Pacifique Islam

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Deux vols de 10 à 12 heures, environ 26 heures de voyage… et vous atterrissez à Papeete Faaa. Oui, il faut bien ce triple A pour prendre conscience de la grâce qui vous attend !

Les cartes postales vous l’avaient promis, les agences de voyage vous l’avaient juré, vos espérances y comptaient de plus en plus sûrement. Eh bien c’est vrai, vous arrivez au paradis. Oh pas tout de suite, un aéroport est un aéroport et Faaa vous fait subir, comme les autres, les foules comprimées et les queues aux guichets. Vos valises n’arriveront pas rapidement sur le tapis du distributeur, vous ne trouverez pas immédiatement le bar pour souffler devant un verre, la bonne sortie n’est pas fléchée selon vos désirs. Comme partout.

Mais après tout cela, commence déjà sur les cinq kilomètres à parcourir pour rejoindre Papeete… Commence déjà quoi, au fait ?

Vous ne savez pas quoi, mais ça commence. Le ciel plus bleu, l’air plus vibrant, les aperçus à droite sur une végétation dont les différents verts se bousculent, s’entremêlent avec une densité qui fait oublier nos forêts européennes. Les aperçus à gauche, rares mais éloquents, sur un lagon encore très urbain mais laissant deviner ce qu’il peut devenir moins près de la grande ville.

Après une première nuit polynésienne, si vous êtes bien éveillé malgré le long voyage d’hier, ne tardez pas: aller tout de suite vous imprégner de Tahiti au marché de Papeete. Et si vous n’êtes pas bien éveillé, ce marché va se charger de vous ouvrir les yeux et l’esprit. Les mille couleurs, les mille parfums, les mille fleurs, légumes, fruits, poissons, graines, épices, vous envahissent, vous entêtent, vous ravissent. Mais plus frappant encore, l’atmosphère de travail intense imbriqué de sourires, et d’une amabilité qui n’est pas que commerciale, vous fait entrer de plain pied dans l’esprit polynésien.

Alors vous reviennent en mémoire vos dernières visites au marché de Saint-Denis dans le  »9-3 ». Il y avait aussi beaucoup de monde, mais pourquoi s’y voyait-on moins accueilli, pourquoi s’y sentait-on moins à l’aise ? Pourquoi ne comprenait-on rien au langage parlé sur les bancs ?

De ce souvenir, et de l’atmosphère radieuse du marché de Papeete, surgit un vœu. Que le marché, à Tahiti, reste ce qu’il est !

Est-il donc menacé ? Non, sans doute. Pourtant les coutumes locales, même les plus emblématiques, même les plus imprimées dans les cœurs, ne sont pas à l’abri des incursions culturelles venant de loin.

Mais la population veille au grain. Voici deux ou trois ans, on a commencé à entendre parler d’un certain Hicham El-Barkani, récemment arrivé sur l’île. Âgé d’à peine plus de vingt ans, visage d’intellectuel portant fines lunettes et barbe, il était ou se proclamait imam. Jusque là, pas de problème. Les réunions organisées dans un  »lieu de prière » restaient confidentielles, ne dérangeaient personne, ne perturbaient en rien la vie quotidienne des habitants, ne modifiaient en rien l’aspect de la ville qu’ils connaissent et qu’ils aiment.

Puis le bruit commence à courir. L’imam El-Barkani s’est procuré un grand terrain en ville. Avec quel argent ? Nul ne le sait. Et on apprend bientôt l’existence d’un projet de mosquée sur les lieux. Avec minaret, muezzin… ?

Alors Papeete n’y tient plus. Sur les ondes des radios polynésiennes les commentaires pleuvent, quasiment tous dans le sens d’une farouche opposition à l’éventuelle incursion d’une autre culture. Les auditeurs protestent, le ton monte… les réseaux sociaux traduisent une chaude colère. Enfin, chose rare à Tahiti, en juillet la rue s’en mêle. Plusieurs milliers de personnes, cinq à dix mille dans une ville de cent mille habitants (communes de banlieue comprises), manifestent, brandissant banderoles, criant slogans.  »…

 »Que croyez-vous qu’il arriva, ce fut le slogan qui creva » ? Non, Voltaire n’est plus là pour conter l’histoire. Les slogans persistèrent longtemps, et restent encore présents dans les têtes.

Là-bas on ne s’entête pas contre l’avis du peuple. Le projet semble abandonné.

Mais de cette réaction, qui a entendu parler en France métropolitaine ? Il faut semble-t-il bien chercher pour en trouver trace dans la presse nationale…

Tahiti, modèle de beauté, de sourire et d’accueil, nous donne une leçon. Elle sait être aussi un modèle de résistance.

21 Commentaires

  1. QuadPater

    Un des rares coins de France où on trouve encore un triple A.
    … Anticorps Anti Arabes ?

  2. Souris donc

    Ce doit être l’insularité. Les Corses, les Australiens, les Japonais, les Irlandais sont plus conscients de leur identité (si le gros mot évoque les heures les plus sombres, disons unité culturelle) que nous autres continentaux ouverts de force à tous les vents censés favoriser les dieux du commerce. Des identitaires sans complexe et sans vergogne se sont affirmés, et la fragile chimère s’est montré telle qu’elle était : un assemblage sans cohérence, une utopie qui périclite sous nos yeux au premier vent mauvais.

  3. Ce « coin de France » aux antipodes semble encore épargné, mais les USA sont bien contaminés. Erdogan y a inauguré sa mégamosquée !

  4.  » les USA sont bien contaminés « et la France donc !!

  5. Oui, mais la France, on savait !

  6. voici la manif vahiné  » la charia, faut pas charrier  »

  7. QuadPater

    Dites, vous avez regardé le reportage de kravi ?
    Des cromagnons sans cravate qui rejettent l’acculturation !
    Des sauvageonnes à moitié nues qui refusent le voile !

    Et si… et si c’était tous ces mauvais Français, les Polynésiens, les Corses, les Québécois, qui étaient aujourd’hui nos anticorps les plus robustes, s’ils étaient les meilleurs défenseurs de l’esprit, de la langue et de la culture hexagonale contre la submersion arabo-musulmane ?

  8. QuadPater

    Ce n’est plus « kravi » d’ailleurs, c’est « dov kravi », qui sonne presque comme « don kraveone ». 😉

  9. Parmi les  »vrais bons » Français, Quad, vous pouvez ajouter les Sénégalais, les Ivoiriens, et quelques autres…

  10. @ Impat,
    Et les Français qu’y voient rien, qu’en dites-vous ?

    😉

  11. C’est la faute des éléphants, Patrick. Ils ont défense d’y voir.

  12. Bibi

    Pas de Charia-Chic pour les polynésiennes, sanglots. Point de Burkini à Bora-Bora, larmes. C’est encore la France?
    Franchement Impat, je ne sais pas ce que vous reprochez à l’aéroport de Tahiti, il était bien modernisé début-mi années 1990.

  13. Bibi

    Sinon, j’en veux au waze 1.0 de Moïse — l’archipel est bel et bien terre de lait (de coco) et de miel (d’ananas) donnés, yaka les cueillir. Et hormis des moustiques, point de bébête méchante/vénéneuse. Pas étonnant que les indigènes soient naturellement heureux.

  14. Lisa

    Prenons exemple sur eux ? mais les blancs n’ont pas le droit, ils sont par nature racistes et islamophobes.

  15. Bibi

    @Impat,
    Dans Haaretz du 7 mars il y a (la trad. en anglais d’) un article de Gadi Taub traitant du multiculturalisme US et des raisons pour lesquelles il s’écrase en Europe et en Israël. Pas sûr que lapaixmintenant le trouve digne de trad. en français, mais vous pouvez le faire, il est éclairé 🙂

  16. Merci Bibi pour cette info. Je vois cet article, il est du 7 avril, sur Haaretz. Mais ce journal refuse de nous voir traduire et publier ses articles…

  17. Bibi

    Oui, avril (pardon, j’avais en tête la vo). Curieux qu’ils ne vous autorisent pas, c’est l’une des sources favorites des sites francophones sionophobes (ils le font peut-être sans autorisation?).

  18. …  »des sites francophones sionophobes »…
    Là doit être la raison ! 🙂

  19. Bibi

    Peut-être. En tout cas, l’article vaut la peine d’être lu, car lucide.

  20. Bibi

    Salut RK!
    Content de te relire.
    Le Labour anglais a viré encore un peu plus ces derniers temps. Au point où Nick Cohen (qui n’est pas juif mais « Rouge » de parents) a coupé le cordon, se déclarant juif.

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