Aux complices de Bouillé, 2/3

Arrest Of Louis XVI & His Family At House Of Registrar of Passpo

Qui sont les sanguinaires ? La Marseillaise le dit : « ces despotes sanguinaires, ces complices de Bouillé, tous ces tigres qui, sans pitié, déchirent le sein de leur mère » ; tous ceux qui, pour régler leurs conflits d’intérêt, les convoitises qui les tenaillent, envoient les peuples à la guerre, à la mort, comme sous Louis XV, comme toujours ou comme souvent.

C’est vrai, les exécutions qu’a produites la Terreur ne valent pas mieux ; au moins se donnent-elles pour ce qu’elles furent. La République est moins hypocrite.

« Le sein de leur mère » : de qui s’agit-il ? Peut-être de la Patrie, la « mère patrie ». Mais pourquoi pas notre mère patrie dès lors ?

Sans doute les Français se souvenaient-ils des sept ans de guerre dans laquelle la succession de l’empereur romain germanique de la maison des Habsbourg, Charles VI, les avait engagés sous Louis XV, à peine un demi siècle plus tôt ; bref une quarantaine d’années, le plus souvent moins qu’une vie d’homme. Nul besoin du devoir de mémoire ; était encore frais le souvenir du conflit, des guerres, des morts, des belligérants en présence, se battant contre l’archiduchesse d’Autriche, Marie-Thérèse Walburga von Habsburg, mère de Marie-Antoinette elle-même épouse de Louis XVI et archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohème, dernière reine de France et de Navarre.

La guillotine a donc mis fin à ce cumul de mandats et de titres. C’est terrible. Que ne pleure-t-on les milliers de morts que firent les complots et les guerres intestines des têtes couronnées entre elles ! Le petit peuple dégoûte, on n’en goûterait même pas.

Quels étaient donc ces tigres et lions parricides, cette conjuration de rois qu’évoque la Marseillaise, ce « chant de marche des volontaires de l’armée du Rhin » ? La succession de l’héritière des états des Habsbourg, Marie-Thérèse d’Autriche, souveraine du Saint-Empire, avait vu entrer en conflit, la Prusse, la Saxe, la France et la Bavière, le Piémont Sardaigne et l’Espagne.

Il est à noter que l’hymne républicain ne fait pas référence à un seul roi parjure, Louis XVI –elle ne l’évoque pas–, mais bien à une conjuration, une coalition de rois. C’est contre la tyrannie qu’il s’élève, l’hymne républicain, celle des rois coalisés, celle des empires, des alliances seigneuriales, suzeraines, familiales, puisque de mariages arrangés, qui se divisent territoires et âmes à leur guise, en se livrant dans des luttes fratricides (du royaume de Naples à la Silésie en passant par la terre des Angles, depuis bien avant les Capétiens et les Plantagenêt, depuis la Rome antique, cf. 12e couplet) à l’extermination, la division et la soumission des peuples. Voilà bien un hymne qui se souvient du passé, du passé lointain.

Le patronyme sous lequel je naquis ne remonte pas à Clovis, mais à ce treizième siècle des Capétiens qui vit Philippe Auguste reconquérir la France sur les fiefs du roi d’Angleterre. Et s’il porte de son origine écossaise, c’est-à-dire de sujet de la couronne britannique, en lui, l’alliance de celle-ci avec l’Anjou des Plantagenêt, c’est à Poitiers que je suis né, moins le Poitiers de Charles Martel (690-741), que celui de Jean sans terre (1166-1216), duc de Normandie, couronné roi d’Angleterre à la suite du décès de Richard Cœur de Lion, Jean d’Angleterre donc, membre de la dynastie angevine, fils d’Henri II d’Angleterre et d’Aliénor d’Aquitaine, allié à Otton IV de Brunswick, comte de Poitou, empereur romain germanique, (voir la bataille de Bouvines –Allemagne Saxe Portugal et Flandres) contre qui Philippe II (l’Auguste) fit la conquête de la Normandie et des pays de Loire, du Maine et de l’Anjou, du Poitou pour part, de la Touraine, de la Saintonge, province romaine d’Aquitaine, dans le but d’unir la France, et si possible la Navarre.

C’est de nouveau l’unité nationale qu’une coalition étrangère met en danger en 1789. Et si la monarchie constitutionnelle qui était à son aube connut en France son crépuscule avant son aurore, c’est, horreur, qu’un Empire extérieur à sa propre noblesse s’allie contre le/s peuple/s, cette fois contre un peuple constitué en nation. Voilà l’état des lieux. Vous venez de vous libérer de vos chaînes et à quel prix ! Celui du sang des peuples.

La monarchie alliée, et même mariée à l’Empire austro-hongrois, menace ! Voilà des Français l’état d’esprit, que vouliez-vous donc qu’il se passe ?!

Louis XVI n’était pas Philippe Auguste. La Nation Française nouvellement constituée n’entendait pas que l’Autriche et les blancs de retour deviennent « maîtres des destinées », ni qu’ils la rendent « à l’antique esclavage ». (2e couplet)

Quel est donc ce nouveau roman qui prétend faire de l’abbé Sieyès à l’origine de notre Assemblée Nationale un monstre d’exclusion quand c’est la noblesse qui s’est exclue d’elle-même de l’Histoire en allant contre une fois de trop ?! Une minorité despotique qui excluait la majorité de la population des décisions politiques, rechignait aux devoirs qu’elle imposait aux autres, à cet autre le Tiers État, qui s’il n’était tout, formait 98 % de la population, à qui privilèges et honneurs étaient refusés et que cette séculaire exclusion fédérait de fait.

« Si cette exclusion est un crime social envers le Tiers état, si c’est une véritable hostilité, pourrait-on dire au moins qu’elle est utile à la chose publique ? Eh ! Ne connaît-on pas les effets du monopole ? S’il décourage ceux qu’il écarte, ne sait-on pas qu’il rend moins habiles ceux qu’il favorise ? » (Sieyès in Qu’est-ce que le Tiers état ?)

« A-t-on remarqué que dès que le gouvernement devient le patrimoine d’une classe particulière, il s’enfle bientôt hors de toute mesure, les places s’y créent, non pour le besoin des gouvernés, mais pour celui des gouvernants, etc.? » (ibidem)

« Qu’est-ce qu’une nation ? Un corps d’associés vivant sous une loi commune et représentés par la même législature, etc.

N’est-il pas trop certain que l’ordre noble a des privilèges, des dispenses, qu’il ose appeler ses droits, séparés des droits du grand corps des citoyens ? Il sort par là de l’ordre commun, de la loi commune. Ainsi ses droits civils en font déjà un peuple à part dans la grande nation. C’est véritablement imperium in imperio.

À l’égard de ses droits politiques, il les exerce aussi à part. Il a ses représentants à lui, qui ne sont nullement chargés de la procuration des peuples. (…) elle (sa représentation) est étrangère à la nation, d’abord par son principe, puisque sa mission ne vient pas du peuple; ensuite par son objet, puisqu’il consiste à défendre non l’intérêt général, mais l’intérêt particulier. (ibid.p5)

C’est là la démonstration de Sieyès ; inutile de s’effrayer d’un extrait conclusif à sa rhétorique en excluant l’argumentation. C’est aussi malhonnête que de prétendre que le 14 juillet commémorerait la Terreur.

Je ne vois là que posture ignare et forfaiture wikipédiste, falsification issue de la bien-pensance auto-flagellatrice d’un monde post historique, qui l’est en cela précisément qu’il n’a de cesse de se pencher sur l’Histoire, non pour profiter de son enseignement mais pour construire l’abîme dans lequel le contemporain plonge un regard de procureur hagard qui ne sert pas le bien commun mais les particularismes que la doxa promeut avec la victimisation qui les accompagne.

Le 14 juillet ne commémore pas la Terreur et la Marseillaise quant à elle interdite, comme elle l’avait été sous l’Empire et la Restauration, par l’occupant sous Vichy, redevenue hymne national à la Libération, n’est pas ce monstre que dit une époque qui n’a de cesse de se battre la coulpe et de vilipender son Histoire et son identité.

 

19 Commentaires

  1. roturier

    Brillant plumage comme d’habitude. Mais, comme d’habitude, il y’a le ramage.

    Car, à lire ce texte du Maître une bizarrerie flagrante saute aux yeux. Suis-je le seul à la déceler avec mon regard extérieur de métèque ? Et à constater une proximité d’esprit entre la Marseillaise et ce texte ? Car, force est de conclure que :

    Le propre de la Marseillaise est d’attribuer les fautes aux autres. Toujours aux autres. C’est EUX, les coupables. Jamais NOUS. La théorie du complot promue hymne national. L’épouvantail de l’Anti- France promu drapeau. C’est en l’exterminant dans le sang, cette coalition de ces « autres », évidemment « étrangers », qu’on se libérera, dit la Marseillaise.

    Qu’ils soient autrichiens ou vendéens d’ailleurs. Pourvu qu’ils ne soient pas NOUS. Pourvu que « nous » n’ayons pas à demander si les problèmes ne sont pas, tant soit peu, de NOTRE faute. Pourvu que « nous » n’ayons pas à demander qui, finalement, nous sommes, hic et nunc.

    Un doigt accusateur obsessionnel pointé sur la poitrine en face ; suivi du mousquet. Le bouc émissaire mis à contribution non stop. Et s’il n’y a aucune poitrine en face, on en inventera une.

    Cet état d’esprit gravé dans le marbre d’une mentalité nationale à force d’être ânonné deux siècles d’affilé, comment s’étonner que l’indignation soit devenue sport nationale ; que la France s’adonne à la vénération de Sainte Colère dite « populaire ».

    Qu’est ce qu’on s’en fout, du patronyme d’origine écossaise qui remonte au 13ème siècle et du reste. Du name-dropping laissant entendre je ne sais quelle « noble » ascendance. Pour peu on nous intimera l’ordre, sur Antidoxe et en octobre 2013, de bouter les Anglais hors de France.

    Parait que se rappeler des moindres méandres d’un passé lointain au détriment du proche est symptomatique de désordres mentaux. Est-ce vrai pour l’individu mais faux pour le collectif ?

    Parait que le propre du natio-fanatic est d’aspirer au « retour » vers un point de fixation passé supposé « glorieux », « âge d’or ». Alors que l’historien n’y trouverait que sang et larmes.

    Finalement, voici la traduction française du 3ème couplet de l’hymne allemand traditionnel, gardé comme unique texte de l’hymne national actuel:
    « Unité, justice et liberté
    pour la patrie allemande.
    Cela, recherchons-le
    en frères, du cœur et de la main.
    Unité, justice et liberté
    sont du bonheur les fondations.
    Fleuris, dans l’éclat de ce bonheur,
    Fleuris, patrie allemande ! ».

    National sans doute. Mais ni revanchard, ni menaçant, ni revendicatif. Y parle-t-on de sang ?
    Comparez à la Marseillaise.

    Qu’un ventre toujours fécond adore la Marseillaise ne m’étonnerait qu’à moitié.

  2. Une citation intéressante, dans cette seconde partie :
    « A-t-on remarqué que dès que le gouvernement devient le patrimoine d’une classe particulière, il s’enfle bientôt hors de toute mesure, les places s’y créent, non pour le besoin des gouvernés, mais pour celui des gouvernants, etc.? »
    Texte d’actualité, diront certains. Des mauvaises langues.

  3. Certes. C’est exactement le principe de Parkinson.

  4. Guenièvre

     » J’ai le regret de vous faire savoir que je me sens tout a fait incapable d’exprimer un point de vue objectif sur notre hymne national. Il fait partie de ma mémoire et ma culture. Les paroles et la musique n’ont, en fait, guère d’importance pour moi ; seules comptent, lorsque j’écoute la Marseillaise ou que je la chante avec d’autres, toutes les références aux occasions dans lesquelles je l’ai entendue ou chantée dans le passé, depuis mon plus jeune âge.
    C’est pourquoi je n’imagine pas de la modifier, même si les paroles ne correspondent plus à la situation présente et peuvent même paraître à certains malencontreuses. Un nouveau chant, aussi bien soit-il, ne saurait avoir la charge émotionnelle que la Marseillaise a acquise du fait de ce qu’elle représente depuis deux siècles pour la France et des générations de Français.  » Simone Veil

    Je partage l’avis de Simone, roturier. On a tenté maintes fois de réécrire « La Marseillaise » mais en vain : les deux Empires l’ont bannie mais à chaque fois que la Patrie a été en danger elle a été de nouveau chantée : à Waterloo la vieille garde l’entonne, en 1870, lorsque le péril de la guerre avec la Prusse se précise elle retrouve sa place. Pendant la première guerre mondiale elle est chantée sur le front y compris par les soldats alliés. L’hymne français a été repris à l’étranger, en Allemagne, en Espagne à chaque fois que l’on pensait lutter pour préserver la liberté. Que l’on voit aujourd’hui les choses d’une autre manière n’y change rien . C’est violent, c’est démodé, c’est raciste disent certains… mais c’est le sens que ce chant avait pour nos ancêtres, c’est l’aspect symbolique qui en fait un objet de respect.

  5. Bravo Guenièvre, vous en parlez, vous-même, aussi bien que Simone Veil.

  6. Dame Guenièvre cite Simone Veil.
    Souffrez que je cite Edgar Faure: « L’immobilisme est en marche et rien ne peut l’arrêter ».
    Et ne vous plaignez donc plus que rien ne bouge alors que tout s’effrite.

  7. roturier

    Il serait peut-être utile de rappeler l’origine, me semble-t-il, de ce débat.

    Il y’a qq semaines j’ai rappelé à Maître Lector, sur sa demande, mon texte (ici, août 2012) « Indignation, Révolution et Fête nationale ».

    Ce bref texte, d’une quarantaine de lignes, en consacre une seule à la Marseillaise:
    « …La sanguinaire Marseillaise, dont le texte, écrit aujourd’hui, passerait pour indigne… ».

    Ligne insérée dans un cadre plus général consistant à vilipender le mythe fondateur de(s) révolution(s).

    Tout porte à croire qu’il me fait l’honneur de réagir; et plus particulièrement sur cette ligne.
    Alors qu’elle devrait être lue dans le contexte.

    Attendons la suite.

  8. Lector

    Au complice de Bouillé.
    Qui ne sait point aimer châtie mal !
    Vous êtes d’une bêtise affligeante ou bien d’une mauvaise foi terrible à moins que ne ce soit tout simplement la haine (mais de qui ?) qui guide votre plume brouillonne.
    Vous êtes buté comme un âne, incapable de lire. Attribuer les fautes aux autres, dites-vous ? Quelle stupidité ! Révisionnisme comme il se doit en temps anhistoriques.
    La conspiration, la conjuration, et le complot n’ont, n’auraient, jamais existé au grand jamais ! On se demande même pourquoi ces mots existent… n’est-ce pas ?
    La théorie du complot ?! Votre imbécillité tenace et peu magnanime se délecte de la propagande médiatique qui somme les Français de détester leur histoire et d’oublier leur passé commun, et votre coulpe rebattue fait honte aux peuples qui s’arment à regret … faut vous le dire combien de fois ?! Rentre-toi cela dans la tête une fois pour toute pauvre ignare !
    Tu illustres parfaitement ces complices de Bouillé, ou de Pétain, et votre usage du nous est salement fallacieux.
    Je ne suis pas le seul à décrypter la culpabilité contemporaine post historique à laquelle tu sacrifies comme un curieux disciple de Kemosh qui lèche le sang de ses propres veines ouvertes, versé sur l’autel de la soumission. Tes idoles inertes et délétères t’interdisent l’indignation qui est toujours une colère si elle est juste. Ce que tu ignores.
    Non, tu ne mérites pas ; pas même le tutoiement.
    Vos accusations anachroniques ne sont que projections maladives ; c’est bien vous qui pointez comme un petit procureur aux bottes le fusil et le doigt sur l’Histoire ; pensant sans doute que ses charniers, ses crimes de guerres et ses génocides doivent y mettre fin, éradiquer les paroles d’un hymne dont l’universalisme par delà la trahison sanguinaire des élites et le sacrifice de la Nation, inscrit dans le marbre et avec quelle précision, la fraternité des peuples.
    Le chant des partisans, cette « marseillaise de la Résistance », qui est bien plus sanguinaire l’a dit aussi. Cela vous effraie ? Qu’y puis-je ? Si vous ne comprenez pas de quelle lutte il s’agit, si vous amalgamez l’héroïque passé de la souffrance du sang versé à toutes les dictatures que vos diktats immondes adoubent sans même le savoir.
    Le style célinien était légitime à le faire parce que sa logorrhée infernale mimait une époque qui l’était plus encore ; et la lâcheté de l’homme a produit son ignominie. Vous n’avez, vous, aucune légitimité, et votre pacifisme de pacotille ressemble au sien, que l’Histoire a rendu plus terrifiant et terroriste que jamais l’être humain ait pu imaginer sinon tombé d’un conte biblique apocalyptique.

    Vous auriez pu en appeler à la philosophie non violente d’un Gandhi, cela aurait été tout à votre honneur mais vous préférez accuser, encore et toujours, la France, son hymne, ses patriotes, et mon histoire patronymique qui fut de simple soldat déplacé et qui est ce passé que l’on ne doit oublier (c’est une illustration pauvre con !) ; quant au « name dropping » petit concept anglo-saxon qui fait le délice de votre pensée limitée, limitative et limitrophe, putride tant elle est de toutes les violences construites, il est historique, il est le passé, et devait vous faire entendre que l’unité de ce pays a déjà été, sous Philipe II, contre une coalition de rois conjurés et fratricides, de familles moins nobles que suzeraines qui se souciaient peu des peuples, occupées qu’elles étaient à se partager entre elles au prix du sang de leurs sujets, les royaumes de Sicile et d’Angleterre, de Navarre ou de Naples ou de Saxe et d’ailleurs, cumulant titres et mandats transnationaux et blasons d’armoiries surchargés de ceux-là.
    Votre surdité effarante s’exprime au-delà de la bêtise aveugle qu’elle véhicule par une violence inique de ladre et de lâche qui attaque de biais, et ce depuis longtemps : de la bassesse de vos compliments hypocrites rampe la haine où croient s’élever vos sentiments. Essuyez donc votre bouche en cul de poule avant de caqueter !

    Il n’y a pas que les nobles qui ont une ascendance, un patrimoine historique patronymique ; voilà ce que je dis. Mon histoire familiale roturière n’a rien chronologiquement à envier à celle de quelque nobliau d’épée, de cape ou plus tardif, d’empire.
    Mon grand-père maternel, Hector Pharaon, qui m’a en partie éduqué, n’était pas un nationaliste ; breton républicain au contraire, que l’Eglise avait refusé de baptiser je l’ai dit, à cause de ses prénoms grec et égyptien pas assez catholiques, faut croire, transmis de père en fils : prénom grec, c’est-à-dire une mémoire patrimoniale de pensée dont sont issus nos philosophes français, prénom égyptien, reste d’Empire.
    Le passé, et l’Histoire y sont inscrits comme dans le prénom Louis de cet autre grand père qui nous a transmit la généalogie patronymique qui n’est pas inscrite dans un gotha mais dans des archives administratives juridiques. Cela demande un peu plus d’effort et de recherches aux roturiers de la connaître.

    Etant donnée le procès de fanatisme nationaliste que vous me faites je me vois dans l’obligation de poursuivre : Né pupille de la Nation par le décès de son père en 14, Hector, mon aïeul, a honoré la noblesse de ce prénom historique par son engagement dans la Résistance Française ; chef de réseau au côté de son ami Giraudeau, le père de l’acteur, il a été enterré avec les honneurs qui lui sont dus. C’est une charge, et un honneur, dont j’hérite sans même avoir mérité celui-ci, de celui qui m’appelait son fils parce que je lui ressemble en caractère, en souffrances et en joies ; et de là noble cœur et bon sang ne saurait trahir. Je ne renie pas ma filiation ; ni ne m’en fait gloire quand bien même le pourrais puisqu’elle est avérée. C’est encore une illustration de la sentence de Churchill.
    Mon grand-père maternel était ce genre de personnage sans fard, à la Gabin, et d’une acuité politique qui servait un courage que vous n’aurez jamais. De ceux qui sont capables de prendre les armes à regret et d’aller, puisqu’il le faut, que l’honneur le commande, risquer leur peau pour défendre la vôtre.
    Et c’est avec des armes que nos héros s’arment contre les armées qui entendent les soumettre ; nous ne sommes pas des centaines de millions comme en Inde, la France est un petit pays… qui rayonnait en grand ! Est-ce cela qui vous gêne ? Rassurez-vous ! Il ne rayonne plus guère depuis que votre espèce lui fait systématiquement la guerre.

    Ne vous en déplaise, c’est avec des armes et du sang que nous résistions, je vais t’en filer du sanguinaire, tu me diras si ça valait le coup de sortir les couteaux et de subir la mitraille :

    A votre stupide ignorance sélective de l’Histoire, votre bêtise égrillarde et jalouse ajoute la pire des ignominies : me traiter de fou ! Et lâchement ! De biais ! Prétendant de cela faire un argument, ou plus, une réflexion sur le monde et le collectif ! Pauvre type !
    C’est le procédé vôtre ! Qu’on m’enferme et vite ! L’ochlophile eurocrate le demande ! Il minaude en cela comme un enfant tyrannique mais que l’on ne s’y trompe pas c’est sa maturité d’homme nouveau, procureur conformiste et terroriste, qui fait toute sa petitesse. Son aliénation il la projette sur les autres cet amoureux du genre humain !
    Si hier en passant je m’amusai de son improbable végétalisme qui confond la carne hexagonale pour mieux s’aplatir dans la lie de son irénisme mortifère et soumis, et ne riais pas jaune (quel péril !) tant son argumentation prétentieuse et grotesque n’avait que le fondement de son idée fangeuse de la France – sur laquelle il vomit sa coulpe qu’il voudrait tant être nôtre–, c’est-à-dire rien, aujourd’hui il ne m’amuse plus ce censeur en puissance, suceur de connoté, sourd qu’il est comme un pot dans lequel il fouille le moindre excrément quand il est le seul ici à déféquer ; il lui faudrait des lunettes et un dico, à défaut d’un cerveau.
    Contre sa tyrannie mon étendard filial est levé ! Comment le dire autrement sans se blesser !
    Ce, malgré la bienveillance érudite d’Hathorique et de Guenièvre, et la générosité d’Impat qui vint me féliciter en public de remettre les chose à leur place, après que tel crétin roturier a cru bon d’éructer sa bile de décérébré anhistorique sans noblesse ni à-propos.
    Je veux les saluer ici, moi l’énergumène, l’artiste, donc le fou, marginal, avec ma tronche de pirate balafrée et ma généalogie de métèque, nonobstant française depuis sept cents ans et mèches, émancipée depuis deux cents, franche, cosmopolite mais loyale, fidèle et à son poste : si la bienséance de votre communication qui s’honore de sa propre instruction m’est parfois étrangère, je la loue ; cette science qui m’en apprend devrait aider à parfaire mon éducation, sanguine envers et contre tout le plomb de ce sinistre sire, ce fâcheux à la triste mine que la terre de mon asile refoule tant le socle de ce cuistre est sans sillons… ou alors si micros que son disque rayé s’étrangle dans les et cætera de l’œuvre magique d’un homme à la cheville duquel peine à s’élever l’outrecuidance associative de la roture d’apparat internautique, chose qui, épinglée par sa sophistique même, ne peut lui servir de caution.

    Que dire de plus, sinon laisser la parole à cette si belle chanson que Patrick nous remettait en mémoire sur Causeur il y a quelque temps : quand les hommes vivront d’amour… hélas nous seront morts mes sœurs !

    Cette chanson qui a bercée mon enfance internationaliste, dans une époque fatiguée de ses guerres, et depuis un Québec familial, une fois de plus… fait que Câlisse ! j’m’en va point scèner dans le boute quand j’déclâre icite I love U la France et République ! L’faire accroire c’est d’la misère en suçon, et si au cul d’mon char ben d’pancarte y’en a pus pantoute cose l’ai vendu et que d’mémoires m’ostine, moué je m’ souviens ! C’pô pire ch’capote pas !
    L’aut’ foule niaiseux lô, cré moué c’est du crisse de taponage. L’a d’la marde dedans l’tuque ! L‘est toute croche et cheap ! L’était pô rendu qu’il s’est faite mauvaise langue c’t innoncent lô ! Mon best chum bin raide ! Oh boy Ti jo ! Pis ? C’est tuff ! Coudon : stop gosser ch’peux-tut’mander ?! Tabarnak ! Achâle-moué pô qu’ça m’énarve ! Ch’te l’dis drette moron : faire de même… ç’a pas d’allure ! Chu bin tanné dire toué t’es boqué en maudit, torrieux ! T’épivarde pô, tu fittes rin, c’est platte, t’as caboche troube tout’ scrappée. C’est complet ?! So kioutte !

  9. Lector

    L’a voilà ta suite. Tu crois que je suis là pour répondre à ta raclure ? Pour qui te prends-tu !
    Tu ne lui consacres qu’une ligne pour dire tout le mal que tu penses de la Marseillaise et tu te réclames de cette ignominieuse indigence ?! Ce n’est pas pathétique, pour cela il faut de l’empathie, chose que tu ignores, c’est catastrophique !

  10. Lector

    la voilà bordel de….

  11. Lector

    « Née le 30 octobre 1917 à Saint-Pétersbourg, pendant la Révolution russe au cours de laquelle son père fut fusillé, Anna Betoulinsky quitte la Russie pour la France au début des années 1920 avec sa mère, sa sœur et sa nounou. À l’âge de treize ans la nounou lui offre une guitare. Ce cadeau dont elle ne se séparera jamais va bouleverser sa vie.

    Quelques années plus tard, elle prend le nom d’Anna Marly (patronyme trouvé dans l’annuaire) pour danser dans les Ballets russes avant d’entamer une carrière de chanteuse dans les grands cabarets parisiens. Anna Marly connaît un nouvel exode en mai 1940 qui la mène, via l’Espagne et le Portugal, à Londres en 1941 où elle s’engage comme cantinière au quartier général des Forces françaises libres de Carlton Garden. C’est là qu’elle compose, à la guitare, en 1942, les paroles russes et la musique de son Chant des partisans. L’année suivante, toujours à Londres Joseph Kessel et Maurice Druon écrivent les paroles françaises de ce chant. Le Chant des partisans, « La Marseillaise de la Résistance », fut créé en 1943 à Londres. Immédiatement, il devint l’hymne de la Résistance française, et même européenne. Il est aussi un appel à la lutte fraternelle pour la liberté : « C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères » ; la certitude que le combat n’est jamais vain : « si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place ».

    Devenu l’indicatif de l’émission de la radio britannique BBC Honneur et Patrie, puis comme signe de reconnaissance dans les maquis, Le Chant des partisans était devenu un succès mondial. Anna avait choisi de siffler ce chant, car la mélodie sifflée restait audible malgré le brouillage de la BBC effectué par les Allemands. »

    Mais qu’en a-t-on à foutre ?! Ben tiens !

    La chanson d’Anna Marly « Le Chant des partisans »
    Paroles de Joseph Kessel et Maurice Druon

    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
    Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

    Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
    Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
    Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
    Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite…

    C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
    La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
    Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
    Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…

    Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
    Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
    Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
    Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

  12. Qq Xanax et beaucoup de repos devraient faire l’affaire, Cher Maître.
    Enfin…. espérons.

  13. Souris donc

    C’est pourquoi je n’imagine pas de la modifier, même si les paroles ne correspondent plus à la situation présente et peuvent même paraître à certains malencontreuses.
    Simone Veil, citée par Guenièvre.

    Le regard que nous portons sur la Marseillaise est forcément anachronique. Nous utilisons des catégories actuelles que nous projetons sur des paroles qui avaient une autre résonance en leur temps. Les textes publiés entre 1750 et 1900 portent souvent cette exaltation patriotique, romantique, grandiloquente qui correspond aux convulsions de cette période (unité italienne, allemande, émancipation bourgeoise, révolutions de 48).
    Une anecdote.
    Vous connaissez tous les rues autour de l’Opéra portant les noms de compositeurs et librettistes oubliés. Des stars en leur temps.
    Auber a composé sur un livret de Scribe son opéra « La Muette ».
    1830. La Muette est donnée à La Monnaie de Bruxelles.

    Duo de l’acte II :
    « Mieux vaut mourir que rester misérable
    Tombe le joug qui nous accable
    Et sous nos coups périsse l’étranger
    Amour sacré de la Patrie,

    Rends-nous l’audace et la fierté,
    A mon pays je dois la vie,
    Il me devra sa liberté… »

    Dans la nuit, des spectateurs exaltés attaquent une armurerie et un magasin de jouets (pour se procurer des…tambours), incendient l’immeuble du ministre de la Justice.
    450 morts, plus de 1000 blessés.
    Cinq semaines plus tard, indépendance de la Belgique ! Détachée du Royaume Uni des Pays-Bas artificiellement constituée par le Congrès de Vienne.
    Tous les livrets d’opéras du 19e s. comportent des passages qui, aujourd’hui, feraient frémir.
    Les paroles de la Marseillaise sont de la même veine historique exaltée, lyrique, patriotique, avec cette emphase datée, qui ne sont pas à prendre au pied de la lettre aujourd’hui. Mais les édulcorer n’a aucun sens, c’est mettre des feuilles de vigne aux statues. Et si on modernise, pourquoi ne pas y inclure, Allons Enfants de la Lutte contre l’homophobi-ille, le Kosovar est arrivé, Rendons, rendons, les quartiers à leurs habitants, que le Vélib sanctuarise le bilan carbone, que la Fête des Voisins abreuve les gosiers.
    Et 3 ans plus tard, réactualisation ?

  14. Oh ça n’attendrait pas 3 ans, Souris, avant de sortir de l’actualité. Néanmoins votre version de la NovMarseillaise resterait dans les livres d’Histoire, elle en vaut la peine !

  15. Lector

    Chère petite souris, comme vous faites grande par sa clairvoyance votre contribution ! Et drôle ! Je n’en attendais pas moins. Soyez ici remercier du jovial sourire qu’elle a provoqué. :)))

  16. Florence

    Je dois dire que je ne me sentais pas vraiment concernée par La Marseillaise jusqu’à présent. J’étais balancée entre le côté positif patriotique et le côté révolutionnaire, comme si la France de l’Ancien Régime ne comptait pour rien alors que j’en éprouve une certaine nostalgie. Je commence à la voir d’un autre œil et je vais relire de plus près cette brillante trilogie.

  17. Lector

    Florence, merci à vous; ce que vous dites m’enchante.

  18. Lector,
    vous ne verrez pas malice mais cohérence si je vous confie que je n’ai jamais chanté cette (eh! oui, si je veux, au féminin) hymne. Ni que je reste généralement assis lorsqu’une fanfare le claironne.
    Mais votre plaidoyer est respectable, et le joual qui lui succède un régal.
    Je cours lire la suite.

  19. Lector

    Merci Rackam, je me doute, et, comment dire… j’en ai autant à votre service… 😉 j’entends par là : bien que républicain et ne pensant pas, comme je l’ai dit, qu’un retour à la monarchie soit une chose envisageable (on peut toujours lui donner un visage bien sûr), en tout cas envisagée en France, j’étais fort intéressé par votre diptyque monarchiste et ai goûté, entre autre « pose et pause », le propos de vos piétons apocalyptiques.

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