pas un phénomène inéluctable et irréversible.

  5. QuadPater

    une couverture universelle des terres en forêt

    Oh comme vous y allez ! 😛

  6. Souris donc

    Ça ressemble bigrement au mouvement perpétuel.

    Périodiquement ils nous découvrent la pierre philosophale et le moteur à eau. Le dernier en date était la bactérie intelligente qui secrète directement du carburant.
    http://www.lefigaro.fr/automobile/2012/11/27/03001-20121127ARTFIG00293-du-carburant-avec-de-l-eau-du-soleil-et-du-co2.php
    Une chose est sûre, Ségolène Royal, notre ministre de l’écologie, transforme en plomb ou en catastrophe tout ce qu’elle touche.

  7. Si ça marche il faudra quand même se méfier de ne pas en faire trop: le CO² deviendrait insuffisant dans l’air, et toute la végétation en souffrirait. Donc pas de panique au GIEC, j’ai trouvé une nouvelle guerre à mener un jour, accompagnée de nouvelle source de dons et subventions : lutter contre l’épuisement du gaz carbonique.

  8. Lisa

    Impat, tout cela fournit du travail eu moins ?, et de la croissance ? après il faudra militer en tant que décroissant (ne pas confondre avec islamophobe)

  9. Lisa, si ce procédé aboutit au plan industriel je ne pense pas qu’il aura un impact important sur la croissance et l’emploi. Il en aura un, en revanche, sur la qualité de nombreux produits fabriqués à partir de fibres carbone au lieu de métaux, ainsi que sur la teneur de l’atmosphère en gaz carbonique.
    Il en aura un, également, sur la crédulité dans les instances internationales coûteuses et bavardes. Mais sur ce point n’ayons pas d’illusions: la crédulité humaine est incommensurable et éternelle.

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