L’interdisciplinarité dans l’EN : de la confusion aux errements …

TF3-A003

Les fameux APS ou TAP (1) de la réforme Najat Vallaud- Belkacem ne sont pas une nouveauté : les enseignants ont déjà expérimenté par le passé les travaux interdisciplinaires. Ceux-ci se sont appelés Parcours Diversifiés, une année seulement, vous comprendrez pourquoi quand vous saurez que les pédagogues adorent utiliser des sigles. Parlez par sigles ça fait savant puisque le péquin moyen ne peut pas comprendre ce que vous dites (2). Après les fameux PD nous eûmes donc, les Travaux Croisés puis, en 2002, les IDD (Itinéraires de Découvertes) . Il s’agissait de proposer à des élèves de cinquième, puis de quatrième, un projet réunissant au moins deux professeurs de disciplines différentes car, vous l’avez compris, se cantonner à transmettre les rudiments d’une matière c’est d’un autre âge.

D’après les textes officiels il fallait donc « briser l’approche traditionnelle d’un enseignement frontal, décloisonner les disciplines, éclater la classe et montrer aux élèves – ainsi qu’aux enseignants eux-mêmes – que pour résoudre une problématique les savoirs sont complémentaires« . Sur cette dernière partie de la phrase nous serons tous d’accord. Sauf qu’il faut déjà maîtriser parfaitement ces savoirs pour s’apercevoir que l’on peut les combiner entre eux.

Les professeurs durent faire preuve d’imagination et même si certaines expériences furent positives -pour les bons élèves seulement mais c’est une autre questio – force est de constater que les propositions les plus farfelues virent le jour (3). Le plus grave est que ces activités ont pu être l’occasion pour certains enseignants de se livrer à un militantisme plus ou moins assumé et de manipuler les élèves en imposant sournoisement leur vision idéologique. Septembre 2002, dans un collège de la région parisienne le projet suivant baptisé :  » Une pierre pour la Paix » va être ainsi déposé : deux professeurs, l’un d’histoire, l’autre de français, proposent d’emmener une classe de cinquième à Auschwitz pour y prélever une pierre afin qu’elle serve de fondation à une école construite en territoire palestinien. Un autre professeur du collège , petite fille de déportés, tente d’expliquer à ses collègues pourquoi cette idée  lui semble dangereuse. Sentant qu’elle doit faire preuve de la plus grande prudence tellement le sujet est sensible, elle n’essaie même pas de parler de l’analogie qui risque de s’établir chez les élèves entre Israël et le régime nazi – elle soupçonne même que c’est le but de la manœuvre – elle porte son argumentation sur la mémoire et sur le caractère profanatoire du prélèvement d’une pierre chargée de mémoire et d’histoire tragiques. Aucun de ses arguments ne trouve le moindre écho, le conseil d’administration de l’établissement donne son feu vert et l’affaire se concrétise. Alors que l’objectif défini est de « créer un lien de paix entre les Israéliens et les Palestiniens » aucun partenaire israélien ni aucune association représentant les institutions juives ne sont contactés. En revanche l’OLP et Leila Shahid sont approchés. Le professeur contestataire demande alors à sa hiérarchie que la validité pédagogique du projet soit vérifiée. En effet, ni la seconde guerre mondiale, ni le conflit israélo-palestinien ne sont au programme de cinquième. Nous sommes en janvier 2003, en plein affaire du conseil d’administration de l’université Paris VI : l’Inspecteur d’Académie prend peur et suspend le projet (4). Les deux professeurs concernés ne s’avouent pas vaincus. Ils créent un Club UNESCO, éponyme de l’IDD qu’ils mènent avec leur classe et dont le siège social a pour adresse celle de l’Établissement scolaire. L’IDD ne mentionne plus la pierre mais celle-ci se trouve dans le projet du club UNESCO qui manifestement a pour but à peine voilé de prendre le relai du projet initial. En mai 2003 quatre élèves de l’établissement accompagnés d’élèves d’un autre collège de la ville, subventionnés par la mairie, partent prélever, comme prévu, une pierre au camp d’Auschwitz. A leur retour, les enseignants qui ont organisé le voyage offrent une tournée de vodka polonaise en salle des profs mais gardent le silence sur le déroulement du voyage et sur l’endroit où la pierre a été déposée.

En janvier 2004, la Principale du collège informe l’enseignante opposée au projet que l’objet ramené d’Auschwitz n’est pas une pierre mais de la terre. Au printemps 2004, à l’occasion d’ une cérémonie publique lors de la journée nationale de mémoire de la déportation, le dimanche 25 avril, la destination de l’urne est enfin dévoilée. « L’urne contenant la terre ramenée d’Auschwitz dans le cadre du club Unesco intitulé «Une pierre pour la paix » fondé en décembre 2002 « sera scellée devant l’Hôtel de Ville en présence des autorités municipales et associatives. » dira l’une des élèves qui a participé au voyage. Depuis lors, la LICRA s’est saisie de l’affaire et se bat pour que les dépositaires de cette urne funéraire ramènent cet objet à Auschwitz-Birkenau afin que la terre qui y fut prélevée, soit replacée où tant d’innocents furent assassinés. Je ne sais pas si cette requête a abouti, je ne connais pas la fin de l’histoire. Entre temps, le professeur qui a révélé l’affaire subira dans son établissement de nombreuses intimidations : on fait mine de sortir l’insecticide quand elle rentre dans la salle des professeurs, on lui reproche une « double allégeance  » en présentant sa judéité comme le seul facteur de son action.

Lors d’une conférence au cercle d’étude de la déportation et de la Shoah , en 2004, le doyen de l’Inspection générale Dominique Borne a estimé que dans cette affaire, « les plus touchés ont été sans doute les professeurs et les élèves, ils s’étaient engagés pleins de bonnes intentions… comment pourraient-ils comprendre tant de colères, tant de haines face à un projet qui se voulait porteur de paix? »

Je laisse à Mr Dominique Borne son interprétation des faits mais les professeurs « pleins de bonnes intentions » se sont-ils posés quelques questions – celles que l’on doit toujours se poser quand on est face à des élèves – avant de se lancer dans ce travail ?

Que sous-entend ce rapprochement entre Auschwitz et la Palestine ? Qu’est-ce qu’il induit dans la conscience des jeunes de banlieue ? En quoi cet IDD est-il pertinent pour l’éducation et le développement de l’esprit critique d’enfants de 12/13 ans très souvent confrontés à des problèmes identitaires et à l’échec scolaire ? En quoi favorise-il la Paix ? Et de quelle Paix parle-t-on? Est-ce que les bons sentiments suffisent pour accomplir un acte pédagogique approprié et efficace ?

Cette affaire est un cas limite mais qu’il s’appelle Parcours diversifiés, Travaux croisés, Itinéraires de découvertes ou Travaux personnels encadrés ce travail interdisciplinaire en milieu scolaire a souvent donné lieu à des expériences fumeuses, bien peu concluantes et dont le bilan est resté étonnement discret.

L’interdisciplinarité est une très bonne chose mais en tant que complément des apprentissages. Et beaucoup de professeurs la pratiquent déjà sans qu’on ait besoin de leur forcer la main avec un cadre institutionnel . Selon les opportunités qui se présentent ils vont demander à leurs élèves de réinvestir leurs connaissances dans une activité annexe. Mais ça ne peut jamais être un lieu d’apprentissage des fondamentaux.

1 – Activités périscolaires, Travaux d’activités périscolaires .

2 – Par exemple   » De quelques différences entre les IDD et le B2i ou comment introduire les TIC au CDI. »

3 – Langues, EPS : « La pratique du baseball en anglais »

SVT, Arts plastiques : « La pratique du recyclage »

http://stanselme-col.spip.ac-rouen.fr/IMG/pdf/arts_plastiques_Quatrieme.pdf

Histoire, Technologie : « Construis un château-fort pour ton Seigneur »

4 – Le 16 décembre 2002, le Conseil d’administration de la réputée Université Paris VI (UPMC, sciences et médecine) a adopté une motion appelant à cesser l’accord d’association Union Européenne – Israël, en particulier en matière de recherche. Motions qui produisit de vives réactions dans le monde universitaire.

Source : » Les territoires perdus de la République » sous la direction d’Emmanuel Brenner

110 Commentaires

  1. QuadPater

    Excellent article. Merci Guenièvre de nous informer en détail de ce qui est mis en place et de ses conséquences, ainsi que du comportement scandaleux de certains professionnels envers nos petits.
    Décidément une veille sur tous les fronts est nécessaire. Aucun secteur n’est épargné par les coups de boutoir des socialistes, des militants syndicaux, des extrémistes ; de l’économie à l’éducation, de la politique migratoire à la politique de l’emploi, des lois sociétales à la justice…

  2. … « Aucun secteur n’est épargné par les coups de boutoir « …
    Oui, Quad. Mais concernant l’École on n’en est plus aux coups de boutoir. Il s’agit d’une pression permanente de la part des « pédagogistes » qui ont pris en main tout le fonctionnement de l’Éducation Nationale et imposent leurs méthodes, leur idéologie, leur politique.
    Cette EN est maintenant profondément malade, et à mon avis elle n’est plus guérissable.

  3. rackam

    Article utile et documenté. Mais pourquoi apparaît-il en double? Guenièvre enfonce le clou?

  4. rackam

    Pour ce que cela vaut:
    http://www.marianne.net/comment-rattraper-maison-100237109.html
    Notez qu’il est rarissime que je mentionne Marianne, faut-il que ce soit adapté…

  5. rackam,… « Mais pourquoi apparaît-il en double? Guenièvre enfonce le clou? « …
    Elle pourrait, l’article le vaut bien.
    Mais le fautif est Impat, qui a dû cette nuit abuser du Médoc, mais vient de se sentir assez lucide pour enlever le morceau…en trop.

  6. rackam, de la lecture du site de Marianne que vous mentionnez, je retiens surtout que pour instruire correctement nos enfants il faut maintenant, non pas « rattraper » l’action de l’EN, mais la remplacer par autre chose.

  7. Lisez l’article de de Villiers sur atlantico.
    Je n’aurais jamais pensé etre aussi en accord avec lui.

  8. QuadPater

    Il parle de l’enseignement ?

  9. Merci Guenièvre pour cet article qui traite de deux sujets différents en apparence, mais qui se rejoignent par ceci : l’instruction est gangrenée par l’idéologie gauchiste, donc forcément anti-israélienne.
    La niaiserie de la réforme  » interdisciplinaire  » n’est plus à démontrer, quand bien même les pédagogos n’en retirent pas un bouton de guêtre, prêts qu’ils sont à sacrifier les prochaines générations à leurs délires égalitaires. Crime contre l’intelligence et le mérite républicain qui ne sera, hélas, jamais condamné.
    L’affaire de la pierre d’Auschwitz — dont je n’avais pas entendu parler — est une abjection supplémentaire dans le dossier déjà chargé de la vilenie antisiomite.
    Les Israéliens sont des nazis, et les négationnistes corrompus jusqu’à l’os ont réussi à confusionner les idiots utiles de la gauche aveuglée volontaire.
    Je suis présentement en Israël pour participer au génocide des pôv  » Palestiniens  » par Tsahal. J’ose dire qu’on y respire un air plus sain. Shalom à tous.

  10. rackam

    Do the job, Kravi, once and for all… 🙂

  11. Kravi, pourquoi oser ? Antidoxe est une enclave libre.

  12. Non mais des memes causes entraînant les mêmes effets. Car cette idéologie de progrès gangrène notre société à tous les niveaux et l’enseignement en fait partie.
    La question est de savoir si ils ont conscience réellement de ce qu’ils font.

  13. Guenièvre

    Bonjour à tous !
    @ Quad,
    Ce n’est pas nouveau hélas ! les Parcours diversifiés ont été mis en place à la fin des années 90 dans les collèges. A la fin de la première décennie du 21e on a adapté le dispositif dans les lycées avec les TPE. Avec Belkacem on touche les maternelles et les écoles primaires.
     » coups de boutoir des socialistes »
    Oui, Quad mais il faut hélas constater que jamais un gouvernement de droite n’est revenu sur ces réformes. Pourquoi ? Est-ce par faiblesse, par indifférence, par manque de courage, parce qu’au fond ils sont d’accord ou parce qu’ils n’ont pas en main tous les leviers de l’E.N et que son administration est trustée par la gauche ?
    @ Impat,
    « Cette EN est maintenant profondément malade, et à mon avis elle n’est plus guérissable »
    Je vous vois venir Impat !! :-)))
    @ rackam,
    Merci rackam ! Je me sentais mal, surtout que l’interdiction du redoublement est à l’ordre du jour…
    @ mario,
    Vous pouvez nous dire de quoi il s’agit, je n’ai pas accès à l’article ?

    @ kravi,
    Ahh, kravi on ne peut rien vous cacher et vous avez dévoilé le stratagème ! j’ai commencé cet article parce que j’avais lu ce scandale de « Pierre pour la Paix » dans « Les territoires perdus de la République » écrit en 2003 mais réédité cette année après les attentats de janvier. Et puis j’ai voulu élargir et parler de cette interdisciplinarité dont on nous rebat les oreilles depuis une vingtaine d’année dans l’E.N.
    C’est exactement le genre de « ficelles » auxquelles on a eu recours dans les IDD ou TC pour raccrocher ensemble deux thèmes, avec plus ou moins de bonheur…
    L’EN gangrénée par l’idéologie gauchiste sans aucun doute mais je dirai, et c’est bien plus dangereux , que nous avons , dans ce genre d’histoire, pas toujours affaire à des militants purs et durs et conscients mais aussi à des gens qui fonctionnent instinctivement au « politiquement correct ».
    Très bon séjour à vous !

  14. oypsilantis

    Merci Guenièvre d’avoir cité Georges Bensoussan (Emmanuel Brenner). Ce texte ressemble tellement à certaines expériences personnelles que je n’insisterai pas. Les hommes de « bonne volonté » sont ce qu’ils sont, de « bonne volonté » ; mais certains d’entre eux (assez nombreux) me rendent plus pertinent encore ce dicton (kurde me semble-t-il) selon lequel un ennemi intelligent est préférable à un sot ami.

    Cette histoire de pierre (de terre d’Auschwitz) me fait penser à autre chose…

  15. Guenièvre,… « Je vous vois venir Impat !! :-))) « …
    Je suis même sûr que vous voyez ce qu’il y a dans mon cartable. 🙂

  16. Hélas, Rackam, le gouvernement israélien ne me demande pas mon avis, je ne comprends pas pourquoi. Anti-ashkenasisme primaire ? Il préfère le statu quo. Quo usque tandem…

  17. Bonsoir Guenièvre , voici le lien :

    http://www.atlantico.fr/decryptage/philippe-villiers-pour-se-defendre-ennemis-mortels-france-besoin-pouvoir-fort-et-consenti-fonde-confiance-et-gratuite-2367083.html#Fh7Uwza18RkD8ZLE.03

    Sinon je ne sais plus si je vous fais part de cette citation de Chesterton mort en 1936: Le monde est divisé entre conservateurs et progressistes. L’affaire des progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L’affaire des conservateurs est d’éviter que les erreurs soient corrigées. Très actuel non?

  18. Cette histoire nauséabonde me rappelle de mauvais souvenirs…
    Bravo Kravi et merci pour votre aide

  19. Guenièvre

    @ Bonjour à tous !
    @ oypsilantis
    J’ai beaucoup appris en écoutant les conférences de Georges Bensoussan et en lisant ses livres…Il a fait notamment, au Mémorial, un séminaire sur l’enseignement de la Shoah, pour les professeurs.
    @ Impat,
    Vous savez je ne suis pas vraiment contre votre proposition de nouvelle Ecole mais il me semble que l’école Républicaine a été un outil extraordinaire et j’en suis nostalgique…
    @ Mario,
    Merci. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit De Villiers dans cet article mais la remarque sur le pouvoir et l’autorité est intéressante. Moi j’avais lu l’explication suivante : l’autorité ( auctoritas ) et la puissance ( potestas) doivent aller de pair. Abandonner l’autorité c’est livrer le monde au rapport de force, aux combats incessants qui ne s’apaisent que lorsque la fureur converge sur un bouc émissaire, une victime expiatoire. ( Skarda si tu nous lis…! )
    Très bonne la citation de Chesterton !
    @ Hannah,
    Je veux bien vous croire hélas le livre de Bensoussan rapporte des témoignages édifiants sur la montée de l’antisémitisme. Et ça ne s’est pas arrangé depuis 2003…

  20. Guenièvre

    Pour en revenir à l’interdisciplinarité, comme souvent, lorsque l’on veut faire adopter une réforme on la justifie à l’aide de grandes idées, si possible en faisant appel à des intellectuels. Voilà comment le Bulletin Officiel présentait les IDD.

     » C’est une pédagogie : l’itinéraire de découverte doit servir la pluridisciplinarité. Pour parler comme Edgar Morin, nous tentons de réunifier le monde, en tout cas d’en comprendre la complexité et d’enjamber les frontières qui séparent les savoirs : la tâche n’est pas facile . »

    Oui ! sauf que « la pensée complexe », l’interdisciplinarité d’E.Morin a toujours reposé sur la maîtrise de chacune des disciplines en cause. J’ai participé en tant que documentaliste aux IDD. Comme beaucoup, j’ai cru au début que les élèves en difficulté pouvaient être stimulés par ce genre d’exercices mais je me suis très vite aperçue de mon erreur. Comment peut-on « réunifier le monde » quand on est un élève de cinquième sachant à peine écrire le français et situer le Moyen-Age ? Ce sont seulement ceux qui maîtrisent déjà les bases qui sont motivés et qui en tirent des bénéfices. Les autres s’ennuient, au mieux ils recopient ce que les bons élèves leur procurent ou participent à l’illustration de l’exposé, au pire ils s’amusent et perturbent le groupe.
    Il est d’ailleurs intéressant de remarquer les critères retenus pour l’évaluation de ces travaux :

    « Dès la phase préparatoire seront établis les critères et les modalités de l’évaluation. Celle-ci portera non seulement sur le produit final ( production réalisée individuellement ou collectivement) mais aussi et surtout sur la démarche de l’élève, sa capacité d’initiative et de création, son investissement personnel, son implication dans un travail collectif.  »

    Finalement et de façon officielle donc, les connaissances deviennent secondaires par rapport à des comportements et à des savoirs-faire. Choses qui relèvent souvent de la subjectivité.

  21. Guenièvre,… « Vous savez je ne suis pas vraiment contre votre proposition de nouvelle Ecole mais il me semble que l’école Républicaine a été un outil extraordinaire et j’en suis nostalgique… « …
    De « pas vraiment contre » à « vraiment pour » nos chemins sont destinés à converger 🙂
    Quant à la seconde partie de votre phrase, croyez bien que je l’endosse avec conviction, et…nostalgie. Ce « a été » est d’une tristesse infinie, d’autant plus infinie qu’il faut ajouter « ne sera plus ».

  22. rackam

    Un petit caillou dans les croquenots de Guenièvre: j’identifie dans « école républicaine » les prémisses, les murs et le toit de cet endoctrinement politiquement à la mode qui ravage les jeunes esprits. Cette éducation à la citoyenneté à la laïcité etc. qui ne sert à rien si ce n’est à mettre les professeurs en plus grande difficulté là où ils ont besoin de soutien (sans toujours l’admettre tant ils désirent avant tou qu’on leur fiche la paix).
    Je préfère Éducation Nationale à « école républicaine ». Pas seulement par goût pour autre chose que la république…

  23. Encore mieux, Rackam : Éducation. Tout court. Et peut-être mieux encore : Instruction.

  24. QuadPater

    Réforme Najat des collèges :

    Lors d’une réunion des cadres de l’académie [de Toulouse], un inspecteur a indiqué que les enseignants seraient classés en trois groupes : les « progressistes, proactifs, convaincus, avocats ou relais » de la réforme, les « attentistes, passifs indifférents, indécis » et, enfin, les « opposants, rebelles, hostiles, irréductibles ». Là où l’application de la réforme s’avère compliquée, des « protocoles de formation » des enseignants vont être mis en place et « ajustés ».

    Dans certaines académies aucun enseignant ne veut former ses collègues…
    Comme les syndicats eux-mêmes dénoncent un formatage idéologique, on peut estimer que c’est grave.

  25. Guenièvre

    @ rackam,
    Education nationale si vous voulez Rackam, si vous voulez. Mais je voudrais dire que l’école que j’ai suivie dans les années 50/60 que l’on appelait l’école républicaine donc , n’a pas du tout , pour moi en tous cas, été une machine à endoctriner. Elle m’a appris le respect de la famille et de la Nation, le baptème de Clovis et la fondation de l’état français, Jeanne et Charles VII à Reims tout autant que la Révolution française. L’Histoire de France, royale, monarchique et républicaine était présentée comme un tout. Et, bien que républicaine, je prends toujours tout. Et aussi la pierre dans mes sabots ou mieux dans mon jardin, cela fait murir les légumes ! 🙂
    On a commencé à faire dans l’idéologie à la fin des années 70 quand on a remplacé « l’éducation civique » par « l’éducation citoyenne ». Pourquoi donc faire un néologisme à partir du substantif citoyen alors que jusqu’ici l’adjectif « civique » faisait l’affaire je vous le demande ? Comme le dit très bien Orwell, quand on invente un mot alors qu’il y en a déjà un pour désigner une chose vous pouvez être sûr que ce mot désignera l’inverse du mot initial.

  26. Guenièvre

    @ Quad je reviens sur votre premier commentaires parce que je me pose des questions sur les pédagogistes et leur action dans l’E.N depuis plus de 20 ans. Quel est le but poursuivi ? Sont-ils réellement persuadés que leurs propositions vont dans le sens d’une plus grande efficacité, que l’enseignement est ainsi plus juste et plus égalitaire alors que les enquêtes donnent le résultat inverse : en ce qui concerne l’acquisition de la langue française par exemple nous savons tous que nos parents ou grands parents avec un certificat d’étude la maîtrisait davantage qu’un élève de troisième aujourd’hui. Car c’est bien le propre des idéologues de nier le réel.
    D’un autre côté quand vous parlez de « coups de boutoir » cela rejoint ceux qui pensent qu’il s’agit d’une action concertée pour produire de bons petits consommateurs décervelés. Alors, action consciente et délibérée ou action désordonnée et aveugle ?

  27. … »Alors, action consciente et délibérée ou action désordonnée et aveugle ? « …
    L’impression que j’en ai, toute subjective, est la suivante.
    Leur action n’est ni désordonnée ni aveugle, elle est parfaitement consciente et délibérée. Mais elle est parfaitement sincère. Elle découle de l’ambition égalitariste, vue comme la priorité absolue. Cette idée les amène à préférer la nullité pour tous à l’inégalité d’un niveau culturel élevé pour certains et faible pour d’autres.
    Et cette priorité a fortement déteint sur la quasi totalité du corps enseignant. Il est une expérience intéressante qu’il m’a été donné de faire souvent : placez deux enseignants de moins de 50 ans en face l’un de l’autre, et laissez-les discuter d’éducation. Ils ne parleront jamais de méthodes d’enseignement ou de programme. Ils parleront de « lutte contre les inégalités ».

  28. Rackam, l’école des hussards permettait aux meilleurs de sortir de leur triste état. Au niveau collectif, la nation s’améliorait. Trop long à développer. Je connais votre opinion et je doute que l’ancien régime ait pu donner leur chance à ceux qui le méritaient.
    Guenièvre, c’est bien une action concertée, mais pas pour produire des consommateurs décervelés. Plutôt des militants gauchistes décervelés, propres à convertir les masses chères aux marxistes impénitents.

  29. QuadPater

    @Guenièvre, l’action obstinée, toujours dans le même sens, des pédagogistes, est celle de gens qui combattent un ennemi dûment identifié. Vous le dites, Impat le rappelle, je renchéris, cet ennemi s’incarne dans « les inégalités ». Le but poursuivi est que chacun ait sa chance.
    Comme l’expression « le mariage pour tous », « lutter contre les inégalités » est une formule sainte. On ne peut pas la critiquer. Quoi ? Depuis 20 ans vous combattez des gens qui luttent contre les inégalités ? Comment pouvez-vous ? C’est comme bombarder un camp MSF ou critiquer Mère Téresa. C’est impensable.
    L’aveuglement idéologique est patent lorsqu’on aborde la différence de niveau entre « avant » et aujourd’hui. Le nez dans le réel (les stats, mais aussi et surtout l’évidence) les idéologues continuent de regarder ailleurs. Ils vous rappellent les inégalités – sociales, sexuelles – de l’école d’avant.
    C’est vraiment cela que vous voulez, Guenièvre ? Que les petites filles, que les fils d’ouvriers et de paysans n’aient plus accès au savoir ?
    Je n’ai jamais assisté à un vrai débat sur ce thème.

  30. mario

    lutter contre les inégalités: quand vous voulez faire courir tout le monde à la même vitesse, vous finissez toujours à l’allure du plus lent.

  31. mario

    il ne peut pas y avoir de débat puisque c’est un dogme.
    Vous pouvez leur prouver noir sur blanc, ils ne vous écouterons pas.
    Si ça ne marche pas , c’est que cela a été mal appliqué (cf le communisme).

  32. Guenièvre

    Vous avez raison tous c’est « la lutte contre les inégalités » qui est le moteur de ces réformes. Je ne suis pas sûre d’ailleurs que cette passion de l’égalité soit spécifique à la gauche, si j’en crois Tocqueville c’est une passion liée à la démocratie.
    « Cette idée les amène à préférer la nullité pour tous à l’inégalité d’un niveau culturel élevé pour certains et faible pour d’autres »
    Mais Impat, c’est là qu’ils se trompent! Les parents des classes favorisées donnent des cours particuliers à leurs enfants et de toute façon le milieu est souvent assez favorable pour qu’ils s’en sortent mieux seuls, ce sont les autres qui trinquent et qui sont nuls. Ainsi les pédagogistes arrivent au résultat inverse de celui auquel ils aspirent !! Et pour rebondir sur le dernier post de Mario, certains en sont tout de même conscients mais quand on leur met sous les yeux ces résultats ils attribuent ces échecs aux restes de l’ancien système : c’est parce que l’on n’a pas encore détruit toutes les vieilles habitudes chez les profs que ça ne marche pas bien !!
    Là encore il me semble que l’on a changé de conception dans les années 70 parce qu’avant l’égalité était étroitement articulée à la liberté et finalisée par elle alors qu’aujourd’hui on la confond avec le « droit à la réussite pour tous » . Pardon de citer un socialiste 😦 Carlo Rossi, socialiste et antifasciste italien, disait qu’il fallait développer l’éducation chez les classes défavorisées parce que: « Le socialisme c’est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres. »

  33. Guenièvre

    @ Kravi,
     » l’école des hussards permettait aux meilleurs de sortir de leur triste état. Au niveau collectif, la nation s’améliorait. » Complètement d’accord avec vous!

  34. Guenièvre,… « Mais Impat, c’est là qu’ils se trompent! Les parents des classes favorisées donnent des cours particuliers à leurs enfants… »
    Et voilà ! Cette habitude, bien réelle, va enfler au fil des ans, et un jour les cours particuliers deviendront plus importants que les cours publics dans ce qui restera de l’EN…et un jour c’est l’école entière qui sera devenue « école particulière » et un jour… Oui, vous me voyez encore venir.
    Cet aboutissement pourrait bien être devenu inéluctable.

  35. rackam

    Guenièvre et kravi, il y a une particularité de « L’Ancien Régime » qu’il serait bon de méditer: l’état ne se mêlait pas de tout. L’éducation était le fait des paroisses ou des congrégations, des parents et des édiles locaux. ils se souciaient des réalités locales et furent les premiers à offrir aux filles des écoles qui leur soient propres (d’ailleurs des écoles tout court).
    Je ne plaide pas pour qu’on y revienne, mais, comme je le lisais il y a quelques minutes dans « Faire « de F. Fillon, (il faut bien que j’indique à impat que j’avance), le poids du national, des commissions, des considérations politiciennes écrase le vrai sujet: comment rendre un enfant, chaque enfant, autonome, curieux, plein de confiance et de désir?
    Le vrai métier de prof, ce ne sont pas les maths, l’anglais ou la dissection des grenouilles, c’est cela. D’ailleurs c’est, pour moi, plus une vocation, un engagement qu’une profession. Comme les médecins, parmi d’autres exemples sans soutanes que je pourrais citer…

  36. Bonsoir rackam, je salue votre progression, continuez de creuser votre Fillon.
    Comme vous le demandez je médite sur « L’Ancien Régime »…pour rappeler que les  » édiles locaux » qui assuraient l’éducation des enfants, garçons et filles, étaient le plus souvent des « exemples avec soutane ». Si les paroisses ont pu envoyer à la Constituante des députés du Tiers-État sachant lire et écrire, c’était grâce au curé du village.

  37. rackam

    Impat! vous voilà plus r… que le r… de service! Vous allez vous faire repérer!

  38. Guenièvre

    Et c’est grâce à Mme de Maintenon que les filles pauvres de la noblesse eurent une éducation saine et laborieuse, selon un mode très innovant pour l’époque.

  39. rackam, qu’importe, sacrebleu ! Je croiserai le fer, et le faire.

  40. Je pense que c’est trop lourd pour l’école de former nos enfants à l’autonomie , la joie et le désir. Qu’elle leurs donne les outils, qu’elle leurs en donne l’usage pour ensuite ,avec l’aide des parents qui me semble primordiaux dans la formation de nos futurs adultes , leur permettre d’être autonome.
    La joie, le désir ,la curiosité et la porte vers l’autonomie seront toujours plus faciles d’accès si nos chérubins savent lire, écrire et compter convenablement. Donner ces clés , c’est leur ouvrir le monde de toutes les possibilités. L’inverse les condamne surtout dans notre monde numérique où la lecture sera indispensable .
    Les véritables inégalités sont ici: ne pas permettre à tout enfant de savoir lire, écrire et compter.

  41. rackam

    Mario, votre position est seulement raisonnable. Il faut être inspiré, un peu fou pour éduquer un enfant aujourd’hui. Et nous avons connu, vous et moi, des profs qui avaient ce grain de folie qui a éveillé des élèves. Le système actuel étouffe cela.

  42. Je vous comprend bien Rackam mais même les génies comme Michel Ange connaissait par cœur les bases du dessin et qu’avant d’être l’einstein que l’on connaît , l’inventeur du principe de la relativité avait dû apprendre ses tables de multiplication .
    Picasso avait dit qu’il avait du tout désapprendre pour de nouveau dessiner comme un enfant. Mais pour désapprendre, il faut d’abord apprendre.
    vous avez raison , j’ai un côté très raisonnable. Mais comme vous j’aimerai qu’on libère les energies de ce pays, qui est complètement sous contraintes, comprimé et j’espère bien que les francais fassent le chemin de l’autonomie,de la joie et du désir de perpétuer le meilleur d’eux même.

  43. mario

    connaissaient oups (entre autres fautes….)

  44. Guenièvre

    Merci loaseaubleu c’est un très beau texte !
    EPI = Enseignements pratiques interdisciplinaires . Ils  » répondent à un choix politique et de société, celui de faire évoluer le collège unique vers plus d’équité, en s’adressant à tous les élèves, en tentant de réduire aussi l’échec scolaire et plus largement de garantir à tous les élèves le socle commun.  » .

  45. Oui, un très beau texte, loaseaubleu. Désespérer à ce point des profs de cette qualité restera une des pires actions du ministère actuel.

  46. QuadPater

    Guenièvre :

    garantir […] le socle commun

    Chacun peut constater sur les gamins en 6e et 5e que si ces objectifs sont atteints, alors ce n’est PAS « lire, écrire, compter ». C’est moins que cela.
    Quel est donc ce socle garanti ?

  47. mario

    c’est marrant je ne les ai pas vu descendre dans la rue….
    la seule fois ou je les ai entendu c’est quand on a voulu les faire commencer fin Août. D’habitude ils sont beaucoup plus prompts à réagir . Serait il atteint de gauchite aiguë ?

  48. Guenièvre

    Vous l’avez là Quad le socle commun de connaissance défini pour la rentrée 2016 :
    http://eduscol.education.fr/cid86943/nouveau-socle-commun-pour-2016.html

    À partir de septembre 2016, le socle commun s’articulera en cinq domaines de formation définissant les connaissances et les compétences qui doivent être acquises à l’issue de la scolarité obligatoire :

    les langages pour penser et communiquer ;
    les méthodes et outils pour apprendre ;
    la formation de la personne et du citoyen ;
    les systèmes naturels et les systèmes techniques ;
    les représentations du monde et l’activité humaine.
    Ce qui est désespérant c’est que chaque réforme nous est présentée comme une révolution ( pour la première fois…) alors que tout cela était déjà en place il y a une dizaine d’années. Ce sont des mots tout cela.

    @ rackam,
     » Et nous avons connu, vous et moi, des profs qui avaient ce grain de folie qui a éveillé des élèves. Le système actuel étouffe cela. »

    Oui et le système actuel prétend pourtant le contraire : lutter contre la prétendue rigidité du système précédent !!

    « Le vrai métier de prof, ce ne sont pas les maths, l’anglais ou la dissection des grenouilles c’est… comment rendre un enfant, chaque enfant, autonome, curieux, plein de confiance et de désir? »

    Comment ? Et si la dissection des grenouilles provoque chez l’enfant une passion pour la biologie qui le rend curieux, plein de confiance et de désir ?

  49. Guenièvre, vous jouez l’ingénue pour lire ce que vous aimeriez lire: la dissection de la grenouille prend son ampleur lorsque le (la) prof la rend, si j’ose dire, vivante. Et que ce même enseignant tisse des analogies, instille des questions, revient en arrière, bondit en avant, montre qu’il est passionné non de sa science mais du désir d’en faire d’autres mordus. Alors la grenouille, tombée au champ d’honneur, mérite, mieux que ses congénères qui n’auront qu’ail et persil, une médaille, notre reconnaissance, … la tombe du batracien inconnu.

  50. Lisa

    Education nationale, Instruction publique serait préférable.
    Rackam, vous avez été à l’école dès les années 50 ? l’air breton conserve.

  51. rackam

    Une question Lisa? Dès les années soixante: les swinging sixties… Et c’était à Paris. Ouest….

  52. Guenièvre

    @ rackam,
    Cela va mieux en le disant. Seulement les sciences de l’éducation ont cru que, parce qu’il y avait par exemple des professeurs de grammaire rigides, passionnés seulement de leur science, ça irait mieux si on supprimait ( ou allégeait) la grammaire.

  53. … » les sciences de l’éducation « …
    Naïf comme je suis, je me demande, avec une grande curiosité mâtinée d’inquiétude, combien ces « sciences de l’éducation » occupent de fonctionnaires à l’Éducation Nationale.

  54. Guenièvre

    Je ne sais pas vous répondre précisément Impat mais, depuis 2 ans, ce sont eux qui trustent le Conseil supérieur des programmes.
    http://blog.causeur.fr/bonnetdane/mots-cles/jean-michel-zakhartchouk

  55. Guenièvre, du lien que vous citez plus haut je sors un petit extrait qui résume assez bien l’article de Briguelli :
    « à quoi joue la Gauche avec l’école ? Elle joue au con, mes bons amis. »
    Mais c’est juste pour le sourire de la soirée. 🙂

  56. Bonsoir à tous,
    Merci Guenièvre pour cet article qui montre bien à quel point les idéologues embrigadent nos enfants.

  57. Guenièvre

    Bonjour Patrick !
    Même dans les cours traditionnels il y a toujours eu des profs qui faisaient de l’idéologie. Mais dans le cadre d’une leçon cela peut-être très vite être contrebalancé par ce que dira un autre prof. Dans le cadre des IDD c’est beaucoup plus sournois : les élèves sont invités à exécuter un projet sur la durée et ce projet en l’occurrence est plein de bonnes intentions. Qui peut s’élever contre le fait de faire un geste pour la Paix ? Des enfants de 12 ans se lanceront là-dedans en toute innocence.

  58. mario

    oh combien vous avez raison Guenièvre , j’ai une fille de 11 ans et quand j’entends son discours , je fais des bonds. Et tout cela part de bonnes intentions.

  59. Merci l’oiseau (Labous glas), a contrario, les trois petits cochons, serrés les uns contre les autres dans la maison de brique (HLM de la ville de Paris), sont très tendance, d’autant que plus d’un a déjà vu le loup….

  60. mario

    j’aime beaucoup les 3 petits cochons à la mode gay avec leur queue en tire bouchon.
    Quant au petit chaperon rouge , je la verrai bien en conchita wurtz, j’adore le progrès.

  61. Salam aleykkeum dit le Grand Méchant Loup en pénétrant dans la dernière cabane. Hourra s’écria Naf-Naf nous sommes sauvés !

  62. Ill leur apporte des loukoums ?

  63. Mais non, Patrick, en Alsace on dit « ill »…

  64. Le cochon n’est pas Hallal

  65. @ Rackam,
    Oui, il y a même l’Ill aux trésors.

  66. Guenièvre

    Bonjour à tous !
    La déconstruction des stéréotypes dans les contes me semblent du grand n’importe quoi .

    Le conte est une forme d’expression universelle qui a traversé l’espace et le temps, au-delà des cultures. Avant d’être recueilli par écrit il était transmis oralement. Il permet au petit humain de se structurer et d’intégrer son groupe. On ne déconstruit pas avant d’avoir construit.

  67. QuadPater

    Croisons les mots. Simple à Illkirch-Graffenstaden, belle en mer et vilaine à Rennes, en 3 lettres…

  68. Guenièvre! Mamermimolette!
    « La déconstruction… me SEMBLE »…
    Vous me semblez toute déconstruite (de Schubert)… 🙂

  69. Lisa

    « oll » pas compris, c’est quoi ?

  70. Lisa

    « ill » bien sûr

  71. @ Lisa,
    J’avais écrit par erreur « ILL » au lieu de « il » (8 octobre 2015 à 19:25, je mets « ILL » en majuscule, c’est plus lisible). Ce à quoi Rackam fait allusion à l’ILL, affluent du Rhin en Alsace (8 octobre 2015 à 19:32).
    J’ajoute qu’il existe l’ILL aux trésors (groupe de prière, je précise).
    Et QuadPater évoque la ville d’Illkirch-Graffenstaden, banlieue sud de Strasbourg (Illkirch signifie église de l’Ill), mais aussi Belle-Ile et l’Ille et Vilaine.

  72. Mais ceci ne doit pas nous laisser dans l’ILLusion que l’ILLettrisme va diminuer, surtout que nos gouvernants s’ILLustrent par leur obstination comme des ILLuminés de leur idéologie.

  73. QuadPater

    Bravo Patrick !

  74. Guenièvre

    rackam, déconstruite je ne sais pas mais déconfite c’est sûr ! 🙂

  75. Lisa

    Patrick, merci, on se cultive sur Antidoxe….

  76. Souris donc

    Guenièvre,
    La déconstruction des stéréotypes dans les contes me semble du grand n’importe quoi
    ????

    L’adulte en émergence doit être acteur de sa formation et s’il n’a pas les pré-requis cognitifs, surtout s’il est issu d’une famille fragilisée en situation de précarité économique et sociale, il risque d’appréhender le conte en dessous de son potentiel et de s’en tenir à la littéralité stéréotypique.

    Traduction :
    Un élève est un peu bête venant d’une famille pauvre risque de ne rien comprendre au conte dont on a déconstruit les stéréotypes.

  77. Guenièvre

    Souris je répondais au lien de Loaseaubleu. Il s’agit d’une pratique que l’on propose aux enfants de maternelle et de CP dans le cadre des APS. !

  78. Souris donc

    J’avais bien compris, Guenièvre, je voulais juste m’amuser à jargonner un peu en m’emparant de votre plus récent post.

  79. Mais pourquoi diable la mode est-elle venue de « déconstruire » en lieu et place de « détruire ». C’est de la timidité de la part des destructeurs ?

  80. Guenièvre

    C’est assez récent Impat c’est Derrida qui a utilisé ce mot pour la première fois. Je n’aime pas le jargon mais je trouve qu’ici la création du mot se justifie. Déconstruire c’est faire apparaître la structure, enlever pierre après pierre …

    « Le terme de déconstruction apparaît chez Jacques Derrida pour la première fois dans De la grammatologie sans traduire explicitement des termes heideggeriens. Derrida expliqua qu’il souhaitait « entre autres choses » proposer une traduction pour les termes allemands de Destruktion et Abbau, que Heidegger emploie dans Être et Temps ; Derrida estime cette traduction plus pertinente que la traduction classique par destruction, dans la mesure où il ne s’agit pas tant, dans la déconstruction de la métaphysique, de la réduire au néant, que de montrer comment elle s’est bâtie. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9construction

  81. Impat se méfie des mots qui commencent par « décons »…

  82. Souris donc

    Constructivisme et déconstructivisme sont des concepts venus de l’architecture soviétique, puis repris par les philosophes Heidegger et Derrida (Skarda, help !). Ensuite c’est devenu une terme à la mode, en effet, pour dire destruction et table rase.

  83. Guenièvre

    Je trouve que les deux mots n’ont pas exactement la même signification souris : disons que le résultat est le même à la fin mais que la démarche est différente.

  84. Souris donc

    Sans doute. Se méfier de la démarche décons, comme dit Rackam qui pousse le bouffon un peu loin.

  85. Le terme « déconstruire » s’emploie aussi dans le domaine technique, par exemple « déconstruire des jarretières » dans les répartiteurs de centraux téléphoniques.

  86. QuadPater

    Il y a démonter, détruire, démolir ; qu’apporte déconstruire ?
    (j’ai un vague souvenir d’un échange à ce propos 😉 )

  87. Souris donc

    C’est une traduction littérale de abbauen, Quad.
    Bauen = construire. Le préfixe ab- correspond au préfixe dé-
    Alors que abbauen est immédiatement compréhensible, et courant, du fait de la grande souplesse linguistique donnée par une bonne dizaine de préfixes sans équivalent en français, « déconstruire » sent son néologisme emprunté.
    Je peux abbauen ma cabane de jardin, mais je ne la déconstruis pas : je la démonte.
    Déconstruire est de la cuistrerie, une lourdeur qui signifie : l’ai-je bien descendu, mon Heidegger ?

  88. rackam

    Abbauen dites donc!

  89. Les Anglais sont plus méchants. Construire, c’est built. Déconstruire, c’est débile.

  90. Guenièvre

    @ Quad, « Y’a démonter, détruire, démolir ; qu’apporte déconstruire »

    Pourquoi fragile alors que nous avons frêle ? Pourquoi mastiquer alors que nous avons mâcher ? Pourquoi rigide alors que nous avons raide ? Pourquoi peut-on être surpris ou étonné ?
    La langue française s’est enrichie au cours du temps notamment au XVe. Les synonymes sont une partie de cette richesse. On peut remplacer un mot par un autre mais il y a la plupart du temps des contextes où l’on ne peut pas faire ce remplacement.
    Déconstruire un concept par exemple, ce n’est pas forcément le détruire. C’est montrer par quelle succession d’héritages il est parvenu jusqu’à nous.
    Quant à Heidegger, souris, je ne le connais pas. J’ai fait des études de Lettres pas de philosophie. Et je pense avoir dit déjà combien je détestais la novlangue des idéologues, j’ai même fait un texte là-dessus. Alors la cuistrerie hein… je croyais qu’on était au-dessus de ce genre d’attaque ici !

  91. Souris donc

    Mais Guenièvre, grands dieux, ne vous sentez surtout pas visée. Le cuistrerie est celle des philosophes français qui jargonnent dans une traduction approximative.
    On a déjà ferraillé avec Skarda à ce sujet à propos de Nietzsche.

  92. « Vous souffrez d’une altération majeure des fonctions cognitives supérieures » signifie « Vous êtes complètement c.. ! »

  93. Guenièvre

    Pas de problème souris, 🙂 ! je suis un peu nerveuse en ce moment…

  94. Bah oui, Guenièvre, la perspective des régionales perdues, la récolte de girolles en berne, votre Volkswagen qui tchernobyle la planète, la chienne qui a de ces réchauffements climatiques à faire péter la clim, et les impôts locaux qui assèchent le CCP!
    Je suis solidaire, Guenièvre, je le suis…
    La vie nous déconstruit mais elle ne nous détruira pas…

  95. Vous pouvez ajouter pire que tout cela, rackam : la chute des dernières roses !

  96. Guenièvre

    Merci rackam ! encore que la déculottée aux régionales ne me rend pas triste!

    @ Impat,
    Très juste Impat et vous savez qu’un jour un professeur de français fut très étonné de m’entendre dire que tout était « défleuri » dans mon jardin : il paraît que cela ne se dit plus ! Pourtant c’est d’emploi très courant dans ma campagne et c’était utilisé déjà au M.A. Certains mots tombent en désuétude puis reviennent au goût du jour.

    C’est d’ailleurs le cas de déconstruire utilisé déjà au 18e et 19e 🙂 🙂 ! Avant de revenir « à la mode » au 20e …

    http://www.cnrtl.fr/lexicographie/d%C3%A9construire

  97. Défleuri ? On ne dit pas défloré, ou peut-être défloraisonné ?

    🙂

  98. « Défloré » pourrait convenir à certains, si elles sont 72.

  99. Allons, impat, ne cédez pas aux grossières tentations de Patrick…

  100. … »ne cédez pas aux grossières tentations « …
    et délivrez-nous du mal ?

  101. rackam

    En gros, oui…

  102. L’abbé Rackam veille ! Mais honni soit qui mal y pense.

  103. La réforme de madame la ministre n’en est pas une, c’est juste une politique budgétaire de l’éducation. Réduire les dépenses publiques serait honorable si cela n’était pas fait en dépit du bon sens : on aurait pu commencer par exemple par supprimer toutes les décharges accordées à des profs qui pour les syndicats qui pour les formations, ces décharges demeurent, elles coutent cher.

    Cela commence en 2006 sous l’impulsion d’un inspecteur général de droite…

    Ne serait-ce que concernant le Gender, ça a commencé en 2009 sous Chatel, je fus comme d’autres convié à un stage sur la théorie du Genre à l’époque.

  104. Amaury Watremer, ces formations et stages ont-ils lieu, au moins, pendant les vacances scolaires ?

  105. Jamais…
    Ces stages et formations sont toujours sur le temps de travail. Elles sont assurées par des personnels vivant de ces décharges. Se séparer de tous ces gens ne faisant jamais cours devant les élèves permettrait de libérer des crédits pour ceux enseignant vraiment.

    Il y a aussi un gros problème qui est que le métier de prof est devenu un métier « d’appoint » pour des épouses d’ingénieurs, ou de maris ayant des bons salaires, considérant cela comme une activité subsidiaire et ne s’impliquant pas dans le boulot.

  106. grandgil

    Ces stages ne sont pas obligatoires mais « fortement conseillés », y compris celui subi sur le Gender

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