Fink.

Fink1

J’en suis réellement navrée, mais il ne m’est pas possible de joindre ma voix au cœur des pleureuses qui dénoncent le traitement répugnant réservé à Finkielkraut place de la République.

Accueilli par des lazzis et des insultes, traité de facho et peut-être même de « sale juif », Finkielkraut , dont le flegme n’est probablement pas la vertu cardinale, a réagi comme l’eut fait la plupart d’entre nous. C’est un peu ça le problème. On aimerait justement que les Immortels ne soient pas comme nous.

Et d’ailleurs, au risque de commettre un piètre remake des « Fourberies de Scapin », je ne cesse de me demander ce qu’il allait faire dans cette galère.
Il semblerait que notre Académicien a voulu s’informer par lui-même des revendications portées par les « Nuits debout ». Un peu comme si tel ou tel médecin chef de service prenait lui-même la température de ses patients. Ça semble louable. Mais cela ne l’est pas.

Bien sûr, Alain Finkielkraut a parfaitement le droit de se promener à toute heure sur n’importe quelle place de Paris ou d’ailleurs sans se faire insulter. Mais ce n’est pas Alain Finkielkraut qui est sorti prendre l’air sur n’importe quelle place, c’est un des 40 Académiciens, dépositaire d’une histoire et d’une tradition, qui est allé se mêler à une foule idiote, comme toutes les foules.

L’intelligence brillante de Finkielkraut aurait certainement dû imposer aux « Nuits debout » un minimum de respect et de silence. Mais surtout, l’habit vert aurait dû imposer à Finkielkraut un minimum de distance.

Même si l’on peut comprendre sa méfiance face aux informations divulguées par les médias, il eût probablement été mieux inspiré en contemplant l’agitation du haut de son siège du Quai de Conti. (1)

Lors de la Commune de Paris, le fauteuil d’Alain Finkielkraut était occupé par Henri d’Orléans qui ne s’est pas déplacé en personne pour cerner de plus près les revendications des Communards.

Monsieur Finkielkraut, en 2014 vous êtes entré dans l’histoire, vous nous rappelez souvent à quel point la connaissance de celle-ci est nécessaire, alors, ne la bafouez pas, tenez votre rang, que cela vous plaise ou pas. A l’heure où tous les repères foutent le camp, où les présidents s’exhibent en tongs, où les nymphettes sont hissées au rang d’idole, où les champions de Formule1 se prennent pour Nietzsche, où nombre de vos confrères philosophes se la jouent copain-copain avec les starlettes de Prisunic et les minus habens de tout bord, soyez l’homme qui nous indiquera comment on voit les choses depuis Sirius, pas depuis le caniveau.

(1) Avant, j’écrivais « Quai Conti », mais c’est Jean d’Ormesson qui m’a appris que l’appellation exacte était « Quai de Conti » et je n’ai pas envie de me mettre tous les Académiciens à dos.

62 Commentaires

  1. Tout ce qu’écrit l’article est à mon sens justifié, je crois aussi que Finkie aurait mieux fait de s’abstenir. Toutefois il serait juste de lui reconnaître en cette affaire un remarquable courage moral et physique, dont beaucoup de personnalités de son niveau n’auraient pas été capables.

  2. Eh bien non, Sophie, pas du tout d’accord. Je partage votre dégoût pour cet abandon de la décence que vous déplorez au dernier paragraphe.
    Mais un homme, brillant témoin de son temps, fût-il académicien, a le droit de se promener où il veut quand il veut.
    Que je sache, nous sommes encore un pays libre, n’en déplaise aux nazillons qui pavoisent la place de la poubelle.

  3. Flamand Sophie

    Oui, effectivement, nul lieu ne peut lui être interdit. Mais je déplore néanmoins le manque de distance.

  4. Pas d’accord non plus avec ce billet.
    Nous devrions au contraire remercier Finkie qui, par son éviction brutale de la place de la République, nous montre la tolérance dont font preuve les amis auto-proclamés de la liberté.

  5. Yaakov Rotil

    Il a vraiment le cul entre deux chaises… Voilà quelqu’un qui se veut et juif et français, ce qui, de nos jours, me semble une position difficile à tenir.

    J’ai été choqué de l’accueil qu’on lui a fait, choqué mais pas surpris.

    Sur ce coup-là, ma sympathie lui est acquise.

    Mais, pour moi, il reste un impénitent de JCall… Et là, c’est NIET !

  6. « une foule idiote, comme toutes les foules » dites-vous Sophie? Il ne s’agit pas de foule idiote mais de nervis antisémites, nazillons dévoués au totalitarisme vert:

    Merci à Patrick pour la vidéo

  7. oypsilantis

    Sophie, je comprends (ou crois comprendre) votre point de vue. Et loin de moi l’envie de polémiquer, de faire le mariole en ligne, nous avons tous mieux à faire.

    Alain Finfielkraut est un homme stimulant et je n’ai pas à juger de son intervention sur cette place. Il a agi en citoyen libre doté d’un minimum de courage physique : à un grand courage intellectuel, il a voulu (je suppose) ajouter un peu de courage physique. God Save Him !

    Quant au public de la ladite place, il sent (et de loin) le-fond-de-culotte-pas-lavé-depuis-longtemps.

  8. Lisa

    Je comprends aussi le point de vue de Sophie mais c’est quand même grave de ne pouvoir aller là où l’on prône l’ouverture à l’autre et la liberté de paroles.
    Mais nous autres antidoxiens (là c’est le plan on se conforte et console en allant sur ce site) ne sommes pas étonnés je pense.

  9. Nonette

    Perplexe …l’état d’urgence n’étant toujours pas levé comment expliquer les comportements de ces « Jeunes »de tous âges ,,agressifs ,violemment contestataires,…la loi El Khomri devenue « loi travail « justifie-t-elle ce barnum nocturne ?

  10. Nonette, la loi El Khomri n’est plus vraiment concernée. Probablement ne fut-elle que l’élément déclencheur ayant servi de prétexte. On pourrait parier que la moitié des occupants de la place de la République ne sait pas ce que c’est que cette loi. D’ailleurs qui le sait vraiment ? Entre ce qu’elle fut, ce qu’elle a été ensuite, ce qu’elle est, et ce qu’elle va devenir, bien malin qui la connaît.

  11. Ce que je ne comprends pas c’est son extrême naïveté, que croyait-il en allant là-bas ? Quant à « Nuit debout » il est facile quand même de constater que c’est une bulle gauchiste de petits privilégiés au coeur de Paris, quelle catégorie sociale peut-elle se permettre de veiller trois semaines sans incidences sur un revenu ?

  12. Watremez, retournement typique de la culpabilité contre la victime de ces fascistes : argument imbécile, voire pervers.
    Comme si Finkie, ou vous-même, n’étiez pas libre de vous balader sur la voie publique. Ce qui est frappant, après coup, ce leitmotiv sur toutes les lèvres : « c’est mérité… », « il n’avait pas à y aller… », « Ça lui apprendra… » Combien de fois ont été maugréés ces commentaires laxistes… Et ce n’est pas le bruit des abrutis le vrai danger, c’est le silence des justes. Dixit Einstein.

    Cette culpabilité dégoulinante ou les torts sont adressés à celui qui agit, qui creuse, qui tente, qui cherche, qui dérange…

  13. Bien sûr qu’il est libre de se balader où il veut mais il s’attendait à quoi ? On peut attendre quoi de ces parasites de l’ultra gauche hein ?

    Ce qui m’effare est son manque de lucidité.

    Et être tellement radical ensuite voire injurieux c’est facile à distance après certains s’étonnent de la désaffection de ce blog..Lisez complètement les commentaires nom d’une pipe, je n’ai pas dit que c’était mérité ou ceci ou cela

  14. grandgil

    à Nonette, ces gamins sont téléguidés par le PS, c’est une manière de cadrer les mécontents de gauche

  15. Flamand Sophie

    Ce qui m’effraie, ce n’est pas tant la naïveté que le mélange des genres.

  16. guenievre

    Bonjour Sophie !
    Finkielkraut est un intellectuel dont le travail essentiel consiste à analyser la modernité, ses aspects positifs et ses dérives. Il a fait la démonstration de ce qu’il dénonce depuis toujours, on ne peut le lui reprocher…

  17. Il s’est pris au jeu du grand cirque lui aussi, en effet, alors qu’académicien et dépositaire d’une tradition

  18. hathorique

    bonjour à tous

    SI vous me permettez Sophie, sur ce point je suis en désaccord avec vous Je crois que dans notre République aucun espace public ne doit être interdit pas plus à Finkelkrault, qu’à tout autre ; la liberté de parole et de circulation sont les fondements même de nos sociétés démocratiques.

    La démocratie repose sur la conception de l’être comme être libre, apte à être libre car raisonnable, apte à être libre car individualisé, reconnu comme personne.

    La liberté d’expression est un droit humain fondamental énoncé à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. De même que la liberté d’information et la liberté de la presse, la liberté d’expression pose la base de tous les autres droits : en empêchant Finkielkrault de s’exprimer, si tant est qu’il en ait eu le désir, il a été porté atteinte à ce droit fondamental constitutif de tous les autres. Le refus de la parole de l’autre car différente et la négation de l’autre comme interlocuteur sont les les bases des systèmes totalitaires. Il est des pays où cela suffit pour encourir la peine de mort. En fait on a voulu condamner ce philosophe non pas à la peine de mort elle a été abolie en France mais essayer de le réduire au silence.

    Etre académicien, ne le soustrait aucunement de sa condition homme libre et de citoyen ni de sa liberté de circulation ni de sa liberté de parole c’est même là un des fondement de cette Déclaration Universelle. Il est un homme de son siècle et un intellectuel engagé, on ne peut lui reprocher d’aller voir ce qui se passe dans Paris pour juger de lui même, On accuse trop souvent aux intellectuels de rester calfeutrés dans leur tour d’ivoire pour le blâmer sur son courage d’autant qu’il était accompagné de son épouse.

    Etre académicien n’est pas un enfermement à vie dans le champ clos d’un dictionnaire académique et Alain Finkielkraut, s’il est académicien est aussi un citoyen et à ce titre ne doit en aucune manière être empêché de s’informer et pour ce faire de plonger dans le chaudron chaud bouillant allumé par des exaltés allergiques à toute opinion autre que la leur ; Le totalitarisme, n’est rien d’autre qu’ un système de pensée considéré comme le seul possible, c’est ce qu’il me parait apparaître dans ce galimatias néo révolutionnaire qui insulte et crache sur ceux qui osent ne pas être leurs porteurs d’encens : à quand sa tête sur une pique ?

    Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 Aôut 1789.
    Art. 11. –
    La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

    Déclaration Universelle des droits de l’homme :
    Article 19
    Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

    Article 20
    1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.

    Cet honnête homme moi je le trouve touchant car il recherche les raisons des évènements et en particulier leurs raisons dernières et peut être aussi les causes premières : c’est bien là le rôle d’un philosophe éclairer son siècle et ne pas se calfeutrer dans des salons dorés fussent ils académiques.

    Je m’incline à penser que nous sommes de plus en plus dans une dérive démocratique avec le « démocratie d’opinion » devenue un mode de fonctionnement du pouvoir politique dans lequel les décisions sont prises pour répondre aux désirs de l’opinion publique, censée correspondre à celle de la majorité des citoyens. C’est aussi la tendance à recourir aux enquêtes et aux sondages pour orienter les choix politiques avec une plus grande réactivité.

    « La démocratie d’opinion traduit souvent une dérive vers le populisme et la démagogie. Elle considère l’opinion publique comme l’acteur politique prépondérant.
    Elle a pour conséquence de minimiser le rôle des partis politiques et de favoriser le carriérisme politique. L’émergence de la notion d’opinion publique est liée à l’apparition des sondages.
    Leurs résultats sont analysés et disséqués. Les moindres variations constatées sur un sujet donné entraînent des réactions quasi immédiates de la part des acteurs concernés, notamment de certains hommes politiques.
    L’opinion publique devient alors un déclencheur de l’action politique. »

  19. Sophie et Hathorique vous êtes énervantes, à avoir ainsi raison toutes deux !
    S’il est bien vrai que  »aucun espace public ne doit être interdit pas plus à Finkelkrault, qu’à tout autre » il est vrai aussi que Finkelkraut ne pouvait pas ignorer que sa présence déclencherait une émeute violente. Et que cette violence n’était bonne ni pour lui-même ni pour l’image de la France et de l’Europe aux yeux de nos concitoyens et du monde.
    La raison invoquée, aller voir par lui-même, n’est pas justifiée à mon sens. Elle paraît tout expliquer mais Finkie ne pouvait pas non plus ignorer la façon dont se déroule ce genre de manifestation de jeunes gens désœuvrés et heureux de faire la fête en ayant le sentiment de défendre une noble cause. La Place de la République depuis quelques jours, c’est une  »rave partie » et c’était bien facile à deviner. Aller voir de ses yeux ne pouvait guère le renseigner davantage.
    Reste qu’il souhaitait peut-être déclencher volontairement cette violence pour mettre en lumière le vide de la pensée de ces jeunes gens. Sur ce point il a réussi, mais cela a-t-il appris quelque chose à quelqu’un ?

  20. Patrick

    @ Impat,
    « cette violence n’était bonne ni pour lui-même ni pour l’image de la France et de l’Europe aux yeux de nos concitoyens et du monde »
    Je crois que l’image de la France est ternie depuis fort longtemps. Un peu plus ou un peu moins n’y change pas grand chose.
    On peut ne pas être d’accord avec la démarche de Finkielkraut, mais en tout cas elle a eu le mérite d’ouvrir les yeux de quelques bisounours.

  21. hathorique

    Cher Impat

    Je suis pas sure d’avoir raison, mais je ne crois pas avoir tout à fait tort, les élucubrations de ces jeunes et moins jeunes gens au coeur vaillant participent davantage d’une « ravage partie « que d’une « rave partie « à entendre les riverains lassés de tant d’incivisme et de dégradations, mais il faut bien que jeunesse exulte et s’exalte et celle qui fait les trois huit Place de la République m’apparait davantage adepte de l’exclusion que de l’exultation.

    Ils se considèrent comme les mandataires de leur génération, de sorte qu’en l’exaltant ils s’exaltent eux-mêmes en s’autocélébrant.

    Je demeure convaincue que la mauvaise image donnée par la France ne soit davantage imputable à notre versatile Président anaphorique et surtout apathique dont la politique apparait si incohérente qu’elle déconcerte même ses alliés les plus fidèles, plus qu’à un philosophe se faisant huer et cracher dessus alors qu’il ne disait rien et venait humer l’air de la République qui est notre socle commun.

    Chaque génération veut imprimer sa marque je ne souhaite pas pour celle là que le seul souvenir qu’il en reste soit le « lancer de crachats »

    bien à vous

  22. Sophie Flamand

    Le distinguo, à mon sens, comme je l’ai expliqué dans mon article, c’est que ce n’est pas Alain Finkielkraut qui est allé prendre l’air sur une place de Paris, c’est un Académicien qui est allé se mêler à la foule.

    En outre, il a relancé ce « mouvement » qui n’existe que par les médias.

  23. …  »il a relancé ce « mouvement » qui n’existe que par les médias »…
    Oui, là est certainement le reproche qu’on peut lui faire. Cette  »visite » a été contre productive.

  24. QuadPater

    Sophie, académicien ? Ou philosophe ?
    Un philosophe qui se glisse dans la foule, qui lui dispense son intelligence, qui l’éclaire de son savoir…
    Bon d’accord il faut une foule humaine et pas un conglomérat de bestiaux stupides et violents.

  25. Chère Hathorique, j’aurais dû dire  »embarrassant » plutôt que  »énervant ». Embarrassant, et rare, de se trouver face à deux positions opposées avec autant de raisons de les approuver l’une et l’autre.
    Mais à mon sens il existe au moins un point de certitude: Alain Finkielkraut, certes pas infaillible, est un homme remarquable et admirable.

  26. Il ne me paraît pas anormal qu’un philosophe ou même un académicien veuille se mêler à la jeunesse pour respirer l’air du temps.
    Du moins l’air du temps d’une certaine jeunesse.
    On reproche assez à nos élites de se bunkeriser pour l’accuser lui d’être allé chercher les emmerdes.
    Il a rencontré une jeunesse intolérante et bornée, c’est tout.

  27. … »Il a rencontré une jeunesse intolérante et bornée, c’est tout. »…
    Oui. Laquelle, quoiqu’on en dise parfois, n’est pas représentative de la jeunesse actuelle.

  28. Guenièvre

    Tout à fait d’accord Fredi M. Vous avez trouvé la bonne formule :  » respirer l’air du temps ». C’est, je pense, la mission que s’est donnée Finkielkraut. Il n’est pas un philosophe qui élabore des concepts dans sa tour d’ivoire, je dirai d’ailleurs qu’il est plus essayiste que philosophe. Il part de son vécu. Dans l’un de ses ouvrages il décrivait son expérience du téléphone portable dans les trains pour analyser les conséquences de l’irruption de ces nouvelles technologies de communication dans notre vie.
    Voilà ce qu’il définit comme son but dans la préface de « L’imparfait du présent »:
     » déchiffrer comme l’énigme du Sphinx chaque interpellation par les circonstances. Remplacer l’éternelle question  » Qu’est-ce que… ?  » par l’inlassable question  » Qu’est-ce qui se passe ?  » Extraire le mémorable du flot de l’actualité. Tenir les détails en haute estime. Chercher la vérité dans ce qui apparaît et non derrière les apparences. Confronter sans relâche la fatalité des processus à l’imprévisibilité de la conjoncture. Renoncer, pour interroger les événements, au désir de surplomber une fois pour toutes l’histoire : voilà les principes que j’ai essayé de mettre en œuvre tout au long de la première année de ce qu’il est convenu d’appeler le troisième millénaire… « 

  29. Sur le podium des préceptes énumérés dans cette préface, je placerais pour ma part les trois ci-dessous, dans l’ordre:

    Extraire le mémorable du flot de l’actualité.
    Renoncer, pour interroger les événements, au désir de surplomber une fois pour toutes l’histoire.
    Confronter sans relâche la fatalité des processus à l’imprévisibilité de la conjoncture

  30. Elisabeth Huber

    Ce n’est pas qu’un nid de gauchistes, il y a eu une dominicaine en habit et tout et tout qui y est allée (vs me direz une dominicaine peut être gauchiste.
    Elle a eu l’occasion de faire tomber certains stéréotypes sur les cathos, ce qui me fait bien plaisir.

  31. Elisabeth Huber

    Pas que des gauchistes, une dominicaine en habit y est allé, elle a fait tomber queslques stéréotypes sur les cathos, vs me direz une dominicaine peut être d’extrème gauche.
    Certains citent Simone Weil aussi, pour son attention aux ouvriers

  32. Sur la définition des philosophes élaborant des concepts et omettant leur expérience…
    Montaigne part de son expérience…
    Pascal aussi…
    Spinoza également…
    voire Diogène…

  33. oypsilantis

    Guenièvre. Je ne suis pas ici pour distribuer bons et mauvais points, mais j’admire la précision de votre remarque : « Il n’est pas un philosophe qui élabore des concepts dans sa tour d’ivoire, je dirai d’ailleurs qu’il est plus essayiste que philosophe. Il part de son vécu », une remarque centrale qui pourrait susciter un… essai. J’aimerais vous faire part d’une impression (guère originale, j’en conviens) en vous demandant votre avis : n’avez-vous pas l’impression que l’opposition montée par les mass-média entre Alain Finkielkraut et les philosophes purs et durs, type… rejoint la vieille opposition montée par ces mêmes mass-media entre Camus et Sartre, Alain Finkielkraut se situant (à mon sens) franchement du côté de Camus ? Et qu’est-ce qui dans le caractère français, dans l’histoire française, pourrait déterminer une telle opposition ? Si ma question est mal posée, dites-le moi.

  34. hathorique

    « Chère Hathorique, j’aurais dû dire »embarrassant » plutôt qu' »énervant »

    Cher Impat pour qu’une viande gagne en tendreté (surtout celles des vaches laitières) il faut la dénerver : énervant ne m’a énervée en aucune manière.

    Ma tendre Sophie pour être un académicien, Alain Finkielkraut n’en est pas pas moins mais pas plus un citoyen, ceci est une question de principe intangible et non pas d’opinion versatile et donc par principe aléatoire.

    « En outre, il a relancé ce « mouvement » qui n’existe que par les médias. » Si sa force de conviction même muette a été telle sa place est alors au Panthéon peut être en compagnie d’Emile Zola celui de J’Accuse (non je plaisante)

    Ces révoltés devraient alors lui tresser une couronne de cannabis communément appelé le chanvre créatif 😉

    Mais ces jeunes guévaristes adeptes de la parole librement cadenassée sont portés à bouts de rangers par les médias dont les petits rapporteurs voient déjà fleurir sous les pavés de la République la plage de la Révolution. Le problème c’est que beaucoup dans le troupeau de ces bêlants à l’instinct très grégaire, mais pas tous et pas qu’eux contestent aussi son élection à l’Académie Française estimant que son entrée dans cette illustre maison est usurpée ; si sa place n’est ni dans la rue ni à l’Académie ou est elle ? dans un camp de rééducation en attendant peut être une réorientation vers un tri sélectif .

    Mais cette brûlante actualité va être réduite en cendres par une autre plus brûlante encore :
    celle des primaires qui ma chère Sophie, n’auront ni l’éclat ni la magnificence des « primitifs flamands ».

    Merci Genièvre pour la justesse de votre analyse sur Finkielkraut plus essayiste que philosophe peut être l’objet d’un billet, en tout cas sa lecture est irriguante pour la fertilisation des esprits , foi de jardinière 😉

  35. …  »foi de jardinière😉 »…
    Vous cultivez même le genièvre, Hathorique ?

  36. hathorique

    … »foi de jardinière😉 »…
    Vous cultivez même le genièvre, Hathorique ?

    Sus au correcteur automatique sur de lui et dominateur, qui me fit confondre de délicieuses baies sauvages de la famille des Cupressacées (si si) et une très illustre dame galante et savante ce qui n’est pas incompatible, c’est la confusion des genres 😉

    J’utilise ces baies dans beaucoup de mes plats, sauf dans la crème anglaise car elles ne supportent pas le climat trop humide.

    Chaque automne je vais dans le Vercors ramasser des baies de genièvre en écoutant le brame du cerf, c’est mon acte de résistance écologique. La forêt y est aussi envoutante et mystérieuse que celle de Brocéliande.

  37. Une forêt enchanteresse sans enchanteur. Mais peut-être y en a-t-il un…

  38. QuadPater

    Finkounet est libre de se promener où bon lui semble, ai je cru lire ici bas.
    C’est une reflexion TRÈS TRÈS bête !
    Les libertés d’expression / d’aller et venir de ce monsieur, oui bien sûr « on est en république » c’est bien. Mais la liberté du premier gaucho venu de lui casser la gueule, qu’en faites vous ?

    Je vote pour Soso.

  39. QuadPater

    … ça m’énerve cette validation intempestive du commentaire !

    Je voulais dire que je ne suis pas philosophe (Dieu m’en préserve !) mais je sais faire la différence entre les libertés plutôt théoriques – Fink peut aller où il veut – et les bien réelles – je crache sur cet académicien de mes deux qui vient nous provoquer moi et mes potes…

  40. Certes Quad. C’est qu’avec les 3 mots sacrés écrits sur les mairies on a trop tendance à oublier les adjonctions.
    La liberté…se limite à l’empiétement sur la liberté des autres.
    L’égalité…doit être limitée à l’égalité des droits.
    La fraternité…s’arrête en cas de nuisance à la collectivité.

  41. Guenièvre

    @ oypsilantis,

    Ma distinction n’est pas une volonté d’établir une hiérarchie, elle ne comporte pas non plus le mépris contenu chez des médias qui veulent parfois souligner une différence entre les « grands intellectuels » et ceux de seconde zone. Non, ma distinction est surtout affaire de goût personnel pour une démarche qui me correspond davantage et qui consiste à partir de ses propres sensations, perceptions afin de fonder une réflexion philosophique . Je n’ai jamais lu entièrement – sans doute ai-je tort- Hegel, Kant ou autres inventeurs de concepts, alors que Montaigne et Camus me passionnent toujours.
    Je ne sais pas si, ailleurs qu’en France, on fait ou non cette distinction mais sans doute que Montaigne et ses Essais, Pascal et ses « Pensées » ont fait que ce genre est particulièrement prisé dans notre pays .
    Voilà votre question n’était pas mal posée mais je ne sais pas si ma réponse peut vous satisfaire. 🙂

    @ Quad,
    Vous avez raison : chacun est libre d’avoir son territoire et les autres n’ont pas à venir s’y immiscer : laissons donc les banlieues aux d’jeunes et certains quartiers aux hommes qui ont tout à fait le droit d’insulter les femmes qui viennent les y provoquer en dévoilant des chevelures émoustillantes ! Il y a quand même bien d’autres endroits où se promener ! 😉

  42. Guenièvre

    Une analyse de l’événement :
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/04/18/31003-20160418ARTFIG00113-alain-finkielkraut-nuit-debout-et-le-fascisme-des-antifascistes.php

    « Finkielkraut a été chassé d’un espace public confisqué par une faction idéologique qui se prend pour le peuple en marche. Apparemment, une partie de Paris appartient désormais à un groupuscule révolutionnaire qui distingue ceux qui y sont les bienvenus et ceux qui ne le sont pas. » (…..)
    « Nuit Debout veut réinventer la démocratie en renouvelant en profondeur le débat public, en le délivrant de ses entraves institutionnelles. Officiellement, la démocratie représentative serait souillée et corrompue, et étoufferait la véritable délibération. Il faudrait désormais se connecter directement au peuple, en lui permettant de parler sans filtre. C’est le rêve éternel de la démocratie directe. » (….)
    « C’est le paradoxe de la démocratie directe: elle prétend approfondir la démocratie alors qu’elle s’ouvre à la logique de la meute en se permettant de conspuer la dissidence trop ouvertement affichée. La démocratie directe ne se croit véritable que lorsqu’elle est fusionnelle et donne à ceux qui s’y investissent le sentiment de participer à une unanimité révolutionnaire. Ceux qui ne se joignent pas au mouvement sont alors présentés comme des ennemis du peuple et même, de l’humanité. » (….)
    « Le mouvement Nuit Debout, en se transformant en théâtre d’un triste lynchage, a dévoilé sinon sa vraie nature, du moins celle de certains de ses militants, qui carburent à un fanatisme progressiste étranger aux règles élémentaires de la civilité démocratique. »

    Je voudrais d’ailleurs relever deux expressions qui sont depuis longtemps présentes dans le travail d’A.F. : « espace public » et « civilité démocratique » . L’espace public mixte et ouvert est, selon lui, l’endroit par excellence où se manifeste la civilité démocratique de nos sociétés occidentales. C’est même la caractéristique principale de notre « civilisation ». Raison de plus pour ne céder cet espace à aucun communautarisme ou mouvement sectaire…

  43. Guenièvre

    @ Lisa,

    « Ce n’est pas qu’un nid de gauchistes, il y a eu une dominicaine en habit et tout et tout qui y est allée… »

    Tout à fait ! Il y a certainement dans ce mouvement, un grand nombre de gens parfaitement sincères qui sont déçus des partis politiques ( comment ne pas l’être !) et qui croient que l’on peut inventer une nouvelle forme d’expression politique plus juste et plus directe. Malheureusement ce genre de mouvement est très vite manipulé malgré toutes les précautions que l’on peut prendre pour éviter la récupération.

  44. Lisa

    Il paraît que Nuit debout dans les autres endroits, comme Saint-Denis, sont plus interessants, entendu sur radio Notre Dame.
    Les veilleurs iront-ils voir les « Nuit debout » ?

  45. Lisa, sans doute, s’ils aiment les histoires à dormir debout. 🙂

  46. oypsilantis

    Guenièvre,
    C’est aussi ce qui me rend proche Alain Finkielkraut, cette manière existentielle de s’investir dans ses écrits, dans « Le juif imaginaire » par exemple, qui est l’un des plus beaux documents autobiographiques de l’après-guerre (écrit en langue française tout au moins).

  47. QuadPater

    Guenièvre : il y a libertés et libertés. Celles que vous, non, NOUS voulons appliquer à Fink est la théorique, celle qui est revendiquée par tout le monde et défendue par… euh…. je ne sais pas.
    La liberté de la racaille de cogner et cracher n’est revendiquée par personne. Elle n’est limitée que par une contre violence. Autre racaille ou police.

  48. QuadPater

    Une voiture de flics incendiée… difficile de faire le distinguo entre une racaille de nuit debout et une racaille tout court.

  49. Quad,… « une racaille de nuit debout »…
    Quant à une racaille de nuit couchée,…faut voir. 🙂

  50. QuadPater

    Le mouvement nuit debout est il formé de racailles, ou celles ci n’en sont que le service (je n’ose pas rajouter « d’ordre ») ?
    Elle est pas philosophique ma question ?

  51. QuadPater

    … n’en sont ELLES…

  52. QuadPater

    À propos de ces échauffourées, ces tensions, bref ces violences, quelqu’un a-t-il des nouvelles de l’état d’urgence ? Supprimé ?
    Toujours en application sauf en IDF ?
    Autre ?

  53. Flamand Sophie

    Je continue à me demander s’il ne faut pas choisir entre « l’air du temps » qui devrait être reniflé à grandes goulées et le statut d’ « Immortel »…

    A mon sens, c’est l’un ou l’autre, mais j’avoue être de la vieille école.

  54. Le problème, Sophie, de  »l’un ou l’autre », c’est justement qu’il faut choisir. Et  »choisir », ce n’est pas dans l’air du temps.
    Nous sommes dans le plus vicieux des cercles.

  55. Guenièvre

    @ Sophie, Impat,

    Est-ce qu’être devenu académicien implique que Finkielkraut renonce à son travail de philosophe ( tel qu’il l’entend lui et qu’il a redéfini hier sur BFM TV ) à savoir le décryptage de la vie politique au sens large du terme ?
    Est-ce que nous devons laisser l’espace public ( si Nuit Debout se tenait dans une salle ce serait complètement différent ) à des groupes qui se l’approprient et décident qui est le bienvenu ou pas ?
    Nous aurions donc en France des places réservées aux gauchistes sur lesquelles les « réactionnaires » ne pourraient se rendre sans être qualifiés de provocateurs et vidés. Des places réservées aux islamistes sur lesquelles les femmes « en cheveux » seraient interdites pour atteinte « aux bonnes moeurs ».
    Si on est femme et réac notre espace sera bientôt très restreint…:-)

    Pour ceux qui le veulent, ( Impat ce ne sont pas des images !) voici le discours de F.Lordon, l’un des initiateurs du mouvement, sur l’épisode FInk. Il fait l’apologie de la violence révolutionnaire et même si son analyse des élites politiques n’est pas toujours fausse, c’est hallucinant qu’un économiste, directeur de recherche au CNRS puisse ainsi appeler à l’exclusion et à l’éradication de ceux qui ne pensent pas comme lui.
    Finkielkraut a bien analysé le discours et les positions du mouvement : pour eux c’est un retour aux schémas du passé, avant le terrorisme islamiste. Ils sont tellement gênés par ce phénomène qu’ils l’occultent. Les ennemis sont toujours, comme dans les années 70, le capitalisme et le repli identitaire haineux . Et le symbole du repli identitaire haineux ce ne sont pas les islamistes mais des gens comme lui, A.Finkielkraut !

  56. …  »c’est hallucinant qu’un économiste, directeur de recherche au CNRS puisse ainsi appeler à l’exclusion et à l’éradication de ceux qui ne pensent pas comme lui. »…
    Ce Lordon, à lui tout seul, décrédibilise totalement la Place de la République, il est un déshonneur pour ses pairs.
    Guenièvre, vous êtes très convaincante.

  57. desavy

    Bonjour à tous. La visite de Finkie a au moins eu le mérite de montrer que l’on ne peut débattre avec ces gens que si l’on est d’accord avec eux.
    F.Lordon signifie bien le caractère révolutionnaire du mouvement Nuit Debout. Et non, l’extrême-gauche n’est pas seulement composée de doux rêveurs qui veulent une société meilleure. Elle livre un combat contre un système qu’elle veut détruire.
    Récemment, une collègue disait qu’elle avait voté pour Arlette Laguiller, juste comme ça, presque pour le plaisir. Je lui ai répondu qu’en cas de victoire de la sympathique Arlette, nous risquions de terminer notre carrière contre un mur, du mauvais côté des fusils. Mon côté taquin…

  58. L’inénarrable Lordon, révolutionnaire en peau de lapin. Heureusement que ces hurluberlus ne sont pas au pouvoir, comme el souligne desavy.
    Un petit texte plein d’alacrité, descriptif de la place de la poubelle:

  59. …  »voté pour Arlette Laguiller, juste comme ça, presque pour le plaisir. »…
    Le plaisir à peu de frais. Ce genre de motivation d’électeur n’est hélas pas rare.

  60. QuadPater

    Voter Laguiller pour être rebelle ça me fait penser à une chanson de Font et Val où l’électeur qui se la joue révolutionnaire met une crotte de nez à la place du bulletin.
    Dans les deux cas le risque est de voir son candidat élu.

  61. QuadPater

    Oui, Amaury, désolé j’étais fan de Font et Val dans les 70.
    Dans ce jeune temps j’avoue avoir couché avec des marxistes mais n’en ai jamais été un.

  62. Patrick

    @ Guenièvre, et aux autres,
    Je trouve effectivement hallucinant, mais plus encore, révoltant qu’un directeur de recherche du CNRS, autrement dit qu’un fonctionnaire puisse tenir un tel discours alors qu’il est soumis à un devoir de réserve !
    « Faire dérailler le cours des choses ». Ce bonhomme est un intégriste. Il devrait être révoqué sur le champ !

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