La nature et le vide

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L’aphorisme est cité partout, des centaines de fois chaque jour: la nature a horreur du vide. En pure science physique ce n’est pas faux, tant il est difficile d’obtenir un espace totalement vide de tout atome. Mais ce qui est vrai en physique l’est également en philosophie: il est impossible d’effacer tout raisonnement, de ne croire en rien, d’ignorer l’existence de l’esprit. Et difficile de ne penser à rien…

L’activité humaine est comme la pensée, elle se meuble toute seule. Et surtout elle déteste le vide éventuel à venir, au point de se ralentir, volontairement, pour combler ce vide. Qui n’a pas une fois constaté cette chose a priori surprenante: demandez un travail à un collaborateur de bureau, ou d’atelier, cette tâche sera exécutée avec une célérité qui dépend de la charge de travail de l’intéressé. évident, direz-vous, si l’employé n’a rien à faire, il ira plus vite.

Eh bien non. Cela, c’est ce qu’on croit ! Vous êtes tombé dans le piège.

Que nous dites-vous là, un salarié surchargé s’acquitterait plus rapidement d’ une besogne nouvelle qu’un autre inoccupé ?

Non, s’il est vraiment surchargé. Mais ce qu’on constate, c’est l’existence d’un optimum. Certes un trop plein de travail conduit à une accumulation de tâches qui se superposent jusqu’à ralentir leur exécution. Mais à l’inverse une personne sous employée, même si elle n’est pas un foudre de travail, aura mauvaise conscience et se sentira malheureuse. Cette personne, surtout, verra venir avec un peu d’angoisse l’heure suivante, ou la journée suivante, au cours de laquelle peut-être elle n’aura plus rien à faire. Et alors, par réflexe, elle cherchera à ralentir son rythme pour préserver l’occupation de son futur immédiat. C’est l’expression courante: on « économise son travail ».

La charge de travail optimale pour que quelqu’un opère bien, ce n’est ni la charge maximale ni la charge minimale. Il y a un juste milieu. D’ailleurs on peut constater cela tous les jours en dehors du travail, au restaurant par exemple. Un client unique est souvent servi moins vite que dans une salle emplie de convives. Et que dire lorsque vous avez besoin d’un document administratif ! Mieux vaut avoir affaire à un service bien rôdé qu’à un bureau garni d’employés quasi oisifs…

On a tous entendu l’éternelle litanie des syndicats « exigeant des moyens ». « Toujours plus », comme avait déjà écrit François de Closets dans les années quatre-vingt, plus d’argent bien sûr mais aussi plus de droits, d’avantages, plus de loisirs, et… d’effectifs ! Par exemple malgré les comparaisons éloquentes avec les autres pays industrialisés, et malgré les estimations assez générales portant sur un excès d’un million de fonctionnaires en France, les intervenants réclament des effectifs supplémentaires ! Pourquoi ?

A les entendre, pour améliorer le service public. Ces gens de la « Syndicratie », pour reprendre un terme proposé, encore lui, par François de Closets1, semblent croire…ou du moins affirment, que « plus d’effectifs » entraînera automatiquement « plus de service ». Cette affirmation entraîne évidemment l’adhésion, car qui ne souhaite pas améliorer le fonctionnement des services publics ? Mais elle repose implicitement sur un malentendu dont l’origine se trouve dans cette idée fausse: notre esprit formé au « quantitatif » croit que le bon fonctionnement d’un service est proportionnel au nombre de personnes qui y travaillent. C’est une vue un peu simpliste des choses, en fait l’aspect « qualitatif », si on le prend en compte, peut comme les exemples cités plus haut le montrent conduire au résultat inverse. Multipliez le nombre des employés d’un bureau, vous aurez une bonne chance de voir les gens « économiser leur travail » et l’activité utile diminuer. Multipliez sans précaution le nombre des personnes affectées à une tâche, les responsabilités s’en trouveront diluées et la tâche risque d’en pâtir en qualité en en délai.

Alors méfions-nous du simple raisonnement chiffré. Augmenter un effectif de 10 % n’améliore pas le résultat de 10 %, et cela peut même le dégrader. Il n’y a pas un rapport mathématique direct entre les tâches à accomplir et le nombre de personnes à y consacrer. La gestion des effectifs tient plus, peut-être, de l’art que de la science.

Cela, la « Syndicratie » le sait très bien. C’est pure démagogie de sa part, et de la part des médias qui relayent le message, que de réclamer à cor et à cri des augmentations d’effectifs sous le prétexte d’améliorer le service public. De l’intérieur des bureaux, personne n’ignore l’existence des nombreux employés inoccupés, non plus que la présence plus abondante encore des salariés occupés à des travaux inutiles. Mais il faut faire croire au besoin de personnels supplémentaires pour justifier l’effectif existant, tout en se donnant le beau rôle de « lutter contre le chômage ». La vérité est que si parfois les moyens financiers sont insuffisants, le nombre de salariés est, lui, plutôt surabondant. Les deux paramètres, d’ailleurs, ne sont pas tout à fait indépendants: peut-être serait-il plus facile de mieux payer deux millions de personnes que trois millions…

Alors, comment faire pour réduire les effectifs sans mettre en péril le fonctionnement des services ?

Il faut (attention, tenez-vous bien…) commencer par trancher dans les effectifs. Le faire intelligemment, par étapes successives, en vérifiant a posteriori qu’avec par exemple cinq pour cent de personnes en moins, le travail nécessaire n’est pas compromis. Et puis recommencer, prudemment, après une période d’adaptation, sans oublier naturellement que certains départements ne sont pas en surnombre. Et quand on en vient à constater qu’il va y avoir péril en la demeure, on arrête et s’il le faut on regonfle un peu l’effectif. Car les gens sont rarement stupides, donc placés devant des moyens réduits en personnel ils accompliront d’eux-mêmes en priorité les tâches les plus utiles. Et les autres, les tâches superflues, disparaîtront toutes seules !

Cela n’existe pas, les tâches superflues ? Tenez, voici un petit exemple de la manière dont on les introduit avec une merveilleuse bonne foi: une petite histoire imaginée par Catherine Nay, qu’on pouvait lire en 2003 dans Valeurs Actuelles : « L’Imposition des cannes »

Un gouvernement, pour financer un projet, décide un jour d’imposer les cannes, un impôt à large assiette, beaucoup de Français en possédant une. Aussitôt Bercy se met au travail : on commence par exonérer les bâtons de berger, un outil de travail utilisé par les plus humbles dans les campagnes. Pour que cette exonération ne profite pas à d’autres, on décide que ces bâtons ne seront plus vendus que sur présentation d’une attestation professionnelle émanant de l’acquéreur. Afin d’éviter que les bergers ne cèdent leur canne à un tiers, on créera un fichier professionnel. Deuxième exonération : les cannes utilisées pour des raisons médicales. Il sera exigé un suivi médical pour décider si l’exonération sera permanente ou temporaire, totale ou partielle…

Comme il paraîtrait injuste de taxer à un même taux une simple canne de marche en bois et une canne de luxe à pommeau d’or, d’argent ou d’ivoire, pour celles-ci l’imposition sera majorée. Certaines cannes servant de bâtons de vieillesse, ce serait une injustice sociale que de les taxer, on prévoira une exonération, celle-ci augmentant à mesure que l’utilisateur avance en âge. Cette taxation de la canne risquant de provoquer une évasion fiscale importante (beaucoup de gens étant tentés dès lors de s’appuyer sur un parapluie), il conviendra de taxer ces derniers ainsi que les ombrelles. Cet impôt risquant d’entraîner des protestations régionales, vu qu’en Bretagne le parapluie est un objet de nécessité, contrairement à la Côte d’Azur, il conviendra donc de moduler l’impôt selon la pluviométrie de la région, etc.

Cet article est inspiré d’un chapitre du livre  » Les Mouettes  » (Raoul Rouot, Ed Le Manuscrit, 2004)

1 Tous ensemble, pour en finir avec la syndicratie, éditions Le Seuil, 1987.

19 Commentaires

  1. Guenièvre

    Bonjour Impat !

    La première partie comporte une thèse originale : ce n’est pas parce que l’on n’a rien à faire que l’on travaillera plus vite à une tâche. On le constate d’ailleurs parfois chez soi .
    Pour la deuxième partie il faudrait peut-être nuancer. Dans l’Education Nationale par exemple, si je vois bien comment on peut trancher dans les effectifs au niveau des Rectorats ( demandez un renseignement dans un Rectorat vous verrez de quoi je parle ! 🙂 ) je ne vois pas comment une classe peut se retrouver avec un demi prof !

  2. QuadPater

    Bonjour Guenièvre ! On peut attribuer plus d’élèves à un prof.

  3. Bonjour Guenièvre,…  »je ne vois pas comment une classe peut se retrouver avec un demi prof ! »…
    Quand j’étais élève j’aurais aimé. Mais j’aurais eu tort !
    Aujourd’hui j’apprécie la bonne réponse de Quad.. En ajoutant qu’on pourrait aussi, parfois, faire enseigner deux disciplines à un prof. Comme math et physique, ou français et latin (ce dernier cas se pratique déjà quelquefois). Quand on laisse des choix possibles à « la base » elle déborde d’imagination.

  4. « ils accompliront d’eux-mêmes en priorité les tâches les plus utiles. Et les autres, les tâches superflues, disparaîtront toutes seules ! »
    Eh bien, je peux vous dire que des tâches disparaissent en effet. Mais ce ne sont pas des tâches superflues. J’ai travaillé dans une grande entreprise. Il s’agissait d’administrer des systèmes informatiques. La politique, là comme ailleurs, était de ne pas renouveler les partant à la retraite, et même de « réorganiser » les services pour in fine, réduire les effectifs. Alors oui, certaines tâches en souffraient, voire étaient remises à un plus tard qui n’arrivait que rarement, voire jamais. Les tâches en question étaient entre autres les sauvegardes des systèmes et des données. Ces tâches sont effectivement « superflues » pour le travail au quotidien, leur absence n’entravait en rien le bon fonctionnement des serveurs et autres ordinateurs. Mais gare au jour où il y a un plantage : pas de sauvegarde ? Pas de restauration de données ! C’est aussi simple que cela !
    Alors oui, certaines tâches peuvent paraître superflues, jusqu’au jour du crash !
    Peut-être le drame de Fukushima ne serait-il pas arrivé si certaines tâches n’étaient pas considérées comme « superflues » ! Après tout, un tsunami, cela n’arrive pas si souvent ! Et au final, la « réparation » qui dure depuis 5 ans et qui est loin d’être terminée, coûtera bien plus cher que les économies réalisées auparavant. Mais au nom de la compétitivité on fait des sacrifices qui risquent de coûter très cher par la suite.

  5. « On peut attribuer plus d’élèves à un prof »
    Cela dépend où !
    Bien des classes en ville sont surpeuplées. Et dans les campagnes des classes ferment lorsque qu’un certain nombre n’est plus atteint, mais ouvrent seulement avec un nombre bien supérieur.
    Alors on fait faire aux élèves des trajets en bus, qu’il pleuve, neige ou vente, avec les risques que cela comporte, à grands frais payés par les parents ou nos impôts, ou les deux !
    Dans la réalité, on constate qu’il manque bien souvent des professeurs dans certaines classes et parfois pendant plusieurs mois. Les élèves alors sont lésés, les retards scolaires se rattrapant difficilement.
    Ensuite, l’enseignement devient de plus en plus difficile, l’autorité des enseignants leur ayant été enlevée peu à peu sur ces 30 dernières années. Le plus urgent est donc de restaurer cette autorité, après on pourra reparler de fermetures éventuelles de classes.
    Au collège j’avais des professeurs enseignant deux matières. Ceci devrait rester possible, à condition que les préparations des cours et les corrigés leur laissent aussi du temps pour la vie privée. Et que l’on diminue la réunionnite, le nombre de réunions imposées le soir par exemple sans aucune compensation, ni pour le temps passé, ni pour le carburant consommé dans les déplacements !
    Je précise que mon épouse était enseignante.

  6. Patrick,…  »Ces tâches (les sauvegardes) sont effectivement « superflues » »…
    Vous aviez des directeurs extraordinairement mauvais, et même déplorables. J’espère que vous l’avez crié haut et fort ! Ou alors c’était une boîte américaine 🙂

  7. Patrick,…  »l’autorité des enseignants leur ayant été enlevée peu à peu sur ces 30 dernières années »…
    Cette autorité, en effet, est en voie de disparition avancée. Mais ne se la sont-ils pas enlevée eux-mêmes pour une large part ? Le tutoiement généralisé, l’arrivée des profs en classe vêtus de jeans volontairement déchirés aux genoux (j’en ai été témoin), l’attitude copain-copain avec les élèves…tout cela était-il conforme à  »l’autorité » ?
    Quant au calcul des heures passées, que vous évoquez par « compensation, ni pour le temps passé… » il a entraîné de facto une sorte de prolétarisation du corps enseignant.
    L’esprit de vocation n’est pas compatible avec le paiement d’heures supplémentaires (tout en étant évidemment compatible avec des augmentations forfaitaires). Cette affirmation est brutale, mais elle s’est toujours vérifiée.

  8. QuadPater

    Patrick « « On peut attribuer plus d’élèves à un prof »
    Cela dépend où ! »
    Oui, bien sûr. Cela dépend aussi de qui, de quand… La liberté d’organisation laissée à la base, comme le rappelle Impat, est LA condition du bon fonctionnement. Le socialiste lambda résonne ( 😉 ) sur des chiffres moyens dépourvus de sens, ce qui le fait décréter qu’avoir 30 élèves c’est toujours trop et 5 élèves ce n’est jamais assez. L’être humain normal raisonne avec son seul bon sens, et dit que « ça dépend ».
    Quand mon père (né en 29) allait au lycée à Alger les classes comptaient de 40 à 42 élèves et la double compétence des profs était très répandue (français / latin, histoire / géo, sciences nat / maths, physique / chimie). Son école primaire ne comportait qu’une classe unique regroupant plus de 50 élèves, de l’apprentissage de la lecture jusqu’au certif’ (je confirme, j’ai une photo !).
    Des chiffres impensable en Socialie où la règle de l’égalitude absolue sur laquelle veillent des syndicats paranoïaques fait perdre de vue l’objectif initial, insuffler la connaissance aux enfants et aux jeunes gens.

    « Au collège j’avais des professeurs enseignant deux matières. Ceci devrait rester possible, à condition que (…) »
    Ah non ! pourquoi une condition, Patrick ? vous voudriez garantir à un salarié qu’il aura du temps pour faire ses courses et aller à la pêche ? vous résonnez sur des moyennes ? de quoi vous mêlez vous ? de quoi se mêle l’État ? Sommes-nous des enfants en nourrice ? Les loisirs d’un salarié ne regardent personne d’autre que lui-même. Il prend ses décisions comme un grand. S’il estime qu’un poste ne lui laisse que trop peu de temps pour s’occuper de sa marmaille, il ne signe pas et cherche autre chose. Un autre prendra le poste. Si le poste ne convient à personne ceux qui le proposent devront en tirer les conséquences.
    La vie ne serait-elle pas plus simple ainsi ?

  9. …  »plus simple ainsi »…
    Certes, Quad. Mais vous connaissez notre nouvelle devise hexagonale :  »Pourquoi faire simple quand on peut… ? »

  10. QuadPater

    Je crois qu’il s’agit moins d’une aversion pour la simplicité qu’un besoin orwellien de maîtriser la vie des gens jusque dans leur intimité.

  11. C’est sans doute un peu les deux, et vous avez raison quant à ce  »besoin orwellien ». Un article prochain évoquera ce point.

  12. Guenièvre

    Bonjour à tous !
    ( non je n’arriverai jamais à sacrifier à la mode qui veut que l’on dise partout  » Bonjour à toutes et tous !!! C’est la première chose que j’entends le matin à la radio ce qui m’agace au plus haut point )

    « L’être humain normal raisonne avec son seul bon sens, et dit que « ça dépend » » écrit Quad !

    Vous avez très bien défini le mal de l’EN et, je le crain, le mal français. Il y a des classes à 28/30 élèves qui ne posent aucun problème. J’ai connu d’autres cas où, il n’aurait pas fallu dépasser 15 élèves ( enfants en difficulté).
    De même, demander à tous les enseignants de faire exactement le même nombre d’heures de cours par semaine est une absurdité : pardon pour les professeurs de sport mais 18 heures d’EPS ne demandent pas le même investissement que 18 heures de cours de français en 1ere Littéraire. Mais il faut que, sur le papier en tous cas, tout le monde soit à EGALITE !

  13. Bonjour à …Guenièvre.
     »le mal de l’EN et, je le crains, le mal français » […/…]  »tout le monde soit à EGALITE ! »
    Oui, tout bien pesé je crois qu’en effet le mal français se retrouve tout entier dans cette étrange passion pour l’égalité. Notre peuple s’est habitué à ignorer totalement que c’est l’inégalité qui est à l’origine de tout progrès, voire de tout fonctionnement.
    En thermodynamique on montre que seule une différence de température est créatrice d’énergie. En navigation à voile, l’absence de vent (donc de différence de pression) immobilise le bateau. Dans une société il ne peut y avoir transmission de savoir que si les uns disposent d’un savoir plus grand que les autres.
    Il faudrait, c’est irréaliste mais ce n’est pas une provocation, changer la devise affichée aux frontons des mairies: Liberté, Inégalité, Fraternité.

  14. Guenièvre

    Impat lorsque l’on a écrit « Egalité » c’est à l’égalité de droits que l’on pensait . L’égalité de droits est un principe démocratique mais on tend de plus en plus à vouloir une égalité de conditions. Voir cet étrange intitulé du nouveau :  » Secrétariat à l’égalité réelle  » !
    Or vouloir l’égalité des conditions c’est s’engager dans un processus générateur de conflits sans fin et, comme vous le dites, un processus qui conduit à la nécrose de la société.

  15. …  »c’est à l’égalité de droits que l’on pensait »…
    Oui, lorsque l’Assemblée (La Constituante, je crois) a voté cette égalité des droits, le débat avait porté précisément sur l’existence, dans l’ancien régime, de juridictions séparées pour juger les gens de la noblesse et ceux du tiers-état. Lajustice, ensuite, est devenue la même pour tous. En principe.

  16. Souris donc

    Corrélation inverse entre effectif et efficacité : paradoxe séduisant mais relevant d’une généralisation quelque peu abusive. Armée ? Police ?
    Quant à l’EdNaze, je voue aux enseignants une admiration infinie. Au-delà de 4 drôles, je panique et préférerais être au fond de la mine ou au pénitencier. Je parle de drôles normalement insupportables. Alors les boulets racailleurs avec qui il faut négocier chaque tâche, qui refusent, contestent tel point du programme d’histoire, en disant, au mieux « C’est votre opinion, c’est pas la mienne » et au pire « Je kiffe pas ce que vous racontez » en menaçant du grand frère à la sortie. Merci bien.
    Et quant à la race des parents d’élève, c’est pire que supporter du PSG. Avançant quelques notions de psychologie de magazine, ils envoient leur navrante progéniture s’épanouir à l’école, tout en ayant Polytechnique en ligne de mire.
    On ne peut plus concevoir d’aller à l’école basiquement pour apprendre quelque chose. Nous, le bagage minimal, c’était les départements avec leur chef-lieu, l’orthographe, la règle de trois, 3 fables de La Fontaine et Oceano Nox. Ça pourrait avoir évolué dans le contenu.
    Or, on recrute les enseignants sur les connaissances et non les compétences et ensuite, on inverse : les connaissances deviennent secondaires. Il faut l’autorité naturelle, et si possible souriante, rayonner, avoir du leadership, de la prestance et du charisme.

    La corrélation inverse entre effectif et efficacité a été démontrée par Zoé Sheppard dans son Absolument Dé-bor-dée, inflation de la fonction publique territoriale pour des raisons clientélistes.

  17. Souris donc

    Quant à l’hystérie égalitariste, heureusement qu’on est inégaux, sinon, pas de Mozart et pas d’Einstein. Zéro progrès. L’URSS. Tous égaux, tous pauvres. Et encore, leur nomenklatura était plus égale que leur prolétariat censé dictaturer. Staline sait ce qui est bon pour toi. Tu la boucles, sinon goulag.
    De quoi l’égalitarisme est-il le nom ? Du totalitarisme qui avance masqué.

  18.  »De quoi l’égalitarisme est-il le nom ? Du totalitarisme qui avance masqué. »
    Joli condensé sur la question.

  19. Mario

    Les hommes n’étant pas dotés des mêmes capacités, s’ils sont libres, ils ne seront pas égaux, et s’ils sont égaux, c’est qu’ils ne sont pas libres. (Alexandre Soljenitsyne)
    Dans notre pays , on ne parle que d’égalité alors que l’on aurait besoin de liberté mais ce n’est pas le cas de partout dans le monde. Souvent on ne retrouve ni l’un ni l’autre, ni égalité, ni liberté parfois peu de fraternité.
    Dans une démocratie, il faut un subtil mélange des trois.
    Liberté , Égalité, Fraternité, cet héritage républicain est un monstre de philosophie à lui seul. Libre sans atteindre l’intégrité de l’autre, Égal sans nivèlement vers le bas, fraternel sans s’oublier où se diluer soi même.
    J’ai apprécié l’article car je ne m’étais jamais posé la question du rapport efficacité / nombre.

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