C’est la Fin du Monde. . . enfin presque.

fin3
C’est la Fin du Monde. . . enfin presque.
Les alarmistes annoncent l’apocalypse, mais prônent des accords internationaux vides de sens. (City Journal, 15 octobre 2015)

Les derniers préparatifs sont en cours pour la conférence COP21 à Paris, la plus importante négociation internationale depuis l’échec de Copenhague en 2009 sur le changement climatique. Cette fois, le succès est garanti : les négociateurs ont établi à l’avance un processus aboutissant à un accord, même si ce dernier est vide de sens. Plutôt que de définir des restrictions fermes sur les émissions de gaz à effet de serre, chaque nation est invitée à présenter sa propre « contribution » en vue de cet objectif. La compilation de toutes ces contributions, bien que ne représentant aucune importante réduction d’émissions et n‘étant pas contraignantes, constituera « l’accord ».

L’idée, selon un texte préliminaire, est d «enclencher une spirale ascendante dambition mondiale». Mais comme le dit un commentaire dans la Revue Nature : « L’histoire et l‘expérience de la coopération prédisent le contraire. De fait, la Chine et l’Inde ont proposé des contributions plus faibles que leurs politiques actuelles, et certains des plus grands pays en développement ont simplement refusé de faire une proposition. Le plus récent projet de traité, pour l’instant, se lit comme un mauvais texte de rap, avec des crochets montrant les domaines où un accord reste en suspens: «Chaque Partie [doit] [devrait] [autre] indiquer régulièrement l’atténuation au niveau national qu’il [vise] [s’engage ] [autre] à obtenir« .

Cette méthode burlesque fait ressortir l’écart irréconciliable entre les excès rhétoriques et les réalités pratiques du débat sur le changement climatique. À la question « Comment sauver le monde » la réponse ne peut consister à compiler les engagements non contraignants de Paris pour ne rien faire. Et pourtant, à entendre les militants du climat, c’est bien la survie du monde qui est en jeu.

Le problème ici n’est pas le large consensus scientifique sur l’existence du changement climatique, c’est celui de la gravité de la menace. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques) a établi une fourchette de réchauffement prévu, devenu trois fois plus faible entre 2007 et 2014.. Même avec une augmentation de température supposée connue, les effets concrets resteraient difficiles à prévoir. L’administration Obama a estimé qu’un réchauffement de 3°C réduirait le PIB mondial de 0 à 2,5 % en 2100 . Coûteux mais pas vraiment apocalyptique. Et les modèles sont réalisés avec des hypothèses sont invérifiables. Tant les moyennes que les éventualités les plus probables en disent peu sur les possibles scénarios du pire.

Or c‘est à ces derniers que toute une gamme d’éminents scientifiques, activistes et politiciens, semble s’intéresser le plus. Le magazine Esquire en a fait le sujet choc de l’été : « Quand la fin de la civilisation humaine est votre travail », » avec des histoires de scientifiques du climat souffrant de « stress pré-traumatique » et luttant pour contrôler leur émotion en prévision de l’effondrement de la civilisation. « Aucun défi- aucun défi ne représente une plus grande menace pour les générations futures« , a déclaré le président Obama dans son discours sur l’État de l’Union de 2015. Le maire de New York Bill de Blasio n’est pas en reste quand il dit, en audience au Vatican, que nos habitudes de consommation vont « accélérer la destruction de la terre ». Les climatologues Michael Mann et Daniel Kammen ont comparé l‘impact du réchauffement à la Seconde Guerre mondiale, et le professeur Timothy Snyder, de Yale, a appliqué la loi de Godwin dans le New York Times en rapprochant le changement climatique de l’Holocauste, assimilant les « négationnistes«  du climat à Hitler. Quant à James Hanson, le parrain de la climatologie, il s’est rendu célèbre en déclarant : « Les trains transportant du charbon aux centrales électriques sont des trains de la mort. Les centrales au charbon sont des usines de la mort « .

On ne peut pas assimiler les émissions de dioxyde de carbone à l’Holocauste et en même temps accepter le type de négociations actuelles comme réponse appropriée. La politique des activistes du climat a toujours consisté en réduction agressive des émissions dans le monde développé, couplée à un espoir d’accord international ultérieur. Mais le monde en développement représente les quatre cinquièmes des émissions de dioxyde de carbone. Si vous ôtez la perspective d’un accord sérieux (et contraignant) prenant en compte cette réalité, cette politique n’a pas de sens.

Si la civilisation est menacée, alors le monde en développement doit être contraint d’une façon ou une autre à des réductions d’émissions. Par exemple, si les centrales au charbon sont de véritables « usines de la mort, » une coalition des volontaires ne devrait-elle pas détruire toute centrale que tel ou tel pays oserait construire ? L’archevêque Desmond Tutu a assimilé l’utilisation de combustibles fossiles au «système immoral » de l’apartheid. En ce cas ne devrait-on pas, au moins, envisager un embargo ?

De telles idées ne sont pas sérieuses ? C’est vrai, et cela souligne bien le manque de sérieux du débat. Certains éminents économistes ont proposé d’imposer une taxe mondiale sur le carbone, en augmentant les droits de douane sur toute nation qui ne s‘y conformerait pas. Mais même cette solution relativement douce s’est montrée à ce jour inacceptable. Le sénateur Bernie Sanders a bien déclaré: « Nous devons être extrêmement agressif avec la Chine, l’Inde et la Russie. » Comme d’habitude, il est difficile de savoir ce qu’il voulait dire, ou de savoir s’il parlait sérieusement. On devrait le lui demander...

Lors de son récent voyage en Alaska; le président Obama a déclaré : « Cette année, à Paris, doit être l’année où le monde aura finalement abouti à un accord pour protéger notre unique planète pendant qu’il en est encore temps ». Ces paroles ont peut-être réchauffé le cœur de certains ours polaires locaux (mais pas leurs icebergs, espérons-le.) et ce fut certainement efficace pour lever des fonds par courriel. Toutefois qu’on se rassure, le Président soutient sans doute la conférence de Paris mais il ne doit pas vraiment s’inquiéter d’un danger imminent pour la planète.

Oren Cass est « Fellow at Manhattan Institute«  et auteur du nouveau rapport, « Une voie sans issue: la futilité et la comédie des négociations climatiques mondiales. »

Traduction et adaptation pour Antidoxe : Impat

13 Commentaires

  1. Brave Luppulus ! « La fin des temps arrive ! »
    Peut-être, sans doute même. Mais elle est plus à redouter du côté d’un embrasement mondial entre islam et monde occidental qu’à cause du réchauffement climatique.
    Et puis l’homme qui veut sauver la planète ! Superman ? Non, imposteur voulant se mettre à la place de Dieu pour prétendre pouvoir réaliser un objectif pareil ! Des réchauffements et des glaciations, il y en a toujours eu. C’est ainsi !
    En attendant, il ferait mieux d’appliquer la loi pour tous, et mettre fin aux zones de non-droit qui ne cessent d’augmenter, notamment en France.
    L’échauffement de certaines banlieues, voire certaines villes me paraît bien plus préoccupant que le réchauffement du climat ! Et puis, si le climat se réchauffe, on dépensera moins d’énergie pour se chauffer, donc on polluera moins et on gaspillera moins nos ressources énergétiques. A quelque chose malheur est bon !

  2. Cette COP21 ne serait donc pas vraiment l’événement de l’année. Qui l’eut cru ?

  3. Oyez, oyez ! Une nouvelle pathologie est née, le stress prétraumatique ! Il fallait oser.
    On ne sait si c’est une découverte du sapeur Camembert, de Nostradamus ou de Paco Rabane, mais elle touche les mages apocalyptiques. Puisqu’ils prévoient l’avenir, ne sauraient-ils s’en prémunir ?

  4. Bonjour kravi, difficile en effet de lire « le stress pré-traumatique » sans rire. Rire dont j’espère qu’il nous préservera d’un stress pré-stress…

  5. Je lis les déclarations récentes du chef de service météo de France 2 (ou France 3 ?). Il semble sur la même longueur d’onde que cet article…
    Il risque médiatiquement gros.

  6. Oui Impat. Mais lui se fait virer pour manque au devoir de réserve !
    La socialie punit ceux qui osent la contredire.

  7. Bon. Et sur Antidoxe, serait-on convaincu de l’existence d’une catastrophe climatique, et de son caractère anthropique ?

  8. Commentaire intéressant sur le sujet par le Professeur Raoult hier dans Le Point :
    Il faut déjà redonner confiance ! Les Français croient de moins en moins en
    l’urgence écologique : moins de 20 % en sont convaincus, selon un sondage du 1er
    juin. Un article paru en mai dans Science tente d’analyser le peu de confiance
    qu’ont les citoyens américains dans les prédictions climatiques. Il pose d’autant
    mieux les bonnes questions que son auteur est un chercheur du domaine qui croit
    en un réchauffement récent.
    Todd Pittinsky explique que l’adhésion ne saurait reposer que sur la confiance
    envers les scientifiques qui réalisent les analyses, parce que nous ne pouvons
    constater par nous-mêmes la différence de température (+ 0,8 % sur cinquante
    ans). Les photos d’ours sur des morceaux de banquise dégradée étaient une
    mascarade, même les clichés satellitaires ne montrent pas, à l’échelle mondiale, de
    diminution de la surface glacée. Elle a diminué de 1,5 million de kilomètres carrés
    en moyenne en Arctique (/tags/arctique), mais augmenté de 2 millions de
    kilomètres carrés en Antarctique (/tags/antarctique). Seules les mesures sur place
    révèlent une baisse de volume, c’est pourquoi nous devons croire les scientifiques
    qui les pratiquent in situ.
    Pour être crédible, la science doit retrouver sa véritable nature et se distinguer de
    l’usage politique qui en est fait. Al Gore (/tags/al-gore), candidat démocrate
    malheureux à la présidence des États-Unis, a reçu le prix Nobel de la paix pour son
    action dans ce domaine. Un film a été tiré de cette aventure, Une vérité qui dérange.
    Malheureusement, le plus dérangeant tient à sa prédiction, reprise dans son
    discours de réception du prix Nobel, selon laquelle il n’y aurait plus de glace en
    Arctique en 2013… De même, le fait que Barack Obama n’ait jamais évoqué la
    pause d’au moins dix ans dans le réchauffement climatique, que personne ne
    conteste plus, a aussi accru la défiance du grand public.
    Pour redonner confiance dans les études scientifiques, Todd Pittinsky propose de
    mettre plus systématiquement les données brutes à la disposition de tous. D’être
    plus clair dans les méthodes de diffusion des résultats : on se souvient de l’effet
    désastreux du Climategate, la fuite d’e-mails provenant d’un institut anglais de
    recherche en climatologie qui visaient à empêcher toute contradiction, affaire qui a
    laissé des traces durables dans le monde scientifique.
    L’auteur insiste aussi sur la nécessité de se montrer plus respectueux envers les
    contradicteurs en ne les traitant pas, comme c’est souvent le cas, d’imbéciles,
    d’hypocrites ou de vendus. Et enfin, Pittinsky souligne l’obligation de rester humble,
    en particulier en ce qui concerne les prédictions de phénomènes complexes et
    multifactoriels. La liste est déjà longue de prévisions dans ces domaines qui ne se
    sont jamais réalisées, comme celle, dans les années 70, d’un refroidissement
    rapide de la planète dû aux aérosols ! Il est vraisemblable que la gestion du
    changement climatique par les scientifiques, la presse et les politiques va devenir
    un sujet majeur d’étude en histoire des sciences.

  9. Anonyme

    Un nouveau Climagate se profile, Hollande fait foirer tout ce dont il se mêle.
    On nous abreuve de l’ours blanc dérivant sur son coin de banquise, sans jamais nous dire que si l’Arctique connait une relative fonte des glaces dont rien ne dit qu’elle soit durable, l’Antarctique, au contraire voit ses icebergs et sa banquise se renforcer. C’est comme le petit Aylan, destiné à nous attendrir, afin que nous soyons de plus en plus benêts. Ils n’arrivent pas à juguler le flot migratoire ? Suffit de culpabiliser, d’attendrir, de rendre neuneu, et on rend « nos réfugiés » désirables.
    Les pseudos-scientifiques veulent pouvoir aller de congrès en congrès, bien payés, bien nourris, se foutant de polluer en avion, la Cop21, un bizz politisé, une arnaque planétaire. Quitte à falsifier mails et données.

  10. QuadPater

    Qui est Anonyme cette fois ?
    Comment devient on anonyme sur Antidoxe ? Y’a une formation ?

  11. Anonyme

    Nous sommes Légion, Quad, comme vous savez.
    Impat devrait ajouter le dessin humoristique du Point.
    On voit un sdf bien de chez nous qui a updaté son accroche publicitaire.
    Sur son carton : « Pour NOS réfugiés ». Et les pièces pleuvent, que dis-je, les pièces. Ce sont les billets qui pleuvent. On voit un couple de bobos irradiant de bonne conscience après avoir déposé l’obole dans la sébile.

  12. Quad, il semble que pour cet (cette ?) anonyme nous ne soyons pas anonymes.

  13. Le réchauffement en faisant fondre les glaciers d’Alaska met à jour de nombreux gisements de pétrole qui jusque là n’étaient pas accessibles. Ne serait-ce qu’Obama s’en fout donc du réchauffement a priori

    Et il est déjà trop tard pour l’enrayer, le but de la COP21 étant surtout de prévoir les aménagements à amener pour s’y adapter.

    Les bons apôtres du libéralisme, tout aussi obtus pour moi que ceux du marxisme ne veulent surtout pas entendre parler de mesures pourtant de bon sens qui seraient nécessaires…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :