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€1

L’euro de réserve. Et d’active.

Le retour périodique du dénigrement de l’euro (commentaire de Tochûde sur  »Le FN et le plafond de verre » (le 13 mai à 19h27 ) au prétexte que certains pays se portent bien aujourd’hui hors de notre monnaie, mérite à mon sens les éclaircissements ci-dessous.

L’adhésion de la France à l’€ nous évite les dévaluations successives qui auparavant ruinaient périodiquement les épargnants. Et concernant les salariés, quand l’€ est fort elle pénalise les exportations hors de l’Union, donc l’emploi. Quand elle est faible, comme actuellement, c’est l’inverse.

Dans tous les cas l’€ facilite et abaisse fortement le coût des échanges entre les pays de l’Union. Or ces échanges sont une part très importante de nos exportations.

MAIS ces considérations concernent le présent et le court terme. C’est-à-dire l’actualité, seul sujet auquel la presse et l’opinion publique s’intéressent. L’introduction de l’€ avait, et a, un autre objectif beaucoup plus important pour l’avenir. Cet objectif consiste à nous doter, petit à petit car il y faut 2 à 3 générations, d’une monnaie de réserve internationale au même titre que le dollar. Cela est essentiel pour assurer la crédibilité et le coût de nos transactions dans le monde. Lesquelles sont source de richesse pour tous les Européens et d’intérêt intellectuel pour leur jeunesse. Déjà, moins de 20 ans après sa création, la part de l’€ dans les réserves des banques du monde dépasse 20 %.

Deux exemples:

Concernant le coût, la négociation de tous nos grands contrats devant se faire en dollars (exigence des clients: monnaie de réserve), nos industriels sont contraints d’augmenter leurs prix par l’adjonction d’une  »couverture de change » très onéreuse. Cela avantage fortement nos concurrents travaillant en dollars. Déjà, 20 ans après l’introduction de l’€, on commence heureusement à voir quelques contrats d’Airbus négociés en €.

Concernant la crédibilité et le risque, le rappel de l’anecdote ci-dessous datant de 2014, publié par Le Figaro/AFP, est édifiant. Une telle mésaventure n’est pas unique, et montre qu’il faut nous libérer de cette main-mise sournoise d’une monnaie étrangère. C’est là qu’il faut trouver la raison d’être de notre monnaie européenne, notre avenir industriel et financier en dépend.

C’est l’€ qui à terme nous rendra notre indépendance, ce n’est pas le fantasme d’un retour à une monnaie intérieure ignorée du monde.

<i>Le Figaro, 31 mai 2014: BNP: les USA veulent des licenciements (Par Lefigaro.fr avec AFP. Publié le 31/05/2014 à 11:18, mis à jour le 31/05/2014 à 11:30)

Les autorités américaines tentent d’obtenir le licenciement d’employés de BNP Paribas, en plus d’une amende de 10 milliards de dollars, dans le litige les opposant à la banque française accusée d’avoir enfreint l’embargo américain contre le Soudan ou l’Iran, selon le Wall Street Journal (WSJ).
« Les autorités américaines cherchent à punir individuellement des salariés de BNP Paribas et poussent la banque à licencier au moins une dizaine de personnes », affirme le quotidien financier, citant des sources proches du dossier. « Le département des services financiers de New York fait pression pour obtenir les punitions les plus sévères, y compris le licenciement de salariés et une suspension temporaire du droit de la banque à effectuer des transactions en dollars, dans le cadre d’un éventuel accord avec le département de la Justice », poursuit le journal.
La BNP « n’a pas accepté ces demandes, et il n’est pas sûr que qui ce soit soit licencié ou qu’un accord soit finalisé », précise le WSJ. D’autant que le nombre d’années qui se sont écoulées depuis les faits reprochés à la BNP « pourrait empêcher que des poursuites criminelles soient engagées contre des employés impliqués dans des transactions illégales, ce qui agace les procureurs », souligne le quotidien.
Les procureurs sont aussi « mécontents de la réponse initiale de la banque à leurs demandes de documents ou d’entretiens avec des employés en 2009 », jugée « lente ou incomplète ».
Outre le licenciement de salariés, les autorités américaines exigent trois autres éléments de la BNP, affirme le journal: un plaider-coupable, une amende de plus de dix milliards de dollars et une suspension temporaire de la possibilité pour la banque d’effectuer des transactions en dollar à New York. Selon le quotidien, c’est « l’étendue des efforts faits pour échapper aux sanctions contre le Soudan » qui a le plus « alerté » les autorités américaines.
</i>

<b>Si les transactions visées par la justice américaine, qui ont eu lieu entre 2002 et 2009, sont licites au regard du droit international, le fait qu’elles aient été libellées en dollars permet au droit américain de s’appliquer.</b>

L’affaire s’est terminée, croit-on, par une amende de 9 milliards de dollars réglée à la justice américaine après d’âpres négociations par la BNP-Paribas. Si les opposants à l’euro, future monnaie de réserve, se satisfont de cette situation, grand bien leur fasse. Mais qu’ils ne viennent pas nous parler d’indépendance !

11 Commentaires

  1. tochûde

    Foutaises.

    1) L’euro existe et ne nous protège de rien.
    2) La BNP est pénalisée parce qu’elle veut faire des affaires aux Etats-Unis. Comme la SNCF d’ailleurs, elle aussi pénalisée (euro ou pas) par suite de sa volonté de travailler là bas ET la honteuse complaisance de l’opinion publique européo-soixante-huitarde envers le discours accusatoire envers la France dans la seconde guerre mondiale.

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2015/08/12/international-money-mania/

  2. Tochûde, ouvrez mieux vos yeux.
    D’une part l’anecdote citée ne concerne pas une affaire de la BNP aux États-Unis, mais une affaire entre la BNP et le Soudan et l’Iran. Seul le fait que la négociation se faisait en dollar fut à l’origine d’une forte amende américaine, c’est là qu’on perçoit l’incongruité totale de la monnaie de réserve internationale unique: le dollar. Cette incongruité, désastreuse pour nous, est en train de s’estomper doucement grâce à l’€.
    D’autre part vous semblez trouver anormal que la BNP et la SNCF cherchent à  »faire des affaires » avec la première économie du monde. Je m’en étonne un peu, au nom des ouvriers et ingénieurs de notre pays et notre taux d’emploi.

  3. Exact, Impat.

    Accessoirement : « ouvriers et ingénieurs » ? Laisse à désirer comme formulation ; à deviner de strates inavouées d’une distinction facile entre travail manuel et cérébral.

    Car d’abord : quid des comptables, pharmaciens, caissières d’hypermarché, commerciaux, j’en passe ?

    Sans oublier que si l’ouvrier n’est pas toujours ingénieur, l’ingénieur est, dans le meilleur des cas, ouvrier (dans le sens premier et véritable du mot comme dans « meilleur ouvrier de France » ; celui qui accompli une œuvre, qui travaille sur un ouvrage).

  4. QuadPater

    roturier la plupart du temps l’ingénieur conçoit et fait faire. Il ne « fait » pas.

  5. roturier

    Concevoir c’est faire. Faire c’est concevoir.
    La main et al tête sont indissociables ; sinon ils sont incompétents.
    Exemples de métiers manuels : pianiste, chirurgien.
    Bon, stop à la digression.

  6. Une jolie définition des rôles (citation de je ne sais plus qui):
    Celui qui travaille avec ses mains est un ouvrier
    Celui qui travaille avec ses mains et sa tête est un artisan
    Celui qui travaille avec ses mains, sa tête, et son cœur, est un artiste.

  7. Quant à l’ingénieur, c’est  »le rude et difficile métier qui consiste à manier la matière et les hommes ». (Marius Guibert)

  8. roturier

    Comme les arguments ici rappellent forcément ceux de « FN et plafond de verre », vu que ce dernier a pris la tangente vers un débat sur l’Euro, il ne me reste que renvoyer vers le précédent et mes commentaires 14 mai 2016 à 11 h 23 min & 14 mai 2016 à 12 h 36 min.

    Le premier traite d’économistes, prévisionnistes et autres prophètes.

    Le second commence par : « Monnaie nationale… : c’est bien quand c’est bien fait ».
    Et se termine par « …. la France a besoin de la camisole de force d’une monnaie indépendante d’elle pour éviter qu’elle ne se blesse en faisant joujou avec… ».

    Krugman n’a pas tort ; MAIS pour un pays qui, putain, gère l’économie. Dans les 8 jours écoulés depuis mes dires le 14 mai la France s’en est éloigné davantage.

  9. …  »la France s’en est éloignée davantage »…
    Oui. L’espoir qui nous reste est que, à force de s’en éloigner à la vitesse d’un ballon, celui-ci finisse par rebondir dans l’autre sens. Cela s’est vu en Grande Bretagne sous Harold Wilson.

  10. QuadPater

    Rebondir sur quoi ?

  11. roturier

    Arrivés au fond d’un trou on peut rebondir.
    Sauf à être munis d’une pelle.

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