Les traboules du temps.

MA1

Bonjour Antidoxe, je ne viens pas vous proposer un article mais plutôt vous donner du travail, à vous l’équipe d’Antidoxe.
Depuis Israël, je vous suis avec grand intérêt et j’apprécie vos articles.
Or, je constate une grande désolation et une grande amertume, non sans raison, sur ce qu’on pourrait appeler la déliquescence culturelle et morale des élites auto-proclamées en France.
Vous avez fait le diagnostic, vous en connaissez les symptômes et les causes.
Mais ne serait-il pas temps de penser au traitement ?
Chez nous, qui avons l’habitude des catastrophes, nous nous retrouvons toujours dans l’éducation. Ce fut le cas lors de l’exil à Babylone, où nous dûmes survivre en tant que société sans notre centre administratif et religieux (Jérusalem et le Temple) et où fut mis en place ce qu’on pourrait appeler le judaïsme moderne, ce fut le cas après la destruction du second Temple, où la pensée juive connut sa deuxième grande révolution, puis dans l’aire géographique musulmane, chrétienne etc.. Et pour citer un exemple moins connu, ce fut en 1947 la création de l’école d’Orsay qui permit aux Juifs de France de se retrouver non pas seulement en tant qu’individus survivants mais porteurs d’une culture qu’ils tenaient à transmettre. Ces exemples ne vous parlent peut être pas beaucoup mais c’est à ces sursauts culturels que nous devons notre survie.
C’est à un sursaut culturel que la société française devra aussi sa survie. Or comment faire lorsque les intellectuels officiels font tout pour la détruire ? En redonnant aux enfants l’histoire de France qu’on leur a dérobée, en la leur racontant, en leur faisant lire des histoires. Si l’éducation formelle a failli, alors que vive l’éducation informelle dans les familles, les bibliothèques et peut-être plus tard dans certaines écoles!
Aussi, voici le travail que je vous propose : les écrire, ces histoires!
Ici, en Israël, une des collections les plus aimées des enfants de l’âge du primaire s’appelle « le tunnel du temps ». Le scénario est très simple : deux enfants de Jérusalem, un garçon et une fille, se retrouvent régulièrement dans une petite grotte qu’ils ont aménagée en repaire secret. Un jour, une des parois de la grotte s’effrite et fait place à un tunnel magique qui les emmène vivre des aventures dans le passé. Ce qui permet à l’auteur de raconter l’histoire d’Israël en 88 pages d’une quinzaine de lignes chacune, plus les illustrations.
J’ai repris son idée et l’ai transposée en France (voir la petite histoire ci-dessous) en débutant par l’époque romaine (les enfants doivent absolument apprendre la chronologie des événements) et les persécutions des premiers chrétiens. Ce n’est qu’une ébauche, ni développée, ni travaillée, une simple proposition de travail pour vos auteurs.
Je ne vis plus en France et je ne suis plus concernée par ce qui s’y passe. Il ne me reste qu’un sentiment de tristesse devant ce gâchis culturel et moral, aussi je me contente de vous transmettre cette idée. J’espère qu’elle vous intéressera.

J’ai une drôle d’histoire à vous raconter. Une histoire difficile à croire… Mais je vais d’abord me présenter : je m’appelle Sophie, j’ai dix ans et de nombreux copains dans ma classe. Mon préféré c’est Antoine, le fils des voisins. Je suis une assez bonne élève sans plus, j’aime les jeux vidéo, le cinéma, mes ours en peluche. Je ne pense pas être la seule dans ce cas. J’habite avec mes parents et mon frère aîné, Arthur, dans un appartement de la Croix-Rousse, un vieux quartier de Lyon. La Croix Rousse se trouve sur un plateau et domine la ville. C’est aussi un quartier traversé par de nombreuses traboules. Ah c’est sûr, vous ne savez pas ce que sont les traboules. Ce sont des passages qui permettent d’aller d’un immeuble à l’autre sans sortir dans la rue. Comme ça, on peut faire des kilomètres et descendre jusqu’au centre-ville sans être à découvert. On nous a raconté à l’école que pendant la deuxième guerre mondiale, les résistants les utilisaient pour se cacher des soldats allemands…Moi j’aime bien les traboules, je les trouve mystérieuses…

Bref, l’autre soir, je jouais à l’ordinateur quand ma mère est entrée dans ma chambre et m’a envoyée chercher une baguette de pain à la boulangerie.
-Dépêche-toi, il est tard… Et ne passe pas par les traboules, je te l’ai déjà dit

Mon frère avait levé un œil ironique sur moi sans bouger. Sous prétexte qu’il passe le bac cette année, c’est toujours moi que me charge des corvées !

Et bien puisque c’est ça, je passerai par les traboules. Mais pas toute seule ! Je sonnais deux coups sans m’arrêter à la porte des voisins, c’est mon signal pour appeler Antoine. Il descendit en courant sans poser de questions. Arrivés dans la cour intérieure de l’immeuble, nous décidâmes sans même en parler de tourner à droite vers les caves et non pas à gauche vers la rue. Après tout ça irait plus vite comme ça… Soudain, je heurtais une pierre en saillie sur un des murs. Une pierre en saillie ? Je la touchais et brusquement me sentis emportée dans un tourbillon d’images.

J’avais froid, ma tête me faisait mal. J’avais dû avoir un accident
-Sophie ? Antoine me secouait. Que s’est-il passé ? Ou sommes-nous ?

Je regardais autour de moi sans comprendre. Nous nous trouvions dans une sorte de grange

-Nous avons dû tomber. Ma voix résonnait curieusement. Heureusement qu’il y avait de la paille par terre. Mais qui es-tu ? C’est toi Antoine ? Tu es déguisé! 

– Regarde-toi Sophie! Tu portes un drap de lit.

Où était mon jean ?

Nous sortîmes tous les deux de la grange pour essayer de comprendre ce qui nous était arrivé. Dehors, tout le monde portait des draps de lit en guise de vêtements. Pas un seul jean, pas de basket mais des sandales. La rue était encombrée de charrettes, pas une seule voiture et les immeubles étaient assez bas et pas toujours très droits. Et quel bruit, quelle puanteur, il y avait du fumier qui s’écoulait d’une des charrettes et personne n’y faisait attention

-Et alors les enfants que faites-vous dans ce quartier ? Avez-vous perdu vos esclaves et votre litière ? Ne savez-vous pas qu’il est très dangereux de se promener tous seuls dans les rues. Quelle est votre nom ?

Un homme nous parlait. Sa voix résonnait à mes oreilles sans que j’y fasse vraiment attention, tout ce que je savais c’est que j’avais froid…

-Je m’appelle Sophie dis-je machinalement

-Sophie, Sophia ? C’est un nom grec…Ah tu es sans doute la fille du médecin grec qui s’est installé dans le quartier. J’en ai entendu parler, c’est un homme riche !

– Moi c’est … Antonius, déclara alors mon copain en me prenant la main. Nous ne sommes pas perdus, nous rentrons chez nous.

C’est vrai que l’homme avait une sale tête. Nous nous mimes à courir en regardant pas dessus notre épaule. Ouf ! Il ne nous avait pas suivi !

-Tu sais Sophie, je ne sais pas où on est mais je pense qu’on se trouve à l’époque romaine

-Je le pense aussi. Ça ressemble aux images de notre livre d’histoire

Nous nous assîmes dans un endroit isolé sur un banc de pierre pour réfléchir.

-Que sais- tu de l’époque romaine?

-Pas grand-chose sans mon ordi mais écoutons ce que disent les gens…

Une foule s’était rassemblée au coin de la rue et parlait très fort. Nous entendions que l’empereur voulait faire exécuter des traîtres dans les arènes…Des traîtres qui avaient adopté une nouvelle religion et ne voulaient plus offrir de sacrifices aux dieux…Le nom d’un nommé Pothinius revenait sans cesse. Il était en prison et Marcus-Aurelus…

-Marcus-Aurelus, ça y est ! Heureusement que j’avais vu ce film à la télé sur les premiers chrétiens. Marcus-Aurelus, c’est Marc-Aurèle qui va faire exécuter des chrétiens dans l’arène dis-je a Antoine. Et Pothinius, c’est l’évêque Pothin, comme la rue Saint-Pothin ! Il a été arrêté en même temps que Sainte Blandine et ils vont mourir pour rébellion à l’Empire.

-Et à quoi ça peut nous servir? Murmura Antoine
Ça ne nous servait pas à grand-chose, juste à savoir que nous étions toujours à Lyon mais repartis presque 2000 ans en arrière et que nous ne savions pas comment rentrer à la maison
Soudain, Antoine vit une vieille femme lourdement chargée. Il se dirigea vers elle et lui prit d’autorité quelques paquets. Antoine est toujours comme ça, il faut qu’il aide les gens même quand ils ne lui demandent rien.

La vieille femme avait l’air stupéfait

-Ça, tu es un bon garçon, mais ne t’inquiète pas pour moi, mon maître ne me donne jamais de travail trop dur. Et il ne faudrait pas qu’il s’aperçoive que je me fais aider, il penserait alors que je ne suis plus qu’une bonne a rien.
-Tu es une esclave ? Demandais-je avec hésitation
-Bien sûr, et dans une bonne maison ! Mais d’où sortez-vous les enfants, bien habillés comme vous l’êtes et toi avec une bulle* autour du cou, ajouta-t-elle en regardant Antoine, que faites-vous dehors. Où sont vos esclaves ?
Comme nous ne voulions pas qu’elle s’intéresse trop à nous, je la questionnais sur ce que nous avions entendu tout en cheminant avec elle.
-Ah la décision de l’empereur ! Et bien, moi je trouve qu’il a bien raison ! Ne pas vouloir offrir de sacrifices aux dieux pour sa victoire en Germanie, quelle honte ! Ce sont des traîtres ces chrétiens !
Soudain, elle porta la main à sa bouche de saisissement. Elle regardait mon cou…Je portais ma main à ma chaîne et au petit poisson en argent que m’avait offert ma tante pour mon anniversaire. Le poisson c’est mon signe, je suis née au début du mois de mars…
-Vous en faites partie ? Oui, oui, je comprends maintenant pourquoi vous m’avez aidée ! Les chrétiens sont contre l’esclavage, ils disent que personne ne doit être esclave…Écoutez, je ne dirais rien car vous êtes de bons enfants naïfs mais filez d’ici ! Je ne veux pas qu’on me voit en votre compagnie ! Filez, vous dis-je, ils cherchent les chrétiens dans la ville, ils ont emmené des gens en vue et même ce nouveau médecin grec. Ils arrêtent tous ceux qui ont des bijoux comme le tien avec un poisson. Filez d’ici et ne m’entraînez-pas dans vos histoires !

Antoine m’avait pris par la main et nous courions dans la ruelle quand soudain je sentis que nous trébuchions…
-Antoine ?
-Je suis là et en jean comme toi

Que nous était-il arrivé ? Nous étions dans la traboule…Nous avons eu le temps de prendre la dernière baguette à la boulangerie et de rentrer chez nous sans que personne ne s’aperçoive de notre retard. D’ailleurs, étions-nous en retard ? Non, d’après l’horloge, il n’était que six heures et demie.
Ce soir-là au souper, je posais des questions sur les chrétiens dans les arènes de Lyon. Mon frère me regarda les yeux ronds.
-Encore une de tes lubies ?
Mais maman me sourit en me disant combien elle était fière de ma curiosité. Je passais la soirée sur l’ordi pour en apprendre plus sur Marc- Aurèle, Pothin et Blandine.
-Soudain le téléphone sonna
-C’est Antoine, comme toujours brailla mon frère

-Sophie, ça existe les rêves à deux ?
-Je ne crois pas murmurai-je en découvrant avec stupeur que j’avais un brin de paille dans la poche de mon jean

52 Commentaires

  1. QuadPater

    Bonjour !
    C’est une très bonne idée !
    … cependant la publication chronologique est trop contraignante. Quand l’histoire d’un voyage chez Louis XIV est prête, on ne va pas attendre que quelqu’un écrive la rencontre avec Jeanne d’Arc ou Ravaillac.

  2. Shalom Hanna, bonne idée en effet, vouée à l’échec.
    Car la chronologie est dorénavant chose superflue aux yeux des pédagogos, maîtres des programmes et de l’édition des manuels (si !).
    Les connaissances doivent être proscrites au profit des  » compétences « , et si l’élève se doit d’être  » au centre du dispositif  » de l’instruction, le maître doit abandonner toute illusion de transmission, procédé paternaliste (et probablement fasciste) puisque l’auto-apprenant est censé s’approprier les savoirs par lui-même.

  3. Kravi, votre constat sur la chronologie « superflue aux yeux des pédagogos » est malheureusement exact. Mais c’est justement pour contrer cette calamité dans la mesure de nos moyens que Hanna a pensé à cette proposition qui me paraît tout à fait judicieuse…

  4. Hanna ,je partage votre sentiment de tristesse devant le gâchis du système éducatif français d’autant que(très)ancienne institutrice j’en mesure autour de moi les dégâts …
    Et pourtant ,un peu de bon sens et de pédagogie suffiraient à obtenir de ces enfants intérêt et attention. Pour le plaisir ,je m’occupe d’une petite fille depuis la maternelle ,elle est actuellement en quatrième des collèges .pour elle, j’avais employé les méthodes de mon temps :lecture syllabique en CP, puis règles de grammaire et de conjugaison apprises par cœur (eh oui ), petits livres à lire et à résumer ,recherche des mots difficiles ou inconnus dans le dictionnaire ..et aujourd’hui bien sûr internet et et ses applications ..
    Ma petite protégée a acquis le sens de l’analyse et de la synthèse ,sait « ecrire  » et décrire avec élégance ,manifeste de l’intérêt pour l’histoire ,la littérature ,le journalisme …la prof principale a convoqué la maman pour avoir des explications quant à l’extraordinaire maturité de cette adolescente qui a pourtant un QI tout à fait « normal »

  5. Nonette, on ne pourrait mieux illustrer le dramatique naufrage de l’instruction publique. L’enfant  » normal  » parait, par comparaison avec la  » moyenne « , surdoué et hypermature.
    Le niveau a bel et bien baissé, n’en déplaise aux niais détracteurs de ce dramatique constat. En fait nous sommes à l’étiage et bien proches de l’assèchement.

  6. plantigrade69

    J’aime beaucoup… et le Lyonnais apprécie d’autant plus.

  7. Bonsoir Plantigrade, votre intervention était très attendue et espérée ! Vous avez certainement en tête une carte détaillée des traboules… 🙂

  8. @ Quadpater
    Vous avez raison, oublions la chronologie! J’imagine un embouteillage monstre: tous les auteurs antidoxiens bloqués sur leur ordinateur à cause d’un seul, celui qui devait écrire sur Clovis et prolongeait son weekend à Soissons:
    J’ai écrit oublions? Non: oubliez! Car il s’agit de vos plumes. Moi, je vous lirai avec délectation depuis Jerusalem. Il y fait bon vivre malgré tous les fâcheux aux couteau
    Amicalement
    Hanna

  9. oypsilantis

    Hannah,

    Le passé ? La mémoire ? Il y a quelques années, à côté de chez moi, des maçons ont sondé un mur qui sonnait creux dans le salon d’une demeure. Ils y ont ménagé un trou pour y passer la tête et une lampe-torche… Tout le long du mur, sur des étagères, des paquets de vieux papiers.

    Les maçons ahuris appellent l’historien de la province. Il analyse ce mur de papiers : la correspondance tenue par une même famille (une famille de la petite noblesse terrienne) du XVIe siècle à 1936, début de la Guerre Civile d’Espagne, soit entre 14 000 et 15 000 lettres ! Tout y est décrit : la sécheresse, les tremblements de terre avec destruction de villages entiers (dans la province d’Alicante), les récoltes, les maladies, la médecine, les inondations, les moyens de communication, le passage des troupes de Napoléon et les violences consécutives… Les derniers occupants de cette demeure avaient muré ces archives en se disant qu’ils reviendraient.

  10. Bon article !
    Cela me rappelle des dessins animés de Hanna et Barbera mettant en scène de jeunes archéologues Derek et Margot tombant dans un trou et remontant dans le passé pour y découvrir un événement historique à chaque épisode : la Nativité, Moïse, Joseph, Jonas, Abraham, Adam et Eve, Daniel dans la fosse aux lions etc.
    Bon, à Lyon, c’est plutôt la fosse aux Ours !

    🙂

  11. Patrick

    A Wissembourg, dans le nord de l’Alsace, à la frontière allemande, beaucoup de maisons sont accollées les unes aux autres. Là c’est par les combles que l’on pouvait (et qu’on peut encore) se déplacer d’une maison à l’autre et parcourir tout le pâté de maisons.

  12. Patrick, c’est par là que passe le père Noël, non ?

  13. Patrick

    Le père Noël ? Si les gens n’oublient pas d’ouvrir les portes pour qu’il puisse passer !

  14. oypsilantis

    « L’oubli conduit à l’exil, le secret de la rédemption est dans la mémoire », une pensée du Baal Shem Tov

  15. oypsilantis (10h10), je trouve cette pensée bien triste, et contestable. Si Alzheimer vous prive de mémoire vous n’avez plus droit à la rédemption ?

  16. oypsilantis

    @Impat
    Cette « règle de vie » juive est universelle. Elle s’adresse bien évidemment à ceux qui ont la capacité de se livrer à ce travail,, à cet effort. Est-il utile de souligner que le judaïsme n’a pas vocation à interdire la rédemption à ceux qui souffrent l’alzheimer ? Le judaïsme est tout entier du côté de la vie : «Tu choisiras la vie ! » est une injonction du Deutéronome. Et ce n’est pas un hasard si, déjà, dans la vieille Espagne, la plupart des médecins (et pas seulement des rois), des médecins de campagne étaient juifs. Comme étaient juives la plupart des sage-femmes.  

  17. Cette pensée du Baal Shem Tov que cite Olivier s’adresse au peuple tout entier. Le Baal Shem Tov vivait à une époque où presque tout le judaïsme ukrainien avait disparu. Les massacres perpétrés par Bogdan Chmielnitsky pendant 10 ans avait rendu la communauté juive exsangue. Les survivants vivaient pour la plupart cachés dans des forets par peur des cosaques. Ils n’avaient donc pas la possibilité d’étudier et oubliaient peu à peu…Presque toutes les histoires du Baal Shem Tov sont en fait des exhortations à ne pas oublier et à étudier malgré tout pour transmettre. En fait chez nous, il est toujours question de transmission comme dans les exemples que je donnais dans ma lettre à Antidoxe

  18. oypsilantis

    C’est la mémoire qui constitue un peuple. Le peuple juif ayant subi maints exils et massacres, la mémoire y est envisagée comme une urgence (voir les « Feuilles de Témoignage ») : urgence à se souvenir et à transmettre. Georges Perec est de ce point de vue extraordinairement symptomatique. Il recherche les traces de sa mère (assassinée à Auschwitz) et de son père (tué sous l’uniforme français) à partir de presque rien. Parmi les traboules de la mémoire, dans son cas, la rue Vilin (Ménilmontant) où sa mère a tenu un petit salon de coiffure. Ci-joint, un film de son cousin Robert Bober sur une rue centrale dans la mémoire de cet écrivain :

  19. Lisa

    En parlant de chronologie, il y a quand même une exigence de ce point de vue, au Brevet des Collèges (en 3e) les élèves doivent connaître les dates principales de l’histoire de France.

  20. Lisa

    SInon mon espoir est de constater le succès des livres de Jean Sévilla ou de rééditions de livres d’histoire anciens…une minorité va garder notre mémoire ?

  21. pjolibert

    Ne vous fatiguez pas Lisa, quand bien même vous reproduiriez les documents officiels, des exemples de copies sur tous les niveaux, les cahiers, etc., la cause serait entendue : il n’y a plus de chronologie au collège public, il n’y a plus de chronologie, c’est comme ça, na, point.

  22. plantigrade69

    Cher impat,
    les traboules qui ont été si utiles aux résistants sont comme vous le savez dans l’ADN des Lyonnais. Hélas, je suis loin de les connaître toutes. Et puis maintenant, nombre de portes y donnant accès d’un côté ou de l’autre sont fermées.

  23. Lisa

    pjolibert,
    Il n’y a que l’épreuve sur les dates alors ?
    Vous me direz savoir des dates ce n’est pas pour cela qu’on met les diiférentes époques dans le bon sens !

  24. pjolibert

    Ah si, si, l’esprit de l’épreuve (6 points au moins sur 40) c’est de récompenser le travail de mémorisation accompli sur 4 ans.
    Mais comme vous dites ça ne garantit pas la distinction des époques. Et dans les faits, j’ai l’impression que ça se traduit le plus souvent par du bachotage régulier par petits tests des dates en question au cours de l’année de 3ème, c’est-à-dire de façon mécanique. (et je ne procède pas ainsi, mais bon, je me retrouve avec les mêmes élèves, 24 sur 25 à faire comme s’ils découvraient l’édit de Nantes pour la 1ère fois, donc eux sont obligés de faire ainsi)
    Enfin, toujours est-il que depuis 2011 ou 12 on aura eu un brevet d’h-g intelligemment conçu pour porter sur le plus grand nombre possible de points du programme (je crois qu’on ne sait rien du devenir de l’épreuve).

  25. Lisa

    Pierre, merci de vos infos, on ne les a pas par les collèges.

  26. pjolibert

    Je vous en prie, le simple fait que vous ayez lancé la remarque plus haut me donne l’idée que vous avez eu récemment des enfants scolarisés jusqu’en 3ème non ? Vous vous étiez donc rendu compte de cela par vous-même.
    La façon dont je présente les infos est de toute façon assez personnelle, mais pour ce qui est de l’esprit de l’épreuve c’est bel et bien le discours de l’inspection, je crois.

  27. Lisa

    Oui, mon dernier est en 3e, mais n’aime pas l’histoire, à mon grand dam mais bon on ne peut pas forcer les goûts…j’essai de ne pas sursauter quand les réponses aux questions sont « décalées » d’un siècle (et je suis gentille)

  28. Lisa

    j’essaie

  29. QuadPater

    Lisa tant qu’il ne vous dit pas que « Charles de Gaulle » est le nom d’une rue rien n’est perdu.

  30. Lisa

    Un porte avion ce serait plus classe mais aussi faux

  31. Quad, une place ou une avenue, quand même, faut pas pousser…

  32. QuadPater

    Impat, je disais bien « rue ».
    Rue, avenue, boulevard, cours, promenade, passage, allées…

  33. QuadPater

    … combien possèdent ce vocabulaire minimal ?

  34. Nul besoin, pour certains, d’un vocabulaire minimal. Le fait d’être discriminé leur offre un boulevard.
    D’ailleurs, Quad, vous me discriminez grave : j’habite un chemin, vous n’avez pas cité cette voie.

  35. QuadPater

    Chemin, route, impasse, quai, voie…
    Excusez moi Impat, surtout que j’ai aussi habité un chemin dans le temps.
    C’était outre mer, là où ils mènent tous au rhum.

  36. Ceux que suivent les braves gens qui n’aiment pas que ?

  37. pjolibert

    J’étais déjà de l’autre côté de la barrière temporelle du tout-fout-le-camp, mais je crois bien que la majorité de mes contemporains n’aimaient pas l’école, ni partant l’histoire (et j’ai de toute façon le très très fort soupçon que cette proportion est une constante).
    Bon, la nouveauté pour moi, enfin ce qui m’a étonné quand j’ai commencé à enseigner au collège (en milieu rural pourtant à moitié périurbanisé dans le sens aisé) il y a plus de dix ans c’est une très grande difficulté, voire le manque total de désir, de s’orienter, et pas seulement dans le temps, contrairement à ce sur quoi revient exclusivement le refrain sur la Chronologie disparue. C’est l’orientation tout court, je ne sais pas comment dire autrement :
    A une question QUI… dont la réponse serait Pétain, on peut très bien au mois de juin vous répondre Lénine, ou inversement. Or, le fait que ce soit une erreur cent fois plus grossière que la confusion entre deux dates ou deux villes proches n’est absolument pas ressenti (pas plus que sa pénalisation n’est prévue dans nos barèmes artificiels au possible). On en vient à faire remarquer sur le ton le plus calme possible que vous avez vu, c’est fou, tous ces noms russes se ressemblent un peu, ça pourrait vous aider à les classer, non ? à leur créer un petit compartiment spécial dans votre mémoire ? et puis faites un peu de même pour tout, ça finira peut-être par rentrer…
    Et tout en racontant ça, je m’avise que ça n’avait rien de nouveau, puisque me revient tout à coup un souvenir du matin de mon épreuve du bac en 1995, un ami et moi avons distinctement entendu un groupe réviser vite fait entre elles (aucun a priori sexiste de ma part) de quoi survivre dans les heures qui venaient. L’une d’elles, hésitante : euh, Brejnev, il est bien américain ? Je jure que c’est authentique. Et je connaissais la fille, j’avais été en classe avec elle au collège et elle affichait un bulletin convenable, elle parlait une langue courante apte à appréhender des phrases complexes, et je sais qu’elle provenait d’une catégorie socio-culturelle équivalente à la mienne (fonction publique).
    J’en conclus a fortiori que pour beaucoup d’élèves TOUT est difficile, et je le vois tous les jours : apprendre une leçon est une torture quand on est piégé par des informations implicites, des fausses évidences, des points de repère absents, etc. puisque on n’y comprend alors littéralement rien.
    Or, le pire c’est qu’à partir d’un certain moment, on est obligé d’aller au-delà des évidences premières.
    L’une des meilleures élèves d’une classe au niveau moyen très convenable que j’ai cette année ne comprend pas (je le sais, elle m’a posé deux fois la question en plusieurs mois) ou comprend petit à petit et dans la douleur la notion d’Etat multi-national ; et en effet, je me rends compte que c’est terriblement compliqué. Pour elle et d’autres, pays = peuple = drapeau, c’est comme ça, elle a déjà suffisamment de mal à construire ça, c’est pas pour remettre en question cette base maintenant, non mais. C’est à l’occasion du génocide arménien (mention explicitement obligatoire dans les programmes actuels et qui va j’imagine le rester / je le signale à ceux qui n’ont pas d’enfants en 3ème et qui ne connaissent les programmes que par le biais des forums de plaintes anti-école publique) : pour faire le cours sur le génocide arménien il faut se lancer dans des ré-explications par emboîtements : ah au fait il y a plusieurs peuples dans un empire (oui je sais vous n’avez rien foutu en fin de 4ème alors forcément le chapitre sur les nationalismes…) / ah au fait on est en orient, ce sont souvent des peuples-religions dispersés et mêlés les uns aux autres surtout en ville (mais pas que, on va parler des Kurdes … non ? connaissez pas ? regardez jamais les infos ?) / ah au fait on a des témoignages dûs à des ambassadeurs ou consuls… eh oui évidemment 98 % d’entre vous n’ont jamais entendu le mot ambassadeur dans votre court début de vie / ah au fait ce sont des diplomates allemands (ben oui ils sont alliés, ah oui vous l’avez oublié on l’a dit lundi) ah au fait il y a aussi des Américains (ben oui les EU n’entrent en guerre qu’en 1917, vous ne vous en êtes même pas étonnés, d’un autre côté j’ai qu’à suivre un plan strictement chronologique : on consacrerait chaque semaine à une seule année, en parlant de tous les thèmes l’un après l’autre, ce serait rigolo, hein ? voire jour par jour, comme ça les gens seraient contents, on ferait de la pure Chronologie, en disant chaque fois, « Et pendant ce temps, à Veracruz, les zapatistes reprenaient la pâtée, etc. »))
    Bref, au contrôle sur ça vous vous pouvez vous retrouver avec l’Arménie qui est un Etat qui envahit l’empire ottoman (woah vous avez retenu cette fois-ci le mot déjà vu en 5ème, c’est incroyable !), et encore ça c’est quand le mot Arménie a bel et bien été mémorisé, car dans le cas contraire, il est confondu avec le mot le plus ressemblant que conserve la mémoire : les Amérindiens par exemple (authentique : fait il y a deux ans par un élève… qui aime l’histoire et qui est le plus souvent performant / remarque : il peut être dangereux d’aimer l’histoire et d’avoir des bases : risque de confusions et de pertes de points plus élevé que chez un glandu qui a un peu de flair et de veine !). Quant à leur faire retenir que ça a lieu en 1915… si déjà leur logique veut bien admettre que ça se situe pendant la guerre, donc après le début et avant la fin (mais si vous savez, c’est une fête nationale … que vous êtes censés connaître depuis le primaire … non, ce n’est pas le 14 juillet)
    Bon pardon, j’oublie que je suis en vacances.

  38. pjolibert, votre commentaire (3 mars 2016 à 18:35) donne une image effarante du niveau des élèves de l’Éducation Nationale actuelle.
    Quand je lis ce que vous racontez à propos d’élèves  »affichant un bulletin convenable » ou étant  »l’une des meilleures élèves d’une classe au niveau moyen », j’en viens à penser que même moi qui, chacun le sait ici, désespère totalement de l’E.N. au point de vouloir la supprimer, n’imagine pas la profondeur du désastre.
    Je vois là le plus dramatique des nombreux problèmes de la France de 2016.
    Cela étant dit…bonnes vacances quand même !

  39. pjolibert

    Pardonnez quand même mon accès. J’ai un peu abusé de l’exercice « collection de perles » ; je précise quand même que je suis actuellement dans un collège qui présente chaque année des résultats en moyenne plus bas que ne l’exigerait sa composition sociale (l’EN a des instruments pour mesurer ça, que je suis incapable de vous décrire), ce qui s’appelle sa « moyenne attendue » par comparaison, donc, à des établissements de profil équivalent.
    Autant dire tout de suite que ce que je présente est peut-être avant tout une norme active en surface. En fait, je ne sais pas combien d’élèves parmi les miens sont chaque fois choqués par la perle en question, ils ne le manifestent pas ! car la norme apparente qu’ils respectent entre eux, c’est de ne rien savoir (sauf en 6ème).
    J’ajouterai que ce qui est vraiment nouveau et récent, à mon avis, c’est la perte du sens des proportions dans l’usage des mots.
    De plus en plus d’élèves ont besoin qu’on leur apprenne explicitement qu’une bataille est un combat ponctuel qui a lieu à un endroit précis dont le nom devient son nom usuel. Par conséquent, c’est une chose qui est censée être, en durée, inférieure à une guerre. Sans que cette précision soit faite, les deux noms guerre & bataille sont de plus en plus interchangeables dans les copies d’élèves.
    De plus en plus d’élèves, maîtrisant peu la langue, ne peuvent plus se servir d’indices simples pour reconnaître, dans une phrase, s’il est question d’une ville, d’un pays. « Je vais à Naples » : ville ou pays ? de toute façon le nom propre est vu pour la 1ère fois, et ils n’ont jamais remarqué au préalable que la plupart des noms de pays (et encore sans distinguer les Etats des régions ou des simples noms d’unités géographiques étendues sans valeur administrative précise : attention avant d’entrer dans des nuances si compliquées !!) sont précédées de déterminants contrairement aux noms de villes. Alors ne parlons pas du moment où interviennent des noms de pays sans déterminants ou des noms de villes qui en ont !
    Et quand je dis : « ne peuvent plus reconnaître… » cela veut donc dire : ne perçoivent pas au préalable, apprennent de plus en plus tard et difficilement qu’une ville c’est quelque chose de petit, représenté sur une carte par un point, à mettre en relation avec la photo là-contre : vous voyez, là, cette forte densité de population et de bâti ? (ouïe, la notion de densité, vue en septembre en 6ème, revue plusieurs fois, roubliée chaque fois, surtout chez ceux qui de toute façon à la base n’ont rien compris à la notion de surface au primaire…) Et en changeant d’échelle, nous aboutissons à l’autre problème : apprendre à ne pas confondre la partie pour le tout et à ne pas appeler ville un quartier.
    C’est le même problème d’ordre logique qui prévaut dans l’approche du temps : la distinction entre les événements ponctuels et la vitesse lente des choses qui durent plusieurs siècles est elle-même une construction lente et redoutable dans l’esprit.
    Mais votre remarque m’étonne, Impat. Vous allez du coup supprimer l’EN… et les élèves, vous les supprimez aussi ? C’est la faute de l’EN si un nombre grandissant d’élèves arrivent sur ses bancs en ayant apparemment sauté une étape dans leur formation, celle des jeux colorés pour les 2-3 ans où on met les bons volumes dans les bons trous ? C’est l’EN qui a formé les parents donc c’est la faute de l’EN ?

  40. pjolibert

    J’ai lu votre lien kravi. Vous aurez peut-être remarqué que j’appartiens, à l’origine sans doute sans le savoir, à l’autre camp.
    Je dirais tout simplement que la formation que j’ai eue dans mon ex-IUFM de Cahors était très bonne, et que les tous les inspecteurs que j’ai croisés étaient d’anciens professeurs que je considère comme compétents.
    Dans ce texte « les élèves dérangent le cours formaté rêvé par les pédagogistes. », ce que j’aime chez mes élèves, c’est qu’ils dérangent à merveille à mon avis à chaque instant « le cours rêvé des républicaincains », comme quoi nous sommes tous condamnés à ne percevoir que ce que nous voulons percevoir.

  41. pjolibert,…  »et les élèves, vous les supprimez aussi ? »…
    C’est la réflexion que j’attendais 🙂
    La réponse est dans  »La Nouvelle École » qui avait fait l’objet de deux articles sur Antidoxe :
    http://antidoxe.eu/2012/09/06/la-vieille-ecole/
    et
    http://antidoxe.eu/2014/11/20/la-revolution-scolaire/
    ….et de nombreuses discussions. (Bonjour Guenièvre 🙂 )

  42. Lisa

    Ompat, « vous n’avez pas cité cette voie », encore deux noms de …voie !

  43. pjolibert

    impat,
    il me semblait bien avoir déjà lu le texte sur la révolution en fait.
    Là, c’est moi qui souffre du plus complet manque d’imagination : je ne vais pas dire que je comprends pas le texte, je comprends mot à mot (sauf pour les chèques instruction) mais je ne sais pas imaginer l’ensemble.

  44. Guenièvre

    Bonjour Impat, bonjour à tous !

    Oui je me souviens de longues discussions sur l’Ecole ( nouvelle et ancienne ) . J’avoue que je suis un peu loin de tout cela… Je viens cependant de rencontrer une ex collègue de français qui est découragée par la prochaine réforme de Collège. Elle me dit qu’elle va passer davantage de temps à remplir des paperasses qu’à enseigner ce qui lui semble un comble car elle aime être avec une classe et c’est pour cela qu’elle a choisi ce métier.
    Bravo à pjolibert d’avoir si bien décrit les maux dont souffrent nos élèves. Le manque « d’orientation » me semble être le mot juste. Je me demande si cette « désorientation » n’est pas aussi ( ne mettons pas tout sur le dos des « pédagogistes » ) la conséquence de l’explosion des technologies de la communication ( internet, TGV….) qui modifient la perception que l’homme a de la réalité, et plus précisément la perception des notions d’espace et de temps. Il y a encore peu nos sociétés vivaient au rythme des saisons selon un calendrier scandé par des fêtes liturgiques . Aujourd’hui, on est passé dans une société arythmique, où tout se joue dans l’instant. Les gens et surtout les jeunes, sont enfermés dans ce temps réel, bombardés d’infos et d’émotions qui se vivent au niveau de la planète. Les notions de « passé » ou de « loin » de  » près de » sont comprimées. Il faudrait creuser cela…
    Pour revenir au vécu de l’enseignant, je crois que s’ils n’ont plus la notion de la chronologie et s’ils ne connaissent pas précisément le sens de certains mots, nos élèves les repèrent parfois de manière instinctive . Un collègue de SEGPA ( sections d’enseignement général et professionnel adapté) racontait qu’il avait, à la fin du mois de juin, voulu passer le film « Les Chevaliers de la Table Ronde » . Les élèves s’installent dans la salle de TV ravis . Cela commence ainsi par une voix off qui dit :
     » Jadis, dans un Royaume… » Aussitôt,à peine prononcés ces quatre mots, une clameur plaintive s’élève de la classe :  » Ah! non ! pas « jadis » !!! ah ! non m’sieur, pas c’ui là !!!

  45. Mais c’est vrai, qui c’est c’ui là ?

  46. HS mais pas tant que cela puisque nous parlons des bienfaits de la modernitude et des modes de gestion  » managériales  » des activités humaines :
    Guenièvre dit  » elle va passer davantage de temps à remplir des paperasses qu’à enseigner « .
    Idem pour les médecins et les infirmier-e-s (hin hin hin) qui passent autant, sinon plus de temps à remplir des listes d’items qu’à soigner.
    Content d’en avoir fini avec ce cirque bureaucratique et ces pseudosciences managériales.

  47. pjolibert

    Avouons que l’augmentation de paperasse se remplit en un temps qui ne s’allonge pas grâce à la numérisation.
    J’imagine que l’évaluation enfin réelle, efficace et sélective des professeurs par les parents dans un système enfin libre, cogéré, associatif et local échappera difficilement dans un premier temps à la grille d’items. Mais enfin une fois le système lancé ça pourra être plus libre et spontané.

  48. pjolibert, 🙂 du dimanche !

  49. Pierre, vous avez omis l’essentiel : citoyen.

  50. pjolibert

    Merci pour les encouragements du dimanche ! lundi, c’était pluie mais aujourd’hui beau et demain citoyen, pourquoi pas ? bonne semaine.

  51. Lisa

    Aujourd’hui pluie, normal, on pense à Hollande

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